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JOURNAL SALONGO
HEBDO République Démocratique du Congo Editeur - Directeur Responsable: Bondo Nsama site http://www.salongo.best.cd [email protected] |
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La transition
à la loupe
L'optimisme de Kabila contraste avec le réalisme de Ruberwa Le thème politique par excellence de l'année 2005 demeure les élections. Le scrutin au 30 juin ou après le 30 juin 2005 ? Outre l'Accord global et inclusif, la Constitution de la transition, tous les discours politiques et les prises de position des partenaires occidentaux s'accordent sur l'organisation des élections, au 30 juin 2005, objectif final et aboutissement de la transition. Il est du droit du peuple congolais de choisir librement les dirigeants qui présideront demain aux destinées de la Troisième République. De partout, on déplore cependant l'absence d'une réelle et ferme volonté politique des animateurs des institutions de la transition d'organiser les élections, dans le délai constitutionnel de 24 mois, conformément à l'article 196 de la Constitution. Il est vrai que " la prolongation " de deux fois six mois, tant qu'elle est demandée par la Cei et avalisée par l'Assemblée nationale et le Sénat, est parfaitement constitutionnelle. Mais, la classe politique a été la première à la dénoncer. Le Président de la République déclarait au cours d'une interview, mi-octobre 2004, qu'en cas d'échec du processus électoral, la logique voudrait que tous les animateurs de la transition acceptent de démissionner. La perspective de l'alternance politique, au 30 juin 2005, avait particulièrement réjoui l'opposition politique, dont l'Udps qui n'avait pas raté l'occasion pour saluer l'initiative personnelle du Président Kabila. L'engagement du chef de l'Etat a ouvert la voie à des prises de positions et commentaires en sens divers… Joseph Kabila déterminé à conduire le pays aux élections en 2005 Simple vœux de "Bonana réelle volonté ou ferme engagement politique, le message de vœux de Nouvel An du Chef de l'Etat est on ne peut plus clair et explicite, au sujet de la tenue des élections en 2005. Pour Joseph Kabila, " L'année 2005 sera bel et bien une année électorale. Toutes fois le chef de l'Etat se garde d'avancer une date précise, quoiqu'affirmant sa " détermination à conduire le pays à la tenue des élections… Chacun à sa manière, nous allons achever cette année 2004, pour entamer 2005, année décisive et historique dans la mesure où elle va présider l'aboutissement de la transition et à l'avènement de la nouvelle République ". C'est à l'occasion de son investiture, en qualité de président de la République, que le Général Major Joseph Kabila avait pris l'engagement de conduire le peuple aux élections, pour élire les dirigeants de son choix. Pourra-t-il tenir parole, face aux divers pesanteurs et aux handicaps qui jonchent le processus de la transition ? Pour Kabila, " Nous devons continuer à poser chaque jour des jalons en, vue de relever les défis importants qui conditionnent la réalisation de cet objectif ultime ". Etienne Tshisekedi : "Mettons tous le cap sur la date du 30 juin 2005 ". Pour le président de l'Udps, les Congolais " doivent mettre le cap sur la date du 30 juin 2005, au lieu de se laisser distraire par la disposition de l'Accord global et inclusif qui prévoit une prolongation de deux fois six mois ". Pas de prolongation de la transition, surtout Etienne Tshisekedi dans son message de fin de l'année, en précisant notamment que " personne ne doit se laisser distraire non plus par une autre alternative, selon laquelle un gouvernement capable prendrait la place de la formule 1+4, pour conduire le pays aux élections avant le 30 juin 2005. Respectueux des accords et textes légaux, le leader de l'Udps est tranchant au sujet du délai de la transition qui court jusqu'à la date du 30 juin 2005. Elle ne peut donc pas être arrêtée avant cette date, par l'avènement d'une nouvelle structure institutionnelle, soutient-on à l'Udps. Tshisekedi affirme également que le peuple, qui est au courant de la disposition sur la prolongation de la transition, n'en veut pas. " Cette disposition, conclut-il, est du fait même caduque ", surtout que la conclusion et la signature de l'Accord l'ont été, au nom du peuple congolais, souverain primaire, décidé à aller aux urnes à la date du 30 juin 2005. Tel est le message de Tshisekedi aux Congolais en général et aux combattants de l'Udps en particulier. Qu'adviendrait-il sans concertation préalable des institutions, des états-majors des Fardc, du Ciat, et des forces politiques et sociales, si les élections n'ont pas lieu à la date du 30 juin 2005 ? Les élections au 30 juin 2005 compromises ? L'optimisme du Président Joseph Kabila contraste avec le pessimisme ou le réalisme du Vice-président Azarias Ruberwa qui pense que les élections ne doivent pas se tenir, au 30 juin 2005, sans que le gouvernement n'ait rempli les préalables fondamentaux. Entre-temps, Aldo Ajello, Louis Michel, le conseil de sécurité de l'Onu et tous les partenaires occidentaux impliqués dans le processus de la transition en Rdc, estiment que les Congolais doivent faire montre d'une ferme volonté politique, en vue d'organiser aux élections, dans le délai constitutionnel. Tous s'opposent à la prolongation de la transition et menacent de suspendre l'aide au développement, au cas où les élections ne sont pas organisées à la date du 30 juin 2005. Les causes de la compromission des élections pour juin 2005 sont à la fois endogènes et exogènes. Parmi les handicaps susceptibles de compromettre l'organisation des élections, on peut relever le rythme d'escargot avec laquelle les bailleurs de fonds internationaux délient les cordons de la bourse. Même lenteur dans l'adoption du budget 2005 par le gouvernement qui va recourir, trois mois durant, aux crédits provisoires votés récemment par le Parlement pour financer ses actions. C'est donc à moins de cent jours de l'échéance de la transition, que le gouvernement pourra disposer du budget 2005. Que pourrait-il faire concrètement, à trois mois de la fin de la transition? Que ferait la Cei, qui continue à tendre la main espérant voir la manne financière promise de partout y tomber promptement, afin de faire respecter l'échéance du 30 juin 2005 ? Outre le chapitre relatif aux finances, le processus de transition est handicapé par l'intégration et de la restructuration de l'armée, la question du désarmement, de la démobilisation et du rapatriement des Interahamwe, les promesses répétées du gouvernement d'améliorer les conditions de vie des fonctionnelles. Enfin l'invasion répétitive de l'Est de la Rdc par la soldatesque rwandaise, particulièrement les provinces du Nord-Kivu et Sud-Kivu et l'Ituri ou le Sud de la Province Orientale, constitue un autre os pour la tenue du scrutin en juin 2005. BONDO NSAMA L’EVENEMENT
Un peu de clarté Elections, élections, rien que des élections ! La surenchère s'enfle et charrie parfois des rumeurs les plus loufoques sur l'imminent cataclysme qui s'abattrait sur la Rdc si au lendemain de la date du30 juin 2005, que d'aucuns voudraient fatidique, le pays se réveillait au son des mêmes sirènes de la transition. C'est vrai qu'à l'entame de cette année 2005 chargée à la fois d'espoir de renaissance et de craintes d'un chao renouvelé comme après le 30 juin 1960, peu d'observateurs oseraient parier sur le succès final de l'entreprise menée depuis 18 mois dans la perspective des élections. L'année 2005 sera ou ne sera pas électorale, tout dépend de la docilité avec laquelle le calendrier va s'accommoder soit avec le fervent désir de la majeure partie de la population suspendue précisément au mythe du 30 juin 2005 soit avec la secrète envie de ces partisans intéressés de la marche de l'oie accrochés à l'éventualité constitutionnelle de la double prolongation. C'est dire que le gouvernement réaménagé sait d'ores et déjà qu'il n'aura pas le repos facile, qu'il aura fort à faire avec une pression quasi tellurique et de l'opinion et des évènements, d'autant que les politiques dont pourtant la responsabilité première est d'éclairer les masses sur les choix de société, se dotent inconsciemment ou délibérément de grilles d'analyse dont le moins que l'on puisse dire est qu'elles manquent cruellement de lisibilité pour le citoyen ordinaire. Dans cette arène électorale en effet dont le président de la République vient de dénoncer l'inauguration précoce, l'on assiste chaque jour à des prouesses démagogiques qui tendent à faire croire qu'il n'y a point de salut pour le peuple congolais au-delà d'un 30 juin 2005 orphelin d'élections. Non, que l'on cesse d'agiter l'épouvantail autour de la date du 30 juin qui n'est pas plus une date butoir au regard de l'article 196 de la Constitution que ne l'avaient été les journées des 3 et 4 juin 2004 au cours desquelles, munis de leur scalpel, les étudiants avaient opéré la classe politique de son inconséquence et la Communauté internationale de son insouciance, journées qui font systématiquement référence dans certains discours comme s'ils s'agissait de les ériger en modèle… insurrectionnels ? En revanche, le débat politique sur les échéances électorales gagnerait sûrement en clarté et donc en crédibilité si les protagonistes s'avisaient d'opter dans le cas d'espèce pour des solutions qui préservent la paix sociale et assurent au pays la garantie d'un passage en douceur de cette étape transitoire à celle de son renouveau démocratique. Norbert TUKULU SALONGO HEBDO 07/01/2005 |