Famille et nécessaires relations père-fils

 

 

 

Le texte « L’admiration » de Denise Bombardier (Le Devoir 2 mai 2003) est d’une pertinence et d’une actualité remarquables. Il est écrit dans un style à la fois accessible et recherché comme au temps ou, pour la population en général, parler et écrire correctement était une priorité. En ce temps-là, bien peu de personne se faisait une gloire de mal parler, alors qu’aujourd’hui...

 

En dévalorisant sans distinction le rôle du père au sein de la famille, le féminisme québécois a rendu un bien mauvais service à la société dans laquelle aujourd’hui le monoparentalisme féminin, même à la limite de la misère, est en train de devenir la norme.Denise Bombardier termine son texte en écrivant que « le reste appartient à la politique ». Ainsi en est-il pour moi qui retiens en priorité de son écrit, le témoignage favorable aux nécessaires relations père-fils dans le cadre d’une famille équilibrée, et l’admiration  de l’élève envers son supérieur comme élément déclencheur de la modélisation.

 

La famille québécoise, plus qu’ailleurs au Canada et même en Amérique du Nord, est gravement perturbée. La famille québécoise, de laquelle on a souvent exclus le père, se cherche. Elle est disloquée. Elle souffre. Très souvent on n’y retrouve plus ce ciment affectif qui, autrefois, faisait la joie de ses membres, dans la réussite ou dans l’adversité. Les membres de la famille riaient ou pleuraient, ensemble. Elle n’est plus ce refuge dans lequel les enfants trouvaient la sécurité, l’amour et le bonheur ; ces conditions quasi-indispensables à une éducation solide et équilibrée et à la réussite dans la vie.

 

Trop d’unions se terminent par une séparation ou un divorce, pour donner lieu au scénario le plus commun de la mère qui demeure seule avec les enfants, tandis que le père, déconsidéré, est souvent réduit à vivre dans un appartement de deuxième ordre, et à signer tous les mois le chèque de pension alimentaire. C’est une constatation pénible.  Si certains divorces sont souhaitables et même nécessaires, force nous est de constater que beaucoup sont le résultat de l’intolérance, du caprice et de l’égoïsme. Pour la partie féminine, l’interprétation de la loi du divorce en sa faveur peut facilement devenir un encouragement à la césure familiale. Il ne faut pas s’étonner de retrouver aujourd’hui tant de personnes seules, qui, sans réfléchir, ont détruit une union qu’un peu de dialogue et de tolérance auraient sauvée. 

 

Au cours de la dernière campagne électoral, le Parti Québécois nous a servi une publicité qui ne peut être que révélatrice de sa perception de la famille. Conciliation famille-travail nous répétait régulièrement la publicité péquiste. Or pour promouvoir ce généreux concept, il n’a rien trouvé de mieux que de faire paraître dans au moins un quotidien, un pleine page de publicité montrant une mère tenant un enfant d’une main et un« brief-case » de l’autre. Pas d’homme. Pas de père.

 

Claude Lalande

4 mai 2003

 

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