Auteurs : Cygny, Kashiira, Rose, Soal
Titre : Odin’s Laws (2/ ?)
Genre : Post anime, dark, angst, +/- AU
Disclaimers : Les persos ne sont pas à nous, nous les empruntons juste pour le fun ! Pas pour nous faire des sous ! ^^ ;
Couples : il n’y en n’a pas encore, pour le moment.
Source : Saint Seya
Site de la fic : http://www.geocities.com/odinslaws
Résumé : Les guerriers divins se réveillent après leur combat contre les chevaliers de bronze mais… Ils ne sont plus à Asgard. Ni dans aucun endroit connu. Ils vont devoir s'adapter et découvrir ce nouveau monde… Avec toutefois un handicap: s'ils ont toujours leur Cosmos, désormais, il leur est impossible de s'en servir comme ils en avaient l'habitude… Il va leur falloir trouver une alternative.
Odin’s Laws
II
Fenrir jeta un coup d'œil par-dessus son épaule.
Alberich les suivait. Il n'en avait rien à faire des invectives de Siegfried…
Le jeune homme l'admirait pour ça ; il se moquait de tout et de tout le monde, il faisait ce qu'il voulait.
" Si j'avais la force et l'envie de m'intégrer à leur monde, " songea-t-il soudain, " c'est comme Alberich que je voudrais être. Pas comme Siegfried, ni comme les autres… "
Il ralentit quelque peu, d'abord parce que sa cheville recommençait à le faire souffrir, et ensuite parce qu'il voulait demander quelque chose au roux. Quelque chose qui lui tournait dans la tête depuis tout à l'heure.
" Qui est-ce ? " lui chuchota-t-il en désignant Syd du menton.
Alberich ricana intérieurement, Siegfried avançait rapidement, malgré sa patte folle, comme dans l'espoir de le semer.
Rien qu'imaginer la fureur et le dégoût que sa présence lui inspirait était… amusant…
Un coup d'œil à ses compagnons lui fit hausser un sourcil sarcastique.
C'était à lui de jeter une nouvelle fois de l'huile sur le feu…
Non qu'il n'en ait aucune envie… le beau tueur de dragons brillait dans la colère du juste… de tous ses feux…
Et le roux avait toujours aimé jouer avec le feu.
Ramassant une longue branche terminée en V, il testa sa résistance avant de la tendre à Fenrir.
" Je l'offrirais bien à notre invincible leader, " fit-il accentuant le ‘invincible’ mais sans vraiment forcer sur sa voix – de toutes façon, Siegfried entendait ce qu'il voulait bien – " mais je crains qu'il n'ait décidé soit de se mettre à la course de fond, soit de nous perdre dans la forêt. "
Avec un geste de la tête, il désigna la cheville blessée.
" Dès que nous aurons trouvé un endroit qui aura l'heur de plaire à Blondie ici présent, j'y jetterai un coup d'œil… Nous n'avons pas besoin que nos blessures s'aggravent… "
Et il était le seul dans le petit groupe à posséder des dons de guérisseur.
Siegfried ferait bien de s'en rappeler.
Son sourire s'élargit soudain comme il considérait la question du louveteau, semblant la trouver hilarante.
" Notre ami ressemblant comme deux gouttes d'eaux à Syd est son frère jumeau, Bud… Mais ne t'y fie pas, Fenrir, il n'a pas la charmante nature de notre petit chat. Il est aussi sauvage que toi, sans doute aussi méfiant… et un caractère de cochon. "
D'humeur débonnaire, il décida de passer sous silence les ambitions passées du guerrier.
Il faillit soudain éclater d'un rire un peu hystérique, lorsque le chemin s'arrêta brusquement au pied d'une falaise.
" Il semblerait que tu nous aies conduit dans la bonne direction, ô inestimable leader, " railla-t-il, s'approchant du blond.
Il le dépassa, résistant à l'envie de détailler de trop son expression de rage – les longues nuits d'hiver étaient monotones si l'on n'avait de bons souvenirs à rejouer de mémoire – et tâta la roche de la main avant de se retourner, un sourire en coin aux lèvres.
" Vous ne trouvez pas ça étrange que le chemin parte… ou du moins s'arrête ici ? " demanda-t-il trouvant la situation du plus haut comique.
N'attendant pas de réponses, il continua son exploration tactile le long de la roche avant de déblayer une ouverture masquée par un petit éboulis de cailloux.
" Il faudra se baisser mais l'intérieur semble plus vaste que l'entrée, " annonça-t-il. " Surtout ne me remerciez pas, " ajouta-t-il avec une touche de venin et désignant du doigt le ciel qui s'assombrissait. " On ne remercie pas un traître, n'est-ce pas Siegfried ? "
Le ton était ouvertement moqueur cette fois.
Bud, qui avait suivi les autres en silence, s'approcha de l'ouverture et regarda à l'intérieur.
Il y faisait obscur là dedans, et, s'il n'avait pas vraiment envie de tourner le dos à ses compagnons, auxquels il ne faisait guère confiance, même à leur vénéré leader – comme Alberich le désignait si bien –, il était le plus capable des quatre à explorer une grotte, avec sa vue de chat, il serait capable de contrer d'éventuels obstacles.
" Bon, j'y vais en premier, attendez dehors… "
Il se retourna vers Siegfried.
" Si ça te va évidemment. "
Il ne regarda pas Alberich, qui devait être content que lui non plus ne se laisse pas donner des ordres.
Après tout, il était une ombre, et les ombres ne sont pas obligés d’obéir aux ordres. La seule raison pour laquelle il avait suivi Hilda, c'était pour sortir de celle de son frère. Et la seule raison pour laquelle il était là à présent, c'était pour le retrouver.
Une fois cette tâche accomplie, il n'avait pas l'intention de rester avec eux.
Le roux pouvait bien penser ce qu'il voulait, ce n'était certainement pas sa présence qui le faisait réagir ainsi.
" Le serpent est habile pour dénicher des caches, mais quant à savoir si elles sont fiables… fais ce que te dicte ton instinct. "
Après cette phrase, Siegfried se tourna vers Alberich.
" Je tiens à survivre mais pas au prix de mon âme et de ma conscience. Tu n'es pas un humain, Alberich. Tu n'es qu'une larve, un reptile répugnant ce qui est une insulte pour ceux-ci. Oh, tu as beau ironiser et paraître joyeux ! Sous ton apparence séduisante de guerrier sans peur, tout n'est que pourriture et lâcheté. Tu t'acharnes à détruire tout ce qui est bon chez quelqu'un parce que tu n'as jamais pu éprouver ce genre de sentiment. Tu me ferais presque pitié… "
Il fit quelques pas vers la forêt avant de reprendre.
" Je ne serai jamais ton leader… pour moi tu n'es pas un guerrier divin. Bud, Fenrir… Je ne vous demande pas de me suivre parce que je sais que vous refuseriez. Faites attention à ne pas tomber dans ses pièges… mais tant que vous lui serez utile, il ne vous attaquera pas. "
Le blond partit, s'enfonçant dans cette étrange forêt bleue.
De quoi ?
Il les laissait ?
Parfait !
" Parfait, " se dit Fenrir en serrant les dents.
" Toi et tes grands discours ! " cria-t-il brusquement à Siegfried qui s'éloignait. " T'es même pas capable d'oublier tes sentiments ! On s'en fout de ce qu'est Alberich ! C'est pas l'important ! L'important c'est de se sortir d'ici, et c'est pas en se tirant dans les pattes qu'on va y arriver ! "
Il en aurait pleuré.
Il haïssait son espèce ; mais il avait trop peur en ce moment précis, il se sentait vulnérable, et il estimait que le plus raisonnable était de rester ensemble. Ca ne lui ressemblait guère ; mais tout était si différent dans ce monde.
Il regarda Siegfried s'enfoncer un peu plus dans l'ombre des arbres, serrant les poings à s'en faire mal.
Le regard de Bud allait de l'un à l'autre ; de Siegfried – dos tourné qui pénétrait à nouveau dans l'étrange forêt – à Alberich, qui ne semblait pas affecté par son départ.
Fenrir par contre se fâchait contre Siegfried, mais le paria n'était pas sûr qu’il en avait vraiment le droit.
Il s'était toujours tenu à l'écart, comme lui, donc il devait faire son choix et se taire après.
Bud tenait une certaine rancune à l’encontre d’Alberich, car il était sûr d'avoir été manipulé par ce dernier. Siegfried par contre avait sans doute été au courant de son existence, mais il n'avait rien fait contre lui. Ni pour lui non plus, mais bon, c'était la loi d'Asgard après tout.
Bud prit sa décision, jetant un dernier regard vers les deux autres avant de rejoindre le blond.
" Siegfried, attends-moi, je vais avec toi. "
" Imbécile ! " hurla Fenrir à l'intention de Bud.
Il tapa de son pied valide sur le sol, fou de rage. Il avait de plus en plus froid, et de plus en plus peur.
Une main se posa soudain sur son épaule.
" Calme-toi, Fenrir… " lui souffla Alberich.
Rien ne se lisait sur ses traits harmonieux ; ni douleur, ni honte, juste un masque lisse.
" Laisse-les, mon ami… Laisse donc l’hypocrisie aux jeux des ‘humains’, " ajouta-t-il plus doucement.
Et un instant, le temps d’une minuscule seconde, une lueur ressemblant étrangement à du regret brilla dans ses yeux émeraudes.
Mais déjà l’expression indifférente et nonchalante, mélange d’élégance et de dureté, qu’il portait habituellement, l’avait effacée et il était redevenu l’homme à la langue aussi coupante que la plus aiguisée des lames, qui ne se souciait guère de l’opinion d’autrui tant que cela ne gênait pas son ambition.
" Bien… Ils ont fait leur choix ! En attendant, je ne vais pas rester ici à me les geler et à agiter un petit mouchoir blanc en me morfondant sur leur départ ! Fenrir, mon ami, nous allons nous organiser ! "
Se détournant, il entra à moitié dans la grotte, mi-accroupi, avant d’en ressortir, un sourire satisfait sur les lèvres.
" Il y a un courant d’air, " annonça-t-il joyeusement avant de préciser. " Ca veut dire qu’il y a une autre ouverture… Donc possibilité de faire du feu sans risque d’asphyxie ! "
Il se redressa complètement et rejoignit les fourrés d’où il ressortit une branche, relativement sèche et, concentrant son cosmos ne réussit à produire qu’une petite flammèche – heureusement suffisante pour allumer sa torche de fortune.
Levant un sourcil élégamment dessiné devant son pauvre résultat, il pénétra enfin dans la grotte, éclairant une vaste salle donnant sur un conduit plus étroit s’enfonçant dans les entrailles de la terre.
" Tu peux entrer Fenrir, " appela-t-il. " Pas de dangers immédiats… "
Plaquant sa main libre contre son côté douloureux, il leva la torche, repérant une ouverture dans la voûte.
Ils ne s’endormiraient pas dans le froid, cette nuit.
Un instant, les paroles cruelles de Siegfried lui revinrent à l’esprit mais il les chassa d’un haussement d’épaule. Il connaissait pertinemment l’opinion que le blond avait de lui, seule la partie ‘je ne suis pas ton leader-euh !’ étant nouvelle au répertoire.
" Hypocrite, " murmura-t-il ne pouvant s’empêcher de rire doucement.
Oui, hypocrite…
Vaillant défenseur de la veuve et l’orphelin qui s’obstinait à voir la bassesse dans les yeux d’autrui sans oser se regarder plus attentivement dans un miroir.
Son rire prit une teinte légèrement hystérique tandis qu’il prenait pleinement conscience de sa situation.
Décrété plus vil que la plus vile des créatures vivantes par le tout puissant, vénéré et ‘invincible’ chef des guerriers divin, exclu avec pour seule compagnie un demi sauvage…
Seuls au milieu d’un univers inconnu, la moitié de l’équipe le considérant comme indésirable malgré ce qu’il pouvait leur apporter.
Eh bien, grand bien leur fasse lorsque leurs blessures s’infecteraient et que le seul à pouvoir leur venir en aide serait lui, l’honteuse créature !
Il avait davantage de chance de s’en sortir avec le loup et son instinct naturel que les deux guerriers et tous leurs muscles.
Son intelligence et la vigueur animale de Fenrir étaient d’avantageux atouts, après tout…
Se calmant légèrement, il se tourna vers son compagnon, un sourire ironique et féroce aux lèvres.
" Ce n’est plus que toi et moi, maintenant, " fit-il avant de faire un arc de cercle avec sa torche presque moribonde. " Que penses-tu de l’abri qui nous hébergera ce soir ? " ajouta-t-il comme s’il ne venait pas de rire comme un dément.
Pris de court par la tournure que prenaient les événements, Fenrir jeta un œil dans l'étroite ouverture qu'Alberich venait d'éclairer.
Il eut un haut le cœur.
Ah non !
Il ne dormirait pas là-dedans. Il préférait encore mourir de froid plutôt que de s'enfermer entre ces parois. Rien que de voir l'étroitesse de l'endroit lui donnait le tournis.
Une rafale de vent vint le frapper, lui rappelant gentiment que la température n'était pas loin d'être insupportable ici. Il se mordit la lèvre inférieure, tourmenté.
" Tu me laisseras dormir près de l'ouverture, " finit-il par dire sans regarder Alberich.
Se désintéressant de la grotte, il se tourna vers l'endroit où Siegfried et Bud avaient disparus.
Où allaient-ils bien pouvoir déboucher ?
Cette forêt devait bien avoir une fin.
Une crampe à l'estomac lui rappela qu'il n'avait pas mangé depuis un moment. Cette sensation de manque l'électrisa.
" T'as faim ? " demanda-t-il à Alberich par-dessus son épaule. " ‘Doit bien y avoir des animaux dans cette forêt. "
Il avait besoin de bouger, s'il ne voulait pas céder à la panique et au doute.
" Un repas serait, certes le bienvenu, " reconnut le roux, son ventre protestant à son tour. " Tu nous trouves que quoi nous mettre sous la dent et j'aménage un peu notre abri, d'accord ? J'examinerai nos blessures après… "
Il fallait rassembler assez de bois pour que le feu dure toute la nuit, trouver un point d'eau, nettoyer leurs plaies... et surtout, examiner de plus près son cosmos…
****
A l'orée de la forêt, Siegfried avait attendu Bud, un peu surpris que le jeune homme ait choisi de quitter la sécurité relative d'un abri et la proximité d'un guérisseur pour le suivre.
Mais après tout… un insecte se sentait toujours très bien dans une toile d'araignée avant d'être dévoré.
On ne pouvait pas faire confiance à Albérich… pas après tout ce qu'il avait fait, tout ce qu'il faisait encore. Il se servait des autres, les manipulait et les offrait ensuite en pâture. Il les avait laissé combattre les chevaliers de bronze alors qu'il savait que la princesse Hilda était envoûtée, il avait monté Bud contre son propre frère et maintenant Fenrir…
Odin !
Fenrir !
Il allait se faire avoir…
Que faire ?
Si seulement, il n'était pas dans cet état… si seulement il connaissait cet endroit, il aurait enlevé le loup de force s'il avait fallu. Mais avait-il le droit de l'entraîner peut être vers la mort ?
Le blond fronça les sourcils.
Oh non ! Ils allaient survivre.
Bud et lui trouveraient un moyen et ensuite ils reviendraient chercher leur compagnon.
Bud avait rejoint Siegfried et attendait silencieusement sa prochaine décision. Il allait le suivre, car il pensait sincèrement qu'il aurait plus de chance de retrouver son frère en compagnie de Siegfried, qu’avec Alberich et Fenrir, qui de toute façon allaient rester sur place.
Et surtout, il n'avait pas envie, s'il retrouvait en effet son frère, que le roux gâche tout avec ses remarques amères et empoisonnées.
Siegfried se tourna vers la grotte où ils avaient laissé les autres, une lueur d'inquiétude dans les yeux. Ce n’était certainement pas pour le compte de Alberich.
C'était vrai que Fenrir, étant comme un animal sauvage, serait sans défenses si Alberich essayait de le manipuler.
Mais même s'il connaissait les trucs de Alberich maintenant, Bud n'était pas tout à fait sûr de pouvoir les contrer, donc il préférait s'éloigner pour le moment. Quand il se sentirait enfin complet, après avoir retrouvé son frère, il ferait face au serpent, c'était une chose qu'il se promettait.
" Alors, tu as une idée d'où aller ? "
" Je propose de continuer par la forêt. Nous pourrons peut-être trouver des baies comestibles ou des fruits… "
Sans doute aussi étrange que la végétation mais l'important était de trouver quelque chose de comestible.
" Si nous avons atterrit ici, il n'y a aucune raison pour les autres guerriers divins n'y soient pas aussi. Peut être finirons nous par tomber sur eux. "
Siegfried avait repris sa marche.
" Nous pouvons encore continuer une bonne heure avant de ne plus rien y voir du tout… essaie de repérer les arbres creux, on pourra s'en servir d'abri faute de mieux pour cette nuit. "
Bud marchait à côté de Siegfried, content que ce dernier aussi semblât penser que les autres guerriers divins seraient ici aussi.
Après tout, ils étaient déjà quatre, donc il n'y avait aucune raison de penser qu'ils seraient les seuls.
Ils arrivèrent près d'une clairière. Bud s'arrêta, scrutant les arbres, à la recherche du moindre mouvement suspect suspect.
Il s'appuya contre un arbre, et remarqua que celui-ci possédait exactement le genre de creux dont parlait. Il se pencha pour regarder dans le trou et remarqua qu’il semblait assez grand.
" Hm, regarde, ça me parait parfait, qu'est-ce que tu en dis ? "
Il reculait afin de laisser la place à Siegfried.
Celui ci jeta un coup d'œil à l'intérieur.
" Très bien. En se serrant un peu, ça ira. "
Le regard clair du guerrier examina les alentours.
Dans certains buissons, il pouvait repérer des sortes de baies bleu marine.
" Dis moi Bud, saurais-tu installer des pièges ? "
D'après ce que Siegfried savait, Bud avait passé la plupart de sa vie seul dans une forêt. Il devait savoir attraper du gibier…
Bud hocha la tête et pénétra dans la foret, cherchant de quoi fabriquer des pièges. Il n'avait aucune idée du genre d'animaux auxquels ils pouvaient s'attendre, et donc ce ne serait pas facile de fabriquer les pièges appropriés, mais il en ferait de toutes les sortes. Quelque chose marcherait bien dans ce cas.
***
D'un coup de dent, Fenrir égorgea le petit animal qu'il venait d'attraper.
Il l'avait à peine regardé, mais cette bête-là ne lui disait rien. Un rongeur, certainement, mais il n'avait jamais rien vu de pareil à Asgard. Il le tourna et le retourna dans ses mains, un peu surpris.
Le pelage de l'animal était gris, son museau allongé comme celui d'un rat, mais il n'avait pas d'oreilles apparentes. L'ensemble était assez laid. Alberich n'aurait certainement aucune envie de manger ça, mais tant pis pour lui.
Après deux heures de recherches, Fenrir n'avait de toute façon rien trouvé, à part cet animal. Il rebroussa chemin et repartit vers l'endroit où était resté le roux.
Il marchait – clopinait plutôt – depuis quelques minutes lorsqu'un brusque mouvement sur sa droite le fit sursauter. Quelque chose passa à toute vitesse à côté de lui, manquant le faire basculer.
Sans réfléchir, il chercha à lancer la Griffe du Loup le plus fort qu'il put. Toute son énergie le quitta brusquement et il s'écroula par terre, épuisé.
Pourtant, rien ne s'était passé.
Il regarda autour de lui, mais il n'y avait aucune trace de son attaque. Il l’avait pourtant bien projeté sur quelque chose !
Une forme sombre sur la gauche, à moitié cachée par un tronc d'arbre, attira son attention. Il se traîna jusqu'à l'objet et s'aperçut qu'il s'agissait du même petit rongeur, mais en nettement plus gros.
L'animal avait la taille d'un grand chien. Et à la stupeur de Fenrir, il était paralysé. Il avait été comme statufié en plein mouvement. Il devait être encore en train de courir quand Fenrir l'avait frappé.
" Mais avec quoi est-ce que je l'ai frappé ? " se demanda fébrilement le jeune homme. " La Griffe du Loup n'a jamais eu cet effet-là ! "
Il avait bien projeté quelque chose sur l'animal, il se sentait vidé de toute énergie. Il avait eu peur, et instinctivement, il avait voulu faire mal à son agresseur… mais son cosmos ne semblait plus être adapté pour ses attaques habituelles.
Complètement désorienté, il s'éloigna à quatre pattes de l'animal figé, se releva avec difficulté et se traîna en direction de la grotte.
Il y parvint vingt minutes plus tard, boitant de plus en plus, et appela Alberich.
Ce dernier surgit d'un fourré, une brassée de bois dans ses bras.
Ses yeux étaient cernés et sa peau pâle paraissait presque translucide, lui aussi ressentait la fatigue tout comme le loup.
Ses yeux tombèrent sur la proie de son compagnon et l'un de ses sourcils s'arqua.
" Ce n'est pas très appétissant mais je suppose qu'il faudra faire avec, " remarqua-t-il. " Il y a une source plus loin dans la grotte et j'ai découvert quelque chose d'intéressant… " ajouta-t-il.
Pendant l'absence de son compagnon, il n'avait pas perdu son temps.
Il avait allumé un feu avant de s'enfoncer plus loin dans la grotte armé d'une nouvelle torche. Il ne lui avait pas fallu longtemps pour découvrir une salle creusée de bassins d'une eau cristalline.
Satisfait, il avait ensuite découvert dans une petite dépression des objets inattendus dans un lieu pareil : l'équivalent d'une trousse de secours rudimentaire et quelques galettes, lui semblant peu comestibles.
L'endroit était donc visité… sinon habité.
A première vue, il s'agissait d'une cache et le jeune homme n'était pas pressé de rencontrer ses propriétaires… sans doute des hors la loi.
Pourtant, il n'était pas question de ne pas profiter de cette chance et il avait ramené un seau rempli d'eau ainsi qu'assez de bandes propres pour soigner leurs petites blessures.
" Nous avons au moins la preuve que nous ne sommes pas les seuls être sentients ici, " conclut-il en terminant de préparer le… rongeur pour la cuisson. " Mais je ne pense pas qu'il soit sage d'être découvert ici, nous ne resterons que cette nuit, " ajouta-t-il en surprenant une lueur angoissée dans les yeux de Fenrir.
Il sourit soudain.
" Laissons donc cuire notre ami à poil ! " lança-t-il. " C'est l'heure du bain… J'ai besoin que nos plaies soient propres pour pouvoir les soigner… Autant que notre corps profite du même traitement… "
Fenrir, toujours un peu préoccupé par ce qui s'était passé quelques minutes plus tôt, mit quelques secondes à entendre ce que venait de lui dire son compagnon.
Il se raidit, sans oser regarder Alberich. Il ne savait pas bien ce que ça voulait dire, mais il était sûr d'une chose, il n'était pas question qu'il se retrouve sans vêtements devant lui, devant personne d'ailleurs. Il se passerait de bain, tant pis.
" Je ne veux pas prendre de bain, " marmotta-t-il de mauvaise grâce, les yeux vissés au sol.
Le roux roula des yeux.
" Fenrir, tu n'as rien que je n'ai jamais vu… Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, je suis un homme aussi ! "
Il considéra la mine obtuse de son compagnon avant de soupirer, amusé malgré lui.
" Si je te donne ma parole d'honneur que je ne regarderai pas… Tu le prendras, ce bain ? De toutes façon, il vaut mieux que tu sois propre quand je te soignerai… J'aurai besoin de ton aide pour mes blessures et je préfèrerais que tu ne sois pas crasseux pour ça… "
Se levant, il prit une torche et s'éloigna en direction du couloir rocheux qui s'enfonçait dans les ténèbres.
***
Levant les yeux vers le ciel, Bud constata qu’il commençait à faire sombre – si le temps marchait comme à Asgard, la nuit tomberait bientôt.
Une fois fini, il rejoignit à nouveau Siegfried.
" Je ne sais pas si ce sera très utile, on n'a aucune idée de ce qu'il y a dans cet endroit, mais bon, je crois que je aurai bien un peu de succès, s'il y a des animaux. Tu fais quoi ? "
" Je me soigne avec les moyens du bord. "
Siegfried en effet s'était assis à l'entrée de l'arbre et avait relevé le bas de son pantalon. A l'aide d'un mouchoir humide, il avait nettoyé une plaie situé au niveau de la cheville et appliquait à présent des feuilles dessus.
Feuilles qui feraient un pansement de fortune.
Il installa ensuite une courte branche derrière sa jambe et noua le tout avec le mouchoir.
" J'ai trouvé un tout petit ruisseau là bas. "
Son doigt indiqua la direction.
" J'ai aussi ramassé des baies. Sers toi, elles sont comestibles. "
" Comestible peut-être, mais est-ce que c’est bon ? … Hm, je m'y risquerai plus tard, je vais d'abord aller me laver un peu dans le ruisseau. Tu n'as pas besoin d'aide pour ta cheville de toute façon à ce que je vois. "
Bud s'éloigna de son compagnon, hésitant à enlever tous ses vêtements avec un froid pareil, mais il se sentait vraiment sale, et qui savait, c'était peut-être la dernière fois qu'il pourrait se laver complètement.
Il prit un plongeon dans l'eau froide, se lava aussi bien que possible avec seulement de l'eau, et, en sortant de l'eau, se sécha avec des grandes feuilles, avant de remettre ses vêtements.
Alors là, il allait vraiment devoir se réchauffer, car il était presque gelé.
Il retourna auprès de Siegfried.
" Tu crois que ce serait prudent d'allumer un feu ? " demanda-t-il.
" Etant donné que nous sommes entouré d'arbres et de buissons, non je ne crois pas. Viens dans le creux de l'arbre, Bud, tu y auras un peu plus chaud. "
Le châtain s'y installa lui-même et ouvrit les bras.
" N'y vois aucun sous entendu mais vu le froid qu'il fait… Il est connu que deux corps humains se donnent énormément de chaleur. "
Bud n'hésita qu'un court moment avant de se mettre à genoux et d'entrer dans le creux afin de se blottir dans les bras de Siegfried.
Après tout, s'il ne pouvait pas être sûr des bonnes intentions de Siegfried, à qui pourrait-il faire confiance alors ?
" Tu as raison, après tout je préfère dormir dans tes bras plutôt que de ne plus me réveiller demain matin, " dit-il avec un sourire moqueur.
" Idem pour moi, " rétorqua le guerrier.
Bud se blottit un peu plus près de Siegfried, et sentit la chaleur de son corps l'envahir. Doucement, il se sentit devenir un peu plus fatigué, et ses paupières se fermèrent.
" Bonne nuit Siegfried, " lui souffla-t-il.
" Bonne nuit… "
Sa blessure, sa marche forcée eurent raison de l'endurance du châtain qui s'endormit quelques minutes plus tard, serrant un être chaud contre lui.
***
Fenrir prit donc un bain, mais il était de plus en plus mal disposé envers Alberich. Pour survivre dans ce monde bizarre, il était le compagnon idéal ; mais le jeune homme avait vraiment l'impression qu'il le méprisait.
En même temps, pourquoi s'en étonner ; le roux méprisait tout le monde. Mais il s'en sentait étrangement blessé.
Une fois lavé, Fenrir clopina jusqu'à l'entrée de la grotte, et y jeta à coup d'œil. Il n'y avait aucun bruit, aucune résonance.
Il allait certainement falloir se glisser là-dedans.
Un frisson d'horreur le parcouru. Il rebroussa chemin pour retourner auprès Alberich. Il devait lui parler de ce qui lui était arrivé avec le rongeur, dans la forêt.
Le roux s'était lavé en même temps que lui mais avait pris soin de rester éloigné du loup – ce dernier était assez mal à l'aise comme ça.
Il s'était éclipsé rapidement, un peu inquiet du degré de cuisson de leur repas – et lui laissant son intimité par la même occasion.
Tout en tournant le rongeur sur sa broche, le jeune homme ne put s'empêcher de rire doucement, il avait l'impression de manœuvrer un enfant un peu buté… et d'une certaine manière, c'était le cas.
Reprenant son sérieux, il s'assit à quelques pas du feu, la tête tournée vers l'entrée de la grotte d'où provenait de temps en temps une rafale glacée.
Ses traits se firent pensifs et un peu mélancoliques comme il tournait et retournait les récents évènements dans son esprit, tentant en vain de leur trouver un sens, sans entendre Fenrir s'approcher derrière lui.
Alberich avait l'air plongé dans ses pensées, et le loup se sentit ridiculement gênant avec ses questions. Il haussa les épaules, se sentant encore plus ridicule de ne pas oser le déranger.
Ce n'était pas Dieu le Père après tout.
Il alla s'asseoir devant le roux, s'éclaircissant la gorge.
" Tout à l'heure il s'est passé quelque chose de bizarre, " grommela-t-il, ne sachant pas par où commencer. " J'ai… voulu lancer la Griffe du Loup sur un animal… le même que celui-ci, mais en plus gros… Ca n'a pas du tout fait comme d'habitude… au lieu de le tuer ça l'a paralysé… et je n'ai rien fait de spécial en lançant mon attaque… "
Il se tut, baissant le nez, laissant ses mèches grises lui balayer les yeux. Il se sentait particulièrement idiot.
Son vis-à-vis le regarda un long moment avant de tendre la main et de repousser une mèche encombrante derrière l'oreille du loup.
" Je sais… Nos cosmos… sont bien là mais changés… J'ai le même problème que toi, " fit-il, semblant étonné par son propre geste.
Fenrir avait eu l'air si enfantin comme ça qu'il n'avait pu résister.
" Je crois qu'il va nous falloir réapprendre à l'utiliser… "
Un instant, l'inquiétude pour le futur transparut sur son visage, donnant à ses traits délicats une expression presque vulnérable. Il se détourna soudain, prétendant vérifier la cuisson de la viande.
Fenrir avait retenu un geste brutal lorsque le roux l'avait touché. En d'autres circonstances, il l'aurait probablement frappé. Mais là, il était comme paralysé par une espèce de douceur bizarre.
Il eut un instant de stupeur quand il se rendit compte que ce geste… lui avait fait plaisir… l'avait touché…
Il resta là, regardant Alberich vérifier la viande, confondu par des sentiments mêlés qu'il n'arrivait pas à identifier.
" Qu'es-ce que… qu'est-ce qu'on va faire alors ? " demanda-t-il presque à voix basse.
Le cœur du roux battait à tout rompre.
" Tu te ramollis, Megrez ! Un peu de tenue ! "
Ses mains se crispèrent brièvement comme l'envie soudain de crier sur le loup lui prenait.
Qu'en savait-il ?
Pour qui Fenrir le prenait-il ?
Un devin ?
Probablement, oui…
Il inspira profondément, se calmant.
Il ne devait pas laisser sa peur influer sur son comportement…
" Je… "
Il s'interrompit soudain ; dire à son compagnon qu'il ne savait que faire n'était pas une bonne idée… Il n'avait pas besoin de le paniquer.
L'un d'entre eux au bord de la crise de nerfs était déjà bien assez.
" Pour le moment, rien… Il nous faut analyser les données du problème. "
Sa voix ne tremblait pas.
" Par contre… Il est plus que temps d'examiner nos blessures… A part ta cheville, Fenrir, tu as mal autre part ? "
Il s'agenouilla devant lui et lui retira gentiment sa botte.
" Dis-moi si c'est douloureux, " demanda-t-il avec douceur, tâtant précautionneusement la chair enflée et rougeâtre.
Fenrir tressaillit. Seulement, il savait que ce n'était pas uniquement à cause de la douleur aiguë qui lui traversa toute la jambe.
Alberich avait peur, lui aussi. Il était inquiet, peut-être aussi désorienté que lui. Fenrir n'avait pas l'habitude de se reposer sur quelqu'un, encore moins sur un humain ; mais dans l'état de nerfs où il était, il aurait tellement voulu que son compagnon le rassure, lui dise qu'il savait comment faire, qu'il savait, tout simplement. Fenrir sentait le besoin irrépressible qu'il avait de retomber en enfance.
Il leva les yeux sur Alberich, qui ne le regardait pas, et se perdit dans la contemplation de son visage, en partie dissimulé sous ses mèches rousses.
" Quel drôle d'homme, " se dit-il.
Pendant une seconde, il oublia tout le reste, les arbres, la mousse bleue, les rongeurs géants et tout le reste.
" Oui, ça me fait mal là… " finit-il par dire en désignant une partie de sa cheville, comprenant qu'Alberich attendait une réponse.
" Je m'en doutais… Ce n'est pas bien grave, juste une entorse… Mais j'imagine que c'est douloureux… "
Saisissant une des bandes de tissus qu'il avait préparées, le roux serra la cheville de son compagnon.
" Là… Je n'ai pas d'herbe médicinale et je n'ose pas utiliser mon cosmos pour te soigner… Pas avant que je ne le maîtrise à nouveau, en tout cas… "
Se rendant compte qu'il parlait trop en essayant de cacher sa nervosité, Alberich se tut, continuant d'entourer diligemment le pied du loup.
" Pas d'autres bobos ? " ajouta-t-il finalement avec un petit sourire amusé bien qu'un peu forcé.
Ses propres blessures commençaient à vraiment le faire souffrir…
Fenrir secoua la tête, silencieux. Il trouvait fascinant et très prenant l'observation du visage d'Alberich, ses brutals changements d'expressions, ses imperceptibles modifications.
Il n'avait jamais vu ça.
Cela le faisait presque sourire. Néanmoins, il avait l'impression qu'Alberich était dans un état de fatigue et de douleur physique assez avancé.
" Où es-tu blessé ? " demanda-t-il.
" J'allais y venir… Je pense avoir une ou deux côtes cassées, " fit le roux en retirant sa tunique.
Un léger sifflement lui échappa mais il n'émit pas d'autres plaintes comme il la passait par dessus sa tête exhibant un torse bleui dont les ecchymoses se concentraient autour d'une vilaine plaie.
" Ce n'est rien de mortel mais je vais avoir besoin de ton aide pour bander serré… " ajouta-t-il simplement.
Non, Alberich ne possédait pas une carrure de guerrier comme celle de Siegfried mais il était élégamment musclé, élancé et mince.
Fenrir acquiesça et entreprit de bander la blessure d'Alberich. Il était en bien plus mauvais état que lui… Il avait eu de la chance finalement, de n'écoper que d'une cheville foulée.
La plaie de son compagnon n'était pas bien belle à voir, et cela pouvait rapidement s'infecter.
Un peu troublé par la proximité physique de son compagnon, Fenrir s'aperçut, en jetant des regards furtifs, qu'il avait exactement la même morphologie que lui-même : un corps menu, mince, mais qui ne laissait pas de doute sur les entraînements rudes qu'il avait subi.
Il termina de bander la blessure et tourna le dos à Alberich, refusant de le regarder plus longtemps.
" Et maintenant ? " se demanda-t-il.
Le roux avait serré les dents durant toute l'opération, ses poings se crispant sous la douleur et, lorsque le loup en avait terminé, il s'était laissé aller contre la paroi de la grotte un moment avant de se rhabiller.
" Je crois que c'est prêt, " fit-il enfin, montrant leur repas qui semblait à point.
Sa voix était un peu éteinte mais il se redressa et, retirant la petite bête du feu, la découpa en parts égales.
Contrairement aux croyances de Fenrir, Alberich n'avait pas subi véritablement d'entraînement. Il avait passé son temps dans la bibliothèque de son grand-père à suivre ses enseignements, à s'atteler à la tâche d'éminence grise. S'il avait subi un entraînement, ce dernier avait été moins rude que ceux de ses compagnons, l'armure divine aidant à tenir la distance et sa véritable force était son esprit acéré et son intelligence supérieure à la moyenne.
" Bon appétit, " ajouta-t-il avec un sourire en coin.
Fenrir acquiesça et plongea à pleines dents dans le morceau de viande. Ca avait franchement un drôle de goût. Mais c'était mangeable.
Il se demanda soudain si Siegfried et… Bud… avaient trouvé de quoi manger. Ce n'était pas qu'il s'inquiétait, mais il se posait simplement la question.
L'envie lui prit soudain de demander à son compagnon la raison de son animosité envers Siegfried, mais elle passa bien vite. Après tout, ça n'avait pas d'importance.
Il termina de manger, de bien meilleure humeur que quelques minutes plus tôt. C'était peu, mais la viande lui avait redonné quelques forces.
Il observa Alberich en train de manger et ramena les genoux contre sa poitrine. Il se sentait mieux, mais pour combien de temps ?
Le roux, sa maigre pitance terminée, fixa un moment le sol, sentant toute sa fatigue peser le double de son poids.
La grotte semblait être un abri sûr et ils avaient besoin de repos... mais était-il prêt à parier sa vie là-dessus ?
Fenrir se rendit compte qu'Alberich vacillait légèrement. Il tombait de sommeil. Anxieux, il jeta un coup d'œil autour de lui. A vrai dire, il ne voulait pas trop s'attarder sur l'observation de l'endroit. Ce qui comptait, c'était dormir au moins quelques heures.
Il se sentait vidé lui aussi. L'attaque étrange qu'il avait lancé contre l'animal de tout à l'heure ne devait pas y être pour rien.
Comme le roux semblait hésiter, Fenrir se décida le premier. Il se leva et alla se pelotonner dans un coin de la grotte, jetant des petits coups d'œil par-dessus son épaule pour vérifier si son ancien coéquipier faisait de même.
Alberich soupira et rejoignit son compagnon. Ils étaient trop fatigués tous les deux pour établir des veilles... Autant se reposer convenablement.
Quelques heures plus tard, le feu mourrant s'éteignait brusquement comme soufflé, plongeant la grotte dans l'obscurité.
A suivre