Parlons stratégie :
« Sondage référendum »
pour remettre la question nationale
à l’ordre du jour
C’est
le calme plat pour la question nationale actuellement, … et le Québec sur ce plan est littéralement à la remorque
d’Ottawa. Il nous apparaît en position de
faiblesse comme nous le laisse paraître la discrétion des partis et des
mouvements souverainistes. Ils s’activent en leur lieu propre, mais en vain, la
population les écoutent peu ou pas. Et les médias s’en accommodent très bien !
Covid
19 occupe tout l’espace médiatique. Ne récriminons pas. C’est un peu normal
quand naît un bébé monstrueux. On ne cesse de le regarder pour en arriver
finalement a en avoir démesurément peur. Mais il est tout à fait réel ce bébé
monstrueux, dont on vient de fêter le premier anniversaire, même si notre
subjectivité pourrait nous le faire
percevoir plus répugnant qu’il ne l’est en réalité.
La
pandémie passera et la question nationale reviendra. Elle retrouvera une bonne
partie de ses nombreux penseurs et promoteurs. Le problème de la langue, lui
aussi bien réel et urgent, pourra se dévoiler dans toute sa complexité, devenir
le sujet de conversation du jour sans faire injure à la pertinence. On
recommencera à reparler de notre identité, de notre culture et de notre langue
menacées qu’il faut sauver. Mais ne prenons rien pour acquis, la
meute fédéraliste ne cédera en rien sur le pouvoir que notre silence lui
autorise en ce moment et utilisera tous les stratagèmes possibles pour taire la
question nationale et cacher ce qui est pour nous un problème majeur de survie
et pour eux le désir indécent de l’affaiblissement national francophone, sinon
de son élimination du territoire canadien.
Mais
cette renaissance de la question nationale pourrait très bien requérir un
traitement choc au début. Il lui faudra se doter de formules incisives et de
données claires, autant que possible chiffrées, pour illustrer les dangers qui
nous menacent. Mais qui ou quoi fournira ces données nécessaires au redémarrage
de notre projet national. Plusieurs éléments sont faciles à identifier à
première vue : une publication ou republication cohérente de toutes ces études
et analyses qui identifient les dangers qui menacent notre culture et notre
langue, l’engagement public de personnalités crédibles envers les causes que
nous défendons, l’usage intensif des médias sociaux, etc…
Mais
alors, pourquoi pas un référendum me diriez-vous ? Ah, si c’était possible !
Mais dans l’état actuel de l’humeur québécoise, il ne faudrait pas être trop
hardi. Ne perdons pas courage, çà reviendra ! Mais, entre temps, pourquoi ne
pas penser à cette denrée dont les Québécois sont friands : les sondages !
Et surtout les sondages politiques détaillés où partis politiques et options sociétales
sont en cause. Alors offrons-lui en un hors du commun !
Que
diriez-vous d’un super sondage qui prendrait tous les aspects d’un référendum :
détermination d’une ou plusieurs questions destinées au grand public ;
prévision d’une période durant laquelle la ou les questions seront publiquement
débattues ; dates de l’espace temps durant laquelle la ou les questions seront
posées par une ou des firmes de sondage réputées où plusieurs dizaines de
milliers de personnes seront sondées. Et pourquoi pas, parallèlement tenir des
réunions publiques et autres activités de nature à susciter l’intérêt général !
Un
tel super sondage, renforcé des éléments que je citais dans un paragraphe
précédent, ne serait pas sans effets sur les orientations et actions politiques
de nos gouvernements. Ces derniers ne pourraient demeurer indifférents à la
volonté exprimée de la population québécoise sur son avenir national manifestée
de manière… quasi référendaire. La consultation que je propose ne serait, bien
sûr, que consultative, comme un référendum par ailleurs.
Voici
quelques suggestions de question que pourrait poser notre ou nos super
sondeurs, ou du moins s’en inspirer :
-
Si le Québec était déjà un pays souverain reconnu, seriez-vous : heureux,
indifférent, malheureux ?
-
Croyez-vous que le français est menacé au Québec :
oui,
beaucoup, peu, non?
-
Si la survie de notre culture et de la langue française, première langue au
Québec, demandait de faire la souveraineté, seriez-vous d’accord :
oui,
non?
-
Si la souveraineté ne venait pas ou retardait trop, seriez-vous d’accord à ce
que le Québec obtienne maintenant un statut particulier qui lui accorderait
plein pouvoir en matière de langue, de culture, d’immigration et d’accords
internationaux relevant de ses propres domaines de juridiction :
oui,
non ?
Ces
questions visent principalement à relancer le débat sur la question nationale.
Questionnée sur ces enjeux, la population québécoise ne pourra demeurer
indifférente. Elle réagira avec une certaine force. Les échanges d’idées, les
« pour et les contre », surgiront de toutes les régions, villes et
villages du Québec et sans doute même de l’extérieur. Notre objectif de
redonner de la visibilité et du dynamisme à notre option aura alors été atteint.
Claude
Lalande
25
janvier 2021