|
JOURNAL SALONGO
HEBDO République Démocratique du Congo Editeur - Directeur Responsable: Bondo Nsama site http://www.salongo.best.cd [email protected] |
|
POINT CHAUD
PPRD
Kamerhe empoisonné… Quelle erreur ! Le limogeage de certains cadres
qui occupaient des postes au sein du parti et du gouvernement de
transition est l'une des retombées de la dernière session
du collège des Fondateurs du Rassemblement congolais pour la
démocratie (RCD). Instance suprême de décision de
l'ancien mouvement politico-militaire pro-rwandais, le collège
des fondateurs avait donné les pleins pouvoirs au leader du
parti Me Azarias Ruberwa d'ouvrir les consultations en vue de
résoudre certains problèmes. Notamment celui ayant trait
au remplacement de l'ancien ministre Joseph Mudumbi et à la
représentation des cadres ressortissants du Kasaï Oriental
et du Bas Congo au sein du gouvernement.
Même si on dit qu'il n'y a eu de règlement de comptes à l'encontre du groupe dissident dit ''groupe de Kinshasa'' qui avait refusé non seulement de se rendre à Goma au lendemain des massacres de Gatumba, mais seulement d'adhérer à la décision de suspendre la participation du RCD dans toutes les institutions de la transition ; force est de constater que les cadres épurés tant des organes dirigeants du parti que du gouvernement appartiennent tous à ce groupe. Le vent de l'année 2005 souffle-t-il déjà contre le PPRD, dont le Secrétaire général, M. Vital Kamerhe, a été évacué en Afrique du Sud, la veille du réveillon de la St-Sylvestre, pour des soins intensifs consécutifs à un empoisonnement ? Et pourtant, Mme Ange-Marie Lukiana, Secrétaire général adjoint, a brossé récemment un bilan largement positif de l'exercice 2004 du PPRD. Conclusion : autosatisfaction au niveau du Secrétariat général du Parti, alors que certains cadres et militants restent critiques vis-à-vis des structures, des animateurs et des stratégies du parti. Si la nouvelle de l'empoisonnement de Kamerhe se confirme, le parti lui-même risque de tomber malade. De même, si c'est du " bluff " - pour des raisons de stratégie politique -, le PPRD n'en subira pas moins le coup, en raison notamment de la forte médiatisation de la maladie du Secrétaire général. Sans doute, il y a plus de peur que de mal, quand bien même, dans une interview à un confrère, Vital Kamerhe - qui ne confirme toutefois pas la rumeur de l'empoisonnement - affirme cependant qu'il a ''échappé à la mort et que ceux qui avaient pris ma situation à la légère se sont trompés ". Lesquels ? Vital Kamerhe, ce natif du Sud Kivu, est un battant qui a fait ses premières armes en politique, au sein du FROJEMO (Front des jeunes mobutistes). Membre de différents cabinets ministériels sous Mobutu, il a fini par divorcer d'avec le mobutisme pour rallier les rangs de l'opposition radicale. Il s'est aussitôt fait remarquer par la pertinence de ses analyses sur la situation politique du pays, par la force de ses convictions politiques pour le changement, au point de faire partie du STOP'' le cercle des stratèges de l'USORAL. Son heure de gloire politique sonne, avec l'avènement de l'AFDL, notamment quand M'Zee L.D. Kabila le remarque à l'occasion d'un sommet africain, dans le cadre de la recherche de solution à la crise avec les agresseurs de la RDC. C'est alors que la roue de la fortune politique va tourner rapidement au profit du jeune Kamerhe… Ennemi du Rwanda et des rwandophones Au-delà des questions que l'on peut se poser sur un éventuel empoisonnement de Vital Kamerhe, la plus déterminante est celle de savoir " A qui profite le crime ? ". Question classique que se pose tout détective dans une enquête criminelle. Il y a, dans le cas d'espèce, des pistes à privilégier… Patriote, connu pour ses prises de position radicales et tranchantes contre le régime de Kigali et les alliés du Rwanda, notamment les leaders du RCD/Goma, Vital Kamerhe est leur ''ennemi public n° Un''. Il demeure dans le collimateur de ses adversaires politiques ou de ses ennemis. Son meeting à Goma et à Bukavu, à l'occasion d'une tournée provinciale, a été un défi vis-à-vis des Rwandais et des Congolais à la nationalité " saisonnière ".De même, lors de différentes crises et attaques dont le pays a souffert de la part du Rwanda ou du RCD/Goma, Kamerhe est de ceux qui sont régulièrement montés au créneau, pour juger et condamner sévèrement les ennemis et les traîtres de la patrie. Des propos durs qui lui ont valu la haine irrévocable des rwandophones du RCD et du régime de Kigali. A qui profiterait l'élimination physique de Kamerhe, sinon à ses adversaires politiques rwandophones. Loin de le pleurer, ils sableraient le champagne. D'autant plus que certains d'entr'eux font courir la rumeur selon laquelle Kamerhe est un des leurs, qui a trahi la cause des rwandophones… Par ailleurs, l'élimination des adversaires politiques par empoisonnement est étrangère à la culture et aux us et coutumes congolais. Elle fait partie des mœurs rwandaises et apparaît chez les rwandophones comme un fait politique banal. Bref, la piste rwandaise ou banyarwanda n'est- pas écartée, à priori… Des amis et des adversaires au PPRD Au regard de son cursus politique exceptionnel, de son ascension fulgurante, de sa jeunesse contrastant avec sa réussite à tous égards, de ses origines kivutiennes, Kamerhe n'a pas que des adversaires ni des amis au PPRD. Les ambitions légitimes au sein du PPRD foisonnent, bien qu'elles ne s'expriment pas toutes. Et pour cause. Le parti est apparemment verrouillé dans ses structures. L'animation du parti a été confiée à des jeunes loups, aux dents très longues et prêtes à s'entredéchirer. Mais, il est évident qu'ils observent tout et s'observent, en attendant notamment la tenue du congrès du parti et les futurs enjeux politiques prévus en juin 2005. Depuis sa nomination à la tête du secrétariat général du parti, Kamerhe a entrepris des actions politiques d'envergure : redynamisation des activités du PPRD apparemment en léthargie, sous l'ancienne direction du katangais Tshikez, implantation du parti dans toutes les provinces du pays, tournées des leaders nationaux et provinciaux dans le Congo profond, pour des contacts avec les différentes bases du PPRD… Autant d'initiatives et d'activités qui ont permis au PPRD d'engranger d'immenses bénéfices politiques et de se hisser au diapason des partis politiques qui ont largement pignon sur rue. Un travail de titan qui doit nécessairement faire des jaloux, chez les kabilistes historiques, les caciques du PPRD ou chez les jeunes du secrétariat général ou du directoire national. Telle est l'autre piste, aussi privilégiée qu'intéressante pour les limiers et enquêteurs des actions criminelles, et donc non négligeable. S'il s'avérait que l'un ou l'autre membre du PPRD ait cherché à attenter à la vie de Kamerhe, la vie du parti serait littéralement empoisonnée. La méfiance va s'installer entre les uns et les autres. D'ores et déjà, tout doit être tiré au clair. Il faut que soient également dissipés doutes, malentendus et suspicions, au sujet de la maladie du Secrétaire général du PPRD. Par ailleurs, tant que certaines (mauvaises) langues continueraient à inoculer le venin de la division, en colportant des rumeurs sur la maladie du Secrétaire général, il y aura toujours péril en la demeure. Les ennemis : typhoïde et parasites sanguins ? Il n'est pas exclu non plus que Kamerhe n'ait été terrassé que par la fièvre typhoïde, dont souffrent notamment les Kinois, et par une grave maladie parasitaire. Selon, " Le Palmarès " n° 3231 du 6 janvier 2005, les premiers examens ont révélé " la présence des parasites dans le sang et l'existence de la fièvre typhoïde ", dont on ne peut pas se guérir en un jour de traitement… Les symptômes des plaintes commencées à Kinshasa ont repris, un jour après les premiers soins en terre sud-africaine, Kamerhe a alors été admis à Medival Hospital, dans le service du Dr Herbest, toxicologue sud-africain de renom. Lavement du tube digestif, transfusion, perfusion, antibiotiques… Voilà Kamerhe hors de tout danger. L'homme est attendu à Kinshasa pour le dimanche 9 janvier. Ne dirait-on pas, si Kamerhe n'a souffert que de la fièvre typhoïde (à complications) doublée d'une parasitose sanguine, alors que la presse à sensation en a fait ses choux gras, avec le concours actif du malade lui-même ? Je laisse ''aux lecteurs de SALONGO'' d'en tirer, dans ce cas, les conséquences politiques d'une telle médiatisation de l'évacuation de Vital Kamerhe en Afrique du Sud, au sein du PPRD. Savoir où mettre ses pieds Un homme politique a très peu d'amis sincères. Par contre, il traîne derrière lui une foule de courtisans, dont il doit parfois se méfier. L'homme politique, dit-on, n'a que des intérêts à protéger ou à défendre. Le politicien, le vrai, qui veut atteindre les cimes, est un animal féroce et qui ne montre ses dents que pour croquer froid. Dans ces conditions, l'homme politique, averti, se garde de manger sans le moindre précaution dans des cocktails, en ville, chez des prétendus " amis ", et autres " frères " de tribu, chez n'importe qui et n'importe où… "L'empoisonnement " de Kamerhe, si elle se vérifie, est le prélude de tous les mauvais coups auxquels pourraient se livrer les hommes politiques, dans les mois à venir, face aux enjeux politiques énormes, qui se profilent à l'horizon de juin 2005. Quelle erreur politique grave, si l'affreuse mixture a été préparée par les amis PPRD de Kamerhe. SALONGO HEBDO, 07/01/2005 |