Chapitre 8 : Quand ils arrivèrent au campement, Aragorn émergeaitseulement de son sommeil. Il avait eu une nuit agitée,peuplée de sombres cauchemars mais aussi de visions. Ilavait rêvé d’ Arwen, cela faisait si longtemps qu’il nel’avait pas vu, ne serait-ce que dans ses rêves. Elle luiindiquait le Sud, son visage mélancolique semblaitl’implorer de l’écouter. Un château, entouré par la brumelui était apparu. Quelle était la signification de cesonge ? Il savait cependant que l’apparition d’Arwen ainsique son conseil n’étaient pas anodins. Il devait se fier àelle, la suivre. Il se redressa, son épaule était encoreendolorie mais cela n’avait rien à voir avec la douleurlancinante de la veille. Il aperçut Gimli Stalkia etLegolas. Quelque chose semblait avoir changé dans lecomportement de celui-ci… Comme une légère allégresse….Leselfes sont décidément bien étranges, un temps mélancolique,un autre insouciant… Il se leva, légèrement gêné d’avoirdormi si tard, ce qui n’était guère dans ses habitudes derodeur. Stalkia s’approcha de lui et lui demanda : -« Votre blessure vous fait-elle encoresouffrir ? » -« Non, vos soins l’ont guéri. » -« Laissez-moi voir… » Pendant qu’elle regardait la plaie d’Aragorn, Legolas etGimli s’occupèrent de ranger le camp. Ils chargèrent avecrapidité les chevaux et quand Stalkia eut finit de soignerAragorn, ils étaient prêts à partir. Ils montèrent surleurs chevaux et Aragorn annonça : -« Nous allons nous diriger vers le Sud » -« Le Sud ? » répéta Gimli, surpris, maisn’ayant pas l’habitude de contredire les décisionsd’Aragorn, il acquiesça. Ils chevauchèrent toute la matinée et toute la journée.Aragorn ne parlait pas, plongé dans ses pensées, ilsemblait hypnotisé par un but à atteindre à tous prix.Legolas et Stalkia chevauchaient toujours ensemble et celui-ci lui murmurait à son oreille de douces paroles elfiques.Stalkia n’osait répondre à ces déclarations aussi poétiquesque passionnées, de crainte qu’Aragorn, qui comprenait luiaussi ce langage, les remarque. Ils étaient légèrement enretrait et Legolas se retenait pour ne pas embrasser latendre nuque blanche de la jeune femme. Ils parlèrentlonguement, toujours dans cette langue étrange, seracontant leurs vies, si différentes mais qui serejoignaient. Legolas avait toujours été intéressé par leshumains. Ils n’avaient aucuns dons, ils étaient jugés commefaibles par les elfes et les nains. Mais cette racedévoilait sans cesse ses multiples facettes. Elle n’avaitpas, certes, l’immortalité des elfes ou la longévité desnains, mais elle était obligée de développer une maturitéet une intelligence qui étaient remarquables en si peu detemps. Aragorn, l’héritier du trône du Gondor en étaitl’exemple et la preuve. Il avait tout de suite étéimpressionné par l’aura de puissance et de sagesse qui sedégageait de ce mortel. Il luttait pour se racheter , pourfaire oublier la faiblesse, la faute qu’Isildur avaitcommise en conservant l’Anneau. Il était son descendant etil estimait que c’était à lui maintenant de combattre cetteforce maléfique. Et puis il y avait Stalkia…Si parfaite… Lapremière personne qui avait déclenché de tels sentiments etémotions dans son corps. Malgré son jeune age, son âmereflétait une maturité, une combativité unique. Mais elleétait aussi si douce, si fragile. Elle ignorait encore tantde choses. Il voulait lui faire découvrir les plus beauxaspects de ce monde mais aussi la protéger contre la forcemalfaisante et sournoise qui étendait son emprise sur laTerre du milieu. Le jour commençait à baisser ; Aragorn nesemblait pas vouloir faire une halte, il se dirigeaitinlassablement vers le Sud. -« Aragorn va mal. » dit Stalkia -« Oui, il pense à Arwen. Je l’ai entendul’appeler la nuit dernière dans son sommeil. Je pense quenotre changement de direction est lié à ce rêve qu’il àfait. » répondit Legolas. -« Je n’aime pas le voir comme ça… Biensur, cela fait des années que je ne l’ai pas vu. Je l’aiconnu jeune et insouciant mais depuis cette nuit…notreséparation… J’ai l’impression de ne plus le connaître, ilest empreint d’une gravité… » -« La charge de l’Anneau lui pèse. » -« Il n’a pas à racheter la faute de nosancêtres… » Aragorn s’arrêta subitement, son regard se perdit dans lelointain, essayant de percer la ligne d’horizon. Stalkia etGimli stoppèrent leurs montures, attendant la réactiond’Aragorn. -« Legolas ! Voyez-vous quelque chose auloin ? »* -« Non Aragorn, l’horizon est lisse, iln’y a rien » répondit Legolas en scrutant le paysagedésertique. Argorn poussa un soupir de déception et de dépit. Cela neservait à rien, il n’aurait jamais du prêter tantd’importance à ce songe. Encore une fois, une de sesdécisions se révélait mauvaise. Quand soudain, Legolaslaissa échapper une exclamation. -« Attendez ! Là, à l’Ouest, je croisdiscerner des ombres dans la brume… » -« En êtes-vous sur ? » demanda vivementAragorn. -« Oui, la silhouette d’un château sedessine… » Aragorn sentit ses épaules se décharger d’une partie dufardeau qui l’oppressait. Il essaya de voir ce que disaitLegolas mais seul l’elfe avait ce don. Il allait seremettre en route quand Gimli l’arrêta. -« Aragorn ! Je ne sais pas ce qui vouspousse à aller vers ce château mais soyez raisonnable…Voyager de nuit dans ces plaines désertiques, sans aucunsrepères serait une folie. Même la vue de Legolas ne peutnous aider par une nuit aussi sombre. Cette région regorged’Orcs… Arrêtons -nous. » Aragorn sembla réfléchir quelques instants puis répondit : -« vous avez raison Gimli, nousreprendrons la route demain. » Ils installèrent le camp à proximité d’un rocher, qui leursoffrait une protection minime mais non négligeable. La nuittombait vite dans las plaines et les quatre compagnonsfurent bientôt entourés par une pesant obscurité. Dans lesforêts ou ils campaient, la multitude des bruits les arbresleurs donnaient une légère impression de sécurité mais là,le silence était oppressant, inquiétant. Un feu fut viteallumé, ce qui dissipa quelque peu leur malaise. Stalkiadécida d’aller parler à Aragorn, tant de choses letracassaient, il devait avoir besoin de parler. -« Vous pensez à elle. » -« Oui, comment savez-vous ? » -« Legolas et Gimli m’ont dit… Vous avez rêvé d’elle, vouspensez la retrouver dans ce château ? » -« Il ne se passe pas un jour sans que je ne pense à elleet que je désire la retrouver. Mais ce rêve m’indiquaitautre chose. Outre le fait de la revoir peut-être, quelquechose se prépare, quelque chose de grave… » -« Les réponses à vos interrogations se trouvent sûrementdans ce château. Les songes elfique n’interviennent jamaissans raisons. » -« Je l’espère » Stalkia regarda quelque instants son frère puis l’enlaçaavec chaleur. Il ne devait pas savoir pour elle et Legolas.Tant de choses le rongeaient déjà, il ne l’accepterait pas.Aragorn se sentit un peu libéré après cette conversation.Parler avec Stalkia d’Arwen l’avait soulagé. Il pritconscience de son état d’esprit et décida qu’il ne devaitplus se laisser aller de la sorte, pour sa sœur, qu’ilavait enfin retrouvé.Stalkia alla s’asseoir près du feu et Legolas la regardaavec amour, de son regard brûlant et charmeur. Il aimeraittant être seul avec elle. Maintenant que ce malentendu quiles séparaient avait disparu, il mourrait d’envie del’embrasser, de sentir son corps contre le sien. Stalkiarépondit aussi discrètement que possible au regard pleind’invite de Legolas mais ses pensées rejoignirent uninstant celles de l’elfe. Ils se regardèrent quelquessecondes, les yeux brillants d’émotions, le cœur battant àtout rompre jusqu’à ce que Gimli, toussant bruyamment, lesrappelle à l’ordre. Cette situation commençait à devenircompliquée mais ils ne pouvaient faire autrement. Pourl’instant, cela valait mieux. Après avoir parlés, ilsallèrent tous se coucher mais Aragorn, ne pouvant trouverle sommeil, décida de veiller. Il fut rejoint par Legolaset tous les deux, regardant les braises rougeoyantes,pensèrent aux deux femmes qu’il aimaient tant. Chapitre 9 : Stalkia dormait profondément, elle rêvait de sa famille, elle était chez elle.Rien n’était arrivé, elle était tellement bien. Elle vit Legolas, ils’approchait d’elle, un sourire énigmatique aux lèvres. Il la prit dans ses braset l’embrassa. Elle sentit une légère pression sur son bras. Il lui parla, d’unevoix grave et suave. La pression sur son bras s’accentuait. «Je vous aimetellement Stalkia… ». On le secouait légèrement. « Stalkia… » -« Stalkia ! » Stalkia se réveilla en sursaut. -« L…. ». Elle allait prononcer le nom de l’elfe mais se retint à temps envoyant le visage souriant d’Aragorn. -« Je ne voulais pas vous réveiller mais nous devons nous mettre en route… »dit Aragorn. -« Non, vous avez eu raison… » Elle repoussa ses couvertures et s’étira. Son corps était engourdi par lesommeil et une partie de son esprit demeurait encore dans ce rêve. Elle tournala tête et croisa le regard de Legolas. Elle se sentit fondre sous le regard sitendre de l’elfe. Elle l’aimait tant. Elle se leva et entreprit de ranger sesaffaires. Legolas s’approcha d’elle et en l’aidant lui demanda : -« Vous avez bien dormi ? » -« Oui… J’ai rêvé de vous » continua t-elle en baissant la voix. -« je n’ai cessé de penser à vous, toute la nuit… » Il la regarda intensément. Elle se retint pour ne pas aller se blottir dans sesbras, pour qu’il l’embrasse. Ils chargèrent les chevaux et après avoir pris unléger repas, il se mirent en route. Le château était bien plus éloigné qu’ils nele pensaient. Ils traversèrent des plaines arides puis un marécage. A la mijournée, ils aperçurent une forêt, une forêt immense qui étendait sa traînéesombre sur l’horizon. Il était impossible de la contourner, ils devraient latraverser. Ils arrivèrent à la lisière de la foret et s’arrêtèrent, essayant desonder les mystères qu’elle renfermait. Ils étaient tous ampli d’un sentimentétrange, mêlé d’appréhension et de curiosité. -« Cette foret est bien étrange… » fit Gimli. -« L’atmosphère y est pesante… Quelque chose va se passer… » dit Legolas. -« Nous sommes obligés de la traverser, la contourner prendrait trop detemps… » dit Aragorn, répondant à la demande silencieuse des compagnons. Legolas baissa la tête, il n’approuvait pas cette décision. Son esprit tentaitde l’alerter sur quelque chose. Il avait cette faculté de « sentir » les choses,de les prévoir. Il ne pouvait expliquer d’ou lui venait cette impression. Tantde choses n’allaient pas… La foret était ampli d’un silence sordide et ,derrière les arbres touffus de l’orée, il voyait ces arbres morts, tordant leursbranches nues vers le ciel. Il essaya de chasser de son esprit cette idée. Aprèstout, ils avaient traversé maints lieux plus hostiles les uns que les autres.Ils descendirent de leurs montures et pénétrèrent dans la foret. Legolasmarchait à coté de Stalkia et celle-ci remarqua l’inquiétude qui se lisait aufond de ses yeux. Elle effleura délicatement et discrètement sa main. -« Ne soyez pas si inquiet » lui souffla t-elle. -« Tant de choses ne vont pas… » Aragorn s’approcha des deux jeunes gens ; lui aussi avait noté l’inquiétude dujeune elfe et il savait qu’elle était sûrement justifiée. Il était sur sesgardes. Gimli les rejoignit et ils avancèrent en un groupe compact et scindé.Ils marchèrent quelques temps quand soudain, Legolas se figea. -« Avez-vous entendu ? » Les trois compagnons, sans avoir la fine ouie de l’elfe, entendirent deshurlements aigus et terrifiants, accompagnés d’hennissements stridents. Cesbruits se rapprochaient à toute vitesse. -« Quelle est cette chose ? » demanda Stalkia, effrayée par l’atrocité de cescris. Un des hommes allait lui répondre quand ils virent la foret changer d’aspectderrière eux. La foret offrait un passage sombre et lugubre aux créatures. Lesarbres semblaient se recroqueviller au passage de la force malfaisante. L’infimepartie de verdure se noircit, les rares fleurs flétrirent, comme brûlées par lesouffle de l’Enfer. La foret semblait rendre sa vie, son âme. -« Les Nazguls… » dit Aragorn en sortant son épée. Legolas avait déjà comprit, son arc était bandé et il attendait fermementl’ennemi. Gimli et Stalkia firent de même, ne sachant si leurs armes seraientvraiment efficaces contre les Spectres de l’Anneau. Ils apparurent soudainement,enveloppés dans leur linceul noir, leurs chevaux diaboliques piaffant. Ilsdescendirent de leurs montures, leur forme immatérielle semblait flotter sur laterre. Ils sortirent leurs épée aux lames aiguisées d’un tranchant mortel et,d’un mouvement en parfait accord, les pointèrent vers les quatre compagnons. Ilss’avancèrent, d’un même pas majestueux et inquiétant ; ils n’étaient qu’àquelques mètres d’eux. Ils n’avanceraient pas davantage, la flèche de Legolasvola et se planta dans le cou d’un des serviteurs de Sauron. Avec un hurlementstrident et sauvage, la créature se précipita sur l’archer. Celui-ci, d’ungeste plus rapide que la vue avait déjà encoché une flèche dans son arc et visade nouveau le Spectre. Les autres Spectres fondirent avec rage sur Aragorn Gimliet Stalkia. Stalkia regarda un instant son frère puis riposta contre l’attaqued’une puissance inhumaine du Nazgul. Elle ne les avait jamais vu mais elleconnaissait l’histoire de ces rois déchus. Ils étaient dotés d’une forceinhumaine, maléfique et étaient animés par un seul et unique but : tuer pourrendre l’Anneau à son Maître. Aragorn avait déjà eu affaire aux Spectres et ilparvenait à maîtriser les trois créatures qui voulaient sa mort. Legolas avaitabandonné son arc et se battait avec son poignard. Il parvenait à éviter lescoups meurtriers grâce à sa souplesse et à sa légèreté digne des elfes. Saforce, inférieur à celle des Nazguls était compensés par son extrême habilité.Il ne cessait de frapper les Spectres mais ceux-ci étaient presque invincibles.En voyant Stalkia non loin de là, son esprit s’anima de rage. Jamais cescréatures ne la toucheraient. Il redoubla d’ardeur et d’effort et parvint àfaire fuir le premier Spectre. Mais il en restait encore huit, huit plusmeurtriers les uns que les autres, huit plus sanguinaires les uns que lesautres. Huit serviteurs du seigneur des Ténèbres, tous animés par la folie desauron. Les Spectres étaient infatigables, la force de leurs attaques nedécroissaient pas et semblait au contraire gagner en puissance. Stalkia sebattait vaillamment, elle sentait ses forces l’abandonner progressivement maiselle ne fléchissait pas. Elle planta sa dague dans l’épaule de son adversaire etcelui-ci fléchit sous la blessure. Elle baissa sa garde un instant , un instantqui ne dura à peine plus d’une seconde. Mais ce court moment d’inattention luifut fatal : elle ne put éviter la lame tranchante et empoisonnée du Nazgul. Ellesentit l’acier froid de l’épée pénétrer sa chair, au dessus de sa hanche. Elles’écroula avec un hurlement de douleur. Elle tomba lourdement sur le dos ,voyant l’ombre sans visage du Spectre qui se penchait sur elle. Legolas etAragorn virent la femme qu’ils aimaient tant s’écrouler. -« STALKIA ! » hurla Legolas Aragorn regarda l’elfe, vit l’amour et la souffrance infinie au fond de ses yeuxet comprit tout. Il se précipita vers sa sœur, repoussant le Spectre qui tentaitde l’achever mais un autre Nazgul se précipita sur lui. Legolas tentait luiaussi de les repousser, il semblait avoir perdu toute raison. Gimli sentit safureur croître, il allait tuer ces créatures, les faire payer. Les troiscompagnons se battirent pendant de longues minutes mais leur cause était vaine.Ils ne pouvaient lutter, la fin était proche. Leurs espoirs s’amenuisaient quandbruquement, une lumière blanche et éclatante ampli la foret. Le combat cessa ;une chose s’avança, enveloppée dans le halo de lumière. Les trois hommesentendirent des paroles, en une langue inconnu, une sorte d’incantation. LesSpectres furent pris d’une frayeur inexplicable. Ils se sauvèrent, enfourchèrentleurs chevaux et disparurent aussi vite qu’ils étaient arrivés. Les hommes seretrouvèrent face à la mystérieuse chose. La lumière les éblouissait et il nepouvait voir de qui il s’agissait. Mais progressivement, l’intensité de lalumière baissa et bientôt, ils purent discerner puis reconnaître le visagebienveillant de celui qui était à l’origine de la Communauté de l’Anneau. -« Gandalf ?! » s’écria Aragorn, ne sachant si son esprit était victime d’unehallucination ou s’il avait bien devant lui son vieil ami le magicien. Gandalf ne répondit pas. Il avait tout de suite compris la gravité de lasituation. Il s’approcha vivement de Stalkia. Legolas était agenouillé auprèsd’elle, pressant sa main. Elle respirait faiblement et difficilement. Aragorn nepouvait cacher son inquiétude. Lui aussi s’agenouilla auprès de sa sœur et,regardant l’elfe, vit le reflet de sa propre souffrance dans son regard. Gandalfles écarta doucement puis regarda la blessure de la jeune femme. -« Je peux ralentir le poison de ces créatures mais le vaincre totalement estau dessus de mes capacités de guérisseur. Elle a besoin de la médecine elfiqued’Elrond. Nous devons aller au plus vite à ce château. » Gandalf prononça quelques mots en passant sa main au dessus de la blessure deStalkia puis appliqua un baume. Stalkia gémissait, son corps commençait à passerdans le royaume des Ombres. Les hommes se remirent vite en selle et Aragorn,prenant sa sœur devant lui ne put s’empêcher de penser que c’était sa faute. Ilne supporterait pas d’être à nouveau séparé d’elle. Il mit son cheval au galopet, dans l’obscurité naissante, toute la Communauté se mit en route, espérantatteindre le château avant qu’il ne soit trop tard. Chapitre 10 : Les quatre hommes chevauchèrent toute la nuit, tous animés par la même angoissede la perdre. La sombre forêt était désormais derrière eux ; ils l’avaienttraversé à toute vitesse, fuyant ce lieu de malheurs. Le soleil se levait et,dans l’aurore naissante, ils virent le château de plus en plus nettement. Maischaque seconde était précieuse pour Stalkia, le monde des Ombres étendait chaqueminute son emprise sur son esprit. Elle sera bientôt comme eux… Aragorn tenaitdans ses bras son corps tremblant, agité de frissons et de sueurs froides. Sonvisage avait perdu toute expressions et était d’une pâleur extrême. Ellegémissait et cette plainte incessante et monocorde emplissait le cœur d’Aragornd’une douleur intolérable. Legolas était dans le même état, la souffrance selisait sur chaque trait de son beau visage et chaque parcelle de son corpsressentait l’infinie douleur que Stalkia subissait. Ils arrivèrent enfin devantle château, un immense château qui se confondait avec les arbres alentours,vieux de plusieurs millénaires. Elrond les attendait, le visage grave etsolennel. Il les avait vu arrivé depuis bien longtemps. Il savait qu’il devaitsauver cette jeune femme, pour Aragorn, pour Legolas mais aussi pour des raisonsbien plus graves. Son cheval était à peine arrêté qu’Aragorn sauta à terre puisprit avec délicatesse le corps fragile de sa jeune sœur dans ses bras. Elrondvit le supplice qui rongeait l’Héritier du trône du Gondor et le jeune Princeelfe. Ses paroles étaient inutiles, par un regard, il se fit comprendre. Ilspénétrèrent dans le château mais ils furent tous indifférents et insensibles àla magnificence du lieu. Ce château était le vestige de l’age d’or des elfes. Ilavait été construit lorsque la civilisation elfique avait atteint son apogéeafin de rassembler tous les elfes de la Terre du Milieu. Le site était empreintd’une mélancolie douce-amère. La nature et la pierre s’entrelaçaient etdonnaient l’étrange impression d’être à la fois à l’intérieur et à l’extérieur.Ils gravirent un imposant escalier de pierre, une douce lumière baignait tout lechâteau. Gimli leva la tête et vit le splendide plafond de cristal qui lessurplombait à plusieurs mètres. Les rayons du soleil perçaient le mince filet debrume qui entourait le château et donnaient une teinte automnale. Mais l’air duchâteau était d’une agréable douceur, chargé de senteurs boisées et discrètes.Tout le château reflétait le talent et l’art elfique. Le château se passait desornements habituels des hommes. La nature était au service des elfes et ill’embellissait simplement. Chaque pierre avait été gravée, le bois étaitsculpté. Les nombreuses statues les observaient de leur air grave et sage.Chaque partie du château semblait vivante, animée d’une vie propre cependantaucuns bruits ne se faisaient entendre. Il n’y avait personne dans le château ,comme ci le temps de celui-ci était révolu. Ils avancèrent dans un grand couloirdont les murs étaient tapissés d’une vigne aux couleurs flamboyantes et setrouvèrent devant une vaste chambre. Un lit immense occupait la pièce et deuxfauteuils auprès de celui-ci complétait la chambre. L’extrême sobriété des lieuxétait compensée par l’art magnifique dont les elfes avaient fait preuve pourfaire ces deux meubles. Un rideau légèrement transparent donnait sur un balconet laissait entrer une légère brise. Aragorn s’approcha du lit et y déposadélicatement sa sœur. Elle n’avait plus aucune conscience du monde alentour etsemblait ne plus avoir la force de se plaindre. -« Aragorn, Legolas, Gimli, laissez-nous maintenant » ordonna Elrond. Aragorn et Legolas allaient contester cet ordre mais le regard de Gandalf les endissuada. L’épaisse porte en bois sculptée se referma sur eux. Ils n’avaientplus qu’à attendre et à espérer. Aragorn et Legolas se regardèrent quelquesinstants puis partirent chacun de leur coté. Ils ne pouvaient parler, pasmaintenant, pas dans de tels moments.Stalkia luttait de toutes ces forces contre la force obscure qui tentait del’entraîner dans son gouffre. Elle avait tellement froid, tellement mal. Elleavait peur, peur que les Spectres reviennent. Elle vit une faible lueur maiselle était tellement loin. Ses membres étaient engourdis et il y avait toujourscette douleur lancinante à sa taille. Elle entendit une voix, lointaine maisclair et profonde. Elle se concentra sur le point lumineux et sur la voix. Ellesentait son corps partir, l’abandonner. Cela serait tellement facile…Non ! Elledeviendrait comme eux… La lumière devint soudainement de plus en plus intense.Elle fut bientôt enveloppée d’une lumière éblouissante. Elle sentit une doucechaleur se répandre dans son corps. Elle entendit des paroles elfiques. Une voixgrave résonnait dans sa tête. -« Stalkia…Revenez…Revenez à moi…Suivez la lumière…Laissez-vous guider. Elle aperçut un visage, c’était son père, pas le Roi du Gondor mais celuiqui l’avait élevé. Elle se sentit envahie d’un bonheur poignant mais la visiondisparut. Une sensation de vide et de perte inexplicable remplaça ce brefinstant. Le visage fut remplacé par celui d’un homme dont les yeux bleus aciersreflétaient toute la sagesse du monde passé et présent. Elle essaya de le suivremais son corps ne répondait pas. La voix l ‘appela plus fermement, lui ordonnantde la suivre. -« Je ne peux pas » cria Stalkia -« Si…Vous pouvez… » ordonna Elrond -« Non ! C’est trop difficile…Je ne peux pas… »répondit Stalkia d’une voiximplorante. Elle était si fatiguée. La voix se fit plus dure, presque menaçante. Stalkia, au prix d’un effortsurhumain parvint à s’extirper du monde des Ombres. Elle avança vers Elrond. Sesdouleurs s’évanouirent et son corps devint léger. La voix se fit douce etl’apaisa. -« Maintenant, reposez-vous » Stalkia sombra alors dans un lourd sommeil dépourvu de rêves. Gandalf regardaintensément le seigneur Elfe. Il avait l’air lui aussi extenué. -« Vous avez réussi… » lui dit Gandalf. -« La magie elfique n’est pas la seule responsable. Beaucoup de personnesauraient succombé à la lame d’un Spectre. Elle était dans la dernière phase ;jamais un Homme ne s’en est sorti… C’est un miracle. » -« Elle en gardera les traces à jamais. » -« C’est un être exceptionnel… C’est Elle… » -« En êtes-vous sur Elrond ? » -« Du destin d’une humaine dépendra le salut et le renaissance des Elfes… » -« Vous attendez cette prophétie depuis bien longtemps…Il est vrai que laressemblance de Stalkia avec l’Elue est troublante mais… » -« Le sang royal du Gondor coule dans ses veines… » -« Tout comme Aragorn… » -« Aragorn est aussi lié à notre destin, bien plus que nous ne le pensons.Mais Stalkia a été recueillie et élevé par le Roi des Elfes de l’Est…Leur sangcoule aussi dans ses veines. Elle représente l’alliance entre notre race et lesHommes… » -« Elle l’ignore Elrond, et cela vaut mieux. Elle accomplira sa quête maissans le savoir. » -« Pour l’instant, seule sa guérison compte, Gandalf mais elle sera rapide. » -« Je vais aller prévenir Aragorn et Legolas… » -« Ils sont tous les deux liés à elle… En particulier Legolas… » -« Ils s’aiment… » Elrond ne répondit pas, il était difficile de voir quels étaient la nature deses sentiments sous l’impassibilité de son visage. Gandalf allait franchir laporte quand Elrond l’arrêta. -« Gandalf… » Il sembla réfléchir encore quelques secondes. » Dites à Aragornqu’Arwen l’attend… » Gandalf sourit d’un air entendu et franchit la porte. Elrond resta quelquesminutes et regarda Stalkia. -« Il vaut mieux que vous ne sachiez pas tout ce qui se passe autour de vous…» Il sortit ensuite de la chambre, laissant Stalkia qui dormait paisiblement. Chapitre 11 : Aragorn était assis sur les premières marches de l’escalier de pierre, leregard vide et hagard. Il jouait machinalement avec sa magnifique épée maistoutes ses pensées convergeaient en un seul point. Il savait qu’Elrond etGandalf feraient tout pour la sauver, mais cela serait-il suffisant ? Cetteattente était insupportable. Une main se posa sur son épaule, surprit, il lâchason épée qui tomba quelques marches plus bas avec un bruit sonore et métallique.Le château résonna quelques instants de ce bruit importun mais le silence repritvite ses droits. -« Elle va bien… » Aragorn laissa échapper un soupir de soulagement, il sentit l’étau quienfermait son cœur se desserrer. -« En êtes-vous sur Gandalf ? » demanda t-il néanmoins avec une pointed’inquiétude. -« Cela a été difficile… Pénible…Mais Elrond l’a guérie… Enfin… » -« Quoi Gandalf ?! Qu’ y a t-il ? -« Vous n’êtes pas sans savoir que les blessures des Spectres ne se refermentjamais totalement. Elle sera marquée à jamais. » -« Je sais… Je peux aller la voir ? » -« Elle se repose mais elle ne va pas tarder à reprendre connaissance. » Aragorn se releva, ramassa son épée et la remis dans son fourreau. Il regardaquelques secondes Gandalf. -« Gandalf… Merci de l’avoir sauvée… de nous avoir sauvé…Sans vous, nousserions tous morts… » Aragorn saisit la main de Gandalf avec chaleur. Sa sœur était guérie, son vieilami était vivant. Il se posait tant de questions. -« Vous saurez tout Aragorn, bientôt… » Aragorn se dirigeait vers la chambre de Stalkia quand Gandalf l’arrêta. -« Aragorn… Arwen vous attendra ce soir, dans la cour Sud » Aragorn parut un instant troublé et surpris. Elle était donc là… -« Allez voir votre sœur, elle a besoin de vous… » Ils se regardèrent quelques instants puis Aragorn disparut dans un couloir.Gandalf soupira puis descendit l’escalier. Il franchissait la dernière marchequand il fut assailli par Legolas. -« Comment va t-elle ? » Son regard azur exprimait l’inquiétude et la souffrance mais aussi l’espoir etl’impatience. -« Elle va bien… » Le jeune elfe se sentit revivre, un léger sourire se dessina sur son visage et ,après avoir plus que remercié le vieux magicien, il s’élança dans l’escalier,manquant tout juste de bousculer celui-ci. -« Legolas ! » Legolas qui avait déjà atteint la dernière marche de l’escalier s’arrêta. Il seretourna et fixa Gandalf d’un air interrogateur. -« Qu’y a t-il ? » -« Je désirerais vous parler, quelques minutes… » Le jeune elfe descendit avec légèreté les marches et se posta devant Gandalf. -« Je sais ce que vous allez me dire Gandalf.. Mais je n’ai pas voulu ce quiest arrivé… Je l’aime… » -« Je ne pourrais vous empêcher d’éprouver de tels sentiments mais faitesattention… » -« Je sais Gandalf… Je sais.. » Son regard refléta quelques secondes une profonde détresse. Il se retourna puisse dirigea avec un peu plus de calme vers la chambre de Stalkia. Aragorn regardait avec tendresse sa jeune sœur ; son visage candide avaitretrouvé quelques couleurs et elle dormait paisiblement. Il lui prit la main et,repoussant délicatement une mèche de cheveux qui lui barrait son front, luimurmura : -« Pourquoi faut-il que vous soyez mêlée à tout cela… ? » Stalkia s’agita et gémit doucement dans son sommeil. Elle paraissait si fragile.Aragorn entendit des pas légers derrière lui. Il se retourna et vit Legolas,dans l’entrebâillement de la porte, son regard se fit perçant. Il se leva etalla à la rencontre de l’elfe. Ils se toisèrent quelques secondes puis Legolasrompit le silence : -« Nous devrions parler Aragorn… » -« Et qu’allez-vous donc me dire ? » Aragorn parlait calmement mais la lueursauvage au fond de ses yeux trahissait les sentiments qui bouillonnaient dansson esprit.-« Vous allez me dire que vous l’aimez… » continua t-il. « Mais avez-vouspensé aux problèmes de cette relation… Au futur… Aux sacrifices… ! ». La voix d’Aragorn s’était élevée au fur et à mesure qu’il parlait. Il ne pouvaits’empêcher de faire le rapprochement avec sa relation avec Arwen. Il ne voulaitpas que sa sœur ressente les même sentiments que lui. -« Aragorn ! Ce sacrifice me concerne uniquement ! ». les yeux bleus deLegolas étincelaient et il faisait face à Aragorn de toute se hauteur. -« Vous ne comprenez donc pas que Stalkia préférerait mourir plutôt que devous voir renoncer à votre immortalité ! » -« Cela n’arrivera pas ! » Le ton montait entre les deux jeunes hommes. Leur esprit n’était plus rationnel,leurs yeux flamboyaient et leur discussion commençait à prendre la tournure d’unsérieux règlement de compte. -« ARRETEZ maintenant ! » Legolas et Aragorn se turent subitement. Stalkia était devant eux, encoreaffaiblie, s’appuyant légèrement contre le mur mais bien déterminé à lesarrêter. -« Stalkia… » la voix de Legolas se fit douce et aimante. -« Vous ne devriez pas être debout… » continua Aragorn enessayant de la reconduire vers son lit. -« Et vous, devriez-vous être sur le point de vous battre ? Aragorn, je saisque nous aurions du vous dire la vérité… Nous voulions vous éviter cetteréaction. Je n’ai pas décidé cela, Legolas non plus… Je l’aime… » Elle regarda avec amour Legolas et se rapprocha de lui. Aragorn regarda le jeunecouple. Il ne pouvait rien faire. C’était à eux de décider de leurs vies. Maisil ne pourrait jamais les séparer. Il sentit sa colère fondre sous le regard deStalkia. -« Legolas… Je me suis emporté… Je n’avais pas à… » -« Non Aragorn, j’ai également eu tort… Je comprends ce que vous ressentez…» Leur réconciliation naissante fut stoppée par l’arrivée impromptu d’Elrond. Sansavoir assisté à la scène, son esprit sage et perspicace avait tout de suitedeviné le problème. Stalkia le regarda intensément, elle était fascinée parElrond. Son visage sans age, ses yeux aciers ou se reflétait tout le savoir dece monde, sa démarche majestueuse, son port royal. Il lui rappelait son père.Elrond sourit à Stalkia, chose exceptionnelle pour un être aussi taciturne, etcelle-ci ne put s’empêcher de reporter l’amour qu’elle portait à son défunt pèrepour le seigneur elfe. Sa voix grave et posée emplit la chambre : -« Je désirais vous voir… Tous les elfes de la Terre du Milieu ont répondu àmon appel… Leurs représentants seront là demain pour un Conseil… » Il se tourna vers Legolas. -« Legolas, fils de Thranduil, vous représenterez naturellement les elfes dela foret Noire. Votre père m’a fait savoir que désormais, vous aviez tousdroits sur votre Communauté en cette période de troubles… » Legolas acquiesça d’un imperceptible hochement de tête. Elrond se tourna versAragorn. -« Votre présence est bien sur indispensable. Le fils d’Arathorn se doitd’être là… » Aragorn acquiesça lui aussi. Elrond s’approcha lentement de Stalkia. -« En tant que fille d’Arathorn et sœur d’Aragorn, vous représenterez aussiles Hommes… » Elrond marqua une légère pause. « Mais je désire et je vousdemande de représenter les Elfes de l’Est… » Les yeux de Stalkia s’agrandirent de surprise. Legolas et Aragorn parurent euxaussi stupéfaits. -« C’est impossible » répondit-elle. « Bien sur je les considère comme monpeuple, au même titre que le Gondor. Je me sens aussi elfe… Mais je n’ai pas lestatut… » -« Le roi Eldrian vous a élevé, vous a transmis sa sagesse, lui qui n’avaitpas de fils… Vous faites partie de la lignée royale des Elfes de Forgorn… Etvous en êtes la dernière représentante. Pour leur mémoire, vous devez lesreprésenter. » Ses dernières paroles résonnèrent comme un ordre dans la tête de Stalkia. Elles’était jurée de les venger. Elle devait le faire pour ne pas les oublier,jamais oublier ce qui s’était passé. -« Je vais le faire…Pour ma famille… » -« Bien , le Conseil aura lieu demain, dans la sale centrale, avant lecoucher du Soleil… » Il jeta un rapide coup d’œil dehors le Soleil commençait à décliner. -« Aragorn, Legolas, vous vouliez parler à Gandalf et il vous attend… » Les deux hommes, sentant qu’Elrond désirait être seul avec Stalkia, seretirèrent, non sans avoir jeté un dernier regard à la jeune femme.Elrond regarda Stalkia, celle-ci soutint son regard perçant même si elle avaitl’impression qu’il pouvait lire dans ses pensées, ce qui ne lui plaisait guère.Elle lui dit finalement : -« Je ne saurez assez vous remercier pour ce que vous avez fait… » Elrond ne répondit pas immédiatement. -« Vous êtes inquiète… » -« Oui… » Tant de choses étaient arrivées en si peu de temps : la mort de sa famille, lesretrouvailles avec son frère , sa découverte de l ‘amour avec Legolas, leConseil de demain. Et ce sentiment qui était en elle depuis l’attaque desNazguls. Cette impression dont elle n’arrivait pas à se défaire… -« Mais il y a tant de choses… » continua t-elle. -« Je comprends. » Elrond comprit que la discussion n’irait pas plus loin, Stalkia ne se confieraipas tout de suite à lui. Il ne pouvait s’empêcher de penser à ce que Stalkiareprésentait pour lui, pour toute la communauté elfique. Les enfants d’Arathornont hélas la lourde tache de réparer la faute d’Isildur ; ils sont voués à cettequête malgré eux se dit-il. -« Vous désirez peut-être vous restaurer ou vous changer » demanda t-il. Stalkia acquiesça, il s’était passé tant d’évènements qu’elle avait du mal àcroire que cela faisait à peine une journée qu’elle été dans ce château.Maintenant qu’Elrond le lui rappelait, elle sentait son estomac la tirailler etdésirait se laver. -« Restez ici, quelqu'un viendra… Reposez-vous ensuite… » Sur ces mots, Elrond sortit. Stalkia alla s’asseoir sur le lit, lissantmachinalement la magnifique draperie brodée qui le recouvrait. Quelques secondesà peine s’étaient écoulées depuis le départ d’Elrond que deux jeunes femmeselfes entrèrent dans la chambre. L’une tenait un plateau d’argent finementciselé qui regorgeait de victuailles appétissantes et l’autres tenaitapparemment des vêtements. Stalkia leurs adressa un sourire, cela faisaittellement longtemps qu’elle ne s’était pas retrouvée avec des femmes et cettecompagnie lui manquait. Elle leur parla, en elfique, et bientôt, uneconversation animée débuta entre les trois femmes si différentes. Chapitre 12 : Le château était plongé dans l’obscurité ; quelques torches éclairaientl’escalier et les couloirs mais la pénombre enveloppait les moindres recoinsd’une aura de mystère. Cependant, il régnait une atmosphère rassurante desécurité. Le château était à l’abris des forces maléfiques, protégé parl’association puissante des magies elfiques. Deux ombres se déplacèrent dans lechâteau ; l’une grande et élancée, se mouvant avec l’assurance d’un félin, sedirigea vers l’escalier et gravit d’un pas léger les innombrables marches.L’autre se dirigea lentement vers la partie sud du château. Legolas passa devant la chambre de Stalkia, il s’arrêta devant la porte,semblant hésiter. Il continua son chemin mais après avoir fait quelques pas, ils’arrêta de nouveau, réfléchi quelques secondes et rebroussa chemin. Il poussadoucement et discrètement la lourde porte, il ne voulait pas la réveiller. Il laréveillerait doucement… Il s’approcha à pas feutrés du lit, un léger sourire auxlèvres. La chambre était entièrement plongée dans l’obscurité et même avec savue d’elfe, il avait du mal à discerner les meubles de la pièce. Il s’agenouillaprès du lit, repoussa les couvertures mais là, surprise… Il n’y avait personne.Ou était-elle ? Profondément désappointé et dépité, il se releva, regardantautour de lui. La chambre était calme, son regard s’attarda sur le rideaulégèrement transparent. Une légère brise le faisait danser et virevolter. Il sesouleva et Legolas vit une silhouette sur le balcon. Il s’approcha, écarta levoile et ne put réprimer un gémissement d’admiration et de plaisir. Elle étaitlà, accoudée sur la rambarde du balcon. La Lune la baignait de sa douce lumièreargentée, donnant un aspect nacré à sa peau. Elle était vêtue d’une robe desoie, vaporeuse et irréelle, dévoilant ses épaules et son décolleté. La robeallait parfaitement bien à son corps mince et élancé ; elle retombaitgracieusement jusqu’à terre, cachant ce que Legolas voulait découvrir. Elleétait fermée par un lacet qui se croisait dans son dos, jusqu’au creux de sesreins. Ses cheveux étaient élégamment relevé, retenus par une lanière argentée,dévoilant sa nuque blanche. Legolas ne put se retenir davantage, il s’approchasilencieusement de Stalkia, pensant déjà au goût sucré de sa peau et à sontoucher velouté. Son cœur battant à tout rompre, ses muscles tendus, il n’étaitqu’à quelques centimètres d’elle. Elle ne l’avait pas entendu, profondémentplongée dans ses pensées. Il ne pouvait plus se retenir, il l’enlaça avecdélicatesse, comme on touche une fleur fragile. Stalkia eut un léger sursaut ;elle sentit les lèvres de Legolas dans son cou. Il l’embrassait délicatement,couvrant chaque parcelle de sa peau de doux baisers. Il embrassa ses épaulespuis remonta vers sa nuque, mordillant tendrement la chair si délicate. Unfrisson parcourut le corps de Stalkia, elle laissa échapper un léger gémissementde plaisir. Elle se tourna lentement, les yeux brillants d’émotions, le soufflecourt. Legolas, la gorge nouée par l’émotion, sentit son cœur se serrer. Elleétait si belle, il la désirait tellement… Ils s’embrassèrent, leurs lèvresfusionnant, leurs langues s’entrelaçant. Legolas promenait ses longues mains surle corps de Stalkia, l’effleurant à peine mais sentant les courbes parfaites deson corps vibrant. Stalkia sentait son torse musclé contre son corps, elle luimassait délicatement la nuque et sentait ses muscles se détendre. Ilss’écartèrent quelques secondes, leurs yeux exprimant le même amour, leur espritdésirant la même chose. Stalkia commença à déboutonner la fine chemise auxreflets argentée de Legolas. Ses doigts tremblaient légèrement. Legolas luisaisit les mains, embrassa le bout de ses doigts, l’intérieur de ses paumes.Elle continua de défaire sa chemise. Un à un, les boutons de nacres sautèrent.Arrivé au dernier, la chemise s’ouvrit, découvrant le torse élancé et musclé del’elfe. La chemise glissa sur ses épaules ; son corps était parfaitementdessiné, ses muscles fins n’en étaient pas moins puissants. Elle passa ses mainssur ses pectoraux puis effleura ses abdominaux, le sentant frémir sous sescaresses. Elle sentit ses doigts agiles s’affairer dans son dos, dénouant lafine lanière. Tout en l’embrassant, il défit lentement le lacet, l’ôtant trouspar trous. La robe glissa à terre dans un bruissement. Elle était entièrementnue, entièrement à lui. Il l’embrassa avec plus d’ardeur, la sentant de plus enplus réceptive à ses baisers. Il l’a regarda à nouveau. Ses yeux étaient devenusd’un bleu foncé, presque noir et brûlaient de désir. Il enleva la lanière de sachevelure, libérant la vague de ses cheveux blonds qui tombèrent en cascade surses épaules. Il l’embrassa encore. Les derniers vêtements de Legolas tombèrentsur le sol. Plus rien ne le séparait du corps de Stalkia, il sentait sa doucechaleur, son odeur. Stalkia, lui prenant la main, l’entraîna dans la chambre.Elle s’allongea sur le vaste lit, tremblante d’émotion et Legolas vint larejoindre. Leurs souffles s’accéléraient et Stalkia, envahie par des ondes desensations voluptueuses, s’abandonna totalement dans ses bras. Legolas caressalonguement son corps, souhaitant en découvrir les moindres parties puis, avecune douceur et une tendresse exquise, lui fit l’amour pendant le restant de lanuit. Le Soleil se levait ; la chambre devenait de plus en plus claire. Legolas,heureux et complètement détendu était allongé sur le dos. Il tourna la tête etcontempla le corps endormi blotti contre lui. Elle soupira dans son sommeil etse tourna légèrement. Le drap fin et léger glissa le long de son corps. Ellefrissonna et se lova un peu plus contre lui. Legolas ramena le drap sur sesépaules. Il écarta ensuite les quelques mèches qui masquaient son visage,découvrant ses lèvres rouges qu’il se retint de ne pas embrasser. Elle dormaitsi bien… Elle souriait et Legolas aurait bien aimé savoir quel était son rêve. Elle s’agita, elle n’allait pas tarder à se réveiller. Stalkia ouvrit légèrementles yeux, se demandant ou elle était. Cela faisait longtemps qu’elle avait perdul’habitude de se réveiller dans un lit moelleux avec des draps fins et propres…Elle leva la tête et croisa le regard de Legolas. Elle se souleva légèrement surun coude et Legolas l’attirant, ils s’embrassèrent. Elle repensa à la nuitpassée et ce souvenir la fit frissonner de plaisir. Elle se souvint de sesbaisers passionnés, de leurs corps en sueur et de la sensation si agréable dupoids de son corps sur le sien. Son regard trahit ses pensées et Legolas laregarda en esquissant un petit sourire. Il lui parla en elfique, lui disantencore combien il l’aimait. Ils discutèrent quelques minutes puis Stalkia seredressa, s’étira et s’assit en tailleur. Elle n’avait pas la moindre enviequ’il parte mais elle lui dit : -« Il faudrait peut-être que vous… » Legolas lui caressait le dos, il ne semblait pas avoir la moindre envie de selever. Il se redressa lui aussi, se colla derrière elle et lui murmura : -« En êtes-vous sur… » Il lui mordilla le lobe de l’oreille, puis sa nuque. Stalkia sentit sa volontéfondre sous ses baisers si tendre. Legolas allait s’emparer de sa bouche quandelle lui dit : -« Je crois que cela vaudrait mieux… » Legolas parut un instant déçu mais à l’idée que quelqu’un pouvait aisément lessurprendre, son ardeur se calma. -« Vous avez raison… » Il se leva, se mit à la recherche de ses vêtements puis s’habilla. Il revintensuite vers le lit, embrassa Stalkia brièvement puis sortit. Stalkia se laissatomber sur le dos, ramenant le drap sur elle. Maintenant que Legolas étaitparti, elle ressentait à nouveau cette angoisse qui la tenaillait. Elleappréhendait le Conseil de ce soir. Elle se leva à son tour et mit une des robesqu’Elrond lui avait offerte. L’autre était destinée pour le Conseil, elle lamettrai plus tard. Elle se rassit sur le lit, ramena ses genoux contre sapoitrine et se perdit dans ses pensées. Chapitre 13 : La journée avait passée comme un éclair. Le temps passait et Stalkia,impuissante, ne pouvait le retenir. Les heures s’étaient égrenées comme dessecondes et le Conseil était proche. La blessure de Stalkia était guérie maiselle ressentait parfois encore une sourde douleur qui se répandait dans tout soncorps. Aragorn et Legolas avaient remarqué son trouble : elle essayait deparaître calme et légèrement insouciante pour ne pas les inquiéter plus qu’ilsne l’étaient déjà mais la lueur au fond de ses yeux trahissait la peur primitivequi la tenait. Legolas et Aragorn avaient retrouvé leur relation passée quoi quecelle-ci était encore teintée d’une légère retenue… Ils étaient aussi tous lesdeux tendus par le Conseil. Celui-ci leur rappelait celui qui s’était réuni àFondcombe. Ce jour leur paraissait tellement lointain et effacé. La Communautéétait désormais dissoute : Frodon et Sam était en Mordor et Merry et Pippinétaient heureusement sains et saufs. Elrond les avait informé sur leur rencontreextraordinaire avec Sylverbarbe. De ce nouveau Conseil dépendait tant de choses…Un peu avant le couché du Soleil, Stalkia se retira dans sa chambre. Legolasallait la suivre mais Aragorn le retint : -« Laissez la… Elle a besoin d’être seule… » -« Je sais… Mais je n’aime pas la savoir isolée, pensant à toutes ses choses…» Les deux hommes s’assirent. Ils se turent quelques instants, réfléchissant parquel moyen ils pourraient l’aider. Aragorn rompit le silence : -« Nous ne pouvons rien faire pour l’instant… Ne serait-ce l’aimer et laprotéger… » Il regarda l’elfe, celui-ci ne répondit pas mais son regard exprimaitclairement qu’il était du même avis. Aragorn continua : -« Le Conseil approche… Allez vous préparer… » Legolas acquiesça et partit vers sa chambre. Aragorn l’imita, le Soleildéclinait, le Conseil commencerait bientôt. Le Soleil se couchait ; ses rayons orangés donnaient un reflet mordoré à lapierre et à la végétation. Six chevaux arrivèrent au château, leurs pelagesluisant d’écume. Six elfes encapuchonnés aux silhouettes longilignesdescendirent avec légèreté de leurs montures. Un elfe s’avança en tête et lescinq autre le suivirent d’une attitude empreinte de respect. Aragorn Legolas et Gimli étaient dans la salle centrale, attendant la venue desreprésentant. Ils avaient tous revêtu des habits propres et correspondant à leurstatut d’homme, d’elfe ou de nain. Gimli arpentait la salle circulaire. Il neparaissait pas très ravi de se retrouver prochainement entouré par des elfesinconnus. Cela faisait plusieurs minutes qu’il explorait la vaste salle.Celle-ci était dallée par de minuscules éclats de mosaïque dans des tons ocreset or. Elle baignait dans une douce lueur ambrée : de nombreuses ouverturesornées d’arabesques et de gravures laissaient entrer la lumière et donnaient surles jardins automnales. Elle ressemblait étrangement à celle de Fondcombe : lemême aspect intemporel, comme si les âges n’avaient aucune prise sur elle, lamême impression de gravité. Douze sièges étaient disposés en cercle et deuxd’entre eux étaient légèrement à l’écart et se démarquaient des autres par leursgravures encore plus belle et plus fines. Les six elfes pénétrèrentsilencieusement dans la salle. Gimli arrêta son inspection et se posta à côté deLegolas. Son regard signifiait clairement que la moindre remarque déplacée de lapart des elfes ne serrait pas tolérée… L’elfe de tête s’arrêta devant les troishommes et les regarda quelques secondes. Ils ne pouvaient voir de qui ils’agissait et Gimli allait bientôt faire une remarque pour que l’inconnu dévoileson identité. L’elfe abaissa alors son capuchon et les trois hommes eurentdevant eux la lumineuse Galadriel. Son visage était toujours aussi beau et sesyeux bleus et profonds les sondèrent. Les trois hommes étaient stupéfaits, laDame de Lumière devait rejoindre les Havres-Gris. Ils pensaient tous ne plus larevoir car elle quittait la Terre du Milieu à tout jamais. La souhait le pluscher de Gimli s’était réalisé : revoir une dernière fois la plus belle femmequ’il ait jamais vu et qu’il aimait. Elle regarda Aragorn et lui dit de sa voisprofonde : -« Nos chemins se croisent à nouveau… Et personne n’aurait pu le prévoir… » -« Votre présence exceptionnelle nous rend profondément heureux… Soyez labienvenue… ». Il la salua avec respect puis regarda derrière elle les silhouetteencapuchonnée. » laissez moi saluer les représentant de la Communauté elfique dela Terre du Milieu… » Les cinq elfes découvrirent leurs visages. Aragorn et Gimli reconnurentcertaines personnes présentes au Conseil de Fondcombe et Legolas d’anciennesconnaissances. Les salutations teintées de formalisme pour Aragorn et Gimlifurent plus chaleureuses envers l’archer. Ils discutèrent quelques instants,prenant des nouvelles de leurs communautés respectives. Aragorn parlait avec laReine des elfes et Gimli la contemplait intensément, insensible au regards plusou moins évocateurs des elfes. Legolas avait remarqué les coups d’œil hautainsde certains elfes. Ils n’iraient pas plus loin ; Gimli était désormais un amiqui lui était cher, ses préjugés envers les nains avaient disparus. Lesdiscussions s’arrêtèrent, Elrond venait d’apparaître. Il salua Galadriel puis desa voix grave et profonde, s’adressa à l’assemblée : -« Elfes de la Terre du Milieu, bienvenue… Je sais à quel prix vous êtes ici etce Conseil est de la plus haute importance. » Il s’arrêta de parler, scrutantles personnes présentes. Il leurs fit alors signe de s’asseoir : «Asseyez-vous… » Elrond et Galadriel s’assirent sur les deus sièges faisant face à l’assemblée.Aragorn, Legolas, Gimli et les cinq autres elfes s’installèrent également.Gandal et Stalkia n’étaient pas là et les deux sièges vides suscitaient lesinterrogations. Un elfe aux cheveux bruns pris la parole : -« Seigneur Elrond, deux sièges demeurent inoccupés… Quand… » sa question fût stoppée par l’arrivée de Gandalf et Stalkia. Stalkia s’apprêtaità descendre quand Gandalf était venu lui parler. Elle paraissait légèrementconfuse de susciter tant de question par son retard. Elle ne désirait pas sefaire remarquer plus qu’elle ne l’était déjà… Gandalf était entièrement vêtu deblanc, il se dégageait toujours de sa personne cette aura mystérieuse de force,renforcée par la lumière qui émanait de lui. Cependant, cette aura étaitlégèrement éclipsé par la jeune femme à son bras. Les cinq elfes connaissaientGandalf mais leurs yeux s’écarquillèrent à la vue de Stalkia. Qui était cetteétrangère ? Un murmure mêlé d’admiration et d’interrogation parcourutl’assemblée. Stalkia les regarda timidement et sa main agrippa plus fermement lebras du magicien. Elle croisa les regards d’Aragorn et de Legolas et, sous latendresse de leurs regards, se sentit plus confiante. Elle leva plus fièrementla tête et se redressa. Legolas sentit son cœur s’emballer, sa respirations’accélérer. Elle n’avait rein à envier aux Princesses elfes, elle marchait avecgrâce et son maintien était celui d’une reine. Elle était vêtu d’une robe develours bleu nuit qui rehaussait et qui contrastait avec son teint deporcelaine. Mais tout lui allait parfaitement et legolas ne put s’empêcher depenser à la beauté de son corps, quand aucuns artifices ne le dissimulait. Sapeau était la plus belle des soieries. Autour de son coup brillait le pendentifbrisé, elle ne s’en séparait jamais et un diadème d’argent, symbole de laroyauté elfique, lui ceignait le front. Les cinq elfes se posaient des questionset même Galadriel semblait perplexe. Ils ne savaient que penser. Elle n’étaitpas une elfe, comment pouvait-elle arborer la couronne elfique ? Elrond coupacourt à leurs interrogations : -« Je vous présente Stalkia… Fille d’Arathorn, élevée par le défunt roi Eldrianet Reine de Forgorn et des elfes de l’Est. » le murmure d’admiration fit place à un bourdonnement puis à un grondement desurprise et de colère. Un elfe aux cheveux d’un noir de jais et aux yeux d’unvert chatoyant se leva vivement :-« Elrond ! Comment peut-elle prétendre à un tel titre ? Je ne sais par quelsartifices elle a pu vous tromper mais cela est impossible ! Elle appartient à larace des hommes » rajouta t-il avec dédain.e Legolas et Aragorn se levèrent d’un même bond mais ce fut Legolas qui devançaAragorn : -« Vestrial ! Oseriez vous mettre en doute la sagesse et la sagacité duSeigneur Elrond ainsi que la parole de la sœur de l’héritier du trône du Gondor? ses yeux azur brillaient d’une rage froide et contenue. Il connaissait etn’avait jamais très apprécié cet elfe, souverain de son peuple depuis peu detemps. Le roi Vestrial s’apprêtait à répondre des paroles cinglantes. Les elfesétrangers s’étaient aussi levés mais ne savait quel camp choisir. La maind’Aragorn effleura le manche de son épée mais il se repentit aussitôt de cegeste. Le recours à la violence ne ferrait qu’envenimer la situation et nerésoudrait pas cette dispute orageuse. Elrond jeta un regard à Stalkia. Celle-citremblait, agitée par des mouvements convulsifs, les yeux mi-clos, elle semblaitêtre dans un autre monde. Galadriel s’approcha vivement d’elle, elle connaissaitle mal qui la rongeait. Elle lui prit la tête dans ses douces et fines mains etlui parla en elfique. La réaction de Stalkia fut immédiate, elle sursauta etinspira profondément, comme si elle avait manqué de se noyer. Haletante, elleregarda autour d’elle, vit Galadriel puis toutes les personnes debout, prête àse battre. Elle sentait le mal parcourir la salle, elle le sentait s’insinuerdans ses veines. Elle jeta un regard suppliant à Elrond et à Gandalf. Celui quiavait déjà essayer de rétablir l’ordre, brandit son bâton et d’une voixcaverneuse et menaçante, avec l’aide des éléments ordonna le silence. Ils seturent tous, effrayés par l’obscurité qui avait enveloppé la pièce et par levent déchaîné qui soufflait. Chaque traits du visage de Gandalf était animé parune fureur glacée. Il baissa son bâton et, aussi subitement qu’ils s’étaientdéchaînés, les éléments se calmèrent. Elrond se leva et regarda sévèrementl’assemblée. Galadriel fit de même et, sous les regards combinés des troispuissantes personnes, tous se sentir frémir. -« Vestrial ! Asseyez-vous ! » ordonna Elrond. Le jeune roi n’osa contester et se rassit, imité par les autres elfes. Legolaset Aragorn n’attendirent pas l’ordre d’Elrond, ils se rassirent et essayèrent deretrouver leur calme. Gimli s’était lui aussi levé et avait pris la défense deStalkia, connaissant cette attitude des elfes envers les autres races. Il serassit néanmoins après avoir regardé Gandalf. -« Je pensais que l’importance de ce Conseil aurait pu vous éviter de tenir detels propos » continua Elrond. « Dans le climat actuel, la cohésion entre lespeuples de la Terre du Milieu est indispensable ! » Un elfe qui était présent au Conseil de Fondcombe prit la parole : -« Votre précédent Conseil a formée la Communauté de l’Anneau. Vous désiriezunir elfes, hommes, nains et… hobbits, les semi-hommes. Mais quant est ilmaintenant ? la Communauté a été corrompue et dissoute… Deux hobbits sont enMordor mais accompliront-ils leur quête ? L’alliance a échoué Elrond… » -« Vous avez tort » répliqua Gimli. « L’alliance entre hommes, elfes et nainssubsiste » continua t-il en regardant Aragorn et Legolas. -« Gimli, fils de Gloin a raison. L’alliance entre les nains et les elfesrenaît et celle entre hommes et elfes ne sera bientôt que plus forte. » Ilregarda Aragorn puis Stalkia et Legolas. « L’union de nos peuples estessentielle. Sauron va revenir et le traître Saroumane prépare une armée, unearmée de millions de soldats sanguinaires et sans pitié prête à attaquer leGondor et toute la Terre du Milieu. Toutes les terres seront dévastées, personnene sera à l’abris nulle part… Tout deviendra stérile, tout ne sera que chaos,tout ne sera que Ténèbres… Unissez-vous ou périssez… » Un profond silence suivit ces paroles. Les elfes étaient en proie à un sérieuxdilemme. Ils pensaient tous rejoindre les Havres-Gris mais seraient- ils àl’abris là bas ? Devaient-ils au contraire combattre comme ils l’avaient faitdes millénaires auparavant eu côté d’Isildur ?Un elfe aux cheveux blond et aux yeux bleus, lointainement apparenté à Legolasdécida de parler : -« dès que Sauron aura sous sa sombre emprise toute la Terre du Milieu, ilsouhaitera étendre son pouvoir… Sa soif de domination ne sera jamais rassasiée…Même les Havres-Gris ne seront plus à l’abris… » Il se leva et s’approchad’Elrond et de Galadriel. « je protègerai cette terre comme je l’ai déjà fait àvos côtés seigneur Elrond. » Un deuxième elfe se leva : -« Mon armée est à votre service… » Deux elfes se concertèrent puis dirent : -« Nous combinerons nos forces et nous vaincrons Sauron, une fois pour toute. » Seul le roi Vestrial avait gardé le silence. Son frot était baré d’un plid’inquiétude et es sourcils étaient froncés.Elrond reprit la parole : -« Ensemble, nous vaincrons le Seigneur des Ténèbres mais le temps presse,vous devez vous hâter, retourner à votre royaume et préparer votre armée. » Les quatre rois elfes acquiescèrent, ils saluèrent Elrond et Galadriel ainsi quele reste des personnes. Avant de partir, ils se retournèrent une dernière foiset adressèrent le salut destiné aux rois elfiques à Stalkia. Celle-ci, la gorgenouée et les yeux brillant leur rendit leur salut en leurs adressant un de sesmagnifiques sourires. Galadriel et Elrond se regardèrent puis la reine deselfes s’approcha de Stalkia : -« je désirerai m’entretenir avec vous, reine de Forgorn » Stalkia, comme ensorcelée par les yeux de la Dame de Lumière acquiesça et lasuivit. L’air grave de Galadriel annonçait clairement l’importance de cetteentrevue. Les deux femmes sortirent de la salle, laissant les hommes entre eux.Il ne restait plus comme représentant que le roi Vestrial. Elrond semblaitvouloir leur demander ou leur dire une chose très importante. L’obscurité étaitde plus en plus marquée, le Soleil avait presque complètement disparut et lasalle du conseil s’assombrissait. Après avoir jeté un regard à Elrond, Gandalfmurmura quelques mots. Aussitôt, des milliers de lumières s’échappèrent de sonbâton et restèrent en suspension dans les airs, éclairant les six hommes. Lalumière bleutée accentuait la gravité des visages et tous attendaient, tendus,la révélation d’Elrond.