POPULATIA
DYNAMIQUE DE LA STRUCTURE DE LA POPULATION  DE IA�I SELON LE NIVEAU D�INSTRUCTION

OANA MIHAELA STOLERIU

ABSTRACT
DINAMICA STRUCTURII POPULATIEI ORASULUI IASI DUPA NIVELUL DE INSTRUIRE
Muta�iile politice �i socio-economice care au afectat dup� 1990 via�a urban� ie�ean� au implica�ii profunde �n plan teritorial �i uman-geografic, f�c�nd necesar� demararea unor cercet�ri complexe, multiscalare, asupra modului �n care ele afecteaz� gradul de organicitate a teritoriului urban. Avand �n vedere faptul c� toate datele statistice existente se opresc la nivel de ora�, s-a demarat o anchet� social� complex� pe un e�antion de circa 2200 de indivizi. Pentru analiza evolu�ia structurii interne a popula�iei ie�ene dup� 1990, s-a �ncercat refacerea structurii demografice la nivelul anului 1992, compar�nd-o apoi cu situa�ia la nivelul anului 2004. Aprofundarea cercet�rii �n plan spa�ial a necesitat �mp�r�irea intravilanului �n cartiere cvasiomogene din punct de vedere socio-demografic �i analiza diferen�ierilor teritoriale �nregistrate �n evol�ia indicatorilor demografici. 

Cuvinte cheie: structura demografica, dezindustrializare, reconversie profesionala, multispecializare/ supraspecializare, flexibilitate

Les changements de nature �conomique et politique qui ont affect� la vie urbaine de la ville de Iasi durant la deuxi?me moiti� du XXi?me si?cle ont laiss� des traces profondes sur le paysage urbain. L�une des principales tendances caract�risant l��volution actuelle de la ville est l�accentuation du degr� de s�gr�gation sociod�mographique de l�espace urbain et p�riurbain. Les licenciements massifs de l�industrie, la baisse rapide du niveau de vie et la mise en fonction des lois de l��conomie lib�rale ont engendr� une croissance acc�l�r�e de la concurrence sur le march� immobilier et sur le march� du travail. Des mutations importantes affectent la structure sociod�mographique des quartiers urbains simultan�ment aux essais de la population de s�adapter au nouveau contexte �conomique: la mobilit� territoriale des habitants s�accro�t et se diversifie, de m?me que leurs efforts de s�ins�rer sur un march� du travail de plus en plus s�lectif et limit�.
Ces restructurations urbaines imposent la n�cessit� de d�marrer des �tudes approfondies, visant ? mettre en �vidence les diff�renciations de nature g�o -d�mographique existantes au niveau des quartiers, des rues ou d�autres unit�s micro territoriales individualis�es suite ? l�appropriation de l�espace urbain par les diff�rents groupes ethniques et socioprofessionnels.
Cette �tude fait partie d�une s�rie plus large de recherches ayant comme sujet principal l��volution du degr� d�organicit� du territoire urbain ? travers les 15 derni?res ann�es et la mani?re dont ce processus a influenc� le potentiel humain, social et �conomique local. Dans cet article on prendra en compte seulement le niveau d�instruction de la population, afin de d�celer comment les diff�rents facteurs politico administratifs, �conomiques et spatiaux ont induit des diff�renciations territoriales. Dans ce but on a choisi de faire une analyse comparative sur deux ann�es � 1992 et 2004 -, ann�es repr�sentatives pour caract�riser la situation existante ? la fin du r�gime communiste, respectivement la p�riode de transition que la vie urbaine traverse ? pr�sent.

1. D�MARCHE M�THODOLOGIQUE

Le manque de donn�es statistiques au niveau des quartiers a rendu n�cessaire une enqu?te sociale sur un �chantillon de population de quelques 2200 personnes, toutes �g�es de 18 ans au minimum, r�sidents dans la ville de Iasi. A partir du degr� de repr�sentativit� pour une telle d�marche, et tenant compte du niveau d�homog�n�it� sociod�mographique et urbaine, des connaissances de terrain et des repr�sentations spatiales de la population interrog�e, on a commenc� par d�limiter 15 quartiers urbains. On a essay� ensuite de refaire la structure d�mographique de l�ann�e 1992. Dans ce but on a �limin� de l��chantillon les personnes qui avaient moins de 18 ans ? l��poque, puis on a rapport� la population ainsi obtenue pour chaque quartier ? la population totale de la ville qui, en 1992, avait 18 ans au minimum. Les r�sultats en repr�sentent les valeurs estimatives de la population des quartiers ayant plus de 18 ans en 1992, valeurs auxquelles on a appliqu� les pourcentages obtenus par le traitement statistiques des donn�es de l�enqu?te, concernant la structure par niveau d�instruction. On a proc�d� d�une mani?re similaire pour l�analyse de l�ann�e 2004. Les r�sultats finaux des deux structures d�mographiques ont �t� repr�sent�s ? l�aide des logiciels de cartographie de TNTmips, Corel Draw et Philcarto. Pour un plus de pr�cision on a utilis� aussi la m�thode de l�analyse par composantes principales, qui, dans ce cas, s�est av�r� fort efficace ? relever les principales oppositions qui diff�rencient le territoire urbain.

2. 1992

Si le niveau d�instruction de la population urbaine �tait assez r�duit pendant la premi?re moiti� du XXi?me si?cle, apr?s 1950, la politique d�industrialisation et urbanisation acc�l�r�es ont eu comme but sous-jacent la qualification professionnelle de l�immense volume de main d�oeuvre d�origine rurale polaris�e par les nouvelles industries de la ville. Aussi s�explique-t-elle, ? cette �poque-l?, l�ampleur connue par l�enseignement moyen technique (�coles professionnelles ou de m�tiers, lyc�es industriels) et les formes de qualification au lieu de travail, au d�triment des lyc�es th�oriques et des universit�s. L�emplacement des unit�s d�enseignement moyen technique tient compte de la localisation de la population vis�e, fait qui explique leur concentration dans les quartiers d�ouvriers et surtout ? la proximit� de la zone industrielle de la ville.
Fig
Cela explique aussi la surrepr�sentation, en 1992
(fig. 1a), de la population qui avait fini une �cole de m�tiers, dans les quartiers d�ouvriers construits pendant les ann�es de l�industrialisation socialiste (Nicolina  - Cug � 31,82 % de la population du quartier; Galata � 21,09 %; Alexandru cel Bun � 20,11 %); dans la m?me situation se trouvaient les quartiers p�riph�riques de Iasi, o? les nouveaux migrants d�origine rurale pouvaient encore conserver un mode de vie ressemblant ? celui men� avant l�arriv�e dans la ville (Obreja � 37,14 % des habitants). La proximit� de la Zone Industrielle explique aussi la concentration de plusieurs lyc�es techniques et �coles de m�tiers, de m?me que de bon nombre de foyers pour les jeunes ouvriers, dans les quartiers de Frumoasa et la Zone Industrielle, en justifiant ainsi le poids �lev� de ce type de formation professionnelle: 44,44 % des habitants de Frumoasa (quartier avec une unit� d�enseignement moyen de ce type) et 36,49 % dans la Zone Industrielle (avec 6 unit�s d�enseignement moyen de profile technique).
C�est toujours dans les quartiers p�riph�riques que se trouvent la plupart des personnes qui ont fini seulement une �cole secondaire, fait qui renvoie ? l�origine rurale de la plupart de personnes attir�es dans ces quartiers et employ�es dans l�industrie de la ville.
De l�autre c�t� se trouvent les anciennes zones r�sidentielles de Iasi, dont la structure d�mographique et �conomique, plus vari�e, t�moigne des traditions bourgeoises, celles-ci �tant autrefois le lieu de r�sidence des classes ais�es et des petits entrepreneurs. Le caract?re mixte de ces zones explique, dans ce cas aussi, le poids important de l�enseignement lyc�en (P�curari - 39,02 % des habitants; Copou � 25,39 %; Moara de Vant � 38,46 %), cette fois ci domin� par les lyc�es de type th�orique.
La localisation des institutions d�enseignement sup�rieur est bien corr�l�e avec les proportions importantes de personnes ayant des �tudes universitaires. Dans ce sens on remarque d�abord les quartiers avec les campus estudiantins (Copou � 59,03 % des habitants; Studen�esc � 35,29 %), mais aussi les zones centrales (Centre - 40,33 % de la population) et p�ricentrales de la ville, ayant une structure socioprofessionnelle complexe, et qui ont toujours focalis� une population mieux situ�e du point de vue social et la plupart des intellectuels de Iasi: �ic�u - S�r�rie � 41,38 % des habitants, et des proportions de plus en plus r�duites dans les quartiers T�t�ra�i (33,72 % des habitants), Socola - Nicolina (29,76 %) ou P�curari (26,32 %), ces derniers �tant fortement affect�s par les travaux de syst�matisation communiste visant ? y implanter les ensembles de logements collectifs  pour les ouvriers (pour le quartier de Socola-Nicolina, la proximit� de la zone industrielle repr�sentait un motif en plus dans ce sens).                                                                   
L�analyse en composantes principales
(fig. 2) rel?ve une tr?s bonne corr�lation avec la premi?re composante principale, celle qui oppose les quartiers ? forte tradition intellectuelle, le nord de la ville (Ticau - Sararie) et les quartiers estudiantins  (Copou, Studentesc), avec un surrepr�sentation des �tudes sup�rieures, second�s par les zones mixtes pericentrales (le Centre, Socola-Nicolina et Tatarasi), et les quartiers ? fortes proportions d�ouvriers, domin�s par les �tudes moyennes, surtout techniques. On voit que les quartiers o? dominent les �tudes moyennes th�oriques diff?rent spatialement de ceux caract�ris�s par une formation plut�t ouvri?re (�coles de m�tiers). La deuxi?me composante principale met en �vidence une autre opposition signifiante, entre les quartiers p�riph�riques semi ruraux (Obreja, Bucium), regroupant les taux maximaux de population ayant des �tudes primaires, et les autres quartiers d�ouvriers ou mixtes, domin�s par les �tudes sup�rieures ou moyennes.

3. RESTRUCTURATIONS URBAINES ACTUELLES

Apr?s 1990, on assiste ? une s�rie de modifications majeures affectant l��volution de la structure d�mographique des quartiers urbains et le niveau d�instruction de la population.
Comme une tendance g�n�rale, on remarque la croissance de la population ayant des �tudes sup�rieures, et surtout postuniversitaires, comme effet de la croissance rapide de la comp�titivit� et de la pluri sp�cialisation sur le march� du travail. Les croissances les plus signifiantes sont enregistr�es dans les quartiers d�ouvriers et p�riph�riques, l? ou ces cat�gories de population �taient sous-repr�sent�es avant 1990
(fig. 1b); la cause en est l�activation de flux intra urbains complexes qui modifient la structure d�mographique de ces zones: beaucoup de personnes ayant des �tudes sup�rieures et des revenus moyens, sont attir�es par les bas prix des logements des quartiers d�ouvriers (Frumoasa, Alexandru cel Bun), tandis que les personnes aux revenus �lev�s, actifs du tertiaire sup�rieur, se dirigent plut�t vers les zones r�sidentielles p�riph�riques: Galata, Bucium, Moara de Vant. Le rythme de croissance de la population ayant des �tudes sup�rieures est plus r�duit dans les quartiers centraux et estudiantins, l? o? il y avait d�j?, avant 1990, des proportions signifiantes de ces cat�gories de formation.
  Le poids de l�enseignement post lyc�e augmente dans les quartiers d�ouvriers, toujours comme une cons�quence de la s�lectivit� croissante des exigences des employeurs, mai surtout ? cause de la n�cessite de r�orientation professionnelle d�un grand nombre de personnes, soit licenci�s de l�industrie soit jeunes qui ont fini un lyc�e ou une �cole de m�tiers et qui ne trouvent plus une niche d�insertion professionnelle dans le nouveau contexte �conomique urbain.
Le nombre des personnes au bas niveau d�instruction (�cole secondaire) se r�duit; des taux �lev�s sont pourtant conserv�s, dans les quartiers de type semi rural (Obreja �i �ic�u), dans ceux avec des communaut�s tziganes (P�cure�) ou avec un grand nombre de retrait�s d�origine rurale: secteurs de Studen�esc, T�t�ra�i et Moara de V�nt.
Le poids de l�enseignement moyen technique et th�orique ne conna�t pas des transformations majeures; la pr�f�rence pour les lyc�es industriels et les �coles de m�tiers se maintient ? cause de l�importance croissante des connaissances pratiques sur l�actuel march� du travail.

L'analyse en composantes principales
(fig. 3) s�av?re de nouveau tr?s efficace a �valuer le degr� des transformations structurelles par rapport ? la moyenne urbaine. Tout d�abord il faut remarquer la conservation de la m?me opposition principale entre les quartiers du centre - nord de la ville, qui maintiennent les plus forts taux de population ayant des �tudes universitaires et postuniversitaires (les valeurs de ces variables pour 2004 se trouvent tout pr?s des variables correspondant aux m?mes indices de 1992) -  Copou, Sararie, Studentesc � et les quartiers  qui conservent la m?me sp�cialisation ouvri?re (surrepr�sentation des �tudes techniques) � Obreja, Galata, Nicolina-Cug (les deux premiers sont des quartiers marginaux, attirant bon nombre d�ouvriers appauvris par la crise �conomique, qui ont profit� de la hausse des prix des appartements urbains pour revenir ? un mode de vie semi rural, en marges de la ville, souvent sur des terrains de faible qualit�). La deuxi?me composante principale indique la m?me opposition structurelle qu�en 1992 mais ce sont les quartiers qui ont chang� cette fois ci: a) forte proportion des �tudes moyennes et post lyc�e dans les anciens quartiers d�ouvriers, suite au besoin de r�orientation professionnelle impos�e par la d�sindustrialisation (Frumoasa, Zone Industrielle et Nicolina - Cug); b) ? c�t� des quartiers p�riph�riques, ce sont d�autres zones, aux logements ? bas prix, qui attirent les retrait�s ou les ch�meurs de l�industrie, soit dans des zones d�habitat semi rural sur des terrains a risque naturel �lev� (Obreja, Ticau, Bucium.  
 
4. CONCLUSIONS

A partir des cartes  r�alis�es on peut d�gager quelques tendances g�n�rales qui orientent l��volution future des quartiers urbains :
- l�accentuation de l�intensit� et de la complexit� des flux urbains, ajout�e aux effets de la crise �conomique sur le niveau de vie des habitants, soutient une restructuration d�mographique rapide des quartiers urbains;
- la restructuration profonde de l��conomie roumaine a des effets importants sur le march� de travail, engendrant la n�cessit� de r�orientation professionnelle de la population; celle-ci se voit forc�e de s�adapter ? une offre d�emplois de plus un plus limit�e et s�lective, orient�e vers une forte sp�cialisation.
- l�accentuation du degr� d�h�t�rog�n�it� de l�espace urbain.
On observe trois types majeurs d��volution des secteurs urbains:
1. les anciens quartiers du nord de la ville, Copou et Ticau - Sararie, ? forte tradition intellectuelle, renforcent leur position en capital culturel (croissances des �tudes postuniversitaires), tout en diversifiant leur structure d�mographique  surtout  par l�attraction de � nouveaux riches � (petits entrepreneurs);  des transformations similaires affectent l�autre quartier estudiantin de Iasi (Studentesc), mais avec une population de standing moyen.
2. les quartiers p�riph�riques (Obreja, Bucium, Moara de Vant) perdent de plus en plus leurs caract?res semi ruraux, en attirant une population de standing tr?s �lev�, aux �tudes sup�rieures et moyens;
3. les quartiers d�ouvriers et ceux p�ricentraux souffrent eux aussi des transformations majeures, attirant surtout les jeunes adultes ? fort capital intellectuel et social (�tudes universitaires, postuniversitaires ou lyc�es th�oriques) mais bas capital �conomique; les plus repr�sentatifs dans ce sens sont les quartiers Frumoasa et Alexandru cel Bun, les autres �tant plus proches de l��volution moyenne.

BIBLIOGRAPHIE

Muntele, I., (1998), Popula�ia Moldovei �n ultimele dou� secole, Ed. Corson, Ia�i, (257 pag.).
*** (lucrare colectiva), (1987), Geografia municipiului Ia�i, Ed. Univ. Al. I. Cuza, Ia�i, (230 pag.).

Fig.1.a. Structure de la population selon le niveau d�instruction � 1992
Fig.1.b. Structure de la population selon le niveau d�instruction �2004


Fig.2 Oppositions demographiques entre quartiers en 1992 (selon la premiere composante principale)

Fig.3 Oppositions demographiques entre quartiers en 2004 (selon la premiere composante principale)
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