Oui à la nation québécoise !

 

Je suis souverainiste. En conséquence, je ne peux que me réjouir de la reconnaissance de la nation québécoise par le Parlement fédéral, à la quasi-unanimité. Qu’à la reconnaissance soit greffée la condition d’appartenance à la fédération canadienne change  peu de choses ! Comment peut-on imaginer qu’une nation soit reconnue réelle lorsque fédérée et niée quand elle ne l’est plus ? La reconnaissance de la nation québécoise par le gouvernement fédéral est un fait majeur dans l’histoire du Québec. Elle s’inscrit positivement dans la démarche du Québec vers sa souveraineté et ne peut qu’aider à sa reconnaissance internationale le temps venu. 

 

S’il est une nation sur cette terre qui possède toutes les conditions requises à assumer pleinement sa souveraineté avec compétence, c’est bien le Québec. Il a tout ce qu’il faut pour devenir souverain sinon, jusqu’à ce jour, la volonté de le devenir !  Reconnaître une nation qui ne possède pas d’institutions étatiques modernes, la capacité à s’assumer économiquement, un territoire suffisamment défini et un nombre réduit d’individus, est en bout de ligne peu engageant en termes de conséquences. C’est sans doute le cas des Autochtones canadiens et québécois.  Voilà donc pourquoi, une majorité de  Canadiens sont prêts à reconnaître les nations autochtones, mais pas la nation québécoise !

 

On peut toujours s’interroger sur l’existence d’une véritable nation québécoise du fait que le Québec est composé de plusieurs ethnies, plus ou moins intégrées culturellement à la société québécoise. Les personnes qui composent ces ethnies n’en sont pas moins Québécoises et leur intégration à notre société n’est qu’une question de temps. Car c’est le temps qui soude les ethnies et forme les nations. Sans se fermer à nous même, c’est-à-dire à ce que nous sommes - Québécois d’origines canadienne-française - parfois jusqu’à l’abnégation, comme le font certains des nôtres apeurés d’être perçus frileux et racistes, il  faut tendre la main à ceux qui viennent enrichir nos rangs de leur présence et les faire se sentir heureux de se joindre à nous. Il faut faire en sorte qu’ils demeurent fiers de leur origine tout autant que nous devons l’être de nos racines canadiennes-françaises. Dans ce contexte, ne cédons pas à la sensiblerie auto-négationniste de certains des nôtres qui se disent « ouverts », et éloignons-nous de ces politiciens et intellectuels qui n’osent, par intérêt, franchir le seuil de la rectitude politique, tronquant ainsi la vérité pour échapper à la critique.  

 

Ensemble, toutes ethnies confondues, nous sommes la nouvelle nation québécoise.

 

Claude Lalande

                        12 décembre 2006

 

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