JOURNAL SALONGO
République Démocratique du Congo
Editeur - Directeur Responsable: Bondo Nsama




Couverts de honte

Des députés entendent voir “Bakandeja” devant la justice

                     

La Commission Bakandeja a récolté une publicité rare dans ce pays en ce que son travail a débouché sur une sentence attendue par la majorité des Congolais. Pour une fois des hauts responsables du pays, en l'occurrence des ministres, sont sanctionnés négativement à la suite des conclusions d'une enquête (parlementaire). D'aucuns ont salué la démarche pour avoir, à première vue, donné les signes de disparition du règne de l'impunité. L'espoir de voir le pays s'engager dans la voie de la bonne gouvernance a soudainement habité la masse des miséreux.

Cette espérance ne franchira pas cependant l'instant d'un soupire. A la progression du temps, le tissu du rapport s'est désintégré par fragments, laissant éclater au grand jour le fond réel du puzzle. Aujourd'hui, la Commission Bakandeja se veut une déception pour les Congolais et une honte pour ses membres. Pour sauver la face, maintes intervenants à ce travail se désolidarisent de la Commission affirmant ne pas se retrouver dans la copie rendue publique. A en croire nombreux enquêteurs, la version publiée aurait subi d'importantes distorsions, transformations au niveau du contenu comme à celui du fond.

Après une visite en profondeur du texte du rapport, maints observateurs suggèrent que la Commission Bakandeja soit traduite en justice pour travail biaisé. Un revers de médaille qui doit rattraper des citoyens ayant empoché d'importants frais pour une mission de règlements des comptes. Quel est l'intérêt de la République dans un travail à la finalité pré-définie et au profit d'un cercle ''d'amis'' se demandent maints députés qui dénoncent à la fois le refus du débat sur le rapport d'audit.

Ce rapport très applaudi au départ pèche gravement par le manque de démonstration sur les nombreuses accusations portées contre des hauts responsables du pays. Excédés par la barricade érigée contre le débat au Parlement, des députés soutiennent les victimes à ester en justice pour opprobre sur leurs personnalités. Si l'Assemblée nationale s'est comportée en complice des artisans de l'iceberg, l'appareil judiciaire pourra s'affranchir, espèce-t-on. D'autant que le rapport d'audit est truffé de contradictions, des méprises, des insuffisances… difficiles à défendre en public. Cela justifie la cabale montée contre le débat au Parlement à la fougue de certains députés (n'ayant pas reçu l'argent qui aurait circulé ce jour au Palais du peuple).





Edition du 8 decembre 2004 , N° 0225- JOURNAL SALONGO


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