La mort est au
rendez-vous
Rage qui bouillonne qui gronde
Le sage entre dans la ronde
Qu’arrive-t-il à mes pensées
Si subtiles et insensées
Une grotte sombre comme la nuit
Je rampe dans l’ombre, je suis
Un souffle fragile comme un silence planant
Esprit futile m’espionnant
Elle rôde ici parmi les spectres de la nuit
Elle te change en fou
La mort est au rendez-vous
Des yeux me fixent, m’épient
Un souffle s’attarde,
C’est l’ennemi
Ces mouvements insolites au loin
Ne seront pas mon destin
Sorciers et farfadets
Dansent autour d’un grand feu
Dans un grand palais
Sale et hideux
Rien dans les
poches
Ils nous bercent de doux mensonges
Nous aveuglent de belles promesses
Nous endorment et dans un songe
Nous votons dans l’allégresse
Des projets fructueux
Un avenir merveilleux
En un tour de magie rétablir l’économie
Soyons donc un peu vulgaire
Laissons aller notre vocabulaire
Rien dans les mains, rien dans les poches
Nous souriant, allant sans reproche
Rien dans les mains, rien à cacher
Tant que choses à oublier
Rien dans les mains, rien dans les manches
Ne laissant aucune chance
Rien dans les manches, rien à cacher
Ils nous garantissent un avenir
En s’abstenant de le détruire
Savons-nous vraiment
Ce que cache leur sourire
Magiciens de la parole
Professionnels du vol
Ils nous vident les poches
D’un sourire sans reproche
Rien dans les mains, rien dans les yeux
La lueur d’un homme envieux
Rien dans les yeux, rien à cacher
Seulement de cruelles idées
Rien dans les mains, rien dans la tête
À part les instincts d’une bête
Rien dans la tête, rien à cacher
Un seul désir : MANIPULER
Argent
L’autre jour j’marchais dans la rue
Usant les trottoirs tel un inconnu
Soudain je l’ai rencontré
Garni à point un peu trop épicé
Mon gars veux-tu devenir rice…
Veux-tu voir ton nom comme tête d’affiche?
Effrayé, j’ai reculé
Alors il s’est mis à fredonner
Se défaire de ses émotions
Ne chercher que l’exploitation
Ne rien dépenser sans calculer
Pour se remplir d’argent
Plein les poches oui… l’argent
Compter et recompter son argent
(…) fait pas le bonheur mais ça en prend
Il nous voit en numéros
Mais nous ne serions que le chiffre zéro
Il nous tient dans sa cage
Nous écrase sous ses rouages
Le seul défaut de sons système
C’est que maintenant personne ne l’aime
Il doit rester seul…
… à compter son argent
V’nez pas
jouer dans (L’) mon dentier
Ça d’l’air qu’la fille d’en face c’t’une putain
Pis à s’en lave les mains
À’arrive chaque soir accompagnée
D’un nouveau gars pour s’faire aller
On m’aurait dit qu’Alexandre
Vendait du rhum de contrebande
Qu’on lui aurait prédit la mort
S’il en rendait encore
Ça je le sais de source sûre
De source fiable je vous le jure
Qu’il ne dirait jamais mensonge
Ni même à Satan quand j’y songe
Une personne digne d’être aimée
Pas ceux qui cherchent la vérité
On dit qu’Aline trompe son mari
Avec un gars de Chicoutimi
Qu’elle aurait même 2-3 enfants
Qui proviendrait de son amant
La p’tite sœur d’ma voisine
Qui a les deux yeux dans graisse de bine
M’a raconté qu’hier encore
Monsieur l’curé frôlait la mort
Il aurait défié le Saint-Père
Qui l’a convoqué en enfer
Moi chu tanné j’m’en vais m’coucher
Laissez-moi d’l’air pour respirer
Pis v’nez pas jour dans mon dentier
On m’a ditqu’la fille du frère du facteur qui est venu hier
Aurait couché avec le beau-frère du mari de sa secrétaire
On raconte même qu’le fils du maire
Aurait marié une héritière qui revenait de Monaco
Avec des millions dans son seau
Il l’a mariée pour son argent
Pis pour qu,elle s’occupe des enfants
Moi j’en peu pus de vous endurer
Arrêtez de saler mon café
Maintenant vieux
Maintenant trop vieux pour travailler
Encore trop jeune pour m’en aller
Seul au fond de mon cœur
Attendant l’arrivée prochaine de mon heure
L’âme en pleurs
Tant de souvenirs s’éparpillent en moi
M’aidant doucement à accepter mon émoi
La tête haute je resterai
Ma vie fut trop belle pour l’oublier
Je dois m’y accrocher
Peut-être pauvre et maintenant vieux
Je ne peux partir, je suis amoureux
Amoureux de la vie de cette terre
Celle qui me berça si tendrement
Comme une mère
Je marche doucement, errant parmi vous
Je vous contemple tous un peu jaloux
Car il vous reste la vie devant
Et moi j’essaie de la garder et dedans
En attendant
Cessez
Je ne veux plus croire en vos idées
À ces mensonges de pitié
À ces histoires trop répétées
Qui m’empêchent même d’imaginer
Je ne peux plus vous pardonner
Par obligation ou bonne volonté
Me faire pour vous petit et tassé
Pour ne pas brimer votre liberté
Je veux grandir dans ma mémoire
De choses subtiles derrière ces masques noirs
Qui pourtant ne veulent rien dire
Pour qui refuse de les subir
J’aime peu l’histoire qui me détruit
L’espoir d,une minute qui construit
J’ai peine à croire à cette chanson
Et à ces mots de dérision
Cessez donc ces larmes pour me consoler
Cessez votre étreinte pour me rassurer
Cessez donc ces blâmes pour me raconter
Je veux ma liberté
Je ne veux plus croire en vos idées
À notre histoire « catastrophiée »
D’un arrière goût à effacer
Car tout le monde cherche à s’oublier
Je ne pleurerai jamais pour vous
Car j’ai plutôt espoir en nous
Capable de voir de monde meilleur
Dû à ce flot interne de bonheur
Quand je lève les yeux vers le soleil
Moi je le sens briller, je sais l’apprécier
Et malgré la beauté de ces merveilles
Je ne saurai jamais m’en contenter
On jase de toi
On a jasé ton père pis moi
Pis on croit que c’est le temps que j’aille te parler
On te regarde aller, ça ne plus continuer comme ça
T’es pus le garçon que j’ai si bien élevé
Tu sèches tes cours, t’a commencé à fumer
Veux-tu bien me dire ce qu’on va faire de toi?
Tes amis c'est pas des gens à fréquenter
quand y ont pas les ch'veux longs
Y'ont des anneaux dans l'nez
on croit juste qu'y ont une mauvaise influence sur toi
Mais tu sais mon cœur on t'aime encore
on veut juste pas qu'y t'arrive de tort
Pis surtout c'est qu'les voisins commencent à jaser
Regarde donc ce qu'est devenu le petit gars d'à côté
y se tient avec un gang de drogués
Qu'est devenu le beau linge qu'on ta payé
on dirait que tu sais plus comment t'habiller
Tu sors devant le monde avec des gilets troués
T'écoutes plus tes "records" d'la famille Simard
Tu t'achètes plein de disques avec des noms de morts
Pis ta musique du diable, tu l'écoutes trop fort
L'autre jour on t'a pogné les culottes baissées
avec la petite Julie, la dévergondée
C'est péché ces choses-là quand qu'on est pas marié
Mais tu sais mon cœur on t'aime encore
on veut juste pas qu'y t'arrive de tort
Pis surtout c'est qu'les voisins commencent à jaser
Regarde donc ce qu'est devenu le petit gars d'à côté
Y se tient avec une gang de drogués
Regarde donc ce qu'est devenu le petit gars d'a côté
C'est à croire que ses parents l'ont mal élevé
Exilé
Quelque part au coin de votre rue
Il y a une chanson qui se distribue
C'est une chanson qui vient du coeur
Un cri de détresse de l'intérieur
Qui n'est qu'un itinérant, un message errant
Comment pouvez-vous y rester indifférents
Si je trouvais la façon de dire
À quel point c'est dur
L'espérance, la pure souffrance
Le doute et la colère
Ces choses qui m'écrasent, me lacèrent
Qui hurlent et se bousculent en moi
Je n'aurais plus besoin de fuir la réalité
Comme un exilé
Exilé, Exilé
De ces espoirs un peu vulgaires
J'essaie peut-être de vous faire taire
Vous n'avez même plus d'espoir
J'ai quand même grand peine à y croire
Je ne suis qu'un résident de votre imaginaire
Je veux seulement vous faire quitter
Votre monde arbitraire
Quelque part au coin de votre rue
Il y a une chanson qui se distribue
Une chanson qui vient du coeur
Un cri de détresse de l'intérieur
D'un court rêve passant le moment d'un instant
Je vous en prie soyez donc indulgents
À quel prix
mon paradis
VENEZ vous appuyer sur la croix
Symbole devenu béquille, en qui vous avez foi
VENEZ acheter votre place au paradis
Pour juste un peu pluls cher, y a le nuage rose compris
VENEZ prier en ligne directe avec Dieu
Si vous payer l'interurbain c'est sûr que ce serait mieux
-On peut vous vendre n'importe quoi
À quel prix mon paradis?
-La gloire, la chance, l'espoir tout ça
A quel prix?
-Envoyez la facture à l'au-delà
VENEZ donc vous faire pardonner
On vend l'absolution de tous vos péchés
VENEZ avec nous vous mettre des oeillères
Car si vous voyez le sexe, vous irez en enfer
VENEZ avec nous, VENEZ faire la guerre
Parce que les autres religions faut bien les faire taire
VENEZ donc perdre votre identité
Parce que pour un croyant
C'est important d'être "brainwashé"
Si une question se pose, VENEZ confesser
Parce que le questionnement c'est bien trop compliqué
Plus vous serez faciles à manipuler
Plus ce sera facile pour nous au ciel de vous placer
Made in U.S.A.
On est les plus fiers, on est les plus forts
On a pris la misère, on l'a sacrée dehors
On est les plus riches, on est les plus importants
Parce que de père en fils on vit rien que pour l'argent
On a les Harley, on a les gros chars
Notre drapeau c'est le plus beau
On en a tous un dehors
Nous autres on a Rambo pis on a Terminator
On est les plus armés
Ça fait qu'on fesse les plus forts
On est les plus musclés, on pisse les plus loin
On a fait sauter les "Japs"
On a tué les indiens
On possède la lune, l'espace est à notre portée
Cassez-vous pas la tête à essayer de nous surpasser
Made in U.S.A.
Ça, c'est toute ma fierté
Made in U.S.A.
Du monde entier, on est les plus enviés
Made in U.S.A.
A vous regarder, je veux vous écraser
Made in U.S.A.
On envoie nos pluies acides chez les licheux du nord
Ils nous énervent en Floride
Ils n'ont pas le choix d'être d'accord
Et même si on "voudrait" leur péter la gueule
Ils sont assez téteux, ça m'étonnerait
Qu'ils nous en veulent
Ils auraient dû faire comme nous autres
Sacrer le camp quand c'était le temps
Maintenant venez donc chialer
Gang d'innocents
Votre emblème c'est un aigle, Oiseau majestueux
C'est pas rien qu'un castor
Un petit maudit peureux
Mais il y a une chose mon gars que t'as l'air d'oublier
T'aurais sûrement remarqué
Si tu avais une tête pour penser
Votre oiseau, il est bien beau, il est bien bon
Mais le castor, lui, au moins
Y est pas en voie d'extinction
En attendant
de partir
Père mère, je vais peut-être mourir demain
J'aurais aimé accomplir vos rêves, vos désirs
Mais je suis atteint d'un froid assassin
Je ne peux l'éloigner, encore moins le fuir
Je tremble de peur, de froid, de chagrin
En attendant de partir
J'ai toujours été de ceux qui ont eu la foi
En ces choses fragiles comme du verre
Celles que j'apporterai avec moi
Je les porterai haut comme une bannière
Pour que ceux qui vivent avec moi l'enfer
Puissent enfin voir la lumière
Personne ne m'a jamais dit
Qu'on pouvait mourir à trop aimer
Je retiens en moi un cri
Au fond de me cage de chair mutilée
Vous rapporterez mes paroles
A ceux qui ont perdu espoir
Qu'ils les voient comme un symbole
Annonçant que l'amour remporte toujours la victoire
Père mère, je vais peut-être mourir demain
Mais je vous quitte heureux
Car j'emporte au creux de mes mains
Votre souvenir brûlant comme un feu
Que ce soit un regard, une caresse, un sourire
Ils auront réussi à me guérir
Ma vieille « blues »
de cuir
J'la regarde des fois dans le garde-robe
Ma vieille blouse de cuir du temps de ma dérobe
J'lui souris d'un air nostalgique
En pensant à cette chasse du monde utopique
On a tous voulu fuir notre blouse de cuir
Pleine de "stickers", maculée de sueur
Rescapée du temps où l'ont aurait voulu dire
Comment changer le monde avec notre cœur
Je m'ennuie d'elle pis de ses histoires
Pis du temps où j'aurais voulu tout croire
Du temps où j'voulais changer le monde
Pis d'la révolution que je voulais pondre
Même si maintenant elle est rendue trop petite
Ces souvenirs-là, j'veux surtout pas qu'ils me quittent
Parce que tout moment qui est bien vécu
Ces moments-là sont jamais perdus