JOURNAL SALONGO
République Démocratique du Congo
Editeur - Directeur Responsable: Bondo Nsama


Les traîtres protégés, les innocents punis

 

Jamais, depuis sa mise en place en août 2003, l'Assemblée nationale de la transition n'a connu une crise comme celle qui frappe à ses portes à l'heure actuelle. Il y  en a bien eu d'autres, parfois même beaucoup plus graves mais elles n'égaleront pas celle-ci qui a une particularité. Elle n'oppose pas des composantes ou entités adverses. Mais elle agit dans chacune d'elles et les devises.

En effet, dans chaque camp, les opinions sont partagées entre ceux soutenant le rapport de la commission Bakandeja et ceux qui, après son approfondissement, le rejettent et le qualifient de travail bâclé.

Cependant, dans ce deuxième groupe, les voix s'élèvent de plus en plus pour exiger la présence des ministres suspendus à l'Assemblée nationale pour être entendus en plénière. Agir  autrement serait illégal et une violation des droits de l'homme, les concernés n'ayant pas eu la possibilité de se défendre.

D'autre part, certains parlementaires, sénateurs ou députés, estiment qu'en ne se limitant qu'aux six ministres, dont les entreprises sous tutelle ont été auditées, serait injuste. D'abord parce que les sociétés contrôlées ont été sélectionnées. Il va de soi qu'en procédant au même exercice, comme l'avait demandé l'Assemblée nationale, à toutes les autres boîtes de l'Etat, et principalement la Banque centrale du Congo, la commission Bakandeja ou une autre ne manquera de découvrir de véritables criminels économiques qui se croient saints pour n'avoir pas été cités, puisque non intéressés, dans la première enquête. Loin en dehors des entreprises publiques, il y  a bien des gens qui méritaient la prison mais qui semblent être protégés.

 

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Assemblée Nationale : Le rapport Bakandeja ne fait plus l'unanimité

 

Apparemment, la suspension de six ministres est une affaire déjà réglée. Ce n'est pas pour autant que les institutions de la transition vont l'oublier de si tôt. A la Chambre basse, en dépit de l'adoption du rapport de la Commission Bakandeja, certains députés estiment que cet événement constitue un fâcheux précédent dans l'histoire de la démocratie renaissante de la RDC.

En effet, quelques honorables membres de l'Assemblée nationale, issus particulièrement de l'Opposition politique, relèvent qu'il y a eu, dans ce dossier, plusieurs vices de forme. Ils ne comprennent pas pourquoi le Chef de l'Etat s'était précipité de prendre ce qu'il a appelé des mesures conservatoires, alors que le rapport de la Commission n'était pas encore examiné par la plénière. Que serait-il advenu au cas où ce travail aurait été rejeté ? Cela aurait été ridicule. Mais tout semble avoir été mis en place pour éviter une telle éventualité.

Ces députés accusent le bureau de l'Assemblée qui doit avoir été de mèche avec ceux qui avaient préparé ce coup. Sinon, ils ne comprennent pas pourquoi il avait adressé une lettre au Président de la République en proposant des mesures de suspension sans que, pour une affaire de telle gravité, la plénière ne se prononce préalablement. Il y a lieu de croire que Olivier Kamitatu et ses pairs avaient participé à la messe noire où le sort de ces ministres avait été décidé.

Il est également à relever la tendance à s'opposer à tout débat sur le rapport, alors que si l'on lisait aujourd'hui ; on découvrirait beaucoup d'incohérences et de contradiction. En tout état de cause, quand bien même la Commission avait entendu les ministres concernés, il aurait été logique de les interpeller publiquement pour qu'ils se justifient ou présentent leurs moyens de défense. Une telle séance, qui serait radiotélévisée en direct, aurait été très édifiante.

Que constate-t-on aujourd'hui ? Certains ministres suspendus utilisent la presse audiovisuelle et écrite pour réfuter, avec beaucoup d'éloquence, tous les griefs retenus contre eux. Il n'y a malheureusement aucune voie pour les contredire. Aux yeux de l'opinion, ces ministres ont été injustement punis et sont victimes des cabales et autres règlements des comptes.

Le peuple congolais, qui suit avec attention cette affaire, voudrait être fixé et savoir, si les ministres ont mis la main dans la caisse de l'Etat et combien ils ont détourné. Il est à espérer que la Commission serve à même de la prouver devant la justice. A ce sujet, il est à noter que, malgré la remarque d'un député en plénière, l'Assemblée nationale n'a encore pris aucune disposition pour saisir les instances judiciaires. Pour ce faire, elle doit se prononcer à la majorité des 2/3, comme le prévoit la Constitution. Va-t-elle réellement se prononcer sans entendre les intéressés ? Même alors, il n'est pas évident que 334 députés sur les 500, qui composent théoriquement cette Chambre, vont accepter de sacrifier des ''innocents''.

Peut-être que les auteurs de la cabale comptent sur la corruption pour obtenir cette majorité. Car, dernièrement, les billets verts avaient circulé dans les toilettes du Palais du peuple pour éviter que l e débat, comme d'aucuns le souhaitaient, soit reporté après que les députés auront pénétré profondément le rapport de la Commission Bakandeja.

Comme avons-nous déjà écrit, beaucoup de zone d'ombre demeurent dans ce rapport.

SALONGO 10/12/2004


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