Chapitre 1 : A la poursuite de Merry et Pippin, Aragorn, Legolas etGimli chevauchaient à travers les plaines. Cela faisaittrois jours qu'ils chevauchaient, sans repos, et, seule lavue perçante de Legolas parvenait à percer la monotonie dupaysage. Leur marche était rythmée par le pas souple deschevaux et les lamentations de Gimli, peu habitué à ce modede transport. Ils ne parlaient pas, las de cetteinterminable chevauchée, et le silence des plaines nefaisait qu'accroître leur sentiment de malaise quandsoudain, ils s'arrêtèrent. Un cri venait de percer lesilence, un cri mêlé de rage et d'effroi, accompagné degrognements inhumains. Descendant prestement de leursmontures, Gimli brandissant sa hache, Aragorn dégainant sonépée et Legolas bandant son arc se précipitèrent vers ladirection d'où venait ce sombre présage. Leurs hypothèsesfurent confirmées quand, arrivant sur un rocher surplombantune vallée, ils découvrirent un cavalier au prise avec desOrcs. Plusieurs cadavres jonchaient le sol mais lemystérieux cavalier semblait en mauvaise posture ; soncheval, dont la robe d'un blanc étincelant était maculée desang, reçut une flèche au poitrail et se cabra. Lechevalier tomba lourdement sur l'herbe tendre et ne sereleva pas.Les trois compagnons, habitués à de telles situations, seprécipitèrent dans la mêlée. Faisant tournoyer sa hache,Gimli envoya balader plusieurs orques tandis qu'Aragorn,maniant avec habilité son épée, tranchait têtes et bras. Ledernier Orcs qui se précipitait sur le cavalier inconscientfut arrêté par la flèche précise et meurtrière de Legolas.Le lieu du combat était désormais chaotique : l'herbe verteétait souillée par le sang noir des créatures et, une odeurde putréfaction commençait déjà à se répandre. -" Immondes créatures " cracha Gimli avec une grimace dedégoût." " Comment va t-il ? " Continua t-il en désignantle cavalier. -" Je ne sais pas, Legolas s'en occupe " dit Aragorn Legolas s'approcha du cavalier, redoutant une chose bienprobable. Mais, en s'approchant, il constata que lapoitrine du blessé se soulevait régulièrement. Quelque peurassuré, Legolas s'agenouilla et, avec une infinie douceur,enleva le casque du guerrier. Mais, en découvrant sonvisage, sa surprise et son admiration furent telles qu'ilen eut le souffle coupé. Aragorn et Gimli, constatantl'émoi de leur compagnon, accoururent et eurent la mêmeréaction.Le mystérieux cavalier était une femme, une jeune femmed'une beauté éblouissante. Son visage, aux lignes fines etparfaites, reflétait une sorte de calme et de torpeur. Unelégère estafilade marquait sa tempe droite. Ses jouesétaient légèrement rosies par l'action passée. Sa peau,blanche et translucide, contrastait avec la rougeur de seslèvres charnues. Ses yeux fermés étaient bordés de longscils foncés. Ses longs cheveux blonds cendrés étaientretenus par une lanière sur sa nuque blanche mais quelquesmèches encadraient son visage. Aragorn et Legolas,contemplant cette beauté d'apparence si fragile, nesavaient que dire. Ce fut Gimli qui rompit le silence de savoix tonitruante : -" Par la grande Moria ! " Legolas, en proie a des émotions aussi vives que complexesétait stupéfait mais, avec cette sagacité commune auxelfes, il déclara : -" Que fait cette jeune femme ici ? " Encore une énigmeauquel il nous faudra répondre ". -" Ne restons pas ici " fit Aragorn en jetant un regardcirculaire." Transportons la hors de ce carnage. Ou est soncheval ? " -" Il s'est enfuit, n'espère pas le revoir" dit Legolas. -" Bon" répondit Aragorn en soulevant délicatement lablessée, " Trouvons un point d'eau et établissons le camp. "
Chapitre 2 : Les Ténèbres l'enveloppaient, elle ne voulait passortir de cette torpeur. Etait-elle morte ? Non, uneviolente douleur irradiait sa tête et ses courbaturesattestaient de son état. Elle entendit des voix, puis, plusrien. Ou était-elle ? Elle ne voulait pas ouvrir les yeux ;la dernière vision qu'elle avait eue était celle d'unimmonde Orcs. Elle sentit le contact froid et rassurant desa dague contre sa hanche et sa main se referma sur sonarme. Elle se battrait, elle n'avait plus rien à perdre detoute façon. Elle ne sentait pas l'horrible odeur quedégageaient ces bêtes. Sa main empoigna plus fermement sadague et, quand elle sentit une présence qui se penchaitvers elle, elle n'hésita pas. Elle ouvrit les yeux etbrandit son arme sous la gorge de son adversaire. Mais cen'était pas une des créatures de Sauron : des yeux bleus,sans crainte, la fixaient et un léger sourire commençait àse dessiner sur le visage de son adversaire. -" Qui êtes-vous ? " Fit-elle avec force. -" Je pourrais vous retourner la même question "répliqua Aragorn avec ironie. -" Répondez à ma question, vous n'êtes pas en position dediscuter." Dit-elle d'une voix qu'elle voulait intimidantemais déjà radoucie par la réaction de l'homme. - " Si vous enleviez cette dague, nous pourrions peut-êtreparler ? " Fit Aragorn toujours avec ce calme impassible etdéconcertant. La jeune femme abaissa son arme et toisa Aragorn avec unair de défi. Elle ne savait pas qui il était et ce qu'ilvoulait. Ses muscles étaient tendus à l'extrême et tous sessens en éveil. S'il faisait un geste, elle le tuerait. Iln'était pas seul mais ses compagnons ne devaient pas êtreloin. Aragorn, de son coté contemplait cettebeauté farouche. Cette petite attaque l'avait amusé mais ilne doutait pas sur les capacités de la jeune femme à letuer s'il faisait un geste de trop. Cependant, ilressentait une étrange impression. Une sensation de laconnaître, de l'avoir déjà vu. Il essaya de se rappelermais ses souvenirs s'embrouillaient dans sa tête. Il avaittoujours été sensible aux belles femmes mais là, unebarrière se dressait dans son esprit, refoulant une partiede ses sentiments. La jeune femme, remarquant le troubled'Aragorn, réitéra sa demande : -" Quel est votre nom ?" -" Mon nom est Aragorn…" -" …Aragorn…. ?!" Des souvenirs resurgirent dans l'esprit dela jeune femme : les flammes, les cris, les pleurs, lafuite à cheval. Tout cela était lointain, enfuit dans sessouvenirs. En regardant Aragorn, elle revit alors un jeunegarçon, un plus âgé qu'elle et ce sourire, ces yeux bleus…Cela ne pouvait être une coïncidence.Ne sachant que faire pour expliquer les pensées qui sebousculaient dans sa tête, elle prit au bout d'une finechaîne un pendentif. Les années n'avaient pas réussit àternir l'éclat de ce bijou qui représentait les armes de safamille. La seule particularité de ce pendentif était qu'ilétait brisé en son centre, la seconde moitié manquait. Aragorn contempla le pendentif, ébahi. Lui aussi serappela sa tendre enfance et cette scène horrible qu'ilavait tenté d'oublié. Il plongea sa main sous sa tunique eten sortit un pendentif lui aussi brisé en son centre. Lesdeux jeunes gens se contemplèrent en silence, leurs penséesdépassant leurs paroles. -" …Stalkia, ma sœur…. ? "
-"… Aragorn… C'est impossible…." Ne sachant que dire et que faire, ilstombèrent dans les bras l'un de l'autre. Voilà, j'espère que ce petit revirement de situation n'estpas trop absurde mais j'voulais qu'ils soient frere etsoeur pour laisser le champs libre à Legolas et le rendreun peu jaloux par la suite... Chapitre 3 Legolas marchait dans la pénombrenaissante, plongé dans ses pensées. Cette mystérieuse femmeétait la plus belle créature qu'il ait jamais vue. Cen'était pas une elfe mais elle possédait leur beautélégendaire. Pourvu qu'elle soit réveillée. Il aurait tantaimé rester à son chevet mais Aragorn s'en chargeait et ildevait inspecter ses bois, voir s'il n'y avait pas d'Orcsou autres créatures. -" LEGOLAS ! " -" Pardon ? " Fit Legolas tiré de sesrêveries. -" Cela fait trois fois que je vousinterpelle" fit Gimli apparemment impatienté. " Il fautqu'on rentre… Il n'y a aucun Orque dans les environs". -"Oui, tu as raison, rentrons." Quand ils arrivèrent au campement, Legolas sentit son cœurse serrer à la vue de la jeune femme consciente. Mais, envoyant Aragorn l'enlacer, une sourde angoisse lui noua lesentrailles. Arrête ! S'ordonna t-il, refusant d'être laproie de telles émotions. -" Ah ! Legolas, Gimli ! Notre "cavalier" est enfin
réveillée !" Fit Aragorn en se relevant. Stalkia se leva à son tour pour saluer les arrivant etLegolas admira la grâce féline avec laquelle elle semouvait. Elle était grande mais ses vêtements masculinsdissimulaient son corps mince et souple. Elle regarda Gimlipuis Legolas, intriguée par le duo original qu'ilsformaient : Gimli, l'homme nain d'apparence robuste etLegolas, l'elfe grand et mince au physique princier. Elles'attarda sur Legolas se sentant tout d'un coup attirée parcet homme. Cela n'a rien d'étonnant se dit-elle. Legolas deson coté ne put s'empêcher de la contempler encore. Ilplongea son regard perçant dans les yeux de Stalkia, desyeux bleus en amandes, violet à la lueur des flammes, etparsemés de paillettes d'or, jusqu'à ce que celle-ci, gênéepar son regard brûlant, détourne le regard. -" Legolas, Gimli, je vous présent Stalkia, ma……."Aragorn s'arrêta sous le regard que lui lança sa sœur. Quiavait-il ? Elle ne voulait pas qu'il révèle son identité ?Il arrêta cependant là les présentations. Legolas et Gimli ne semblaient pas avoir remarquéson hésitation. Gimli se présente puis Legolas s'avança,déclina son identité et lui demanda : -" Une chose m'intrigue encore, comment unejeune femme se trouve t-elle seule au milieu des plaines dupays de Rohan ? " -" Les soldats de Sauron, toujours en quêtede violence et de sang sont parvenus jusqu'à la forêt deForgorn, incendiant et détruisant tout sur leur passage,tuant femmes et enfants, tuant ma famille et mes amis lesplus chers. Je du m'enfuir et maintenant, je dois vengerleur esprit". Stalkia avait débité ces paroles avec force.Ses yeux brillaient de chagrin et d'une farouchedétermination. Un silence suivi ce discours. -" Nous sommes tous unis contre Sauron etSaroumane" déclara Gimli, toujours apte à rompre lesinstants silencieux. -" Vous avez bien dit "la forêt deForgorn" " continua Legolas. -" Oui " répondit Stalkia, "Pourquoi ? "
-" N'est-ce pas le refuge des elfes del'Est ? " Dit Legolas. -" J'ai été recueillie par ces elfeslorsque j'étais très jeune, ils m'ont adopté et élevé. Legolas comprit que la perte de ces êtres chersétait pour Stalkia une blessure encore ouverte etdouloureuse. Il cessa donc de la questionner. Il en savaitmaintenant beaucoup plus sur la femme qui faisait battreson cœur. Sa grâce et son maintien venaient donc de sonéducation elfique. Il la regarda de nouveau et vit combienelle était lasse, vidée par tous ces souvenirs fraîchementressurgis. Aragorn veillait aussi sur sa jeune sœur etdevança Legolas en lui disant : -"Stalkia, allez vous reposer, tantd'émotions vous ont considérablement fatigué." Stalkia regarda Aragorn avec tendresse etreconnaissance et alla s'allonger près du feu. Ce regardn'avait pas échappé à Legolas qui ressentit de nouveau, auplus profond de son être, la morsure d'une jalousienaissante. -" Mes amis, allons aussi nous coucher" ditGimli. Les trois hommes allèrent se coucher. Gimli sombratout de suite dans le sommeil et Aragorn, après avoirréfléchi quelques temps, sombra lui aussi dans les bras deMorphée. Mais deux yeux bleus fixaient les dernièresbraises du foyer ; un esprit tourmenté ne parvenait pas àtrouver le sommeil. Il pensait encore à elle.
Chapitre 4 :
Les premières lueurs de l'aube pointaient à travers l'épais feuillage de
la forêt. Stalkia se réveilla doucement, ouvrit les yeux et regarda autour
d'elle. Elle mit quelques secondes à rassembler ses pensées et se rappela tout.
Elle se retourna et vit Aragorn. Une bouffée de tendresse la submergea pour ce
frère enfin retrouvé. Elle se leva et vit Gimli qui dormait profondément.
Legolas n'était pas là, sa couche était défaite, il était sûrement parti faire
un tour. Elle attisa le feu et se mit en route pour aller chercher de l'eau.
Elle avait entendu le ruissellement d'une rivière a quelques pas d'ici. Elle se
dirigea dans cette direction en fredonnant un air elfique quand soudainement,
elle entendit un bruit de pas étouffés derrière elle. Son éducation elfique
ainsi que des années de pratique avait considérablement affûté ses réflexes et
sa précision. La dague qu'elle lança se fixa dans le tronc d'un chêne, à
quelques centimètres à peine du visage de Legolas. -" Votre tir était
presque parfait" fit-il en souriant. -" Il l'aurait été si je ne vous
avais pas reconnu, prince de Mirkwood " répliqua t-elle en répondant à son
sourire. Legolas fut une nouvelle fois ébloui par la beauté de son sourire.
Elle était déjà ravissante mais quand elle souriait, une sorte d'alchimie se
produisait sur son visage, la rendant encore plus attirante. Pour masquer son
trouble, il lui demanda : -" Que faites-vous à une heure aussi matinale ?
" -" Je venais chercher de l'eau, je pense que vous désirez lever le
camp le plus tôt possible." -" C'est exact, rentrons." Ils se
mirent en marche, cote à cote et arrivèrent au camp au moment ou Aragorn
émergeait de son sommeil. Elle alla s'asseoir à coté de lui et il lui demanda
d'une voix ensommeillée: -" Vous vous sentez mieux ?" -" Oui,
merci, cette nuit m'a remise d'aplomb. A propos d'hier, je préférais que
Legolas et Gimli ne soient pas au courant sur nous. Je…Non, cela serait trop
difficile à vous expliquer maintenant. -" Il n'y a aucun problème"
lui assura Aragorn. -" Gimli dort encore, dois-je aller le réveiller ?
" -" Non, laissez, c'est le plaisir de Legolas chaque matin…"
-" Pardon ? " fit Stalkia, n'ayant pas saisi les propos de son frère.
-" Vous allez voir… Legolas! "fit-il en appelant doucement l'elfe."
Je crois qu'il est temps d'aller réveiller notre ami… Legolas regarda Aragorn
et s'approcha à pas feutrés de Gimli. Un sourire diabolique prenait naissance
sur son visage. Il s'assit en tailleur en face de l'homme nain, le regarda
quelques instants et, s'approchant de son oreille: -" GIMLI ! " hurla
l'elfe. Gimli se réveilla en sursaut, grognant injures et menaces de mort, à
l'encontre de l'elfe, dans sa langue maternel. Legolas, franchement fier de
lui, le regardait, visiblement ravi. -" LEGOLAS ! je vous arracherais la
tête " fit -il . -" Si seulement vous pouviez l'atteindre, mon ami
" répliqua Legolas en esquivant le coup de poing de Gimli. Aragorn et
Stalkia regardaient cette scène en souriant. Malgré leurs différences et le
profond fossé qui les séparait, Legolas et Gimli avaient forgé une véritable
amitié. Legolas se retourna, en riant et croisa le regard de Stalkia. Ils se
regardèrent, Legolas l'admirant encore et Stalkia fut étonnée par le changement
fulgurant qui s'opérait lorsqu'il riait. L'elfe n'était pas avare en sourires,
mais d'un caractère plutôt enclin à la réserve, il n'offrait que rarement des
démonstrations exubérantes de joie. Stalkia l'appréciait beaucoup, elle
retrouvait en lui le physique rassurant de ceux qui l'avait élevé et elle ne
demandait qu'a le connaître plus. Gimli se leva, d'humeur apparemment maussade,
en vociférant divers jurons. -" Bonjour Stalkia " fit-il. -"
Bonjour Gimli… Bien dormi ?" rajouta t- elle avec une pointe d'ironie.
-" Seul le réveil était pénible" dit-il en jetant un regard noir à
Legolas. Celui-ci feignit de ne pas l'avoir remarqué mais le sourire malicieux
qu'il décocha à Aragorn et à Stalkia prouvait le contraire… Aragorn, Legolas,
Gimli et Stalkia commencèrent à rassembler les affaires mais quand Legolas
revint, tenant derrière par les rênes les deux chevaux du Rohan, Stalkia se
pétrifia. -"Ou est Elphériel? dit-elle, visiblement très effrayée. -"
Qui ? " lui demanda Aragorn. -"Elphériel, mon cheval. Vous ne l'avez
pas trouvé avec moi ?" -" Non Stalkia, il s'est enfui durant la
bataille" dit Legolas en omettant de dire qu'il était sans doute mort, par
la flèche qui l'avait blessé au poitrail. Aragorn approuva d'un regard le bon
réflexe de Legolas. Ce n'était pas la peine de la peiner davantage. Il valait
mieux, pour l'instant, qu'elle croit que son cheval errait encore à travers les
plaines. Stalkia sentit une larme rouler sur sa joue. Elle l'essuya d'un geste
rageur. Ils lui prendraient donc tout? Elle se mit à courir, n'entendant pas
les appels de Legolas et Aragorn puis elle siffla, le sifflement strident et
aigu qu'elle utilisait pour l'appeler. Elle attendit puis elle tomba à genoux,
ne voulant jamais se relever; s'en était trop. Elle ne pleura pas, elle avait
déjà pleuré toutes les larmes de son corps. Elle sentit une étreinte douce mais
puissante qui la releva et elle vit Legolas. -"Pourquoi m'ont-ils tout
pris , dit-elle d'une voix étrangement lointaine. -" Venez " fit-il,
ne sachant que faire ou que dire. Tel un automate, Stalkia monta en croupe avec
Aragorn et ils se mirent en route. L'esprit de Legolas était désespéré, il
n'aimait pas la voir comme ca, triste et mélancolique, mais il ne pouvait rien
faire. Ils s'arrêtèrent vers la mi-journée, pour faire boire les chevaux et,
Stalkia, sans grand espoir, siffla une ultime fois son cheval. Mais là, contre
toute attente, un grondement lointain se fit entendre. Legolas se retourna et,
de sa vue perçante, vit l'improbable. Stalkia, Aragorn et Gimli suivirent son
regard et là, ils virent à l'horizon une silhouette blanche.
Chapitre 5 :
La masse blanche se rapprochait à toute vitesse. Aragorn et Gimli purent
bientôt distinguer les contours d'un cheval blanc que Legolas avait déjà vu et
que Stalkia avait déjà reconnu. Elle s'élança à la rencontre de l'étalon
étincelant et il fut bientôt devant elle. C'était une bête magnifique: sa robe
avait retrouvée sa pureté et sa longue crinière argentée flottait au vent. Il
n'avait plus qu'une fine et légère bride dorée, résultat d'un magnifique
travail elfique. Stalkia enlaça l'encolure musclée de l'étalon et resta
quelques secondes appuyée contre lui. Elle releva la tête et revint vers les
trois hommes, suivie de l'étalon. Ceux-ci pensaient en un miracle. Comment les
avait-il retrouvé? Et de surcroît blessé ? Cela demeurait un éternel mystère.
Ils contemplèrent la splendide bête, elle semblait ne plus avoir aucunes traces
de ses blessures passées. Stalkia souriait, ses yeux étincelaient d'un nouvel
éclat. Ce retour imprévu lui avait apporté un nouveau souffle de vie, elle se
sentait de nouveau prête. Elle sauta avec souplesse sur le dos du gigantesque
étalon et regarda les trois hommes, encore ébahis, attendant de repartir. -
" Bon " fit Aragorn, " Nous avons désormais une autre
monture". -" Elphériel pourrait supporter une autre personne "
fit Stalkia. -" Mieux vaut que cela soit Legolas, c'est le plus léger de
nous trois" assura Gimli. -" Si vous pensez être capable de
chevaucher seul, Gimli, cela ne me pose pas de problème " lui répondit
Legolas. -" Je m'en sens tout à fait capable…" répliqua Gimli avec
une voix vibrante d'une colère naissante. -" Arrêtez tous les deux",
fit Aragorn, stoppant une dispute prochaine. " Legolas, montez en croupe
avec Stalkia". Stalkia sourit à Legolas et celui-ci monta prestement en
croupe, derrière elle. Ils se remirent tous en marche. Legolas n'avait jamais
été aussi proche d'elle; une mèche de ses cheveux lui effleurait la joue et il
sentait sa délicate odeur féminine. Elle s'appuyait doucement sur son torse et
ce contact était sur le point de faire exploser sa poitrine, tant son cœur
battait vite. Ils chevauchèrent toute la journée, jusqu'à ce que le crépuscule
pointe sur la ligne d'horizon et bien des heures encore après. La Lune les éclairait
et guidait leur chemin. Aragorn et Gimli, habitués à un tel rythme, semblaient
tenir le coup. Legolas, quant à lui, se contentait de laisser son esprit
vagabonder, ce qui lui suffisait amplement comme sommeil. Mais Stalkia, malgré
tous ses efforts pour garder ses paupières ouvertes, commençait à s'assoupir.
Elle s'appuya de plus en plus sur le torse de Legolas et sombra dans le
sommeil. Legolas était d'une immobilité de pierre, ne voulant en aucun cas
troubler son repos. La tête de Stalkia était tourné vers son cou et il sentait
son souffle tiède au creux de sa nuque. Il redoubla d'efforts pour ne pas
bouger. Il avait pris les rênes et ses bras enlaçaient délicatement Stalkia. Il
l'aimait tant, il voulait la protéger. Il la regarda longuement durant son sommeil,
s'imprégnant de tous les détails de son visage. Une pâle aurore se dessinait à
l'horizon, annonciatrice d'une belle journée. Stalkia émergea doucement de son
sommeil, elle se redressa, parut un moment désorientée puis tourna la tête et
croisa le regard de Legolas. -" Vous avez bien dormi ? " lui demanda
t- il. -" Merveilleusement bien " dit- elle. "J'espère que je ne
vous ai pas trop dérangé…" -" Non, en aucun cas". Elle tourna la
tête, vit Aragorn et lui adressa un sourire. Il ne semblait pas avoir trop
souffert de cette chevauchée nocturne. Gimli, quant à lui, somnolait et son
cheval suivait le sillage de celui d'Aragorn. Quand le soleil fut au zénith,
ils décidèrent de s'arrêter; les chevaux étaient fourbus, même celui de
Stalkia, si fier, courbait l'échine. Ils firent halte à l'orée d'une forêt,
près d'un mince filet d'eau quand soudain, ils entendirent des grognements
inhumains autour d'eux. Les chevaux, effrayés, piaffaient. Les quatre
compagnons sortirent leurs armes, attendant, leurs muscles tendus à l'extrême.
Subitement, une troupe d'Orcs, tous plus féroce les uns que les autres, les
encerclèrent.
Chapitre 6 : Le cercle des créatures se refermait autour d’eux.Instinctivement, Aragorn, Legolas, Gimli et Stalkia semirent en cercle, dos à dos, face aux Orcs. Durant quelquessecondes, ils se jaugèrent du regard et la plainte du ventétait le seul bruit qui parcourait les plaines. Subitement,les Orcs fondirent sur eux en un hurlement général etatroce. Les quatre compagnons n’hésitèrent pas, ils seprécipitèrent sur les immondes bêtes, bien décidés à lesvaincre. Une même angoisse serra le cœur d’Aragorn et deLegolas à l’idée du danger que courait Stalkia. Ilsl’aimaient tous les deux, certes d’un amour différent, maistout aussi profond l’un que l’autre. L’étendue sauvage duRohan résonnait désormais de cris et de grognements. L’armede prédilection de Stalkia était sa dague, mais là, ellemaniait avec assurance une épée légère dont la lame étaitgravée de signes elfiques. Elle évitait avec souplesse lescoups puissants et meurtriers des Orcs et assenait coups etblessures. Legolas, toujours à l’aise dans n’importe quellesituation, tirait flèche sur flèches dont la majorité étaitd’une mortelle précision. Il n’hésitait pas non plus à seservir de son long poignard blanc qui avait déjà faitcouler beaucoup de sang. Gimli, lui aussi dans son élémentse battait avec vigueur ; sans avoir la précision deLegolas, par sa force, sa hache était d’une efficacitéredoutable. Aragorn se débrouillait bien, nombreux étaientles Orcs morts sous son épée et d’un calme froid il lesachevait sans pitié. Mais , subitement, un Orc qu’ilpensait mort se jeta sur lui, et, dans la folie d’undernier souffle, le blessa à l’épaule. Avec un cri dedouleur, Aragorn trancha la tête de la bête qui renditenfin vit. Mais ce n’était pas fini, un Orcs se jetasauvagement sur lui, le projetant à terre. Aragorn luttaitcontre la créature mais il sentait son épaule s’engourdir ,une douleur irradiait son bras, la blessure commençait àl’affaiblir ; il ne tiendrait plus longtemps. Quandsoudain, la créature s’affaissa sur lui, sans vie. Aragornse dégagea et vit, plantée dans la nuque de l’Orc, la daguede Stalkia. Il se releva, la cherchant du regard et la vit,tournoyant avec grâce. Désormais, il ne doutait plus de cescapacités guerrières. Elle siffla , son cheval accourut augalop et, sans s’arrêter, elle se hissa sur son dos. Ellesillonna entre les Orcs , tranchant têtes et bras puis vitLegolas, apparemment en mauvaise posture : son carquoisétait vide et il ne parvenait pas à refouler les Orcs quise pressaient autour de lu. Stalkia fonça dans sa directionen l’appelant et celui-ci, abattant encore un Orcs, sehissa derrière elle en une figure périlleuse etacrobatique. Ils se précipitèrent vers les derniers Orcset, sans pitié, les tuèrent. Ils descendirent de cheval etAragorn et Gimli les rejoignirent. Ils contemplèrentl’étendue du désastre et s’éloignèrent de ce lieu devenuapocalyptique. Aragorn s’approcha de Stalkia et lui dit : - « Je vous dois la vie » - « Vous avez sauvé la mienne et vous paraissiez en simauvaise posture.. ». Elle le regarda en esquissant unsourire . Mais ce sourire s’effaça immédiatement quand ellevit la blessure de son frère. « Vous êtes blessé ! » dit-elle. - « Non, ce n’est rien, une simple égratignure » réponditAragorn d’une voix qu’il voulait assurée mais qui tremblaitlégèrement. Sa blessure était en train de l’affaiblirconsidérablement et il luttait pour ne pas chanceler. - « Non, arrêtons nous, les blessures de ces créaturespeuvent devenir graves… » - « Aragorn ! nous devions de toute façon nous arrêterpour les chevaux » renchérit Gimli. Ils pénétrèrent plus profondément dans la foret etinstallèrent le camp. Stalkia s’agenouilla auprès de sonfrère et, dénudant l’épaule d’Aragorn, contempla l’ampleurdes dégâts. La blessure s’étendait de la base du coujusqu’au creux de l’épaule. Elle n’était pas très profondemais si l’on ne faisait rien, le poison de ces bêtespouvait être fatal. Avec une grande douceur, elle nettoyala plaie et applique un remède elfique. Legolas regardait cette scène et tout son êtreétait ampli d’une infinie souffrance. Elle l’aimait, il enétait certain, la douceur de ses gestes envers lui, lessourires empreints de tendresse qu’elle lui adressaitétaient des preuves irréfutables. Son amour ne lui étaitpas destiné, elle aimait Aragorn. Il ne pouvait plus lesvoir tous les deux, si complice. Il décida d’aller faire untour. -« Je vais faire un tour… » lanca t-il àla ronde et il s’en alla. -« L’esprit d’un elfe est vraiment insondable ; je medemande ce qui se trame dans sa tête. » dit Aragorn. Stalkia avait fini de panser sa plaie. Elle remarqua alorscombien son état à elle était désastreux. Les vêtementmasculins dont elle était vêtue avaient déjà soufferts desa première rencontre avec les créatures, mais là, elleétait couverte de sang et de poussière. -« Je vais suivre cette rivière…voir s’il n’y apas un point d’eau ou me laver » dit-elle à Aragorn. Celui-ci acquiesça et elle se mit en route. Après avoirmarché quelques instant en suivant le cours d’eau, elleresta muette d’admiration. A quelques mètres devant elle,un lac calme déployait sa saignée bleutée. Sa surfacemiroitante était seulement ridée par une légère brise. Unenature luxuriante entourait ce point d’eau et une cascade,dont les milliers de gouttes reflétaient un arc-en-ciel,complétaient cet havre de paix. La présence d’un tel lieuenchanteur était tellement improbable en ces lieux hostilesque la magnificence de cet endroit était sûrement du à lamagie. Stalkia s’approcha du lac et ôta ses habitssouillés. Elle ne portait plus qu’un mince vêtement, faitd’une soie vaporeuse et légère ; le vêtement qu’elleportait quand elle était encore chez les siens. Les elfes,si proche de la nature, avaient conféré à cet habit desaspects bleutés et changeant qui reflétaient le temps oul’environnement. Elle tenta d’enlever le sang noir etputride mais ses vêtement en garderaient les traces. Ellelâcha ses cheveux, se déshabilla entièrement et plongeadans le lac. Chapitre 7 : Legolas marchait d’un pas énergique, repoussant avec rageles branches qui se mettaient sur son passage. Il fallaitqu’il passe sa colère sur quelque chose. Comment l’amourpouvait-il lui apporter tant de tristesse et de haine ?Quand il la voyait, son cœur était déchiré entre son amourpour elle et l’infinie souffrance de ne pas la posséder. Ilsuivait, sans y penser, le cours de la rivière et il arrivabientôt devant le lac, là ou Stalkia l’avait précédé. Ilfut ému lui aussi par la beauté et la splendeur du lieumais, quand il baissa les yeux vers les abords du lac, sonémotion s’accentua à un tel point qu’il du s’appuyer sur letronc d’un arbre proche. Elle était là, si belle, siparfaite, dans le lac. Elle était entièrement nue, de l’eaujusqu’aux hanches mais dos à lui. Ses cheveux mouillés luiarrivaient jusqu’au creux des reins. Elle se tournalégèrement, n’ayant pas remarqué sa présence et ildécouvrit son corps éclatant de jeunesse, aux courbesparfaites. Ses muscles fins et nerveux roulaient sous sapeau de porcelaine. Il n’avait jamais vu un corps aussiparfaitement modelé. Sa poitrine était en partie cachée parson abondante chevelure mais l’infime partie qu’il voyaitde son corps était d’une beauté resplendissante. Son cœurétait sur le point d’éclater tant il l’aimait. Mais le faitde la regarder lui procurait aussi tant de mal qu’il décidade rentrer. Il devait l’oublier, enfuir ses sentiment auplus profond de son être car il ne pourra jamais l’avoir.Profondément troublé et dans un état second, il revint aucamp. Aragorn et Gimli, habitué aux changement d’humeur del’elfe ne lui posèrent aucunes questions mais Gimli leregarda avec insistance puis marmonna quelques mots dans sabarbe.Après avoir nagé quelques temps, Stalkia décida de rentrer.Elle remit son habit elfique, tressa ses cheveux et pris enmain ses vêtements encore humides. Quand elle arriva aucampement, Aragorn et Gimli conversaient tandis queLegolas, l’air absent, fredonnait des paroles elfiques enregardant les flammes. Quand il l’aperçut, une étincelle devie s’éclaira au fond de ses prunelles mais elle futaussitôt masquée par un voile de tristesse. Stalkia,constatant le trouble de Legolas, n’osa pas lui parler.Elle s’assit au près du feu, parla quelques temps avecAragorn et Gimli puis alla se coucher. Les hommesl’imitèrent et bientôt, le camp sombra dans le sommeil. Stalkia se réveilla peu avant l’aube. Le ciel étaitencore gris et froid. Elle se leva et vit que Legolasn’était pas là ; c’était décidément dans ses habitudes dedécoucher. Elle vit des traces de pas à peine visibles dansl’herbe humide de rosée, sûrement ceux de l’elfe, et décidade les suivre. Les traces s’enfonçaient dans la forêt ;elle les suivit puis elle arriva sur un surplomb rocheux.Au bout de ce rocher se trouvait Legolas, perdu dans sespensées, contemplant le vide immenses qui se déployaitdevant ses yeux. Elle s’approcha de lui et l’appeladoucement : -« Legolas… » L’elfe se retourna, parut un instant surpris puislui répondit : -« Que faites vous là ? » -« Je me demandais ou vous étiez parti…J’ai suivi vos traces. Un long silence suivit ces dernières paroles. Lesoleil pointait ses rayons dorés à travers les montagnes,emplissant l’horizon d’une traînée orangée. Legolas etStalkia contemplaient ce magnifique spectacle puis il laregarda et Stalkia, sentant l’intensité de son regard, setourna vers lui. Il l’aimait tant, il fallait qu’elle sache. -« Vous l’aimez, n’est-ce pas » luidemanda t-il abruptement. -« Pardon ? De qui parlez-vous ? » -« Aragorn, vous l’aimez. » -« Oui je l’aime… » Les yeux de Legolas se remplirent de désespoir.C’était donc vrai. -«…Je l’aime comme une sœur aime son frère…Aragorn et mon frère » continua Stalkia. -« Pardon ?! » -« Aragorn est mon frère. Nous avons étéséparés lorsque nous étions enfants. C’est par le plusgrand des hasard que nous sommes réunis… » Legolas parut profondément surpris et soulagé. Iljeta à Stalkia un regard brûlant d’amour et celle-ci ne putrésister au charme de ses yeux bleus. Ils se rapprochèrentimperceptiblement ; leurs corps se touchaient presque.Legolas, la voix vibrante d’émotion murmura : -« Vous êtes si belle. » Stalkia, submergée par une vague d’émotions et desentiments ne répondit pas, captivée par l’attraitmagnétique de ses yeux. Depuis la mort de sa famille, elles’était juré de ne plus jamais s’attacher à quiconque maiselle ne pouvait nier l’amour qu’elle éprouvait pour lui.Elle sentit ses mains se poser avec délicatesse sur seshanches. Il se pencha vers elle, elle leva sa tête et ilembrassa délicatement ses lèvres. En répondant à la doucepression de sa bouche, Stalkia passa ses bras autour de sanuque et se coula contre son torse, envahie par unsentiment de bonheur inexplicable. Legolas sentit le corpsvibrant de Stalkia contre le sien, il la serra plus fort etla délicatesse de leur premier baiser fit place à l’ardeurd’un baiser passionné. Durant un long instant, le mondeenvironnant n’avait plus aucune importance pour Stalkia,seul comptait ses bras autour d ‘elle et la chaleur de seslèvres. Quand leur baiser prit fin, ils restèrent enlacés,Stalkia la tête sur l’épaule de Legolas et lui le serrantcomme pour ne jamais la perdre. Il était tellement heureux,toutes ses craintes, sa tristesse s’étaient évanouis. Ilsrestèrent encore de longues minutes, l’un contre l’autre,devant le soleil levant. Stalkia brisa finalement leurétreinte et lui dit dans un souffle : -« Vous ne devriez pas… » -« Quoi ? » -« Je…Je suis mortelle… » -« Je vous aime » Il la serra encore plus fort. Il était un elfe, ilétait immortel mais il l’aimait. Sans elle, sa vie sans finn’avait plus aucun sens. IL n’avait jamais compris le donqu’Arwen avait fait de son immortalité à Aragorn. Maismaintenant, il comprenait, il comprenait que par amour, onpuisse tout faire, même sacrifier sa vie, son peuple. Ilcomprenait comment Arwen avait du être torturée entrel’amour pour son peuple et celui pour Aragorn. Il nevoulait pas penser à cela, pas maintenant. Le moment venu,il choisirait.Stalkia, quant à elle, savourait cet éphémère instant debien-être Elle l’aimait aussi d’une passion sans limitesmais elle n’arrivait pas à défaire son esprit du caractèreimpossible et interdit de cette relation naissante. Elleavait entendu maintes histoires sur les amours entre elfeset hommes qui connaissaient toujours une fin tragique. Maislà, elle refusait d’y croire. Elle leva ses yeux brillantsd’émotions vers Legolas et celui-ci, remarquant sontrouble, lui murmura : « Ne pensez pas au futur, pas maintenant. » -« Je ne veux pas vous perdre, vousaussi…. » -« Je ne vous quitterais jamais. » Les paroles qu’allait répondre Stalkia furentarrêtées par un nouveau baiser de Legolas, lui intimant lesilence. -« Eh bien ! Dire que je m’inquiétais pourvous… » Gimli s’était réveillé et avait constaté l’absencedes deux jeunes gens. Comme Stalkia, il avait suvi lestraces et avait trouvé l’elfe et la jeune femme tendrementenlacés. Stalkia et Legolas s’écartèrent vivement,visiblement gênés. Gimli les regardait d’un air narquois etStalkia sentit ses joues s’empourprer. Les premiersinstants de gêne et de surprise avaient disparu du visagede Legolas et il regarda Gimli, attendant sa réaction. Ilallait dire quelque chose quand Gimli l’interrompit. -« Je n’attend pas de vous desexplications. Mais je pense qu’Aragorn n’acceptera pas quesa sœur… » -« Vous savez ?! » l’interrompit Legolas. -« Bien sur que je sais. Quand on n’a pasl’esprit embrouillé par l’amour, tout devient limpide… » Un voile de gêne passa sur le visage de Legolasmais celui-ci reprit vite son air serein et impassible. -« Aragorn est-il au courant ? » luidemanda t-il. -« Non, et à mon avis, cela vaudraitmieux » -« J’ignore presque tout de la vie de monfrère et là, il est nécessaire que vous m’éclairiez sur sonpassé. Vous avez l’air de penser tous les deux qu’iln’accepterait jamais cette relation. Pourquoi ? » Stalkiaavait coupé court à la discussion entre Legolas et Gimli ;elle désirait savoir qu’elle était la raison des sentimentsd’Aragorn. -« Vous ne pouvez nier lecaractère….particulier de votre relation. Mais hormis cesfaits, Aragorn a été très affecté par son amour pour unefemme elfe » commença Gimli. Il raconta la relation d’Aragorn et d’Arwen ainsique son issue tragique. -« Aragorn ne doit pas savoir…pasmaintenant » fit Stalkia -« La décision vous appartient » réponditGimli. -« Stalkia a raison » dit Legolas «Aragorn ne pourrait juger ce que nous vivons, pas dans sonétat actuel » -« L’idée de cacher quelque chose à monfrère me déplait, mais là, je demande votre silence sur ceque vous venez de voir Gimli » -« Un secret ne sort jamais de la bouched’un nain ; s’il le faut, il mourra avec moi » déclara Gimli -« Merci Gimli » dit sincèrement Legolas. -« Nous devons rentrer maintenant » ditGimli. Legolas et Stalkia acquiescèrent et il reprirent lechemin du camp.