RECONSIDÉRER LES MÉTHODES ET LA FINALITÉ

DE L’EXPLORATION SPATIALE

 

 

 

La tragédie de la navette spatiale Columbia ne manquera pas de susciter d’innombrables questions sur le pourquoi et les enjeux de l’exploration spatiale. Il est dommage que  cet exercice n’ait lieu  que lors de d’événements aussi catastrophique que celuidu 1er février 2003.

 

Nombreux sont ceux qui monteront aux barricades pour dénoncer le programme de  la conquête de l’espace. Ils auraient raison si ce programme ne devait servir qu’à la  militarisation de l’espace ou à de recherches futiles. Ce qui n’est pas le cas de toute évidence. La recherche programme se pousuivra donc. Il correspond à un besoin inné de l’homme de connaître,  de comprendre et de pousser plus loin les limites de la science. De se dépasser, quoi ! Si on devait lui interdire l’espace comme terrain de recherche et d’expérimentation, qui nous dit que les scientifiques ne seraient pas invités, sollicités même, à utiliser leur savoir et  leur énergie pour autre chose, peut-être pas aussi pacifique et probablement tout aussi coûteux. En l’occurrence, la recherche militaire.

 

Il faut se demander cependant, s’il est vraiment nécessaire de poursuivre l’exploration spatiale dans ses formes actuelles,  de recourir aussi souvent à des vols habités et à envoyer à chaque fois autant de personnes dans l’espace pour construire une station spatiale ambitieuse dont les retombées pour le mieux-être de l’humanité sont loin d’être aussi évidentes qu’on veut bien nous le laisser croire. J’en doute fortement. L’ASE (Agence spatiale européenne) a raison de se féliciter d’avoir choisit de renoncer aux vols habités pour placer ses satellites en orbite. De ce fait, le lancement est moins coûteux et son carnet de commandes est, sauf erreur, mieux garnit que celui de la NASA. Espérons que la longue enquête sur la tragédie de Columbia arrivera à la conclusion que la NASA aurait avantage à suivre un modèle de développement s’inspirant de celui de  l’ASE.

 

Un ami me faisait remarquer dernièrement que la recherche liée à la recherche spatiale contribue indirectement aux développement de produits dont notre société bénéficie déjà. Soit. Mais quel chemin périlleux  et coûteux pour arriver à des résultats que le changement de priorité dans la recherche permettrait de réaliser à bien moindre coût avec beaucoup moins de danger !  De plus, une chose me trouble dans l’assertion de mon ami. Elle m’invite à penser que, centrée directement sur la personne humaine, la recherche serait moins motivante que centrée sur la conquête de l’espace.  Il y a peut-être quelque chose de tordu dans l’échelle de nos valeurs.

 

Espérons que la longue pause imposée par la destruction de Columbia incitera les dirigeants de la NASA à reconsidérer les méthodes et la finalité de la recherche spatiale.

 

Claude Lalande

Février 2003

 

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