Le PQ se donne un programme favorable à la famille, mais  sans volet nataliste

 

Le programme aura pour effet de permettre aux membres d’une même famille de passer plus de temps ensembles. Fort bien. Cependant, un volet important de ce qui est, semble-t-il, un début de politique familiale,  est absente du programme : celui de mesures concrètes pour relever notre taux de natalité, un des plus bas en Occident. Pourtant, devant la gravité de la dénatalité qui menace notre société, on serait en droit de s’attendre à ce qu’une politique familiale convenant au Québec d’aujourd’hui, débute par un volet nataliste articulé. Ce n’est pas le cas. Les défendeurs du programme promis insisteront sans doute pour dire que l’allégement de la semaine de travail encouragera les parents à avoir plus d’enfants. Rien de moins certain.

 

Il est probable que le nouveau programme n’aura pas plus d’effet sur le relèvement du taux de natalité, que celui des garderies à 5$, dont les objectifs de l’un et l’autre, en apparence  différents, se réconcilient dans l’allègement de la somme de travail des parents au prise avec l’emploi, le travail à  la maison et l’éducation des enfants. Bien sûr, on aura plus de temps pour les enfants, mais rien ne garantit qu’avec la semaine de quatre jours, un des parents ne se chargera pas de la garde des enfants pendant que l’autre se rendra au travail. Un nouveau programme de garderie en somme, qui aidera la carrière de l’un ou l’autre des conjoints.  La naissance d’un nouvel enfant, dans ce contexte, devient secondaire. C’est ce qui est arrivé avec le programme des garderies à 5 $. Voyons cela de plus près.

 

En 1997, le gouvernement a aboli le programme d’allocation forfaitaire (bébé-bonus) à la naissance d’un enfant, prétextant un « échec lamentable » selon les paroles de la ministre Nicole Léger du PQ.  Il a été remplacé par celui des garderies à 5 $. Voyons les résultats. Entre 1986 et 1992, c’est-à-dire au temps des allocations forfaitaires, l’indice de fécondité a connu une hausse de 21 %. Pas si mal, même si l’indice (2,1) nécessaire au maintien de la population en aurait exigé une de 53 %. Entre 1997 et aujourd’hui, donc sous le programme des garderies à 5 $, le taux baisse de 15 % (Calcul basé sur des données de l’Institut C.D. Howe).

 

Une indication assez claire se dégage de ces quelques chiffres. S’il l’on recherche la hausse du taux de natalité, il faut que l’avantage, l’allocation ou tout autre incitatif, soit directement lié à la naissance de l’enfant. Le programme d’allocation (bébé-bonus), cinq à six fois moins  coûteux que celui des garderies à 5 $ donnait de meilleurs résultats.  Alors, pourquoi l’avoir abolit ? Bien sûr, il incitait les femmes à rester à la maison pour avoir plus d’enfants et parfois, à renoncer à la carrière ou en réduire la portée, alors que celui des garderies a produit des effets contraires. Faut-il voir dans ces effets contraires la véritable raison du changement de programme ? Un politique nataliste efficace serait donc si difficile à concevoir sous un  gouvernement péquiste? Ce que nous offre aujourd’hui monsieur Landry tend à le démontrer.

 

En terminant, essayons de nous imaginer un instant ce que serait le taux de fécondité actuel au Québec si le programme « bébé-bonus » s’était maintenu et avait bénéficié de la même générosité gouvernementale que celui des garderies à 5 $.

 

Claude Lalande

Février 2003

 

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