L'Evangile de Jean à
la rescousse de la Vérité.
Parlant de la Bête, certains d'entre ceux qui auront la chance de prendre connaissance
de ce texte doivent entendre au fond d'eux une voix leur disant : " Ce ne
sont là que des déductions intellectuelles. Elles ne prouvent rien. Jésus, lui,
ne s'est jamais prononcé clairement sur la question."
Le mensonge, on connaît. Le père du mensonge aussi, on connaît. Le sort qui est
voué à ses manœuvres, on n'en doute aucunement : la Vérité
triomphe toujours. Non seulement Jésus a évoqué directement la
question, mais cela été également rapporté dans le Nouveau Testament. A tous
ceux que cela étonnerait, il est conseillé de se référer au chapitre 8 de
l'Évangiles de Jean, à partir du verset 20 notamment. Ici, nous nous
bornerons à citer l'essentiel.
Les Juifs lui dirent : " Maintenant nous savons que tu as un démon.
Abraham est mort, les prophètes aussi et tu dis : « Si quelqu'un garde ma
parole, il ne goûtera jamais la mort.» Es-tu plus grand qu'Abraham, notre
père, qui est mort? Les prophètes aussi sont morts. Qui
prétends-tu être? "
Jésus répondit : " Si je me glorifie moi-même, ma gloire n'est
rien; c'est mon père qui me glorifie, lui dont vous dites : « Il est notre Dieu
», et vous ne le connaissez pas; mais moi, je le connais; et si je disais : «
je ne le connais pas », je serais semblable à vous, un menteur. Mais je le
connais et je garde sa parole.
" Abraham, votre père, exulta à la pensée qu'il
verrait mon jour. Il l'a vu et fut dans la joie."
Les Juifs lui dirent alors : " Tu n'as pas cinquante ans, et tu as vu
Abraham!"
Jésus leur dit : "En vérité, en vérité, je vous le dis:
avant qu'Abraham existât, Je suis.
Ils ramassèrent alors des pierres pour les lui jeter; mais Jésus se
déroba et sortit du temple. (Jean 8 v. 52-60)
Casse-tête
hébreu.
" Abraham, votre père, exulta à la pensée qu'il verrait mon
jour. Il l'a vu et il fut transporté de joie" ( Jean 8 v. 56 )
Voilà une petite phrase qui, pendant des siècles, a donné bien du fil à
retordre aux plus grands exégètes et spécialistes de la Bible. En effet, c'est
l'un des versets les plus obscurs du Nouveau Testament, et on ne pouvait pas
s'empêcher de lui chercher une explication. Une explication qui serait, bien
entendu, en conformité avec la doctrine officielle du christianisme. C'est
justement là où commence le blocage. Mais, avant d'initier une nouvelle tentative
d'explication, examinons de plus près les différents lieux communs
relatifs à ce verset capital de l'Evansville de Jean.
Lorsque Jésus parle de son Jour, on aurait tendance à faire le
rapprochement avec différents jours importants sa vie. Le jour de sa naissance
par exemple, le jour supposé de son avènement, ou encore le fameux Jour du
Seigneur décrit dans l'Ancien Testament qui pourrait s'appliquer à Jésus selon
la doctrine chrétienne. Mais le moins que l'on puisse dire, c'est qu'au moment
où Jésus parlait, ni le fameux Jour du Seigneur ni le jour de
l'avènement glorieux du Messie n'était encore pas arrivé.
S'agirait-il alors du jour de sa naissance? Peut-être. Cependant, est-ce
vraiment là la question?
Dans la vie, il faut être pratique. Pour conserver des chances de résoudre un
problème, il faut commencer par le poser. Or quel est le problème ici?
Il est clair : comment Abraham, mort il y a deux mille ans, a-t-il pu
voir l'un des jours de Jésus, peu importe lequel?
Aujourd'hui, on sait de manière indiscutable à peu près à quelle
époque a vécu Jésus, on arrive même à dater approximativement les
principaux événements de sa vie. Et quelque soit l'habillement mystique dont on
voudrait revêtir l'expression "voir le jour", elle reste une
référence au temps, à l'histoire. Pour le moment, on ne va pas se perdre
dans d'autres considérations de ce genre parce que la situation est
suffisamment claire. Selon l'analyse la plus élémentaire, ce verset de
l'Évangile de Jean implique, dans un premier temps tout au moins, qu'
Abraham était vivant en chair et en os au début de notre ère et qu'il fut un
proche de Jésus de Nazareth.