Le force militaire "brute" des USA
dans le monde est indiscutable, même contre le terrorisme. Pourtant, il n’y à pas que cet aspect de la lutte au
terrorisme qu’il faut considérer pour assurer une paix et une quiétude durable
à notre monde. Il faut, à nos dirigeants mondiaux, agir de manière à réduire sinon supprimer la frustration et le
sentiment pour bien des peuples d’être exclus.
C’est faire fausse route que
de lutter uniquement par la force pour combattre
le terrorisme. Le problème est à la fois humain et politique, et c’est
principalement en suivant ces voies qu’il sera un jour éliminé. En cela, les
États-Unis ont un rôle incontournable à jouer. Et ce n’est pas principalement
par la voix des armes qu’ils y arriveront le mieux. Il leur faudra faire acte
d’humilité et admettre ouvertement
l’échec d’une bonne partie de leur politique internationale. Ils devront
reconnaître qu’elle est souvent entachée de partialité, d’iniquité et même
d’injustices, et accepter de modifier cette politique pour accorder autant
d’attention aux pays pauvres et faibles qu’aux riches et puissants.
En admettant ses tords, les
USA se grandiront universellement et une détente internationale durable se fera
sentir rapidement dans tous les coins du globe. La frustration due à
l’exclusion et à l’ostracisme s’apaisera et les revendications par
l’intimidation et la violence céderont la place à des échanges plus civilisés
et plus fructueux Alors le terrorisme aura moins d’emprise sur ceux qui encore
aujourd’hui s’estiment les éternels perdants sur l’échiquier international.
Bien sûr, il y aura toujours des irréductibles. Il faudra apprendre à bien les
identifier et à les neutraliser. Espérons, mieux qu’avant le 11 septembre !
Les USA n’ont plus besoin de menacer ou de violenter pour se faire écouter, ni de jouer chauvin, mesquin et égoïste pour gagner. Qu’il leur suffise d’être vigilants et de procéder à certains rappels à l’ordre, le cas échéant. Alors, les sachant désormais justes et équitables, nombre de pays actuellement hargneux accepteront l'opinion et les recommandations éclairées de l’unique super-puissance de la planète. Et si un jour il faut punir, que l’ONU s’implique clairement. Mieux qu’au lendemain du 11 septembre.
Nous reconnaissons d’emblée
aux États-Unis, l’avantage inéluctable de la force militaire, économique et
politique. Que veulent-ils de plus ? Rappeler constamment aux pays de la
terre qu’ils sont les plus forts et que nous leur devons soumissions ? Ce pays a su se faire craindre. Qu’il
apprenne maintenant à se faire aimer. Il en sera doublement gagnant et le reste
du monde aussi.
Claude Lalande 2002