Stratégies gagnantes pour le Parti
québécois
et l’indépendance du Québec
Introduction
Au
cours des prochains jours, je m’appliquerai à faire connaître mes points de vue
sur des actions à utiliser pour aider à relancer le Parti québécois. Sans doute
plusieurs d’entre vous savent depuis longtemps que je suis un ardent défenseur
de ce grand parti et de l’indépendance du Québec. Il y a encore assez peu de
temps je défendais le PQ surtout par ma passion du partisan indéfectible et
selon la voie de mes sentiments patriotiques. C’est différent aujourd’hui, ce
qui était passionnel hier est devenu prioritairement rationnel.
J’ai
considéré la possibilité d’un statut particulier à l’intérieur de la fédération
canadienne où le Québec se verrait octroyer des pouvoirs complets et exclusifs
en matière de langue, culture, immigration, communication, fiscalité, etc. Ma
pensée a évolué. Je parviens mal maintenant à m’imaginer que le fédéral
laisserait agir le Québec à sa guise en ces domaines. Ottawa possède tant de moyens
de surpasser les juridictions provinciales et toutes ententes subséquentes
prétextant la défense de ce qu’il appelle « l’intérêt national du
Canada ». De plus, il faut savoir imaginer la longueur et la complexité
des démarches pour obtenir un tel statut particulier. Le fédéral n’acceptera
jamais de laisser tant de pouvoir au Québec même accepté par une force
populaire bien affirmée, ce que constituerait le résultat positif d’un
référendum sur un statut particulier. Même gagné par le Québec, ce qui est tout
à fait possible, le fédéral refuserait de s’y plier prétextant un biais
anti-fédéraliste de la question quoiqu’elle fut, et la nécessité de l’accord
unanime des autres provinces. Imaginé le scénario !
Rationnellement
donc, j’en viens à penser que l’unique moyen de sauver la langue et la culture
québécoise est l’indépendance.
Le
Parti québécois, que je considère comme étant encore le meilleur véhicule pour
réaliser l’indépendance du Québec, traverse une période difficile. En ce moment
il piétine. Il recueille un appui populaire nettement inférieur au nombre de
Québécois qui appui l’indépendance et/ou qui serait heureux de vivre dans un
Québec indépendant. Il faut faire évoluer la situation et travailler à redonner
aux souverainistes affirmés et discrets et à tous ceux et celles qui hésitent à
affirmer leur sympathie indépendantiste parce qu’ils craignent les difficultés
du passage à l’indépendance, pleine confiance dans le Parti québécois. C’est
possible de faire évoluer les choses positivement en faveur de l’indépendance
en cette période où une majorité de Québécois est inquiète pour sa langue et sa
culture. La conjoncture est favorable.
Le Parti québécois doit reprendre sa place !
1)
Parler souvent de l’indépendance comme étant une normalité
Il
faut profiter de la campagne électorale qui vient pour parler des avantages de
l’indépendance. Il faut le faire avec ardeur, y revenir sans gêne et sans peur.
Le mot «souveraineté» circuler dans tous les milieux auquel on adjoindra le
plus souvent possible celui de normal. Il faut faire en sorte que la
souveraineté ou l’indépendance soit perçue dans la population comme quelque
chose de normal. N’oublions pas que ce mot inspire la sécurité et sans doute la
meilleure façon d’éviter nombre de problèmes. Quoi de plus rassurant que de se
faire dire que ce que l’on fait est normal, donc très probablement sécuritaire.
Et qui n’aime pas se faire dire qu’il agit de façon normale !
Il
faut savoir aussi que le mot normal, en plus d’être rassurant, est engageant,
très engageant. Une fois acquise la notion de cette normalité qui nous rassure
et qui nous devrait nous mieux faire vivre, il devient difficile d’y renoncer
sous quelques prétextes que ce soient. La normalité a ses exigences qu’il faut
assumer. Y renoncer, c’est accepter l’anormalité et la gêne de vivre sous son
empire !
Normal,
normalité : des mots simples et rassurants mais combien engageants et
puissants !
2)
Mettre le français en valeur en toutes circonstances
Que
ce soit ici au Québec, dans toutes les provinces du ROC ou à l’étranger, nos
élus québécois doivent faire usage du français en priorité. À l’occasion de
discours, conférences entrevues, etc. le français doit primer dans la bouche de
nos représentants. Nos interlocuteurs doivent sentir que le français est d’une
immense valeur et prime importance pour nous. Dans le ROC il faut insister
jusqu’à déranger pour prioriser le français. Il faut faire sentir aux Canadiens
que le Québec n’est pas une province comme les autres et que nous insistons
pour que cette différence soit toujours de plus en plus marquée ; et que le
français est et en sera toujours une très importante partie de notre culture.
Jamais nous y renoncerons! Jamais nous nous rendrons !
Ainsi,
espérons-le, les Canadiens et aussi les Québécois, de façon majoritaire,
finiront par reconnaître et accepter qu’il serait mieux que le Québec quitte la
fédération canadienne et que le résultat de son indépendance sera positif
autant pour le ROC que pour le Québec. Il faut convaincre les nôtres que la
souveraineté est une garantie de vie normale pour le Québec et, pourquoi pas,
pour le Canada !
Que
de confrontations inutiles seraient alors éliminées !
3)
Survie de la langue et de la culture
Actuellement,
la question de la langue est présente dans tous les milieux. Partout au Québec
on se préoccupe de l’avenir de la langue français. Plus de 60 % s’en inquiète
et affiche le désir que le gouvernement prenne les décisions qui s’imposent
pour en arrêter le déclin. Des lois sont en préparation. Visiblement, selon les
experts, elles ne sauraient suffire. Au
fond, même si on n’ose en parler ouvertement, une majorité la population se
doute très bien que seule la souveraineté pourrait arrêter véritablement le minorisation
du français au Québec. Si la tendance se poursuit, demain nous serons un gros
Nouveau-Brunswick pour ensuite glisser vers une similitude des autres provinces
canadiennes pour finalement sombrer dans la « louisianisation ».
La
question linguistique est très porteuse actuellement. Il faut en prendre acte.
Il faut parler des dangers qui guettent l’avenir de notre langue et par
ricochet notre culture. Il faut insister
en évoquant tous les dangers qui la menacent actuellement et que la présence du
Québec au sein de la fédération canadienne en est la principale cause. Toutes
les mesures de protection que l’on pourrait se donner pour protéger notre
langue ne serviront qu’à retarder le triste sort qui lui est réservé dans la
fédération canadienne. La population québécoise s’en doute majoritairement. Il
faut savoir la convaincre que sans l’indépendance le français et sa culture
sont voués à la minorisation et, à terme, à l’insignifiance sur le territoire
nord-américain. Seule l’indépendance sauvera notre langue et notre culture, les
deux étant intimement liées.
4)
Avantages économiques de l’indépendance
Des
données chiffrées actuelles affichent les avantages que tirerait le Québec de
son indépendance. Que ce soit simplement par l’élimination des doublements
ministériels et administratifs que nous sommes forcés de faire dans le cadre
fédératif canadien actuel, déjà nous sommes gagnants. Le ministère de la Santé
fédéral, qui se cherche une raison d’être en s’ingérant dans les champs
administratifs des provinces, ne gère même pas un seul hôpital au Québec. Et
ainsi de suite pour nombre d’ingérences mineures dont le Québec se passerait
très bien mais qui actuellement coûtent cher aux Québécois et retardent la
prise de décision.
Des
chiffres actuels, à notre portée, démontrent la solidité économique d’un Québec
indépendant et même un certain nombre d’avantages financiers et économiques à
devenir indépendant ! « Le
Québec serait un des États ayant le plus faible déficit budgétaire parmi un
échantillon d’économies avancées présenté par le FMI », a indiqué le chercheur Maxime
Duchesne. Il serait un des pays les plus riches au monde nous disent
l’ensemble des recherches sérieuses. Il faut publier et republier souvent ces
chiffres et données qui confirment le choix avantageux de l’indépendance. Les
chiffres parlent clairement, sans équivoque. Les gens du Québec devraient les
voir et entendre le plus souvent possible pour finalement les apprendre par
cœur. Il faut par nos propos vaincre la peur économique, convaincre les
Québécois que leur État national est d’un haut niveau économique et social, que
la démocratie y est résolument privilégiée.
5)
Être présent sur la scène internationale
La
réputation du Québec à l’étranger est respectable. Elle est sans doute meilleure
que celle de bien des états fédérés dans le monde. Mais ce n’est pas suffisant.
Répondre aux exigences du commerce international diversifié commande de pouvoir
dialoguer directement avec les pays étrangers en tant que pays. Il faut
admettre que tout commence par des échanges verbaux lesquels conduisent souvent
à des accords très substantiels économiques et sociopolitiques. Être reconnu
officiellement pays indépendant est à la base même de certains échanges féconds
en vue d’accords dans tous les domaines. La présence du Québec à la table de
l’ONU et dans ses nombreux organismes est un vecteur de dialogue international
incontournable. Le Québec, en raison de sa bonne réputation à l’international,
se tire déjà assez bien d’affaires en négociant avec des états fédérés,
notamment les états américains, dans les domaines de ses compétences
fédératives.
Mais
nous méritons plus et nous avons besoin de plus pour parvenir à l’excellence de
la rentabilité de nos relations internationales. Pour y arriver, le Québec a besoin
d’être présent à la table de l’ONU et
des ses multiples organismes à titre de pays indépendant. Vive le
Québec…pays !
6)
Le Parti Québécois doit se définir comme la « référence » pour
l’indépendance du Québec
Il
fut un grand parti dirigé par des chefs d’une qualité incomparable. Mais il a aussi connu des échecs, là aussi,
incomparables. La victoire du « non » aux deux référendum a plombé sa
réputation de gagnant. Et dès le lendemain de la défaite de 1995, les gens du
Québec ont commencé à douter de sa capacité de voir juste et de relever les
défis nationalistes et souverainistes sur lesquels le PQ s’était astreint. Dès
lors, la réputation de parti politique « perdant » s’est glissée dans
la perception de plus en plus de Québécois que le Parti québécois était devenu
incapable de défendre avec crédibilité les intérêts supérieurs de Québec. On
l’a estimé prisonnier de l’option référendaire indépendantiste rejetée deux
fois par la population québécoise. Pourtant il eut été facile de convaincre la
population québécoise que le référendum de 1995 était une quasi victoire qui
pouvait être vue comme une formidable dernière étape avant la victoire finale.
Mais une erreur stratégique inqualifiable dans les propos de son chef à ce
moment-là, a changé une quasi victoire en une défaite peu honorable.
Le
Parti québécois ne doit pas renoncer à son option souverainiste. C’est son ADN.
Il lui faut inviter la population à choisir la souveraineté en se rappelant que
la langue française et la culture québécoise sont nôtres mais menacées par le
régime fédéral actuel. Il faut placer les Québécois devant le choix de la
souveraineté ou de l’assimilation. Pourtant, un tel choix n’en est pas un pour
tout membre d’une nation qui se respecte. Accepté lucidement l’assimilation a
quelque chose de morbide. Un goût de mort ! Il est important pour la population
d’aller jusqu’à la souveraineté pour sauver sa langue et sa culture plutôt que
de demeurer sous l’empire du statut quo actuel et se voir devenir rapidement un
gros Nouveau-Brunswick avant de terminer en « louisianisation ». L’indépendance pour nous est une question
d’honneur et de vie !
7)
Ajouter un mot au nom du parti
Les
sympathisants du PQ sont de solides démocrates. L’esprit de René Lévesque y est
toujours présent. Les mots démocrate et démocratie sont toujours bien reçus par
notre population. Le mot démocrate n’est-il pas le mot noble par excellence ?
Il faudrait peut-être rappeler à la population que le Parti Québécois est
intraitable face à ce principe de base du fonctionnement de notre société et
qu’il insistera toujours pour que la pensée démocrate soit présente dans les
décisions administratives et législatives gouvernementales. Alors pourquoi ne
pas le dire haut et fort dans le nom du parti en y ajoutant le mot démocrate.
Ainsi, notre parti deviendrait le « Parti québécois démocrate ou
Parti démocrate québécois », et ses sympathisants, les démocrates. Nous ne
serons plus alors des péquistes (les mots en iste ou isme ont souvent une
charge négative ! ) ou des « péquissses comme nombre d’adversaires se
plaisent à nous appeler !
Se
pourrait-il que par ce simple changement de vocable le PQ réussisse à projeter
l’image d’un nouveau parti plus progressif. Souvent la magie des mots affecte
positivement la perception d’une entité perçue négativement, sans intérêts ou
avec indifférence… Sans intérêts ou avec indifférence, c’est un peu la
perception actuelle d’une bonne partie de la population face au PQ !
Nous
avons bien changé le logo du parti dernièrement et le résultat dans l’opinion
publique s’avère positif. Alors…
C’est
à y réfléchir !
Claude
Lalande
Janvier
2022