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JOURNAL SALONGO
HEBDO République Démocratique du Congo Editeur - Directeur Responsable: Bondo Nsama site http://www.salongo.best.cd [email protected] |
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Bizima K.
ambassadeur de la Rdc à Londres ?
INACCEPTABLE ! Si l'éventualité se confirmait, c'est foutu pour le pays L'année 2005 qui vient
de commencer serait-elle l'année de tous les dangers ou celle de
tous les espoirs ? Cela dépend selon que l'on se trouve du
côté des pessimistes ou des optimistes, la
réalité étant cependant que l'horizon qui s'ouvre
ainsi avec l'avènement de la nouvelle année est plus
chargé d'inquiétudes que d'apaisements.
Dans son discours de fin d'année, le chef de l'Etat, lui, s'est résolument rangé dans le camp de ceux qui voient l'avenir de la Rdc sinon en rose tout au moins dans une position moins déplorable que celle qui a constitué son lot tout au long de ces dernières années, celles de l'ouverture démocratique inaugurées par le discours du défunt maréchal Mobutu le 24 avril 1990 comme celles des guerres d'agression et de trahison en passant par celles de l'illusion libératrice. Seul le proche avenir, celui compris entre ces six derniers mois de la Transition, déterminera la valeur de ses certitudes que, il faut bien le dire, tout le monde voudrait sincèrement partager, mais… Il y a effectivement un mois, ou plus exactement plusieurs réserves quant à la possibilité pour la Rdc de rompre dans ce laps de temps avec la monotonie de la crise de tous genres qui caractérise son existence. Une fois de plus, à l'occasion de ses vœux de Nouvel an à la Nation, le Président de la République a récité son credo sur son engagement à mener le pays aux élections dans le délai imparti. Et l'on sait que dans son entendement le délai imparti c'est celui de 24 mois qui expire le 30 juin 2005. Date à laquelle, comme il l'avait déjà déclaré auparavant, la transition devrait soit être couronnée de succès avec la mise en place de nouvelles institutions issues des urnes soit s'arrêter net avec la démission collective des animateurs de la transition. Y compris la sienne, faut-il le souligner au cas où lui-même ou les proches de sa famille voudraient entretenir l'ambiguïté là-dessus. Des obstacles à lever avec précaution Or, tout le monde s'accorde à dire que le chemin qui conduit aux élections n'est pas encore complètement balisé. Les obstacles que le Président de la République a appelé les différentes institutions concernées d'évacuer plus vite sont malheureusement de ceux qui exigent des intéressés une approche particulièrement réfléchie de façon à mettre le pays à l'abri des turbulences qui naîtraient inévitablement d'analyses superficielles. C'est notamment le cas du processus d'intégration de l'armée enfin en cours d'accélération dont les critères de brassage devraient obéir en priorité au professionnalisme et à l'expérience pour garantir au pays une armée véritablement de métier capable à tout moment de sauvegarder l'intégrité territoriale et la souveraineté de la Rdc. C'est aussi le cas de l'amnistie qui, tout indispensable qu'elle soit pour consolider l'unité et la réconciliation nationale, doit veiller dans le même temps à la nécessité de rendre justice aux centaines de milliers de victimes que les belligérants ont produites en cinq ans d'affrontements armés. C'est également le cas du processus de partage des responsabilités au niveau des services de sécurité, au sein des entreprises du Portefeuille et dans l'appareil diplomatique où le bon sens et l'esprit de nationalisme devraient absolument primer sous peine de brader les intérêts vitaux sécuritaires de la Nation, la survie du patrimoine national et les atouts internationaux du pays. Dans tous les cas, il s'agit de faire en sorte que les actions à entreprendre dans les dossiers en suspens s'inscrivent dans l'unique souci de privilégier les voies les meilleures qui puissent assurer une évolution optimale du pays vers son destin. Gare aux nominations à hauts risques Les tristes événements de Bukavu suscités par l'aventure de Laurent Nkundabatware et Jules Mutebusi, les péripéties du massacre de Gatumba, les gesticulations d'une partie des soldats de la 8è région militaire au beau milieu de l'agression rwandaise ont suffisamment démontré qu'aussi longtemps qu'elle ne sera pas en mesure d'anticiper grâce en particulier à une diplomatie de choc et à un réseau de renseignements éprouvé, la Rdc demeurera une proie facile pour les puissants de ce monde toujours résolus à la dépecer pour mieux se partager ses innombrables ressources. Or, ce n'est un secret pour personne que ces puissants qui préfèrent opérer dans l'ombre ont réussi à s'assurer à l'intérieur du pays des agents dociles à tout pour satisfaire les ambitions de leurs maîtres à penser. A cet égard, aucun domaine d'intérêt n'est ni oublié ni négligé, et toutes les subterfuges sont utilisés pour faire passer certains faits comme anodins ou découlant d'une logique élémentaire. Dans le cas notamment du partage des responsabilités envisagé dans la diplomatie, la logique élémentaire, confirme à l'Accord global et inclusif voudrait en effet que les composantes et entités désignent des candidats aux postes de représentation à l'étranger. Et c'est dans ce cadre que, statuant sur le sujet lors de la réunion de ses fondateurs, le Rcd a fait le tri de ses candidats ambassadeurs. Le parti d'Azarias Ruberwa n'est d'ailleurs pas le seul à se livrer à cet exercice puisque, comme l'a laissé entendre le Président de la République, les nominations dans ce secteur devraient intervenir incessamment. Mais là où le bât blesse, c'est lorsque des indiscrétions de couloir à l'issue de cette réunion du saint des saints du Rcd, parmi les futurs ambassadeurs proposés par ce parti figurerait Bizima Karamuheto (N.d.l.r. Le postnom avait été révélé par M'Zee L.D. Kabila), donné pour occuper la représentation de la Rdc en Grande-Bretagne et à l'Union Européenne. Si ce n'est pas de la provocation, ça y ressemble beaucoup. Fossoyeur de la diplomatie congolaise Le nom de Bizima, outre qu'il évoque automatiquement dans la conscience du peuple congolais le lien ombilical qui a lié l'Afdl au Rwanda jusqu'à la rupture du 2 août 1998 et aujourd'hui le Rcd au régime de Paul Kagame jusqu'à preuve formelle du contraire, est intimement associé à la déliquescence de la diplomatie congolaise dès l'avènement au pouvoir de M'Zee Laurent Désiré Kabila dont l'intéressé était le chouchouté ministre des Affaires étrangères. M'Zee ne l'avait-il pas défendu publiquement becs et ongles sur sa nationalité en jurant par ses grands dieux que Bizima était authentiquement congolais et qu'il en connaissait parfaitement les parents, avant de dévoiler tout aussi publiquement que l'homme se nommait en fait Bizima Karamuheto et qu'il était Rwandais pur sang ? Et lorsque l'on examine sur le rétroviseur le comportement de M. Bizima dans ses fonctions du ministre des Affaires étrangères, le constat de légèreté proche du sabotage ne souffre aucune contestation. Auprès de M'Zee dont il était un des hommes les plus écoutés il a joué le rôle de déstabilisateur des bonnes relations d'Etat à Etat que le régime précédent avait réussi à établir avec un bon nombre de pays parmi ceux qui comptent dans le monde, singulièrement ceux du Nord. Si la coopération bilatérale de la Rdc avec ces pays, rompue il est vrai sous le règne de Mobutu dès 1990, n'a pu être rétablie en dépit des bonnes dispositions des partenaires, Bizima y a été largement pour quelque chose. Et cela pas forcément dans l'intérêt du Congo comme on a pu d'ailleurs s'en rendre compte par la suite, mais souterrainement dans celui du Rwanda alors parrain incontesté qui tenait à avoir seul les coudées franches sans devoir subir la concurrence d'ailleurs. La recette trouvée à cet effet par M. Bizima était simple : réduire les représentations diplomatiques congolaises à leur plus simple expression en leur refusant les moyens de leur action. D'où l'accélération du processus de clochardisation des diplomates et discréditation de l'ensemble de l'appareil diplomatique du pays. D'un certain point de vue, l'on peut dire que l'intéressé a très bien réussi son travail de sape de la diplomatie congolaise au bénéfice de Kigali puisque c'est sur cette base que ce dernier a su jouer au lendemain de son agression d'août 1998 pour s'attirer les bonnes grâces de la Communauté internationale qui, on le sait, avait mis énormément de temps avant de reconnaître que le Rwanda avait effectivement attaqué la Rdc. Et voilà qu'aujourd'hui, c'est au même fossoyeur de la diplomatie congolaise que, semble-t-il, le Rcd songerait pour le proposer au poste d'ambassadeur à Londres. A Londres ? Pourquoi pas à la Havane ou à Ankara ou à Lisbonne ? Inacceptable Passe encore que Bizima Karamuheto soit désigné ambassadeur. Après tout il est déjà député et apparemment cela n'a pas dérangé beaucoup du monde. Mais le choix de Londres et de l'Union européenne comme postes d'attache ne peut que susciter des interrogations et l'on peut supposer que ce choix n'aurait pas été opéré par hasard au niveau du Rcd. Un choix dont, au lendemain de la nomination du nouveau gouvernement d'union nationale dans lequel l'ancien ministre des Affaires étrangères était cité parmi les entrants potentiels, l'éventualité prend de plus en plus de consistance. Disons-le tout de suite, pareille éventualité est tout à fait inacceptable. Inacceptable compte tenu non seulement du passage catastrophique de M. Bizima à la tête du ministère des Affaires étrangères, mais aussi en raison des penchants manifestement pro-rwandais du gouvernement britannique. Ce qui a en effet de commun entre Londres et Kigali, c'est la convergence des intérêts dans le pillage des richesses naturelles de la Rdc, convergence sur laquelle le rapport du panel d'enquêteurs de l'Onu a relevé un pan. Les réticences du gouvernement britannique à condamner ouvertement la nouvelle agression rwandaise n'en reflète que davantage l'existence. Bizima à Londres, c'est comme qui dirait un poisson dans l'eau qui se sentirait alors d'autant plus à l'aise qu'il parlerait le même langage avec ses interlocuteurs britanniques, le langage qui fait la part belle au Rwanda. Sombre perspective Ce qui est en jeu au cas où se confirmerait le choix de M. Bizima pour le poste de Londres, c'est finalement le sort de tout un pays qui serait livré entre les mains d'une puissance étrangère comme pour ses sympathies particulières vis-à-vis du Rwanda agresseur. La Grande-Bretagne ne constitue certes pas à elle seule la Communauté internationale, mais elle en est certainement un maillon important. Qui plus est, elle forme avec les Etats-Unis ce tandem anglo-saxon qui tire les ficelles et commandite ces guerres à l'Est dont le but inavoué de parvenir au morcellement de la Rdc pour en occuper par procuration les espaces ainsi libérés et d'en exploiter aisément les portions les plus juteuses. Dans ce contexte, la nomination de Bizima à Londres ressemblerait à la mise en œuvre d'une partie du plan de partition de la Rdc en ce que sa présence dans la capitale britannique doublée de ses entrées au siège de l'Union européenne constituerait un atout majeur non pas pour Kinshasa mais pour Kigali. Il faudrait donc quelque part se manifeste, pour l'intérêt de la Rdc, une volonté ferme d'empêcher que l'éventualité de cette nomination se transforme en réalité. Un Etat averti en vaut deux ! Bondo Nsama SALONGO HEBDO 07/01/2005 |