CHAPITRE 16HAVRE SAINT-PIERREMon employeur de Québec m'avait demandé pour surveiller la reconstruction du quai de la QIT de Havre-Saint-Pierre, la dernière municipalité sur la route de la Côte-Nord. J'avais fêté l'arrivée du Nouvel An avec des amis du Répit du passant, Claude, Christine et Robert, trois bons cuisiniers avec du bon vin et des chansons. Cette soirée ressemblait à une vieille soirée de fin d'études. J'avais terminé deux années profitables et ma situation financière s'améliorait. Je suis un bon pratiquant et j'ai le réalisme de vivre sur terre malgré les money, money, money de mon oncle Georges, membre d'une communauté religieuse plusieurs fois millionnaires. J'avais profité de mes quelques semaines de repos et du temps froid pour pratiquer le ski de fond et mes bagages étaient prêts à partir à l'appel de mon directeur. J'avais vendu ma voiture à crédit à Claude et je comptais sur les bénéfices de ce nouveau contrat pour m'acheter une nouvelle voiture. Ce projet peut être qualifié de l'aventure d'Ulysse contre les dieux. Les palplanches du fabricant hollandais Arbed ont la meilleure réputation des spécialistes de la construction des quais. Un bris des hauts fourneaux avait retardé la fabrication des palplanches du quai de la QIT. Après la reprise de la fabrication, les palplanches étaient retenues à l'usine car les inondations en Hollande empêchaient les trains de transporter les lourdes charges d'acier jusqu'au port. Les palplanches avaient été chargées sur un minéralier pour un prix inférieur au marché et elles devaient être livrées au port de Sept-Îles. L'hiver 1995 avait été plus froid et les précipitations de neige plus abondante, ce qui avait produit un couvert de glace plus épais dans le golfe Saint-Laurent. Le minéralier s'était pris dans les glaces et le brise-glace de la Garde côtière canadienne avait été demandé pour sortir le minéralier de son bourbier. Le capitaine du minéralier avait aussi pris des engagements et il était en retard. Il voulait se rendre à Labaie au Saguenay pour prendre une cargaison de lingots d'aluminium avant de laisser les palplanches à Sept-Îles. Le raisonnement du capitaine montrait aucune considération pour la QIT et il avait fallu mettre le paquet pour ramener le capitaine à la raison. Les blocs de défenses étaient fabriqués par Sumitomo à Kobé au Japon, le plus important fabricant mondial de défenses de quai, et un violent tremblement de terre avait détruit les équipements portuaires pour le chargement des défenses sur le bateau. La direction de la QIT à Sorel avait jonglé entre poursuivre les travaux et reporter les travaux d'un an. Le coût de l'arrêt des travaux était dispendieux et je disais aux directeurs du projet qu'ils avaient le meilleur constructeur de quai de la province avec l'équipe de Guy. Le quai devait être livré au plus tard à la mi-avril pour le chargement du premier minéralier. Les travaux de structure devaient être complétés et les défenses mises en place pour permettre au bateau d'accoster. Les directeurs avaient choisi de lancer les travaux et nous avions un échéancier très serré avec des semaines de travail de soixante-dix heures par semaine au minimum. Nous avions profité d'une seule pause à la fête de Pâques. | ||
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Havre Saint-Pierre est une petite communauté bien isolée à 200 kilomètres à l'est de Sept-Îles, la plus grosse ville de la Côte-Nord. Cette communauté prospère est constituée de pêcheurs de crabes et de pétoncles et des ouvriers de la mine d'ilménite, un mirerai de fer et de titane recherché et d'un bon prix au marché. Le logement y est dispendieux et j'occupais le comble bien aménagé d'une maison au centre de la municipalité. J'avais de bonnes relations avec les propriétaires et j'avais quelques gâteries d'un bon goût. La communauté est acadienne et il y a plus de drapeaux acadiens que de drapeaux québécois pour flotter aux mâts des immeubles. Les gens étaient pratiquants pour la plus part et il n'y avait qu'un seul bar dont la clientèle était composée d'un noyau de truands. Il n'y avait que deux restaurants dans la municipalité et trois épiceries. Le commerce était contrôlé par une seule famille et la ville la plus proche est Sept-Îles. J'étais l'inspecteur du chantier, j'avais une bonne réputation et j'avais aussi des gêneurs pour chercher à miner ma bonne réputation dans ce petit village au bout de la route. J'avais une discipline de fer à Havre Saint-Pierre car je profitais de très peu de moments de loisir et je me levais tous les matins par les grands froids d'hiver pour courir jusqu'au chemin de la plage en vue de maintenir ma bonne forme physique. J'avais pour principal allier l'ingénieur en mécanique, un gradué de la même promotion de l'École polytechnique en 1978, et un directeur de la mine. Les travaux avaient été réalisés comme je l'avais prévu car je connaissais les qualités de Guy et de son équipe et j'avais eu les félicitations du président dont je suis redevable à Guy. Le projet était si mal parti que le directeur de projet avait été inquiet jusqu'au jour de l'arrivée du minéralier. Les concepteurs avaient également choisi des solutions à la limite des capacités des matériaux sans tenir compte de leur mise en place. Des caissons de palplanches soudées enfoncés un dans l'autre est une technique hasardeuse et nous avions été chanceux d'avoir un bon constructeur, un sol pas trop dur et le hasard pour nous car la rigidité des caissons empêche le fonçage. Le choix des défenses en ballon dans la conception n'a pas été aussi heureux et le premier minéralier en avait éventré deux sur cinq à son premier accostage. La radio m'informait des événements politiques en cette saison. Le gouvernement du Québec avait lancé une vaste consultation populaire sur son projet de souveraineté. La crise bosniaque n'avait plus aucune limite morale et les seigneurs de la guerre imposaient des comportements humiliants aux soldats des casques bleus de l'ONU. La télévision montrait les scènes désolantes des militaires attachés devant un dépôt de munitions serbes que les journalistes du monde entier filmaient à la satisfaction de petits groupes d'anges de la mort. C'était du voyeurisme de mauvais goût. Les diplomates internationaux n'avaient aucun respect pour l'ordre naturel des sociétés et ils acceptaient n'importe quelle proposition des anges de la mort. Il n'y a que les soldats pour avoir du mérite à cette crise en endurant les humiliations imposées par les guerriers serbes. | ||
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Le gouvernement québécois avait réussi à placer la question de la souveraineté au centre du débat de tout le monde politique du Québec. Il avait constitué une vingtaine de commissions itinérantes régionales dont la première audience du groupe de la Côte-Nord avait lieu à Havre Saint-Pierre. J'avais assisté à une manipulation grossière du petit indépendantiste local d'une durée de plus d'une heure sur une consultation d'au maximum trois heures. J'avais dit sans détour que ce rapport était bourré de clichés et de faussetés. Une autre intervenante était venue dire que le Québec aurait à payer 11% de la dette fédérale. Le Québec représente 26% de la population du Canada et j'avais dit que payer 11% de la dette équivalait à partir avec la caisse et jamais le Canada anglais n'accepterait une telle proposition. Je m'étais fait des alliés discrets et des ennemis irrités. J'étais l'intrus venant dire à une communauté solidement enracinée, ce que devait être le débat et remettre à un niveau bas, le défenseur local de l'option du gouvernement. J'avais eu un gars costaud pour me défier dans le bar alors que je prenais un verre de bière en écoutant la musique. J'avais fait ce qu'il fallait pour calmer les esprits et j'étais prêt à la bagarre. Une troisième personne était venue s'interposer et ramener le jeu à un bon civisme. J'étais resté un peu de temps pour ne pas donner l'impression qu'une personne devait s'effondrer dans un bar public parce que le noyau dur te considère indésirable et j'avais quitté en disant au nationaliste susceptible que j'étais à Havre Saint-Pierre pour construire un quai et sûrement pas pour imposer la loi au village. Je n'étais jamais retourné à ce bar. Au printemps, le bar de la plage ouvrait ses portes et le personnel était plus accueillant. Le gars nationaliste devait être une personne populaire et le clan des jeunes filles se montrait hargneusement opposé à ma présence. L'UQAR faisait parfois la manchette de l'information radiophonique. Le Ministre de l'éducation favorisait une université autonome à Lévis et l'UQAR avait déjà un pavillon auxiliaire à Lévis. Le recteur défendait le pavillon de Lévis et il vantait la qualité du personnel de l'UQAR. J'ai passé de bonnes études à l'UQAR et les professeurs sont compétents, mais l'administration maintient un groupe de membres du personnel malicieux dont le noyau de la machine à rumeurs est dans le service aux étudiants et qu'une sale machine à rumeurs n'a rien à voir avec la culture généralement admise dans une université. Le midi 15 présentait un débat dans les jours suivants et j'avais bien l'intention d'intervenir et de donner un bon coup de pied dans la machine à rumeurs. Ma petite voix intérieure me disait que c'était risqué. Une grosse voix m'avait dit : " Pierre, vas-y " comme si le serpent du paradis terrestre me disait : " allez, vas-y, coupe-moi la tête " en pensant que j'allais manquer mon coup. J'avais imaginé la pieuvre mafieuse forçant sur moi à toute allure. J'avais préparé quelques notes ; il y avait le recteur à présenter comme le responsable de son personnel et qui discutait souvent avec les représentants des associations étudiantes au Baromètre : il y avait le doigt du vice-recteur aux finances sur mes relations avec ma " famille " ; il y avait bien sûr Jacques Lavoie, le responsable aux affaires culturelles du service aux étudiants, pour dire du " communiste de la voirie, qu'il reniflait de la cocaïne ". Il y avait eu une bonne intervention des vice-recteurs à la télévision la veille du débat radio. L'intervention devait être brève. | ||
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J'avais dîné tôt et j'avais occupé le bureau du surintendant car ma ligne de téléphone avait de l'interférence. C'était la dernière semaine du chantier à la fin du mois d'avril. J'avais dit à l'opératrice que l'UQAR avait des problèmes internes à régler et qu'une université autonome à Lévis permettrait à la direction de s'occuper de problèmes internes en priorité. J'étais le premier intervenant. Le recteur avait présenté sa position et le débat public était lancé par quelques intervenants de la salle. L'animateur m'avait branché en onde. J'avais d'abord dit que les vice-recteurs avaient présenté un bon exposé et ensuite j'avais dit que l'exposé ne parlait pas des mésententes entre les clans à l'UQAR. J'avais nommé les défenseurs de la liberté et ceux de la famille. J'avais ensuite identifier le recteur et le vice-recteur aux finances à un clan de personnes qui essaient de sauver leur peau. J'avais parlé du clan plus pervers des passeux de cocaïne usant des moyens les plus vils pour prendre toute la place. L'animateur m'avait interrompu pour me demander qui j'étais. Je m'étais nommé et j'avais dit que j'avais complété un baccalauréat et une maîtrise en administration à l'UQAR. L'animateur m'avait demandé pourquoi j'étais si sévère à l'endroit de l'administration. J'avais répondu qu'on avait voulu faire de moi un bouc émissaire, qu'on avait voulu me faire porter bien des chapeaux, mais que je ne faisais pas un bon bouc émissaire. Le recteur avait répondu que cela lui semblait logique. J'avais répliqué que j'espérais que l'UQAR prendrait les mesures qui s'imposent pour corriger la situation. Personne m'avait répliqué. Quelqu'un s'était présenté au micro et il avait dit quelques mots incompréhensibles. J'avais raccroché le téléphone. Je savais que le coup porté était sec et sans appel. Je n'avais eu aucune hésitation et je ressentais la paix et la satisfaction d'un bloc en arrière de la ligne de mêlée au football américain, le jeu que je réussissais le mieux lorsque j'étais garde de la ligne défensive des Colts de Ville Lasalle, ou un bon coup de harpon dans la pieuvre. J'avais repris le travail et l'entrepreneur préparait la dernière coulée de béton des dalles de surface prévue le lundi matin. J'étais parti me promener sur la plage le samedi matin à la limite de la route 138. Il y avait là, quelques maisons de vacances et quelques propriétaires pour ouvrir la nouvelle saison d'été en retirant les panneaux de protection mis en place avant l'hiver. Une femme battait son chien et l'animal s'était approché de moi en me suivant un court moment. Il était retourné et j'avais décidé d'aller sermonner la méchante dame en disant qu'on ne devait pas dresser un chien en le battant. Au moment de corriger la dame, j'avais pensé que je ne serais jamais obliger de dire que Jean Campagna m'avait effectivement dit un jour qu'il ne voulait plus se porter caution pour le prêt de son ami James. J'étais revenu de la plage que mon esprit établissait des raisonnements automatiques anodins non réfléchis, des sophismes dont le plus connu est : Pierre est un homme L'homme est un singe Donc, Pierre est un singe. | ||
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Ma petite voix intérieure avait paniqué. Elle m'avait dit qu'il fallait que je me suicide. Je tiens à la vie et je n'avais aucunement envie de me suicider. Ma petite voix intérieure m'avait dit qu'il n'y avait plus rien à faire et qu'une autre personne devait me tuer. J'avais crié : " tuez-moi " et personne ne m'avait tué. Une voix venue d'ailleurs m'avait dit : " tu es Satan ". Ouf ; pas reposante cette voix-là. J'étais pris avec un nouveau problème de santé mentale que l'Association canadienne pour la santé mentale de Rimouski appelle les voix liées, la première phase de la schizophrénie. Je dirais plutôt les voix mêlées et ça n'allait pas s'arrêter là. Une série de raisonnements absurdes m'avait amené à croire que mon ami Max avait inventé le virus du Sida en raison de mes relations avec Josée. Ma correspondante russe était attachée à une bombe atomique et je devais choisir entre lancer la bombe atomique avec ma correspondante russe ou une autre bombe atomique. Les voix mêlées n'avaient pas ma logique et je m'étais rendu compte que les deux situations avaient une contradiction. J'avais répondu aux voix mêlées de lancer la bombe qu'elles voulaient car le résultat était le même. J'avais marché toute la journée et j'avais décidé de prendre un bon repas au meilleur restaurant, question de calmer le jeu des voix mêlées. Un gros monsieur était assis devant moi d'un air penaud attendant que je le sollicite par compassion. Un gars au fond du restaurant avait crié : " la drogue, il n'y a pas d'argent à faire avec ça, la bière, ça la bière, c'est payant ". Le gros monsieur avait esquissé une grimace et il avait quitté le restaurant. J'avais mangé tranquillement mon saumon. J'étais rentré me coucher. Le lendemain à la messe, le prêtre lisait une lecture sur une prophétie que les hommes étaient indignes des chiens, qu'ils quitteraient les hommes pour se réfugier dans la forêt et qu'ils ne laisseraient plus jamais les hommes entrer dans la forêt. Je pensais aux reproches que j'avais adressé à la méchante dame qui battait son chien et, s'il fallait qu'une si petite affaire de chien mêlée à la pensée de ne pas permettre à Jean Campagna d'entendre ce qu'il avait toujours voulu que je dise soit sanctionnée par un dérèglement aussi profond du monde, il y avait des fonctions exponentielles là-dedans. J'avais marché toute la journée en laissant venir les raisonnements bizarres dans l'espoir que le tout se replace pour le lendemain matin. La préparation pour le bétonnage avait été effectuée le vendredi et le technicien du laboratoire avait été appelé pour contrôler le béton au moyen de tests standards. J'étais rentré tôt et mon propriétaire m'avait remis deux boîtes de conserve de palourdes. | ||
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La voix d'ailleurs avait la tonalité de Claire Delorme et elle me reprochait ma conduite et le manque d'attention pour Claire Delorme. J'avais une pleine conscience de ma capacité de raisonner et j'étais capable de répliquer à la voix d'ailleurs. Je n'entendais rien de mes oreilles et j'avais la sensation d'avoir un tube branché sur le récepteur de mes neurones. La voix avait changé et le tube disait des sophismes tout à fait farfelus dont je ne me rappelle que quelques étapes liées à la science mathématique et au monde des forces occultes avec ses symboles imbriqués. J'étais dans la dimension n, la lettre symbolique vers les infinis mathématiques. J'avais pris une bonne douche chaude pour me relaxer et j'étais rendu dans la dimension n à la puissance n. J'avais ramassé une boîte de palourdes et la boîte de conserve était ouverte. Il n'y a qu'à la résidence du Bic où j'avais observé de tels phénomènes. J'avais jeté la boîte de conserve en bas de la galerie et je m'étais ravisé car mon propriétaire aurait sûrement trouvé la boîte de conserve. J'étais descendu et j'avais cherché la boîte de conserve dans la nuit. En mettant la main sur la boîte, je l'avais ramassé, j'en avais jeté le contenu dans le champs face à la maison et j'avais tiré la boîte plus loin. J'étais rentré à la maison et je m'étais habillé. Je savais que ce phénomène n'avait rien d'ordinaire et j'étais sorti marcher jusqu'à la plage. L'hôpital de Havre Saint-Pierre est situé le long de la plage et j'avais tenté de m'enregistrer à l'urgence, mais la porte était barrée. Deux bateaux mouillaient dans le havre et j'avais crié deux fois : " c'est à cause de la manipulation ". Je reprenais la route vers le grand magasin général et je sentais une odeur de mort dans les arbres du printemps. La voix d'ailleurs m'avait dit de lancer une pierre dans la vitre d'une maison pour manifester ma colère, mais ce n'était pas la réaction d'un homme sensé. J'entendais les craquements de la nature d'une force anormalement élevée. J'avais repris de mémoire toutes les étapes des sophismes depuis la dimension de n à la puissance n, en descendant à la dimension n et en revenant à l'étape initiale dans mon logement sans manquer une seule étape. J'avais par la suite rencontrer deux chauffards coursant dans les rues du village à 4h00 du matin avec une traînée lumineuse en arrière des deux voitures, un autre phénomène de la schizophrénie. J'étais rentré chez moi et une nouvelle voix d'ailleurs avait dit : " vive la marde d'intellectuel ". Cette voix m'avait aussi dit que je douterais de l'existence de Dieu. Une décharge lumineuse d'une trentaine de centimètres située juste au-dessus de la boîte de conserve de palourdes avait éclairé toute la pièce. L'éclair avait tout d'un phénomène paranormal. Je m'étais recouché et j'avais attendu jusqu'au matin en relaxant. J'étais parti à 6h30 pour effectuer mon jogging quotidien et une voix d'ailleurs de la tonalité de mon oncle Georges avait dit que " j'étais un goéland ". J'étais entré au restaurant demander pardon aux clients sans raison et j'étais revenu à l'hôpital. Je demandais à l'infirmière de rencontrer le médecin et elle n'avait pas compris ce que j'avais car mon allure n'avait rien de particulier. J'étais sorti et je m'étais jeté la face contre le trottoir comme si quelque chose m'avait poussé. Les ambulanciers m'avaient ramassé, j'avais eu les premiers soins à l'hôpital de Havre Saint-Pierre et les ambulanciers m'avaient conduit à l'hôpital de Sept-Îles. En entrant à l'hôpital, j'avais déjà repris une bonne partie de ma raison et j'avais été admis à l'étage des psychiatrisés. Le médecin m'avait donné une forte dose d'haldol au point d'être prisonnier de la cage invisible et le médecin avait consulté le Dr Samson pour rétablir une dose normale. | ||
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Je cherchais un raisonnement logique aux déviations par les sophismes et j'en arrivais à une seule conclusion. Nietzsche voulait le néant, le point faible du monde. Les données étaient dorénavant renversées. Il n'y aura jamais de néant. Le monde invisible avait une nouvelle porte de sortie : les dimensions plus loin que Dieu. Raisonnons en mathématiciens. Dieu avait oublié le néant et les mathématiciens y ont pensé. Les mathématiciens ont démontré qu'il existe toujours un plus grand ensemble que le plus grand ensemble. Dieu a créé le monde et il est donc le plus grand ensemble qui a un plus grand ensemble. Les papes et les conseillers papaux connaissent cette démonstration. Les physiciens de l'école de Einstein savent que le monde a quatre dimensions : la longueur, la hauteur, la profondeur et le temps. Je poursuis la projection en affirmant que le monde invisible a ses dimensions dont Carl Jung, le collègue de Sigmond Freud, a supposé l'existence par son inconscient universel. Le monde invisible a probablement des lois dont les psychiatres ont les meilleures chances d'en avoir les intuitions les plus justes. Un mathématicien ne se laisse pas enfermer dans des colonnes incontournables et Dieu est la dimension k, la lettre symbole d'un nombre fini et indéterminé. La lettre n, le symbole des nombres allant vers les infinis mathématiques, arrive quelques lettres après la lettre k. L'analyse n'a pas à donner quelle qu'explication que ce soit sur le mystère de la Trinité et la lettre k permet de situer le nombre de dimensions voulues pour y placer les anges, les prophètes, les saints et tous les autres. Les mathématiques sont la plus belle merde d'intellectuels du monde et les philosophes peuvent inventer ce qui leur tente. Je n'ai pas d'idées sur ce qui peut y avoir après la dimension k et je ne suis pas intéressé à le savoir. Ceux qui ont des comportements spirituels dépravés et les nietzschéens en tirent les conclusions qu'ils veulent. Je n'avais passé que deux semaines à l'hôpital de Sept-Îles et j'étais retourné à Havre Saint-Pierre pour ramasser les objets de bureau et mes effets personnels. J'étais rentré par avion à Rimouski et Claude était venu me chercher à l'aéroport. | ||