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JOURNAL SALONGO
République Démocratique du Congo Editeur - Directeur Responsable: Bondo Nsama |
Remaniement
du
gouvernement Les partis
disent non au
fait du Prince Le
jeudi 25 novembre dernier, l'opinion apprenait, par la voie des ondes,
la
suspension de six ministres ainsi que des mandataires, Conseils
d'administration et ou Comités de gestion, d'une dizaine
d'entreprises
publiques. Ces mesures, dites conservatoires, sont en rapport avec les
différents audits qui venaient d'avoir lieu dans le secteur du
Portefeuille de
l'Etat. Le Chef
de l'Etat ainsi qu'à sa demande, le ministre du Portefeuille
avaient décidé de
ces suspensions à la suite du rapport de la Commission ad hoc de
l'Assemblée
nationale chargée du contrôle des premiers audits
réalisés conjointement par la
Cour des Comptes, l'Inspection générales des Finances, le
Conseil supérieur du
Portefeuille et le Conseil permanent de la Comptabilité du
Congo. En fait, les
députés, qui ont également le contrôle
parlementaire dans leurs attributions,
ont, en quelque sorte, entrepris une contre vérification du
travail
précédemment réalisé en vue, si possible,
de l'améliorer ou de rectifier là où
il fallait. C'est ainsi, d'ailleurs, les membres de la Commission
Bakandeja, du
nom de son président, ne se sont pas limités qu'au
mandataires de l'Etat au
sein des entreprises publiques. Ils ont aussi interrogé les
ministres ayant
sous leurs tutelles respectives ses sociétés, dans le but
d'obtenir le plus
d'éléments possibles devant permettre d'étoffer le
rapport. Cependant,
ce qui ne devait être qu'une simple formalité est devenu
un véritable cauchemar
pour six des ministres interrogés. Alors que certains d'entre
eux étaient
remerciés pour le complément d'informations qu'ils ont
fournies ou félicités
pour la qualité du travail abattu, ils se sont curieusement
trouvés en position
d'accusés dans le rapport de la Commission Bakandeja. Ce fut les
cas notamment
d'Eugène Diomi Ndongala, ministre des Mines. En
effet, tout, dans la partie intéressant les Mines, accuse le
CEEC.
Curieusement, en dépit des éléments qui le
blanchissent, le ministre a été
sanctionné. Mais le Comité de gestion, qui avait commis
beaucoup de griefs, n'a
pas du tout été inquiété. Remaniement
: l'opinion pas d'accord Entre-temps,
le président de la République demande aux chefs des
composantes et entités de
désigner des remplaçants. C'est comme pour dire que la
suspension frappant les
six ministres serait synonymes d'une révocation. Pour
l'opinion cependant, il ne doit pas être question de
procéder à un remaniement
sans que ne soit clôturé ce dossier. Les ministres, qui
sont mis en cause,
n'ont jamais été entendus par la plénière.
Cette dernière s'est contentée
d'avaliser un travail bâclé et lacunaire sans même
s'ouvrir à un débat. Aujourd'hui,
les voix s'élèvent pour remettre en cause tout autour de
cette affaire. De plus
en plus, des gens sont convaincus de l'innocence de certains membres de
l'Exécutif suspendus, sinon tous. Nulle part dans le rapport
Bakandeja, en
effet, il est établi qu'un seul ministre avait soutiré de
l'argent de la
trésorerie des entreprises sous tutelles respectives. En plus,
il est démontré
que certains faits ont été dénaturés d'une
manière délibérée des relations
tumultueuses avec des entreprises de leurs secteurs, Tous, ou presque,
ont été
accusés d'entretenir, quand bien même ils reprochaient
à ces dernières des
actes de mégestion. Tous les
ministres suspendus clament leur innocence et tentent de la prouver.
Jusque-là,
qu'il s'agisse du Chef de l'Etat, des Vice-présidents de la
République, de
l'Assemblée nationale ou de la Commission Bakandeja, personne
n'a, jusqu'à ce
jour, contredit les Olenghankoy, Diomi, Endundo. Etant
entendu que les ministres suspendus sont présumés
innocents, il serait
malveillant et imprudent de pourvoir à leur remplacement. Et
avant d'établir
objectivement leur culpabilité. Autrement, on pourrait ainsi
sacrifier des
compatriotes victimes des humeurs et intrigues de certains fossoyeurs
de la
démocratie. L'opinion
demande, sinon de les entendre, de réhabiliter les ministres
suspendus parce
qu'elle est convaincue qu'il s'agit tout simplement d'une mesure
à la fois
politique et injuste. Diomi
Ndongala soutenu dans son innocence Parmi
les présumés innocents, Eugène Diomi Ndongala est
des plus soutenus. Tant son
passage à la tête du ministère des Mines est
marqué de beaucoup de points
positifs. Les observateurs noteront la lutte contre l'exportation
frauduleuse
des ressources minières de la RDC concrétisée par
ce qu'il convient de
qualifier comme une victoire dans le processus de Kimberley. C'est
peut-être ce dernier point qui vaut à Diomi d'être
malmené par les forces du
mal qui ont conspiré et protégé toute la maffia
qui a élu domicilie dans le
secteur de l'exploitation minière artisanale. Dans cette
association des
''malfaiteurs'' se recruteraient un fort lobby katangais, d'anciens
cadres de
l'AFDL aujourd'hui dans le PPRD ainsi que certains pays voisins devenus
exportateurs des matières premières dont ils ne sont pas
producteurs. Ces
vérités sont connues de la majorité des
députés qui commencent à comprendre que
leur bonne foi a été trompée. Ces derniers
reconnaissent aujourd'hui que la
Commission Bakandeja a commis
volontairement beaucoup d'erreurs. Le rapport, qui a été
malheureusement adopté
dans des conditions violant l'éthique parlementaire, contient un
très grand
nombre de faussetés et de contre-vérités. Ces
honorables membres de l'Assemblée nationale aujourd'hui surpris
que le Comité
de gestion du CEEC, dont les actes de mégestion ont
été clairement établis, ne
soit pas suspendu et qu'à sa place c'est le ministre Diomi qui
paie. Les
étudiants de l'Unikin, qui suivent attentivement
l'actualité politique de notre
pays, sont allés très loin. Ils se
sont adressés directement au Président de la
République par un mémo signé par
la coordination des étudiants de cette institution. Dans ce
document, il est notamment
reproché beaucoup d'irrégularités dans la
suspension des ministres, notamment
le dépôt du rapport hors-délai, l'absence de
débat ainsi le fait que la charrue
a été placée devant les bœufs (suspension avant
l'adoption du rapport), l'excès
de pouvoir,… Quant au
cas particulier du ministre Diomi, les pensionnaires de la Colline
inspirée ont
démontré que le rapport comprend
plusieurs inexactitudes, jusqu'à ignorer que le
Centre de recherche
géologique et minière (CRGM) ne relevait pas de la
tutelle du ministère de
Mines mais de celle de la Recherche scientifique. D'autre
part, il est curieusement reproché à Diomi d'avoir
signé plus de 400 arrêtés
ministériels. Mais la Commission ne relève pas, pour des
raisons de l'exercice
de ses compétences fonctionnelles établies sur base du
Code minier, les
recettes du ministère des Mines ont triplé. A la
suite de toutes les incohérences et de la mauvaise foi manifeste
de la
Commission Bakandeja, les étudiants, tenant compte de la
violation de la
procédure légale, les étudiants demandent la
levée de la mesure de suspension,
que l'affaire des mandataires publics soit confiée au pouvoir
judiciaire ; que
ces derniers jouissent de la présomption d'innocence ; la
recomposition de la
composition de la Commission Bakandeja ; ainsi qu'immédiate de
la neutralité du
président de l'Assemblée nationale; l'arbitrage du
président de la République. La
presse kinoise n'est pas demeurée indifférente à
ce dossier. L'interprète, qui
accuse la Commission Bakandeja d'avoir été corrompue,
conclut : '' aujourd'hui
le travail de la prétendue enquête réalisée
par cette commission parlementaire
continue à se révéler une bonne affaire pour ses
membres, mais une très
mauvaise action contre le pays et son peuple''. La
Référence Plus trouve qu'il s'agit d'une mesure qui
contribue à éliminer des
candidats à la course présidentielle de 2005. C'est
notamment le cas pour Diomi
et certains d'autres ministres qui ont un poids politique au niveau de
leurs
formations. Forum
des As estime que Diomi, lavé de tout soupçon dans le
dossier CEEC, a été
sacrifié sur l'autel des intérêts politiques. Quant au
Comité directeur de la Démocratie Chrétienne (DC),
que dirige le ministre Diomi
Ndongala, il condamne cette mesure de suspension qui a pour seul effet
de
raviver la crise au sein de la classe politique nationale. Il
dénonce également
le travail bâclé et superficiel de la Commission
Bakandeja. Il relève aussi que
l'enquête était téléguidée et avait
post-posé ses victimes. Ce qui explique la
transmission cavalière au Chef de l'Etat, avant même
l'examen de son contenu
par la plénière de l'Assemblée nationale. Le
Comité directeur de la DC conclut que son président est
victime d'un règlement
des comptes politiques en raison, entre autres, de la bonne
santé de son parti
en cette période proche des élections
générales. C'est pourquoi qu'il ne
connaît aucune alternative à Eugène Diomi Ndongala
Nzomambu pour le représenter
à l'institution gouvernement. Z'Ahidi
Ngoma n'a pas de choix Dans le
chef du président de la République, les ministres
suspendus doivent quitter le
gouvernement. Il s'est adressé aux chefs des composantes et
entités pour lui
présenter les noms des remplaçants. Cet
exercice pourrait ne pas être périlleux pour les
composantes belligérantes.
Encore que Joseph Mudumbi et José Endundo Bononge exigent un
débat populaire,
tant à l'Assemblée nationale qu'au sein de leurs
composantes respectives, le
RCD et le MLC, qui pourraient les avoir sacrifiés pour des
raisons qu'ils
ignorent. Dans
l'Opposition politique, cependant, le cas Diomi risque de bloquer toute
la
machine ou consacrer la dissension latente qui a toujours menacé
cette
composante. A l'exception peut-être d'un courant qui s'agite pour
des raisons
faciles à imaginer, le gros de la troupe ne trouve pas
suffisamment motivées
les raisons de la suspension du ministre Diomi. Il refuse donc de
cautionner
les manœuvres de la Commission Bakandeja, vraisemblablement
téléguidées
ailleurs. Convaincus
de l'innocence, du reste prouvée, du ministre des Mines, les
membres de
l'Opposition politique sont décidés de ne
présenter aucune autre candidature à
ce poste que celle d'Eugène Diomi Ndongala. Au mieux, ils
exigent la levée de
la suspension qui le frappe et sa réhabilitation. Remaniement Le chef
de la composante, Arthur Z'Ahidi Ngoma, n'a donc pas d'autres choix que
de
reconduire l'intéressé à son poste. En agissant
ainsi, il affirmera
l'indépendance de l'Opposition politique vis-à-vis de
telle ou telle autre
composante ex-belligérante. Le vice-président de la
République en charge de la
Commission socio-culturelle verra sa cote
rehaussée. Car, jusqu'il y a peu encore, il
était donné pour allié de
Joseph Kabila et du PPRD. Espérons que l'envol, pris dans
l'affaire non encore
réglée du partage des responsabilités dans les
entreprises publiques, va se
confirmer par une prise de position responsable. |