Réalisations et acquis pré-Révolution tranquille

 

 

Sources : Chronologie du Québec 1534-2000  Jean Provencher, Les Éditions du Boréal ;  Maurice Duplessis  Conrad Black,  Les Éditions de l’Homme ;  Quinze années de réalisations, Robert Rumilly 1956.

 

1920-1936               (Parti libéral du Québec) Alexandre Taschereau, Premier ministre

 

·        Création de la Coopérative fédérée du Québec (1922).

·        Adoption de la loi sur l’hygiène publique à l’intention de municipalités(1921).

·        Construction de l’École des Beaux-arts de Montréal (1923).

·        Loi relative à la tuberculose (1924).

·        Création d’un système d’unités sanitaires de comté (1925).

·        Mise sur pied de la Commission des accidents du travail (1928).

·        Mise sur pied de la Commission d’assurances sociales du Québec (1930).

·        Loi d’aide aux chômeurs (1930).

·        Mise sur pied d’un premier Département du Travail (1931).

·        Adoption de la loi relative à l’extension des conventions collectives (1934).

·        Loi pour promouvoir la colonisation et le retour à la terre (1935)

 

 

1936-1939                (Union nationale)  Maurice Duplessis, Premier ministre

 

·        Adoption de la loi du crédit agricole (1936).

·        Adoption de la loi québécoise des pensions de vieillesse (1936).

·        Création du ministère de la Santé et du Bien-être social (1936).

·        Loi restituant aux accidentés le droit de choisir leur médecin (1936). 

·        Reconnaissance de la silicose comme maladie industrielle (1938)

·        Adoption de la loi des salaires raisonnables qui deviendra plus tard celle du salaire minimum (1937).

·        Adoption de la loi d’assistance aux mères nécessiteuses (1937).

·        Loi établissant un système de pension aux aveugles (1937).

·        Création d’un service de conciliation au ministère du Travail (1938).

·        Fondation de l’Institut de microbiologie et d’hygiène (1938).

 

 

1939-1944               (Parti libéral du Québec) Adélard Godbout, Premier ministre

 

·        Loi interdisant les grèves dans les hôpitaux et les établissements de charité (1939).

·        Le droit de vote est accordé aux femmes (1940).

·        Adoption de la loi établissant Hydro-Québec (1944).

·        Adoption d’une nouvelle loi des relations ouvrières ( 1944)

 

 

1944-1960               (Union nationale) Maurice Duplessis, Premier ministre (1944 - 1959)

Paul Sauvé, Premier ministre (sept.1959 - janv.1960)

Antonio Barrette, Premier ministre (janv. 1960 – juin 1960)

 

·        Création de l’Office de l’électrification rurale et du département des ressources naturelles (1945).

·        Refus de renouveler l’entente fédérale provinciale sur le droit de taxer le revenu que le gouvernement précédent avait cédé à Ottawa (1945).

·        Ouverture du Grand Nord québécois et début de l’exploitation des mines de l’Ungava (1946)

·        Création du ministère du Bien-être social et de la Jeunesse (1946).

·        Hydro-Québec prend possession de Montreal Light, Heat and Power (1947).

·        Loi visant la réhabilitation des jeunes délinquants (1947).

·        Loi établissant le crédit urbain à l’habitation (1948).

·        Loi abolissant les appels au Conseil privé de Londres (1946).

·        Adoption par l’Assemblée législative du FLEURDELISÉ comme drapeau officiel du Québec (1948).

·        Loi instituant la Cour du Bien-être social (1950).

·        Création des hôpitaux voués au traitement des maladies mentales (1950).

·        Loi relative aux maladies mentales (1951).

·        Création de la commission des loyers (1951)

·        Adoption de la première loi sur la protection de la jeunesse (1951).

·        Création du ministère des Transports (1952).

·        Le gouvernement du Québec établit  l’impôt provincial et force Ottawa à réduire le sien (1954).

·        Subvention couvrant toutes les dépenses de la mise sur pied de Boscoville à Rivière des Prairies (1954).

·        Création d’un système de pension aux vieillards et aux invalides (1954).

·        Création de la clinique de réhabilitation de Montréal (1955).

·        Mise sur pied de l’Office des marchés agricoles (1956).

·        Construction du barrage hydroélectrique de la rivière Bersimis-1 (1956)

·        Premières études sur la pollution des cours d’eau (1956).

·        Début des travaux de Bersimis-2 (1959)

·        Début des travaux de Manic-Outardes (1959).

 

La plupart des autoroutes, toutes les universités, sauf Bishop et McGill, ont été construites entre 1945 et 1959. Égalemen,t quelque 3000 écoles, dont des écoles d’agriculture, de médecine vétérinaire, de l’automobile, du meuble, des mines, des pêcheries, du commerce,  des arts graphiques et de papeterie.  La plupart des hôpitaux, une centaine incluant des sanatoriums très modernes pour combattre la tuberculose, ont aussi été construits durant la période pré-Révolution tranquille. Durant ce temps, le pourcentage d’habitations rurales reliées au réseau électrique est passé de 20 % à 97 %.

 

Il est difficile d’imaginer que l’intelligentsia du Québec, après 1960, ait réussi à qualifier la période des 15 années précédentes de Grande noirceur, sans y voir une certaine dose de mauvaise foi et d’intérêt politique mesquin. Les nombreuses réalisations économiques et sociales, tant sous les régimes d’Alexandre Taschereau et d’Adélard Godbout que de Maurice Duplessis, furent capitales pour le développement du Québec. Citons Conrad Black. « Maurice Duplessis en particulier, avait si pleinement doté le Québec des attributs d’un État moderne – routes, écoles, universités, hôpitaux – tout en éliminant presque totalement la dette publique que ses successeurs ont pu, pendant un certain temps, se livrer à une prodigalité insouciante ».

 

Au cours de la période précédant la Révolution tranquille, il semble y avoir eu un progrès social comparable à celui des années 1960, mais à bien moindre coût. Il faut lire les brochures de l’École sociale populaire, fondée au début des années 1920, pour avoir une idées plus précise des préoccupations sociales de l’époque. Elles ressemblaient étrangement à celles d’aujourd’hui.

 

D’autre part, la croissance fut nettement supérieur au plan de l’économie. Parler de Grande noirceur au cours des années cinquante, alors que la croissance économique connaissait des sommets, que le progrès social accélérait son rythme,  et que la liberté de parole n’avait rien à envier à celle qui existait ailleurs dans le monde, est pour le moins exagéré. Le terme Grande noirceur ne fut-il pas érigé en mythe pour mieux créer celui de la Révolution tranquille. Plusieurs sociologues et politologues sont de cet avis.

 

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