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JOURNAL SALONGO
HEBDO République Démocratique du Congo Editeur - Directeur Responsable: Bondo Nsama site http://www.salongo.best.cd [email protected] |
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Autopsie d'un parti
politique
PPRD Faucon,
Mme Lukiana rate son intérimLe SG Kamerhe est un “Monsieur” Dans l'une
de nos précédentes éditions, nous concluons notre
réflexion sur l'empoisonnement supposé de Vital Kamerhe
que ce serait " une erreur politique grave, si l'affreuse mixture avait
été préparée par les amis Pprd de Kamerhe
". Erreur immense et fatale pour le Pprd, en raison du vide immense
qu'aurait laissé la disparition brutale de l'actuel
Secrétaire général du principal parti de la
mouvance présidentielle.
L'empoisonnement et la mort de Kamerhe auraient suscité de graves suspicions sur ses camarades du Pprd, au point de lézarder les organes du parti et de diviser les sociétaires. Nous avions des raisons objectives de dénoncer une telle erreur politique, connaissant la flexibilité de Vital Kamerhe et son combat politique permanent pour le débat d'idées, pour le dialogue franc et porteur d'heureuses perspectives. Au retour de Vital Kamerhe de l'Afrique du Sud, où il avait été admis à Medival Hospital, dans le service du Dr Herbest, célèbre toxicologue sud-africain, éclate la gué-guerre Pprd-Mlc. Kamerhe est en convalescence. Les enchères politiques entre les deux formations politiques aboutissent rapidement au bras de fer entre le Président Joseph Kabila et le Vice-président Jean-Pierre Bemba. L'intérim du Secrétariat général du parti est alors assuré par Mme Marie-Ange Lukiana, qui n'a ni l'autorité, ni la personnalité de Vital Kamerhe, considéré comme un homme à poigne, modéré, diplomate… Pendant la convalescence de Kamerhe et l'intérim de Lukiana, la direction du parti est pris en otage par les " faucons ", maîtres " ès polémiques ", à l'injure facile, toujours prêts à répondre au " coup pour coup ", à l'injure par l'injure. On comprend, dès lors, que Mme Lukiana ait livré bataille, sans mettre les gants et à visage découvert contre le Mlc et particulièrement contre le Vice-président Jean-Pierre Bemba à qui elle a assené des coups durs : injures, propos diffamatoires, malheureuse intrusion dans la vie privée du chairman du Mlc. Tout est passé. Ce faisant, Mme Lukiana a étalé sa faiblesse et celle de son parti, sans autres arguments à opposer au Mlc que l'insulte, l'injure…, Ne dit-on pas, à juste titre, que l'injure est l'argument des faibles ? Marie-Ange Lukiana a exposé, à travers la prise de position du Pprd, sa petitesse et sa véritable stature au plan politique. Bien plus, elle respire l'absence de personnalité, à moins qu'elle pense réellement ce qu'elle a dit et fait. Si tel est le cas, on peut alors la considérer comme membre influent des faucons du Pprd, un clan politique, conduit par des kabilistes historiques, à l'image de Vice-président Yerodia Abdoulaye Ndombasi, kabiliste pur et dur. L'homme à l'éternel cigare, tels les " bills " d'une époque révolue de l'ex-Léopoldville, est réputé pour ses propos orduriers, pour ses insultes qu'il manie avec une facilité déconcertante, sans le moindre égard à ses responsabilités politiques, à son âge… Pour s'être inscrite à l'école des faucons, Mme Lukiana a totalement raté son intérim. Et voici Vital Kamerhe… Au moment où les choses se sont gâtées, avec la menace et l'ultimatum du Mlc de se retirer de toutes les institutions de la transition, au 31 janvier 2005, si le Président Kabila n'accédait pas aux revendications de l'ex-rébellion de Gbadolite, survient enfin Vital Kamerhe. Le discours d'apaisement du Secrétaire général du Pprd ne plaît pas à tous les " Pprdiens ". C'est le cas notamment du Vice-président Yerodia qui, le mercredi 19 janvier 2005 sur la chaîne de télévision Rtga, réitère des propos orduriers et peu commodes à l'endroit des leaders politiques, dont la lecture des signes du temps est totalement différente de celle du Pprd. Il s'en prend à Tshisekedi, à Bemba, à Olivier Kamitatu qualifiés successivement de " piètre monsieur ou d'assassin de Lumumba ", de " Asumba na nganda ", de " Mundele ngulu "… Dégoûtant. Le Secrétaire général du Pprd s'est, au contraire, révélé un " monsieur". Il est du bois dont on fait les conducteurs d'hommes, les leaders ou les parrains. Kamerhe est un " monsieur ", en raison sans nul doute de l'éducation rigide, basée sur des valeurs chrétiennes et humanistes, reçue chez les prêtres à Bukavu. Dans un pays qui compte peu de " messieurs ", peu d'hommes d'Etat, combien sont-ils encore ces hommes capables de discerner où se trouve l'intérêt du peuple, en vue d'obtenir son adhésion et agir enfin dans la bonne direction ? Kamerhe est de ceux qui font la nette différence entre inimitié personnelle et adversité politique ; de ceux qui ont su tisser des relations utiles au sein de la classe politique et dans toutes les sphères de la vie nationale ; de ces hommes qui ont des idées et capables de les défendre publiquement, dans l'honnêteté et la franchise. Quand Kamerhe revient aux affaires, après sa convalescence, il prône l'apaisement, minimise l'incident et invite ses camarades du Pprd et la direction du Mlc à une lecture lucide des événements et à regarder dans la même direction : les élections. Du coup, la tension baisse. Pour l'opinion, Kamerhe est une " colombe ", avec laquelle Joseph Kabila et le Pprd devraient compter. C'est bien regrettable que les colombes se comptent sur les bouts de doigt, au sein du Pprd et dans l'entourage du Chef de l'Etat. L'autre colombe, bien en vue, c'est le professeur Samba Kaputo. Cet ancien mobutiste, que l'on dit posé, a prôné également la tolérance, au cours de sa récente conférence de presse. Je constate - simple coïncidence ? - que d'anciens " mobutistes ", à l'instar de l'ancien gouverneur Samba Kaputo, à l'instar de Kamerhe qui a fourbi ses premières armes politiques au sein du Frojemo (Front des jeunes mobutistes) et dans des cabinets ministériels sous Mobutu avant de rallier les rangs de l'Usoral, sont nettement plus tolérants que la grande majorité des néo-kabilistes ou des kabilistes historiques. Une leçon pour Joseph Kabila Lors de son récent séjour à Bukavu, Vital Kamerhe a convié ses camarades du Pprd à l'apaisement. Il a qualifié les leaders du Mlc de " nos amis ". Aujourd'hui, entre Kabila et Bemba, le ton est à la conciliation, grâce notamment à la diplomatie des Présidents Bongo et Sassou et au Sud-africain Mbeki.Peut-on ignorer l'action des " colombes " du Pprd pour l'apaisement ? Kamerhe et ses camarades " colombes " ont pesé de tout leur poids dans le dénouement de la crise Pprd-Mlc. Mention spéciale à Vital Kamerhe. Qu'en serait-il, si le poison avait emporté Kamerhe ? Au Président Joseph Kabila d'en tirer la leçon. Bondo Nsama © SALONGO HEBDO 28/01/2005 |