La social-démocratie réduit
les chances du Québec de devenir souverain
Depuis la fin de
la Seconde guerre mondiale, quelque cent États sont devenus souverains. Parmi
ceux qui ont eu à lutter pour le devenir, quelques-uns ont dû recourir à la
violence. D’autres ont choisi la voie politique et forcé la négociation. Dans
aucun de ces cas cependant, il a été question de la mise en place d’un régime
social-démocrate avant la réalisation de l’indépendance. Lorsque arrive le
moment de réaliser une étape aussi importante pour un peuple, que celle de
l’indépendance, contre laquelle s’arc-boute l’État colonisateur ou
centralisateur, toutes les forces vives du pays qui veut naître doivent s’unir.
Le Québec ne
respecte pas cette règle. Il a choisi de réaliser une forme de
social-démocratie, liée à la promotion de la consommation, avant de parvenir à
la souveraineté. Pour cette raison, il n’y arrivera probablement jamais, à
moins qu’il réussisse à créer un modèle d’accession à la souveraineté pour
peuples bourgeois, riches et prospères. Le défi est de taille.
Le gouvernement
québécois a fait le choix, entre autres,
de se mettre au service de la population, de répondre toujours plus et
mieux à ses demandes, maintes fois élevées au niveau d’exigences par des
groupes de pressions à large auditoire électoral, fortement nantis ou détenant
d’importants pouvoirs financiers. De ce fait, le gouvernement a indirectement
pavé la voie à la consommation (et même à la surconsommation) par le biais
d’une gestion des affaires de l’État toujours plus soucieuse de plaire à
l’électorat, profondément engagé sur la voie du matérialisme, du mieux-être, de
la consommation et du confort.
Ceci dit, peut-on
blâmer les gouvernements successifs, depuis la Révolution tranquille, d’avoir
favoriser le mieux-être du consommateur québécois ? Certainement pas. Là où il est probablement
justifié d’entretenir une réserve, c’est
de l’avoir fait brusquement, à coup de dépenses souvent injustifiées, sous le couvert d’une
révolution, fut-elle tranquille ; et en rupture d’une saine évolution
engagée sept ou huit ans plus tôt.
Claude Lalande