Poésie diverse

Index des textes

 

Berceuse du nord

Sacrilège

Première Nuit

Expérience Mystique

Ce soir-là Geneviève

Offrandes

 

Berceuse du Nord

  

Comme la frise du murmure

Capable de faire taire la rivière,

Le temps glisse sur l’azure

En ramenant la Dame Printanière.

 

Sous sa longue chevelure verdoyante

S’accordent les chants d’été :

Louanges à la Rayonnante

Et berceuse pour les sommeils légers.

 

S’insinue ensuite l’Heure Divine,

Heure de respect pour la vertu

Où chacun parmi tous s’illuminent

Au spirituel silence, mystère inconnu.

 

Près de la rivière, ainsi flâne le temps

Qui laisse inconsciemment échapper ses heures.

Oh! Même si ce fut un bref moment,

C’est maintenant l’été qui est en deuil.

 

Les larmes sont versées, la terre est gelée.

Pourquoi ton corps est si froid,

Alors que mon coeur est si chaud, Bien Aimée?

Ne serait-ce qu’un regard perdu en toi?

 

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Sacrilège et rituel

 

Je parle maintenant à ceux qui n’écoutent pas

Car le passage sacré des poètes fut violé

Ses sentiers ont été piétinés par une bête inculte, par un dormeur éveillé

Sarcastique Sacrilège encouragé par ses acolytes riants à gorges déployées

Gueules puantes et blessantes

Chers poètes,

Mon âme en fut ébranlé jusqu’en son coeur

Broyant l’harmonie de toute la communauté

Car la Bête y a laissé l’empreinte de la colère

Profonde et lourde, Sale et puante

Vous tous, ici réunis, fermez les yeux... fermez vraiment les yeux

Car commence le rituel de purification

Unissez vos âmes à la déesse de l’inspiration... respirez doucement son abondante créativité

Autant de diversité, autant d’Unités

Gravissez doucement les marches du Noble Respect...

Voyez toutes ces mains et tous ces visages écrasés à vos pieds...

N’ont-ils pas le droit à votre égal, eux aussi?

Autant de diversité, autant d’Unités

Baignez-vous dans le fleuve pur du Grand Shagma, l’esprit de l’Éveil

Goûtez à la lumière de l’eau, qu’elle purifie jusqu’à vos coeurs

Qu’elle ouvre vos horizons et qu’elle chasse la colère et le mépris

Qu’elle anéantisse les préjugés et les oeillère de vos esprits

Êtres de lumière, voyez maintenant ces visages se relever

Vous louant maintenant les plus beaux des sourires

Autant de diversité, autant d’Unités

Suivez l’ombre du Grand Shagma et retrouvez votre regard, ici et maintenant

Le rituel étant accompli

Ma langue crache sa dernière impureté

Que se taise ce ronfleur ou qu’il dorme à jamais

 

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Première Nuit

 

Parfois je me rappelle

Une Première Nuit

Un Noël

Couvert d’une musique hébraïque

Les longs rubans de l’encens caressaient l’air chaud

Sous les regards complices des flocons de neige romantiques

Où nous avions laissé nos premières empreintes ensemble

C’était le présent accompli

Sans hier

Sans demain

Sans sommeil

Tes yeux étaient la seule lumière désirée

Ce moment est parfois si près

Alors que tu es si loin

Le passé est résolu

Il est quelque part sous les cendres d’un Vésuve

Mais il est bien accroché à la voile de mes souvenirs

Cette Nuit

Cette Première Nuit où deux Amants avaient trouvé l’Amour

Et perdu tout le reste

Ce présent si fort, même au passé

Si près du Paradis

Cette Nuit-là fut un Grand Miracle

 

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Expérience Mystique

 

Au bout d’un sentier sans fin

Ascendant une montagne au sommet invisible

Impossible au Chasseurs de vent et aux non-initiés

S’élèvent les voix des Prieurs du Temple de la Vérité

Ce chant me remplit d’un calme délivrant

Ne faisant qu’un avec le silence

Silence qui semble les écouter attentivement

Les recouvrant de sa longue nuit mystique

Réunis, ces Prieurs semblent vivre que pour leurs voix

Ces voix qui percutent doucement les murs de pierres ancestraux

Pour ascensionner vers l’invisible Éternel

Si l’humanité pouvait entendre cette paix

Que de coeurs s’éveilleraient pour enfin vivre

Je me demande pourquoi ces chants solitaires ?

Et au centre de la salle

Au-dessus des pierres

Apparaît une âme

Une âme couverte de sueurs

A bout de souffle

Je peux sentir et même voir les voix bercer doucement l’âme brisée

Et l’âme se laisse porter par ces vagues mélodieuses

Laissant, pourtant, difficilement guérir ses cicatrices

Regrets, pardons inassouvis, amertume

Plus j’observe et plus je la reconnais, je me reconnais

Et moi qui croyais que mes blessures n’étaient que de l’autre côté du miroir

Ces chants, ces Prieurs, ce Temple

Cette nuit mystique

Tout est pour mon âme !

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Ce soir-là Geneviève

Ce soir-là Geneviève

Je ne devais pas te voir ... Il faisait noir

Et le vent n’arrivait pas à allumer les étoiles

Ce soir-là Geneviève

Une dame est passée, sans visage

Ne me laissant que deuil à t’annoncer

Moi qui ne te connaissais pas

Ce soir-là Geneviève

J’ai frappé à ta porte

Je me sentais bourreau, venant t’arracher ton doux sourire

Et tu as pleuré

Ton ami a cessé de vivre

Sans que tu arrives à y croire

Et la pluie a tout recouvert

Ce soir-la Geneviève

Les étoiles ne pouvaient pas s’allumer

Car elles pleuraient

Et moi, je t’entendais pleurer de ma chambre

Moi qui ne te connaissais pas

Et pourtant, il pleuvait aussi sur mon lit

 

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