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JOURNAL SALONGO
HEBDO République Démocratique du Congo Editeur - Directeur Responsable: Bondo Nsama site http://www.salongo.best.cd [email protected] |
Elections 2005
Le “sinon” de Louis Michel L'Union
européenne et la Communauté
internationale ont, une fois
de plus, concrétisé l'engagement pris vis-à-vis de
la Rdc, dans le cadre du processus électoral. En clair, la
Commission électorale indépendante a
bénéficié, le week-end dernier, d'une contribution
supplémentaire de 80 millions d'Euros. A ce montant, il faut
ajouter les cinq millions d'Euros destinés à la formation
des brigades spéciales de police chargées de la
surveillance des élections. Cette double enveloppe a
été symbolisée par la signature de la convention
de contribution entre M. Louis Michel, commissaire européen au
Développement et à la l'Aide humanitaire et M.
l'Abbé Malu Malu, président de la Cei.Aucun partenaire international ne souhaite le report des élections prévues, conformément au délai constitutionnel, en juin 2005. Louis Michel a prévenu les Congolais, " Pas de report des élections, sinon le robinet sera fermée ". Une interpellation que les Congolais doivent prendre au sérieux. Elle ne constitue certainement pas une menace, mais plutôt un rappel à l'ordre. Un rappel au respect des engagements pris, en précisant particulièrement que l'article 196 de l'Accord de Cotonou, signé entre les pays ACP et l'Union européenne, stipule que tout pays qui ne respecte pas le processus électoral risque d'encourir des sanctions, allant jusqu'à la suspension de la coopération au développement. Les élections auront-elles lieu ? Les élections auront certainement lieu en Rdc. A quel moment ? C'est la question. A six mois de la fin de la transition, force est de reconnaître que la Rdc a enregistré un retard quasi irrécupérable quant à la réalisation de certains préalables électoraux. C'est le cas notamment de l'intégration et de la formation de l'Armée nationale. Aussi longtemps que la Rdc ne dispose pas d'une armée, mais des armées composées des 340 mille hommes appartenant aux composantes et entités belligérantes, l'organisation des élections en juin 2005 devient une gageure, un pari impossible à gagner… La question de la formation de l'Armée nationale est cruciale. Elle est déterminante, pour la suite et l'aboutissement du processus. C'est l'une des questions essentielles. Outre l'absence d'une volonté politique suffisante pour la formation et l'intégration des forces combattantes des ex-belligérants au sein des Fardc, due à des calculs et agendas cachés, il faut relever l'inexistence de budget à cet effet. La classe politique a longtemps occulté le débat sur l'armée, en raison de ces calculs politiques condamnables. Le processus risque de se terminer en cul de sac, aussi longtemps que l'Armée ne sera pas unifiée, intégrée. Des sources dignes de foi révèlent que notre pays a besoin, au minimum, d'une dizaine de brigades, pour veiller à la bonne tenue des élections. Ces brigades seront chargées d'assurer la sécurité des bureaux de vote, lors du scrutin électoral. Nos besoins se chiffrent à neuf millions d'Euros, pour la formation des neuf mille policiers. L'Union européenne n'est intervenue, le week-end dernier, que pour 5 millions. Au gouvernement de la Rdc de couvrir les 4 millions restants. Bref, le budget 2005 en préparation doit impérativement comporter la rubrique formation et intégration de l'Armée. La Cei a besoin des 285 millions de dollars US Sur les 285 millions de dollars US prévus pour le processus, la Cei ne dispose que de 106 millions de dollars US. Pour Louis Michel, " les élections restent à l'entière responsabilité des Congolais. Elles seront ce que vous en ferez. Ce n'est pas la Communauté internationale qui peut les organiser et les réussir à votre place. Il appartient au gouvernement de s'y impliquer financièrement et matériellement ". Toutefois, le commissaire européen au Développement et à l'Aide humanitaire a été rassurant, en promettant expertise et moyens tant matériels qu'humains, en vue de la réussite des élections. Quant au gouvernement congolais, il a récemment annoncé des promesses des fonds… Quelle que soit la volonté politique des membres de la Cei ou le volume des contributions financières des partenaires extérieurs, la Commission électorale indépendante ne peut agir seule. Le Parlement doit notamment lever des options politiques réalistes, pour permettre à la Cei d'élaborer son calendrier électoral et préparer en même temps un budget conséquent. Les 285 millions de dollars US actuels que la Cei a prévus pour le processus électoral peuvent s'avérer finalement excessifs. A cet effet, l'Abbé Malu Malu pense, qu'il faut absolument organiser les élections. Il faudrait, dans ces conditions, envisager l'hypothèse d'une révision à la baisse du budget initial de 285 millions de dollars. Les responsabilités du Gouvernement et du Parlement Conformément à la Constitution, seule la Cei peut se prononcer sur le report du délai constitutionnel de 24 mois de la transition, après avis de l'Assemblée nationale et du Sénat. Pour que la Cei ne soit pas contrainte d'exiger la rallonge - tout aussi constitutionnelle - de six mois supplémentaires du processus de transition,il faut que le gouvernement manifeste suffisamment de volonté politique, au niveau de l'espace présidentiel et des autres membres du gouvernement, d'organiser les élections dans le délai. Or, au lieu d'œuvrer comme leadership, les gouvernants se sont illustrés par des chamailleries, la méfiance réciproque et en créant des crises politiques sans fondement consistant. C'est parce que ces crises étaient fondées sur du sable, c'est-à-dire sur des futilités, des calculs politiciens, des soupçons ou des rumeurs, qu'elles n'ont pas emporté la transition. Il faut que le gouvernement accélère le traitement des dossiers importants, prenne rapidement l'initiative des lois essentielles, débatte et décide de passer à la phase de la formation et de l'intégration de l'Armée, afin d'éviter au pays le retour des démons des conflits armés. L'Assemblée nationale et le Sénat doivent s'impliquer totalement dans l'élaboration des lois : le projet de la Constitution, la loi électorale… Le projet de Constitution devra apporter les solutions réalistes aux problèmes qui se posent actuellement, effarouchent les uns et les autres ou qui freinent notre élan sur la voie du processus. La Rdc est un pays aux dimensions continentales qui n'a pas fini de sortir des affres des guerres d'agression et de rapine. C'est un non-Etat qui recherche son identité. Il faut que la Constitution de la 3ème République envisage également des réponses aux questions qui se poseraient, au lendemain des opérations électorales. C'est le cas des décisions de la Cei, des arrêts de la Cour suprême de justice qui devraient s'imposer indistinctement à tous. Il en est de même de la nouvelle armée nationale restructurée et intégrée qui devra être républicaine, apolitique et au service de la nation. Il faudrait compter avec les préalables fondamentaux relatifs à l'organisation des élections, dans le délai. Car, ne pas organiser les élections, selon le délai constitutionnel, c'est se faire hara-kiri. L'Union européenne plaide, en toute conséquence, pour l'accélération du processus, en privilégiant les éléments qui donnent aux Congolais des raisons d'espérer… Notre peuple a le droit de désigner les dirigeants de son choix, à travers le futur scrutin électoral. Les élections ne sont pas la panacée à tous nos problèmes. Elles pouvaient générer d'autres problèmes. Mais, il faudrait, d'ores et déjà, envisager des mécanismes qui éviteraient à la Rdc que l'après-élections soit pire que l'avant-élection. Qui a des oreilles !... «Pas de report des élections. Pas de prolongation de la transition, sinon c'est la fermeture de robinets d'aide au développement». Tel est en substance le double message, à la fois ferme et concis sur le volet du processus de la transition en Rdc par Louis Michel. Les Congolais sont contraints de garder la ligne droite qui doit les conduire, en juin 2005, à l'organisation des élections libres, démocratiques et transparentes. L'Union européenne promet à la Rdc des aides substantielles, au cas où les élections sont organisées dans le délai. Le processus électoral doit enfin permettre à l'histoire de rendre justice au peuple congolais et les gouvernants doivent y veiller. Dans le cas contraire, c'est encore et toujours la même population congolaise qui sera soumise forcément à la diète… Mais, gare au retour de la manivelle. Je dirai à la suite des prêtres catholiques : ''Oyo aza na matoyi ya koyoka,… Ayoka !'' Autrement dit, que celui qui a des oreilles… entende ! Plus exactement, un homme averti en vaut deux. BONDO NSAMA SALONGO HEBDO 23/12/2004 |