Le français au Québec

 

Notre système actuel d'éducation, tant au niveau primaire, secondaire qu’à l’universitaire laisse grandement à désirer. Les promoteurs de la révolution tranquille nous avaient fait miroiter des lendemains ensoleillés où le peuple québécois, enfin éduqué à la moderne, prendrait sa place au sein des peuples francophones du monde sans avoir à rougir de sa spécificité culturelle. Malheureusement, tel n'est pas le cas. Le français parlé au Québec se détériore. Il suffit de converser avec les plus âgés de notre société pour se rendre compte du terrain perdu. Le nouveau système d'éducation issu de la révolution tranquille devait nous apprendre à parler un français international. Quel échec ! Les films francophones du Québec projetés à l'étranger doivent souvent être sous-titrés en… français. Qu'il est triste de constater que biens des gens d'ici n'ont pas assez de mots pour exprimer leurs pensés ! Les phrases sont souvent mal construites et les idées incorrectement exprimées ou défendues. Et ce n'est pas la faute de nos Québécois. On ne leur a pas appris. C'est le système qui a failli. Il n'a pas livré la marchandise.

Et que dire du français écrit ! C'est une véritable honte. Que l'on exige de réussir un examen de français écrit pour entrer à l'université, voilà qui démontre bien que notre système d'éducation aux niveaux primaire, secondaire et collégial n'est pas à la hauteur. Sur le plan du français écrit, l'échec est encore plus lamentable que pour le français parlé. Demandez-le à un employeur qui veut embaucher une nouvelle secrétaire, et vous verrez sa réaction. Le français écrit et parlé au Québec est si pauvre qu'il est préjudiciable au bon fonctionnement de plusieurs entreprises, même celles de secteurs qui ne requiert un travail manuel presque exclusivement. Les ouvriers ne peuvent lire correctement les directives, faire des commentaires verbaux précis et encore moins les écrire.

 Une piste à exploiter pour remédier à la situation, est de revenir au cours classique. Bien sûr, il faudra le moderniser et l'adapter aux exigences de cette fin de siècle. Le cours classique a toujours su former des gens capables de s'exprimer et d'écrire avec une aisance surprenante. Il apprend à structurer sa pensée et à l'exprimer correctement, à bien choisir les mots. N'oublions pas que nos plus grands écrivains et journalistes ont souvent été formés dans des collèges classiques. Nous avons fait assez d'expériences en éducation et gaspillé suffisamment de temps et de générations d'étudiants, pour ne pas revoir ce qui a été mis de côté et qui donnait pourtant de bons résultats.

Une petite anecdote. Peu après avoir été porté au pouvoir en 1976, René Lévesque, en visite au Japon, demandait au directeur du collège Lasalle de là-bas, dirigé par des Québécois, ce qui expliquait le succès de l'institution et tout le respect que les dirigeants japonais lui vouaient. La réponse fut brève et sans détour. " Simplement, nous continuons d'utiliser les méthodes d'enseignement que vous avez mises de coté au moment de la révolution tranquille".

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