Santé et éducation

 

Quelques réflexions …

 

Alexandre Klein et autres

 

·       L’éducation et la santé sont des notions qui font écho à la condition même de l’homme. Tandis que la santé donne sens aux moments de vie exempts de maladie, l’éducation découle directement de la perfectibilité essentielle de l’être humain. Dans une approche globale. La santé contient l’éducation comme discipline de vie et moyen de progrès, comme outil d’épanouissement de l’individu…

 

·       La santé est « un état complet de bien être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité » mais qui permet aussi à l’individu de fonctionner aussi longtemps que possible dans le milieu où le hasard ou le choix l’ont placé » …

 

·       Si la santé s’évalue à l’aune du bien-être du sujet, elle peut, loin du cadre rigide de la science médicale, des mesures et des normes, être perfectionnée, améliorée. Elle devient un état de bien-être absolu, de réalisation complète de la vie individuelle, proche d’une forme de sérénité, d’absence de troubles …

 

·       L’équilibre de la santé est donc constamment à ajuster, à redéfinir, en fonction des changements internes et externes qui rythment la vie de l’homme…

 

·       S’adressant à des populations, à des communautés, plus que directement à des individus, l’éducation pour la santé est une action commune, souvent politique, visant à faire communiquer les différents partenaires de la santé, à réduire le mal entendu entre la santé comme concept scientifique et la santé comme notion populaire…

 

 

·       L’éducation à la santé transcende la simple transmission de savoir et de compétences ou l’intégration de données d’hygiène dans la vie des individus, elle est une réelle position, un comportement, une attitude face à la vie…

 

 

·       L’éducation à la santé doit favoriser le développement des potentialités du sujet, conduire à une transformation de ses représentations du corps, de la santé et de la maladie … et c’est pendant l’enfance et l’adolescence que se déterminent le mieux les habitudes d’une vie saine …

 

 

 

LA SANTÉ

 

 

 

 

L’Affirmation nationale fait siennes les pensées philosophiques énoncées ci-dessus.

 

Le système de santé au Québec est toujours un des meilleurs au monde, mais actuellement, il se détériore. La réforme et la cure d'amaigrissement qu'il a subi lui ont fait mal. Principalement parce que cette réforme a été mal planifiée. Nous peinons depuis déjà plusieurs années à le remettre sur pied. Les abus venant de partout étaient pourtant évidents depuis longtemps.

 

Pour des raisons politiques, on a négligé d’agir, alors qu’il était encore temps de le faire sans coupures excessives, sans bouleversement indu. Il a fallu que le système lui-même soit en danger pour réagir. Il faut souhaiter qu’à partir de maintenant, ceux et celles qui ont la charge de faire fonctionner notre système de santé demeurent à l'écoute de la population et sachent évaluer correctement les demandes qui lui sont transmises. Il ne faut plus mettre en péril ce coûteux  acquis des dernières décennies.

 

L’Affirmation nationale est sensible au fait que pour vivre sainement il faut une société en santé. Ce qui signifie que l’environnement physique et social doit être sécuritaire de même que le seront les conditions de travail, l’air, les aliments, l’eau, les quartiers résidentiels et les habitations, les routes, etc. Les conditions sociales, culturelles et économiques dans lesquelles nous vivons doivent nous permettre de faire les meilleurs choix en matière de santé, des choix qui seront équitables pour toutes les couches de la société.

 

Au-delà des problèmes de malnutrition et d’environnement physique et climatique auxquels il est importants de trouver des solutions durables pour aider à la bonne santé de la population, il y a celui de la consommation de matières illicites qui amoindri l’individu, pouvant même le détruire, tant sur le plan physique que moral et psychologique. Il faut nous attaquer résolument à ce problème par des moyens efficaces et énergiques. Le mal de la drogue est profond. Il faut l’éradiquer à la source. Mettre des piqueries à la disposition des consommateurs de drogues ne peut être qu’une solution temporaire pour éviter l’infection et la transmission de maladies inhérentes à cette pratique. Au-delà de la temporalité, la présence de piqueries s’identifie à la permissivité et devient un symbole d’encouragement à la consommation  de toutes les drogues même moins dommageables. Et, par ricochet, de la cigarette et de l’alcool.  La fin du laissez-faire doit être sonnée.

 

Les maladies transmises sexuellement sont un grave danger et doivent être combattues avec la plus grande énergie. Elles doivent être de déclaration obligatoire. Mais étant donné le caractère très personnel des pratiques sexuelles, il est presque impossible d’intervenir directement.  C’est également un peu le cas pour la consommation de drogue. L’un et l’autre doivent être combattues par l’éducation et la publicité intensive, sans répit, comme nous l’avons fait contre le tabagisme. La grande réduction du tabagisme, plus que l’augmentation du prix des cigarettes, a été obtenue par les deux moyens cités précédemment, mais aussi par le traitement sévère réservé aux fumeurs. Oui, il faut le reconnaître, on a chassé les fumeurs de l’espace public, on les a pointé du doigt, on les a exclus, ostracisés…  Qui a dit qu’aux grands maux il faut opposer les grands moyens ?  Faudra-t-il un jour légaliser certaines drogues pour mieux les combattre comme on l’a fait pour le tabac ?

 

Sur un autre plan, il faut réfléchir à la possibilité d’élargir le système de santé au secteur privé. Certains y verront l’arrivée d’un système de santé à deux vitesses. C’est probablement vrai. Mais en quoi cela serait-il dommageable au système actuel si l’arrivée de la « deuxième vitesse » améliore l’ensemble du système. C’est probablement ce qui devrait se produire si ceux qui ne veulent attendre et qui peuvent payer, utilisent les services privés de santé. Le système public en sera d’autant dégorgé et soulagé financièrement.

 

L'Affirmation nationale tient à ce que notre système de santé devienne véritablement performant. Elle continue d’y noter un important laxisme, responsable d’abus au niveau de la consommation des services et des médicaments, tant de la part des patients que des médecins. Il faut avoir le courage de pointer du doigt les fautifs et les abuseurs, hommes ou femmes, et prendre les mesures nécessaires afin que cesse un tel comportement.

 

 

Claude Lalande

Août 2008

 

 

 

 

Document pertinent

 

Santé et éducation : approches philosophiques

 

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