Je n’ai pas
toujours été tendre envers Bernard Landry, particulièrement au temps des
chiffons rouges et de ses propos négatifs envers le Canada. Le nouveau premier
ministre, trop sûr de lui au début de son mandat et porté à des « écartades »
verbales dépassant l’acceptable, méritait mes commentaires critiques.
Cependant,
depuis quelque temps, au-delà de son verbalisme exagéré, sa performance
générale dans la plupart des dossiers qu’il touche, s’améliore. Les économiques
en particulier. J’en viens même à croire que, n’eut été l’action trop souvent
hostile du gouvernement fédéral envers celui du Québec dans des dossiers qui
avaient pour effet, même par pure incidence, d’encourager l’affirmation
nationale du Québec, les résultats auraient été meilleurs. À titre d’exemple,
il m’apparaît incorrect que le gouvernement fédéral bloque le versement de
fonds au gouvernement du Québec dans le domaine de la santé, sous prétexte
qu’il lui faille tout connaître des dépenses québécoises faites à partir des
fonds transférés. Le gouvernement fédéral ne doit ignorer que ces fonds
proviennent de la population et que c’est à elle que les dirigeants québécois
doivent rendre des comptes. Le gouvernement actuel du Québec au-delà de son
attitude de gauche, parfois trop interventionniste, est probablement un des
plus honnêtes et des plus compétents au Canada. Par les temps qui courent, je gagerais
bien plus volontiers sur l’honnêteté et la compétence du gouvernement québécois
que sur celles du gouvernement fédéral. J’ai bien l’impression que Bernard
Landry y est pour beaucoup.
Lors de son
passage à « Ici tout est permis »
animé par François Dompierre, à la deuxième chaîne de Radio-Canada, il y
a peu de temps, Bernard Landry s’est révélé
un homme sensible, honnête, équilibré et passablement différent du politicien partisan que nous avons
l’habitude de voir. Ses propos sur la période précédent la Révolution
tranquille et sur l’éducation qu’il a reçue
au séminaire de Joliette, où, selon lui, tout n’était pas aussi noir et de peu de qualité qu’on veut bien
nous le laisser croire dans des officines de gauche, m’ont laissé voir un
individu courageux, n’ayant pas peur de dire des vérités à contre-courant des
modes. Donc, potentiellement dommageable pour sa popularité.
Bernard Landry m’apparaît être un politicien, à la fois de gauche modérée pour l’orientation de ses politiques, et du centre pour l’efficacité de leurs mises en oeuvre. À titre de chef du PQ, je souhaite qu’il arrive rapidement à communiquer son orientation modérée à sa propre formation politique, en aplanisse les excès de social-démocratie « déresponsabilisante » et la dote d’un meilleur équilibre intérieur.
Tout compte
fait, il serait dommage que le PQ ne soit pas reporté au pouvoir lors des
prochaines élections générales. Le Québec peut difficilement se permettre de
sacrifier un premier ministre de sa qualité, à la tête d’une équipe réunissant
les meilleurs éléments politiques de l’heure, au profit d’adversaires moins
connus.
Bernard Landry
et plusieurs membres de son équipe sont des valeurs sûres.
Claude Lalande
25 février 2003