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Pour que le doute ne soit plus.
Pour ceux qui auraient encore le moindre doute ou la moindre difficulté d'assimilation concernant  le fait que Jésus de Nazareth avait pleine et entière conscience d'avoir été Abraham dans le temps, nous allons procéder à un exercice qui, de toute façon, méritait sa place dans cette étude.  Nous allons sortir ce fameux verset de l'Évangile de Jean de la bouche de Jésus  pour le mettre dans un contexte impersonnel  avec toutes les variations et acceptions possibles de la phrase pour voir ce que cela donne.


Abraham, le père des Juifs, exulta à  la pensée qu'il verrait le jour de Jésus, il l'a vu et il fut transporté de joie.

Abraham, le père des Juifs, exulta à  la pensée qu'il verrait le jour de la naissance de Jésus, il l'a vu et il fut transporté de joie.

Abraham, le père des Juifs, exulta à  la pensée qu'il verrait le jour de l'avènement de Jésus, il l'a vu et il fut transporté de joie.

Abraham, le père des Juifs, exulta à  la pensée qu'il verrait le jour que Jésus a vu, il l'a vu  et il fut transporté de joie.
                                                                         
Abraham, le père des Juifs, exulta à  la pensée qu'il verrait l'époque de Jésus, il l'a vue et il fut transporté de joie.

Abraham, le père des Juifs, exulta à  la pensée qu'il verrait le temps de Jésus, il l'a vu et il fut transporté de joie.

Abraham, le père des Juifs, exulta à  la pensée qu'il renaîtrait en la personne de Jésus, cela s'est produit et il fut transporté de joie.


Ici, on remarque très bien qu'il ne peut exister   de variations que sur le thème "voir le jour" et, là encore, les nuances sont minces.  Quant aux autres membres de la phrase, ils impliquent de façon  indiscutable la présence  physique et émotionnelle d'Abraham à  deux périodes différentes de l'histoire.  Selon le petit scénario monté par Jésus, c'était comme si, du temps d'Abraham, on lui aurait appris qu'il verrait l'époque de Ponce Pilate et de Tibère.  Nous savons, aujourd'hui, qu'il ne s'agit pas d'un simple montage de la part de Jésus.  Comme nous l'avons démontré au début de cet ouvrage, Dieu a  réellement laissé entendre à  Abraham qu'il verrait un nouveau jour. En son temps, Abraham l'avait-il compris?  Oui, d'une certaine façon.  Mais ce n'est que lorsqu'il est revenu en la personne de Jésus de Nazareth qu'il a fini par mesurer toute la portée des promesses qui lui ont été faites.


Ultime interprétation.
Y avait-il nécessité de faire toute cette gymnastique pour trouver le sens de ces mots : «  Abraham votre père, exulta à  la pensée qu'il verrait mon jour, il l'a vu et il fut dans la joie » ? Pas vraiment.

Pourquoi la plupart des gens ne comprennent-ils pas du premier coup? Parce que cela ne leur a pas été donné?  Sans nul doute. Mais il y a aussi d'autres facteurs qui entrent en jeu. On sait, par exemple, que la compréhension est une affaire d'association d'idées.  Pour pouvoir associer ces idées, il faut bien les avoir dans la tête.  Et les avoir en ordre.

Comme on l'a vu pour les Juifs, beaucoup de gens sont toujours empêtrés dans des schémas mentaux qui les empêchent de trouver la combinaison gagnante.  Aujourd'hui encore, à  peu près toutes les confessions chrétiennes rejettent catégoriquement la doctrine de la métempsycose. Du point de la dialectique historique, ce n'est pas une erreur absolue puisque la révélation ne pouvait être que progressive.  Mais le fait est que Jésus  lui-même a  formellement reconnu Jean le Baptiste comme une nouvelle manifestation d'Élie.  C'est précisément parce que la plupart des personnes se reconnaissant comme chrétiens ignorent les fondements métaphysiques de leur religion qu'ils ont autant de mal  à  se figurer le retour de Jésus.  Certains prétendent même  que le Royaume de Dieu est déjà sur terre et que le retour de Jésus  sera simplement un événement mystique.  Non, Jésus reviendra comme il était venu.  D'ailleurs, ce ne fut pas la première fois qu'il est intervenu dans l'histoire, contrairement à ce qu'enseignent beaucoup. A remarquer aussi que Jésus  n'était nullement préoccupé de retrouver ses marques à son ultime avènement.  Il n'a laissé aucune note sur les observations qu'il a faites il y a deux mille  ans.  A  son retour, il sera aussi génial qu'avant, il n'aura qu'à  recommencer.

Selon les historiens, des quatre Évangiles, celui de Jean serait le plus tardif. Donc, en personne, Jésus  n'aurait pas pu orienter son écriture. D'ailleurs, le disciple qui a  rapporté la scène  à laquelle on s'est référé n'y a rien compris lui-même, ce qui prouve, s'il en était besoin, son authenticité. En tout cas, son témoignage se révèle aujourd'hui très utile.  Il fait état de l'une des rares occasions où Jésus s'est exprimé directement sur ces rapports avec Abraham.  Cependant, pour tromper la vigilance des Juifs qui de toute façon  ne le croiraient pas, il eut recours à  un artifice littéraire génial mais somme toute banal.  Au lieu de parler de ses rapports avec Abraham, il parle des rapports d'Abraham avec lui.  En d'autres termes, au lieu de prendre le rôle actif qui aurait dû lui revenir dans la situation en question, il le laisse à  Abraham, se confinant dans le rôle passif.  Pour être encore plus clair, au lieu de dire le chat mange la souris, il dit la souris est mangée par le chat.  Et si on tentait d'inverser la phrase dans le sens normal, qu'est-ce que cela donnerait? 

Quelque chose de ce genre :  Je suis Abraham, votre père.  Je n'aurais pas cru que je verrais ce jour.  Pourtant  me voici.  Alors, inutile de vous décrire ma joie.



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