CHAPITRE 4L'UNIVERSITÉ EN SCIENCEJ'entrais à l'Université de Montréal à la faculté de géologie où je partageais des cours avec les étudiants en génie géologique. J'emménageais, en même temps, au dixième étage de la tour est des résidences universitaires. C'était pour moi, une étape importante de mon cheminement car je visais l'entrée à l'université depuis longtemps et j'y était. Dans mon esprit, c'était l'entrée dans la grande équipe et en sortir avec un diplôme allait de pair. J'avais pris de bonnes résolutions notamment celles de me remettre à l'étude, d'éviter les distractions et de reprendre ma place de premier de classe. Je commençais également une nouvelle vie, plus libre, libre de choisir mes priorités, libre de choisir mon occupation du temps et libre de me lier avec des gens avec qui je partageais des valeurs communes. Il n'y aurait plus jamais ces opinions imposées par la famille Campagna et leur puritanisme menteur, par le très critique oncle Georges et son entêtement à analyser une action des seuls points de vue de la doctrine sociale catholique du Concile Vatican II et de ses opinions syndicales. Il donnait la position de la famille Boisjoli puisqu'il était la seule personne instruite et capable de m'opposer une argumentation cohérente sans y laisser des contradictions faciles à attaquer. Je sentais remontrer en moi les valeurs de mon père, sa vigueur, sa persévérance et son courage avec une morale sexuelle plus libérale, et personne n'est jamais venu contester mon droit dans ma chambre universitaire. La parenté s'était tout simplement désintéressée de moi et , en cinq ans, seul mon oncle Georges était venu me visiter un fois. J'allais découvrir un monde où l'on respectait la liberté de pensée et d'agir sans juger tant et aussi longtemps que les actions n'affectaient pas le droit des autres. Les résidences regroupaient des étudiants de toutes les facultés et les points de vue pouvaient varier sensiblement selon la formation de celui ou celle qui s'exprimait. Chaque événement de la vie s'interprétait différemment selon qu'il était perçu par un étudiant de philosophie, de médecine, de science, de droit ou de lettre. L'anticléricalisme était à l'honneur et j'étais un des rares chrétiens pratiquants des résidences. J'avais toujours été pratiquant et la mort de ma famille avait renforcé ma foi en la pratique religieuse. C'était une heure par semaine où je me rapprochais de mon père et de ma famille. Je retournais à Arthabaska pour aider Jean à sa nouvelle pépinière, par complaisance et parce qu'on me devait de l'argent. Je n'avais plus de famille et la parenté ne représentait pas un substitut comparable. J'avais l'habitude d'y passer Noël, la fête de famille par excellence, et j'apportais de nombreux cadeaux. J'allais à Pâques et à la fête du travail avant le début des classes. Je dois reconnaître que je n'avais pas d'autre point d'ancrage et les Campagna le savaient. | ||
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Je connais des gens qui m'appréciaient bien davantage que la parenté. Madame Arella, la mère de Max, m'a toujours ouvert sa maison et j'ai toujours été reçu comme son garçon. Cette dame accepterait mal que je lui rende visite sans rester à manger et boire le vin que son mari a préparé à moins d'avoir une bonne excuse pour quitter rapidement. Ma nouvelle famille était tous les résidents universitaires et j'y passais le meilleur de mon temps. Le campus de l'Université de Montréal est une ville en miniature, une bulle extérieure à un Québec en dérapage tranquille au milieu des années 70. L'enseignement était de qualité avec des professeurs dévoués et compétents. Nous étions à l'abris des expériences pédagogiques sans contrôle, de l'apprentissage du français avec des textes de Michel Tremblay, du nivellement par le bas du clan de Yvon Charbonneau et sa CEQ, du socialisme utopique qui fourmillait dans nos écoles très secondaires. Je remercie Dieu et mon père d'avoir donner le coup assez jeune pour venir au monde avant cet épouvantable mensonge d'un groupe de faiseurs d'opinion qui m'avaient pour seul principe " sky is the limit " et dont l'université était à l'abri. L'Université de Montréal a un beau campus à flanc de montagne, du côté nord du Mont Royal et bordé par le cimetière Côte-des-neiges. Il longe la rue Édouard-Montpetit en face du quartier résidentiel d'Outremont. Le point de ralliement le plus commun pour festoyer était le Café campus à l'extrémité ouest du campus en face des HEC. Les nouvelles résidences sont constituées de deux tours de béton les plus laides du campus à proximité du boisé qui mène à la piste de ski. Elles sont construites derrière les anciennes résidences et le centre communautaire où se trouvait deux cafétérias, une caisse populaire, un magasin général et les ateliers pour les activités parascolaires des étudiants du campus. Près de la rue Édouard-Montpetit, il y a une résidence pour filles baptisée la tour des vierges dans les années 60 et rebaptisée la tour des vilaines dans les années 70, comme quoi certaines choses avaient bien changées. Le monument d'Édouard-Montpetit à l'entrée des résidences, professeur de religion, de sciences sociales et de droit, restait la mémoire de cette université des traditions. A l'est, on y construira en1976, le centre sportif composé de trois gymnases et d'une piscine olympique. Il y avait déjà le stade avec sa patinoire de glace et son terrain de jeu pour le soccer, le football et le baseball. Les immeubles de musique et de la faculté de biologie sont situés de l'autre côté de la rue Vincent d'Indy. A l'ouest des résidences, il y a le pavillon de l'administration et l'École polytechnique au haut de la côte. Ensuite, il y a l'immeuble principal, un pavillon à ailes multiples avec une grande tour au centre qui sert de bibliothèque que tous les étudiants appellent communément le pénis et non sans raison. L'architecte y a donné la forme parfaite d'un pénis. Devant l'immeuble principal, il y a un tapis roulant et un escalier intérieur pour accéder à la rue Édouard-Montpetit; derrière cet immeuble, il y a les chaufferies et un laboratoire; à l'ouest de l'immeuble, le groupe de pavillons des sciences sociales, du droit et des HEC. | ||
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Les voies de circulation et les stationnements sont nombreux et l'accès y est facile. Les sentiers pour piétons sont larges et agrémentés de parterres de gazon, de fleurs et d'arbustes avec quelques bosquets de grands arbres pour donner de la beauté aux lieux. Il y circulait environ 30,000 personnes par jour. L'épicerie se situait à environ un kilomètre des résidences et c'était le seul déplacement obligatoire pour un résident. Le centre communautaire offrait tous les services courants pour répondre au besoin d'un étudiant pas trop exigeant, y inclus les soirées de danse, quelques spectacles et la discothèque. A la faculté de géologie, mes cours se donnaient tantôt à l'immeuble principal et tantôt à l'École polytechnique. Les beaux jours de septembre amènent en même temps les initiations universitaires et j'avais fait le scout au moins une journée, une chasse au trésor obligatoire et quelques imitations sans éloquence. Je vivais sept jours par semaine à la résidence alors que plusieurs voisins de chambre profitaient du week-end pour retourner dans leur famille. Il n'y avait aucun luxe. Les murs étaient des blocs de béton gris, le plafond montrait les détails des coffrages et le plancher était recouvert d'un tapis commercial bleu identique à tous les étages. Toutes les chambres étaient copiées sur le même modèle. Elle contenait un lit étroit, une armoire à linge, un lavabo et un bureau avec une chaise. Les douches et les toilettes étaient communes à l'étage. Le ménage était effectué toutes les semaines et les draps étaient changés par la même occasion. Nous n'avions pas le droit de faire la cuisson, mais la majorité des résidents avaient leur réchaud. Je me suis plu en résidence. Le charme des résidences était créé par la diversité des étudiants. Nous avions l'intimité de notre chambre et le groupe de la communauté des résidents en même temps. Ta porte de chambre servait à t'isoler ou à inviter à la conversation selon qu'elle était ouverte ou fermée. Il y avait deux salles de télévision et une salle de jeux avec deux tables de billard. J'avais pris la résolution de ne pas y entrer les jours de semaine. Nous avions une règle non écrite de ne pas se mêler des affaires des autres, les rumeurs n'avaient pas un bon auditoire et elles se retournaient souvent contre l'auteur. Nous étions les résidents, une plus petite bulle à l'intérieur de la bulle universitaire. Personne ne connaissait mon passé et je ne connaissais le passé de personne. Les étudiants des régions éloignées ne quittaient pas les week-end et je m'étais lié avec quelques uns d'entre eux. Le premier fait connu était généralement ton lieu d'origine : l'Abitibi, les Laurentides, la Montérégie ou la région de Joliette. Moi, j'étais de Ville Lasalle, ce qui devait surprendre un peu car c'est une banlieue de Montréal facile d'accès par autobus et je n'y allais jamais. J'avais l'habitude de quitter les résidences pour quelques courtes visites chez mon oncle Georges, chez Jean et Ghislaine où à Arthabaska aux périodes de Noël et de Pâques.
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Un bon nombre de résidents mangeaient à la cafétéria dont l'accès était direct par un tunnel entre les nouvelles résidences et le centre communautaire. C'était le lieu de bavardage. J'y passais peu de temps. J'avais pris la résolution de me replacer parmi les premiers et j'étais studieux. Je ne restais pas au café avec les sociaux et les fêtards. J'échangeais également avec les étudiants en sciences géologiques et nous étions trois à nous disputer la première place. J'avais du succès principalement en mathématiques et le professeur m'avait incité à m'inscrire à l'École polytechnique car la formation d'ingénieur exige un important bloc mathématiques. Je m'y étais inscrit et j'avais été accepté. Nos cours de géologie étaient suivi par les étudiants de 2e année de l'École polytechnique et je n'avais à reprendre aucun cours pour effectuer le transfert. Le service des sports était peu développé avant la construction du nouveau pavillon sportif et il y avait de nombreuses équipes de hockey classées en trois ligues de joueurs selon ton habilité. Il n'y avait pas une seule ligue de soccer. Je m'étais remis à jouer au hockey dans deux de ces ligues. C'était ma pratique sportive hebdomadaire. Je m'y étais fait un bon ami avec celui qui gardait les buts de l'équipe. Il était résident et son père lui procurait souvent des billets pour les matchs des Canadiens de Montréal. J'avais été voir mes premières parties de hockey professionnel. Je m'étais concentré sur la réussite de ma première année universitaire et j'allais quitter le groupe de géologie à la fin d'avril. Je m'étais également inscrit au programme du gouvernement fédéral pour l'apprentissage de l'anglais et j'avais été accepté à l'University of British Columbia de Vancouver, le lieu le plus demandé du programme. C'était un fichu coup de chance. La première année de géologie se terminait par le camp de topographie où l'on y apprenait les techniques de base des relevés de terrain. André m'avait contacté au camp pour me dire que je devais me rendre à Vancouver. J'avais pris l'avion à mon retour du camp. J'avais mis mes effets personnels dans l'entrepôt des résidences et j'étais parti avec l'intention de ne revenir qu'en septembre. UBC était un beau campus et mon lieu de résidence ressemblait à un camp de vacances. La plage de nudistes était juste en bas du plateau sablonneux du campus et le mois de mai à Vancouver était assez chaud pour se baigner. La baie des Anglais avait ses milliers de voiliers à tous les week-end et notre animateur nous avait organisé une journée de voile qui m'avait bien plu et qui avait été plus difficile pour quelques amis en raison de la houille. L'organisation du programme d'anglais était impeccable. Nous avions cinq jours de cours par semaine avec de bons professeurs, nous étions encadrés par un groupe d'animateurs qui n'hésitaient pas à nous reprendre lorsque nous parlions français et ils le faisaient avec tact sans menace. On nous organisait des parties de balles et des visites des lieux touristiques de Vancouver. J'avais vu Stanley Park avec ses jardins, Capillano Canyon et ses magnifiques cèdres géants, le Gastown et ses boîtes de nuit et la station de ski Whysler. Les seules critiques justifiables étaient à l'endroit du concessionnaire de la cafétéria où la nourriture était plutôt médiocre. Nous avions eu des week-end libres et nous nous étions organisés un voyage dans l'état de Washington. J'ai gardé un très bon souvenir de cette période. J'ai revu des amis et des amies et j'ai connu mes premiers amours à 19 ans. J'ai surtout appris à maîtriser la langue la plus parlée au monde que je n'avais jamais su comprendre car les quelques cours du secondaire ne menaient | ||
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nulle part et ils avaient l'apparence d'un festival. Le cours durait sept semaines et j'étais parti en voyage à la fin du cours avec une amie dans la vallée de l'Okanagan. Elle voyageait sans sac de couchage et nous avions subi une nuit de pluie le deuxième jour. Nous nous étions réfugiés dans la tente montée sur le terrain d'un résident que l'on ne connaissait pas et nous y avions passé la nuit. Nous étions rentrés à Vancouver et j'avais pris seul la route du nord. J'avais fait une longue traversée en bateau à la tombée du jour avec le soleil qui éclairait les montagnes Rocheuses. C'était magnifique. Je m'étais rendu jusqu'à Whitehorse et dans les montagnes à la limite de l'Alaska. J'avais fait de la randonnée pédestre jusqu'au glacier qui borde le mont Logan et j'étais rentré à Whitehorse. C'est la limite géographique ouest du Canada. J'avais fait une bonne partie de la route comme auto-stoppeur et je logeais dans les auberges de jeunesse. J'y ai rencontré de nombreux voyageurs de tous les types de monde : des étrangers, des perdus, d'autres gars et filles qui avaient eu de mauvaises expériences. J'étais revenu à Edmonton et j'avais pris la route pour Saskatoon où j'avais été conduit sur 40 kilomètres en quinze minutes alors que le chauffeur s'était arrêté une fois pour embarquer un deuxième auto-stoppeur. J'en avais la chair de poule. J'étais content de débarquer vivant et le chauffeur suivant m'amena jusqu'à Saskatoon à 80 kilomètres par heure. C'était rassurant. Je m'étais rendu jusqu'à Winnipeg et j'avais pris le train jusqu'à Montréal. Mon été s'acheva à aider Jean à la plantation sur sa pépinière et à rappeler à l'ordre mes cousins sur les prêts et les intérêts dus sur ces prêts. J'avais reçu 500 dollars de l'ami James, les intérêts du prêt de Jean de 240 dollars qui allait me remettre régulièrement les intérêt de son prêt à chaque année et j'avais reçu la promesse que Daniel me remettrait 300 dollars d'intérêt sur son prêt à Noël 1975. L'ami James allait me remettre les 5000 dollars du prêt sans les intérêts. J'avais demandé le paiement des intérêts à Jean qui voulait reporter ce paiement et qui avait inventé une histoire disant qu'il payerait les intérêts lorsqu'il serait millionnaire. Je n'avais pas trop compris et je n'avais pas insisté. J'avais remis cela à plus tard. J'étais indépendant de fortune et je n'avais pas à gagner mon pécule durant l'été pour payer mes études. J'avais bien réussi ma première année à l'université et je devais entreprendre la première année comme étudiant de l'École polytechnique. Je savais que la première année de cours de mathématiques et de physique servait à départager le groupe de ceux qui avaient de fortes chances de terminer le cours et d'obtenir le diplôme du groupe des étudiants à problèmes. L'École polytechnique avait sa réputation de casse-gueule. | ||
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Les étudiants de l'École étaient également très indépendants dans leurs rapports avec l'administration de l'Université et les autres facultés. Ils occupent un terrain en retrait au sommet de la côte menant au cimetière et ils ont peu de liens avec la direction de bâtiments et terrains de l'Université, l'École polytechnique étant seulement une école affiliée à l'université et ayant sa propre direction. Les étudiants de l'École avaient eu un violent conflit en septembre 1974 alors que l'Université voulait imposer des frais supplémentaires pour le stationnement derrière l'École polytechnique. La direction de l'Université avait embauché des fiers-à-bras pour intimider les étudiants et l'affaire avait mal tourné quand un de ces fiers-à-bras avait lancé un étudiant à travers la vitre d'une fenêtre. L'administration de l'Université avait alors cédé le stationnement à l'École polytechnique et les étudiants n'avaient pas eu à subir l'augmentation de frais demandée. L'incident avait laissé ses plaies. J'avais retrouvé ma chambre comme je l'avais laissé et j'avais décidé de tout peinturer le béton avec une bonne peinture à l'huile blanche. J'étais un des premiers à prendre cette initiative et la direction le tolérait. La chambre avait une bien plus belle allure car la peinture masquait les irrégularités du béton et la couleur avait un air moins déprimant que le gris terne du béton. J'avais connu la courtoisie des gens de Vancouver et je remarquais les différences latines par rapport aux manières anglo-saxonnes. J'en parlais souvent. J'avais apprécié mon voyage et j'allais adopter quelques comportements plus british. Le climat social au Québec était à l'affrontement un peu partout. Le stade olympique était au centre des controverses car l'échéancier olympique approchait et les travaux progressaient lentement. Le transport en commun était parfois paralysé, les hôpitaux fonctionnaient au ralenti et les professeurs de l'école publique renseignaient mieux les élèves sur leurs démêlés syndicaux qu'ils n'accordaient d'importance à l'apprentissage de leurs élèves. Les professeurs de l'université étaient peu sensibles aux vagues contestataires qui secouaient le Québec et leur conscience professionnelle prenait le pas sur l'agitation fébrile de cette fin de règne du gouvernement libéral à Québec. Dans un silence religieux, la marre du gouvernement fédéral de Pierre Trudeau et de ses ministres n'était pas meilleure. Avec un peu de recul par rapport au temps, je devais apprendre que le Premier ministre Trudeau dirigeait le pays avec quelques fonctionnaires et qu'il jouait à la chaise musicale avec ses ministres. Les politiques de monsieur Trudeau coûtaient chères aux contribuables et le sous-ministre aux finances, Mickey Cowen, voyait à assurer la protection des millionnaires canadiens en modifiant les textes de la loi de l'impôt canadienne. Le Canada, un pays autosuffisant en pétrole jusqu'aux années 80, accumulait les déficits et les riches citoyens canadiens payaient très peu d'impôt. Avant l'élection du gouvernement libéral de Pierre Trudeau, le Canada assurait généralement l'équilibre du budget entre les recettes et les dépenses. En 1975, le gouvernement du Canada présentait un déficit annuel d'environ 10 milliards de dollars et Pierre Trudeau quittait le poste de Premier ministre alors que le déficit annuel du gouvernement fédéral allait atteindre 34 milliards de dollars. | ||
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L'inflation était presque nulle en 1968 et elle était supérieure à 10% en 1975. Le gouvernement fédéral, ne reculant devant rien, allait offrir en 1975, sur le marché des obligations, des titres canadiens à taux d'intérêt élevé, ce qui amena la valeur du dollar canadien à un niveau supérieur au dollar américain alors que la productivité aux États-Unis a toujours été supérieure à la productivité canadienne. Le gouvernement de Pierre Trudeau alimentait l'inflation par les coûts. J'étais loin de ces préoccupations à l'époque. Je commençais ma deuxième année universitaire par des cours de mathématiques, de physiques et quelques cours spécifiques au génie basés sur la physique newtonienne et j'allais être premier de classe. J'avais vaincu ma crainte par rapport à un échec possible et je n'étais plus l'étudiant moyen du collège Bois-de-Boulogne. J'avais repris de l'assurance et je dosais mes efforts pour bien réussir tout en conservant une marge libre pour des activités à mon choix. J'avais la réputation d'un étudiant studieux parmi certaines gens de mon entourage, mais je profitais aussi des loisirs offerts à l'École, aux résidences et par le service aux étudiants de l'Université. Les étudiants de l'École polytechnique avaient une réputation pas très enviable d'un groupe de fêtards un peu rustres avec la calculatrice à portée de la main, grand buveur de bière aux excès de langage machiste et aux manières cavalières. Cette réputation n'était pas sans fondement car le groupe était constitué de 24 gars pour une fille et l'heure joyeuse des vendredis après-midi avait des allures de carnaval. J'ai participé à de nombreuses fêtes, mais je n'ai jamais aimé la sensation étourdissante que produit l'alcool et je prend rarement plus de trois bières. Je préférais souvent la tranquillité des résidences. J'y aimais la diversité des personnalités. L'École polytechnique est néanmoins une dure école. Le rythme est rapide et soutenu. Nous avions à acquérir l'esprit analytique de l'ingénieur et mettre le monde en concepts physiques et chiffrables sur papier. Des professeurs compétents et dévoués nous confrontaient à des exercices et des problèmes dont il fallait trouver les solutions. Je me souviens de la détermination de mes collègues à compléter les travaux exigeants que les professeurs nous demandaient. Certains professeurs avaient des personnalités attachantes dont le professeur de mathématiques, monsieur Lessard qui terminait toujours une démonstration en disant " pas plus difficile que ça ". L'année avait exigé ses efforts, mais j'avais accumulé de très bonnes notes et la période d'examens ne me rendait pas nerveux. J'allais réussir une de mes meilleures années académiques. La direction avait réquisitionné les résidences universitaires car le Comité organisateur des jeux olympiques de 1976 avait payé un bon prix pour y loger les journalistes du monde et préparer les salles de presse. Les résidents devaient quitter les lieux. La direction nous avait tout de même ouvert un entrepôt pour y stocker nos objets personnels. J'avais pris ma réservation pour partir vers l'Europe et j'allais y passer tout l'été. Plusieurs européens me disaient que le rendez-vous de l'année était Montréal lorsque je leur disais que j'habitais Montréal. Pour moi, à l'âge de 20 ans, bientôt 21, et étudiant en génie, l'Europe était d'abord le rendez-vous avec l'histoire de l'architecture et l'histoire occidentale, du moins celle que je connaissais. | ||
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Je savais bien compter et je visitais l'Europe avec des dollars canadiens qui valaient plus cher que les dollars américains. Je profitais simplement de la conjoncture favorable. Au départ de Montréal, j'avais pris le forfait de la semaine culturelle à Paris et j'avais loué une voiture pour une période de deux mois commençant après ma semaine à Paris. J'étais et je suis toujours un marcheur et j'avais traversé Paris dans tous les sens à pieds. Ma semaine ne m'avait pas suffi pour tout visiter. J'avais néanmoins eu suffisamment d'occasions pour me rendre compte que les parisiens se moquent de tous les visiteurs. Paris est belle, elle est la ville la plus visitée au monde, les parisiens le savent et ils croient que c'est grâce à eux. Il suffit de leur demander une information pour s'en rendre compte ou de leur demander une bière au café du coin. Trois serveurs sur quatre vous font le coup de ne pas comprendre ce que veut dire une bière. C'est amusant et irritant en même temps. " Monsieur veut dire un demi ". Oui, c'est ça, apportez- moi une bière. Ils ont d'autres comportements hautains qui vous donnent envie de leur mettre le poing à la figure. Passer deux semaines à Paris est très agréable, mais passer deux mois à les supporter doit ressembler à un calvaire. J'avais eu trop peu de sept jours pour visiter les principaux lieux touristiques de Paris. Il faut compter plus d'une journée pour visiter le musée du Louvre, une journée pour visiter Versailles, la place Montmartre, les deux îles avec la cathédrale Notre-Dame, les champs Élisée, l'arc de triomphe, la tour Eiffel, la place de l'Opéra et les nombreuses résidences où ont vécu les Balzac, Victor Hugo, Rodin et autres petits musées. J'avais pris possession de ma Renault 5 la deuxième semaine et j'étais allé chercher ma cousine Ghislaine à l'aéroport. Nous avions visité les châteaux de la Loire ensemble, le magnifique château de Chambord, les plus belles cathédrales et les autres monuments jusqu'à la petite île Saint-Michel avec son abbaye. Nous avions monté la côte en Belgique en passant par la Normandie et la Bretagne. Nous logions dans les auberges de jeunesse et nous profitions des bons petits restaurants pour se régaler d'un copieux repas le soir arrosé d'un bon vin. Nous avions visité les grottes de stalactites et de stalagmites, la très belle ville de Bruges où nous avions circulé en gondole le soir et la ville de Bruxelles avec sa place centrale. Nous avions complété ensemble une visite de la Hollande, de ses moulins à vent, de la ville d'Amsterdam et ses canaux, des musées des peintres hollandais, Rembrandt et Van Gogh. J'étais retourné à Paris reconduire Ghislaine et j'avais poursuivi mon tour de France seul. J'avais surtout appris à voir les voyages différemment. Ma cousine avait fixé un itinéraire de voyage assez précis et j'avais connu André avant elle qui m'avait lancé dans un rallye. Je préférais nettement ne pas me fixer d'étapes et de rester le temps qu'il fallait pour bien visiter. Je changeais de place quand l'ennui me venait. J'avais rencontré deux québécois à l'auberge de jeunesse en Bretagne avec qui je passais généralement la soirée et le voyage s'était accompagné de rencontres et de retrouvailles d'un jour qui avaient agrémenté tout l'été. | ||
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Je n'étais pas resté longtemps à l'ouest et j'avais pris la route de Strasbourg et de la vallée du Rhin. J'avais fait ma plus longue tournée des bars à Munich avec ces deux larrons québécois Michel et Jean, jusqu'à six heures du matin à manger des saucissons et à boire de la bonne bière allemande servie dans des bock d'un litre que les serveuses apportaient à raison de cinq dans chaque main. Nous étions rentrés à l'auberge au soleil du matin, une auberge qui avait jadis servie de château puis de prison. J'avais surtout appris à voir différemment les voyages. Ma cousine avait fixé un itinéraire de voyage et, avant elle, André m'avait lancé dans un rallye. Je préférais nettement ne pas fixer d'étapes et de rester le temps qu'il fallait pour visiter et changer de place quand l'ennui venait. J'avais poursuivi jusqu'à Bonn et Hambourg, puis j'avais visité le Danemark et Copenhague. J'avais surtout remarqué les traits uniformes de ce peuple de grands blonds et des belles grandes blondes. J'étais descendu vers le sud pour visiter la Suisse. Il n'y avait pas d'auberges de jeunesse mieux organisées. Un pays magnifique où j'avais visité plusieurs cantons en 21 jours avec un jeune écossais avec qui je m'étais fait ami. J'étais retourné à Paris pour y laisser la voiture et j'avais poursuivi en train. J'étais allé à Londres huit jours et j'avais apprécié les londoniens au point d'y acheter mes souvenirs de voyage. J'ai pris possession d'un parapluie noir chez le fabricant James Smith que j'utilise encore aujourd'hui. J'avais visité les grands symboles de la puissante économie anglaise, Hampton Court, le British Museum, la galerie Victoria et Albert, le parlement, l'abbaye de Westminster, la cathédrale Saint-Paul, les autobus à deux étages, les taxis et le magasin Harrods. Je m'arrêtais souvent à un pub anglais pour y boire une bière où le service est toujours courtois. Il est aussi agréable de voir des londoniens qui n'hésitaient pas à s'arrêter pour te fournir le renseignement dont tu avais besoin. J'étais monté jusqu'en Écosse, visiter le copain que j'avais rencontré en Suisse. J'étais rentré à Paris quelques jours avant de reprendre l'avion pour Montréal. J'avais traîné dans les cafés à boire quelques bières et j'avais repris l'avion quelques jours avant le début des classes. J'ai beaucoup d'anecdotes à raconter de ce voyage, de traits particuliers et de mes soirées mémorables. Expo 1967 avait été un clin d'il sur le monde, le voyage en Europe de 1976 était une immersion au cur d'une vieille partie du monde et les souvenirs en sont aussi bons. Je revenais frais et dispos pour reprendre mes activités scolaires. J'étais à ma troisième année universitaire et je n'avais fait qu'inverser la première et la deuxième année du cours de génie géologique. Les cours de troisième année étaient plus spécifiques, plus approfondis et plus pratiques. Nous avions le choix de trois options, exploration, géophysique et travaux publics, un hybride du génie civil et de la géologie. J'avais choisi travaux publics comme plusieurs de mes collègues. J'allais me lier avec des équipiers pour les deux dernières années. Nous étions un groupe de dix-sept étudiants en génie géologique et nous allions former un groupe solidaire parmi les six cents étudiants de troisième année de l'École. Notre petit groupe comptait de très bons sportifs et il n'était pas rare de nous classer en finale dans les compétitions sportives entre départements. J'avais retrouvé un peu l'esprit et la camaraderie qui animait la 11eB. | ||
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Mes succès des années précédentes étaient connus et je n'avais qu'à maintenir un effort raisonnable pour arriver à la fin des études avec le diplôme en main. Les études restaient ma première préoccupation et j'avais des cours des plus intéressants : l'histoire de l'évolution de la terre, l'évolution du continent, la géologie structurale, la reconnaissance des formes rocheuses, la géologie des glaciations, le comportement physique des massifs rocheux, le comportement des sols, la photo-interprétation, les techniques d'exploitation des massifs rocheux et des sols. J'étais parmi les anciens des résidences et j'allais profiter de la vie universitaire avec ce quelle offre de meilleur. Mes résultats étaient légèrement moins bons ,mais j'avais arrêté de viser la première place. Je me plaisais à une vie sociale plus active. J'avais une amie en médecine qui était beaucoup plus occupée que moi. Je l'aidais quelquefois à réciter ses notes de cours par cur, un cours nécessitant une discipline rigoureuse et beaucoup de mémoire. Je m'étais inscrit à quelques activités du centre communautaire, notamment le dessin, la photographie, la menuiserie et quelques autres cours. J'étais un résident connu et apprécié. J'avais des occasions plus nombreuses que mon horaire pouvait amasser : le groupe de génie géologique et de polytechnique avec ses chansons grossières, les discussions en résidence avec une grande diversité d'opinions dont les voisins de chambre étaient des amis de première ligne et le groupe de hockey et quelquefois de soccer s'il y avait suffisamment d'adeptes pour se répartir deux équipes de bon calibre. Les gens de l'université restaient généralement imperméable à la politique provinciale ou fédérale sauf le soir du 16 novembre 1976 où les résidents avaient fait la fête. Le Parti québécois de René Lévesque avait délogé les libéraux de Robert Bourassa et on sentait dans l'air un renouveau qui donnait le goût d'être partenaire de cette nouvelle aventure. J'avais la faveur de bien des étudiants et je ne cherchais pas à quitter ce milieu qui me plaisait bien. J'allais à l'occasion de Noël et de Pâques à Arthabaska principalement pour faire plaisir à mes deux tantes qui voulaient connaître un peu mes activités. Jean me payait les 240 dollars d'intérêt sur son prêt et il remettait toujours les discussions sur l'argent dû par son ami James. Daniel ne remettait pas un sous, il était rebelle à ceux qui avait de l'argent et il voulait pratiquer la course automobile, un sport de milionnaire. L'hiver 1977 avait été sans histoire et j'avais complété avec succès, ma troisième année à l'École polytechnique, ce qui me donnait un statut de technicien automatique. J'avais eu la chance d'être embauché par un bon employeur, le Ministère des transports du Québec. J'étais affecté à la recherche des bancs de sable et de gravier pour les tronçons de route en construction. J'identifiais les sites potentiels au moyen des photos aériennes, j'effectuais des sondages sur les terrains retenus et je prélevais des échantillons pour leur analyse en laboratoire. Les sites acceptés devaient être constitués de matériaux granulaires dont la composition était conforme au fuseau granulométrique exigé par le Ministère. Le bureau était situé à Québec, mais j'étais souvent sur la route pour le prélèvement des échantillons. Cet emploi à Québec m'avait permis de reprendre contact avec deux amies du cours d'anglais à Vancouver. J'en avais profité pour connaître la ville de Québec et ses nombreux attraits touristiques. Je complétais mon travail à la satisfaction de mon employeur et j'allais reprendre les cours à l'École polytechnique en septembre. | ||
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J'en étais à ma quatrième et dernière année et j'allais obtenir mon diplôme de baccalauréat à la fin de l'année académique. J'avais quelques cours obligatoires à compléter et j'allais m'inscrire à plusieurs cours complémentaires dont certains n'étaient pas requis par la direction pour décerner mon diplôme. J'avais pris le cours d'analyse numérique, des cours de génie civil en mécanique des fluides, en mécanique des roches et autres. J'avais terminé mon baccalauréat avec quinze crédits de plus que nécessaire. Les étudiants de quatrième année avaient le respect des professeurs et j'étais courtisé pour poursuivre mes études en maîtrise. L'emploi était encore facile à l'époque et l'attrait de gagner de l'argent limitait le nombre d'étudiants à la maîtrise. Deux professeurs m'avaient offert des bourses pour poursuivre mes études avec eux et j'allais décider d'appliquer à la maîtrise en mécanique des sols car j'y appréciais deux professeurs dont M. Branko Ladanyi. J'avais une facilité évidente en mathématiques et ce cours nécessitait une bonne capacité en ce domaine. J'avais les meilleurs résultats de la classe et j'allais obtenir la bourse de la Direction de l'enseignement supérieur du Québec. Le département de mécanique des sols avait accepté mon inscription. La résidence universitaire était toujours mon lieu favori pour les moments de détente. Je connaissais bien les membres de l'exécutif de l'association et ces derniers m'avaient demandé de m'occuper de l'organisation des activités sportives pour les résidents et j'avais accepté. L'exécutif organisait également un carnaval en janvier et j'avais choisi d'innover en organisant une soirée casino. J'avais eu un succès monstre avec cette soirée, la meilleure de tout le carnaval et plusieurs de mes copains m'en rappelaient le souvenir. J'avais sur mon étage, un groupe d'amateurs de coups de collégien. J'en ai vu, j'en ai entendu et j'en ai préparé des coups de toute nature à l'intérieur des résidences. La plus mémorable est digne d'un film de Charlie Chaplin. Nous avions l'habitude de nous lancer des combats à coups de chaudrons d'eau. Un soir vers 18h00, nous avions eu un visiteur inattendu, le directeur adjoint faisait sa tournée pour rappeler que la cuisson était interdite dans les chambres. Le directeur était un ami de Richard et il frappa à sa porte, sauf que nous guettions cette occasion pour nous lancer un chaudron plein d'eau. Nous regardions tous, la scène avec un sourire amusé. Richard avait ouvert sa porte, il s'était aperçu de la présence du directeur et il avait lancé l'eau du chaudron d'un geste retenu; l'eau était montée et elle s'était étendue sur le cadre de la porte. Le directeur avait été légèrement mouillé et Richard ne savait que dire au directeur. Nous en avions bien rit et on s'était moqué de lui longtemps.
L'effet casino m'avait donné une popularité avantageuse et j'avais été élu président de l'association des étudiants résidents avec une confortable majorité sur mon adversaire. J'avais célébré cette soirée avec Max, mon vieux copain de Ville Lasalle qui terminait sa maîtrise en virologie. J'avais retrouvé mes vieilles amitiés et Max m'avait présenté Josée, une étudiante en bactériologie avec qui j'allais développer une relation amoureuse dont je garde encore les bons souvenirs. | ||
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En quatre ans, j'avais vu renouveler le groupe de résidents presque en totalité. Il n'y avait que quelques irréductibles pour se rappeler la contestation des étudiants de polytechnique pour leur stationnement et pour connaître suffisamment les lieux de l'université pour en nommer les directeurs. Parmi eux, il y avait un étudiant aux grades supérieurs en philosophie, grand admirateur de Nietzsche, moqueur et avec qui j'avais plaisir à bavarder. En avril 1978, j'avais complété un objectif important de ma jeune carrière : j'étais bachelier en génie et j'avais demandé mon adhésion à l'Ordre des ingénieurs du Québec. Pas un seul Boisjoli et pas un seul Campagna ne m'avait félicité pour cette graduation. Mon père avait espéré me voir ingénieur un jour et je l'étais. C'était une satisfaction plus qu'acceptable. J'avais fêté cette journée avec Josée et je m'étais acheté ma première voiture, une Honda Civic neuve. J'avais passé mes soirées d'été à profiter de la compagnie de Josée et mes week-end, à préparer de excursions avec Josée. Elle était biologiste et elle aimait la nature. Elle aimait aussi la musique, les arts et le théâtre. Elle avait un accent à demi-québécois et à demi-français très charmant car son père avait étudié l'hématologie en France alors qu'elle était à sa première année d'école. Nous avions campé ensemble, nous avions fait une excursion en canot dans le parc des Laurentides ou encore, nous reposer dans les boîtes de jazz. C'était une vie très agréable. Reçu ingénieur stagiaire, un professeur m'avait recommandé à la firme d'experts-conseil Rousseau, Sauvé et Warren à Montréal. J'avais travaillé tout l'été à des études de comportement du barrage de LG-4 au moyen de simulations par ordinateur avec des programmes d'éléments finis. J'avais un bon travail de bureau. Les résultats des études étaient concluants et la direction de RSW m'avait offert de poursuivre le travail avec l'équipe du projet de LG-4 dont les effectifs allaient s'accroître avec la phase de construction du barrage. J'avais choisi de poursuivre mes études de maîtrise, une décision bien acceptée dans ce milieu; mon directeur était lui-même un gradué de doctorat d'une école de génie. Je n'avais pas quitté les résidences universitaires durant l'été. Je retournais à l'École polytechnique à l'automne 1978 pour y commencer mes études de maîtrise. | ||