Résoudre la crise étudiante par l’indexation des frais de scolarité

 

Tout désir, même velléitaire de gagner la « confrontation » de la part de l’une ou l’autre des parties est à exclure totalement. Les parties devront s’asseoir à la même table avec le même désir de trouver une solution à la crise.

 

Voici ma suggestion. Il faut se rappeler que la société québécoise dans la foulée des changements provoqués par la Révolution tranquille a choisi de se donner de nombreux services dont celui d’un système d’éducation très facile d’accès, plus qu’ailleurs. Il y avait et il y a toujours un nécessaire rattrapage à effectuer dans le domaine de l’éducation au Québec.  Nous avons donc  « conscensuellement » accepté de payer plus de taxes et d’impôts ici qu’ailleurs afin que nos jeunes, issus de familles peu nantis pour la plupart, eussent la possibilité  d’aller le plus loin possible dans leurs études. Il fallait et il faut toujours faire en sorte que le coût de l’accession aux études post-secondaires soient plus bas ici qu’ailleurs. C’est donc en quelque sorte toute la société québécoise qui, par ses taxes et impôts élevés, paie pour que plus des nôtres s’instruisent. C’est le choix que nous avons fait il y a plusieurs décennies.  Il faut faire la gageure que toute la société québécoise sortira gagnante de son choix.

 

Sauf erreur, au milieu des années quatre-vingt, nous avons reconduit ce consensus sur les frais de scolarité en négligeant malheureusement, année après année, de les indexer au taux de l’inflation. Il y a donc eu un manque à gagner pour le gouvernement. Il doit y avoir rattrapage. Les étudiants devraient accepter une augmentation graduelle compensatoire - dû à l’inflation - des frais de scolarité jusqu’au plein rattrapage dans une douzaine d’années ou plus. Pour ce faire, l’augmentation annuelle des frais serait alors une fois et demi ou deux fois le taux d’inflation actuelle par exemple. Une augmentation de quelques pourcentages par année en compensation de l’inflation serait sans doute plus acceptable pour les étudiants (et souvent leur famille) que celle de plus de quatre-vingt pourcents en sept ans qui leur est proposé par le gouvernement. Une fois le rattrapage terminé, l’augmentation des frais de scolarité épouserait celle de l’inflation.

 

Ainsi les étudiants auront gagné leur point en ne cédant pas sur la question de la non augmentation fondamentale des frais, et le gouvernement aura corrigé pour l’avenir une anomalie passée tout en recouvrant, plus lentement – il faut l’admettre- des sommes qu’il aurait dû percevoir depuis longtemps.

 

Si un tel compromis n’était pas possible, il faudrait alors envisager d’aller en élections générales. Il deviendrait alors évident que le blocage est la conséquence de la rupture de confiance entre une bonne partie de la population, dont les étudiants et le gouvernement.

 

Claude Lalande.

30 mai 2012

 

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