JOURNAL SALONGO
République Démocratique du Congo
Editeur - Directeur Responsable:
Bondo Nsama
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A LA UNE

Une mission de Kinshasa à Goma
Négociation dans une position de faiblesse

La mission de conciliation dépêchée par le pouvoir séjourne déjà à Goma où elle a entrepris des contacts et consultations avec les leaders des "mutins" des Fardc. Le président du Sénat, Mgr Marini Bodho qui conduit la mission a déjà été confronté aux revendications des mutins ayant placé la barre très haut. Ces soldats, issus de la branche armée du Rcd repoussent toute solution tendant à proposer leur mutation vers d'autres parties du territoire national. Bien plus, ils réclament le retrait de toutes les troupes dépêchées par Kinshasa dans le périmètre de Kanyabayonga et surtout d'autres axes. Etc.
Pourrait-on attendre mieux ? Ragaillardis par leur victoire très médiatisée lors de la bataille de Kanyabayonga, les soi-disant mutins ne pouvaient lésiner sur les revendications. Et Kinshasa doit avoir mal apprécié l'opportunité d'une telle mission au moment où l'ennemi est auréolé d'une victoire. La prise de Mubi par les Fardc, un centre très important pour une épopée militaire, n'a pas bénéficié d'une même publicité dans les médias locaux et internationaux. Ce faisant, les conservateurs du Rcd se présentent en position de force sur la table des négociations. La mission de Marini Bodho risque ainsi de s'enliser dans les supplications et concessions pas loin de la trahison.
Au moment où la Monuc a franchi le rubicond pour annoncer sa conviction quant à la présence du matériel, des munitions et des soldats rwandais aux combats de Kanyabayonga, la quintessence de la mission gouvernementale s'étiole.
L'autorité de l'Etat sur son territoire ne peut  se prêter à des cogitations avec un ennemi venu de l'autre côté des frontières nationales. Pas plus que des prétendus mutins ne peuvent s'arroger le luxe de circonscrire les limites du pouvoir central.
Ne ressortirait-il pas à la capitulation sur toute la ligne que de se plier aux exigences de Kagame sous le couvert de fallacieux mutins ? Concomitamment à la démarche politique et diplomatique, Kinshasa ne peut se dérober de l'obligation de rassurer quant à la souveraineté nationale, la primauté de l'Etat sur des individus ou groupuscules. Les Congolais sont en outre dans la soif de se convaincre que ses soldats sont pour le moment capables de hauts faits d'armes.
C'est dommage que la prise de Mubi ait été effleurée par les médias, sans que les autorités congolaises ne réussissent une publicité suffisante. L'on ne saurait se douter de l'appui efficace des médias locaux dans le combat pour la réunification effective du territoire national et la restauration de l'autorité de l'Etat. Il persiste une interrogation majeure cependant : sait-on en amont capitaliser l'appui des journalistes ?
Aucune rédaction n'aurait décliné l'offre de débarquer sur Mubi ou d'aller rencontrer les deux soldats rwandais capturés à Kanyabayonga. Il serait malaisé d'attendre que les carottes soient cuites pour associer la presse nationale.
JLF


RDC – Belgique - RWANDA
De Gucht toise Kagame, mais…

Les événements se déroulant dans le Nord-Kivu ne pouvaient laisser indifférente la Belgique notre ancienne puissance colonisatrice. Le ministre Belge de ce royaume, Karel de Gucht, a mis en garde, vendredi, les pays voisins de la Rdc et les invite à un comportement responsable.
Le chef de la diplomatie belge a également condamné le langage menaçant qui a été utilisé antérieurement par Kigali contre la Rdc. Pour lui, l'inviolabilité territoriale du Congo doit être respectée. Il a, par conséquent, promis d'intensifier ses contacts avec les responsables de la région afin de les exhorter à prendre une attitude responsable et à contribuer au retour de la stabilité à l'est du Congo.
Cette déclaration de De Gucht est cependant accueillie par les Congolais avec indifférence et même considérée comme une nouvelle insulte à l'endroit de notre pays. Car, si Kagame continue à se montrer arrogant et à narguer la Rdc, c'est parce qu'il se sent et se sait protégé par les Occidentaux et particulièrement par certains milieux  belges dont est issu le ministre actuel des Affaires étrangères du pays d'Albert II.
En effet, en attribuant des satisfecits aux dirigeants rwandais et en qualifiant ceux  de la Rdc d'incompétent, De Gucht n'a fait qu'encourager le ''mwami'' de Kigali dans ses ambitions hégémoniques de vouloir conquérir tout l'est de notre pays. Ces condamnations, après coup, ne sont qu'hypocrisie et duplicité. D'ailleurs, elles ne suffisent pas. Elles auraient dû être accompagnées des menaces ou des sanctions pour rassurer les Congolais des bonnes intentions de la Belgique. C'est aussi au moment des paix qu'il fallait tenir un tel langage.
Les Congolais attendent plus de la  Belgique et de la communauté internationale que des discours justes bons pour endormir les gens. La Rdc a plus besoin de la levée d'embargo sur les armes qui la frappe depuis 1990 qui de lui imposer la mission suicidaire de désarmer les interahamwe, sans doute avec les bâtons.
De Gucht devait s'inspirer du comportement de son prédécesseur, Louis Michel. Lui, au moins, a promis au nom de l'Union Européenne, de plaider auprès des organisations internationales pour un renforcement du mandat de la Monuc de manière à régler une fois pour toutes la question des interahamwe et des ex-Far. Le commissaire européen à la coopération et au développement s'est aussi engagé  à dire à Kagame de garder son calme pour qu'il y ait plus d'incursion rwandaise au Congo.
Mais bien équipée, notre armé n'aura pas besoin des forces  de l'ONU pour restaurer l'ordre et la paix sur toute l'étendue de notre territoire. Kagame n'aura plus de prétexte à venir récupérer ses génocidaires et rebelles.
 BNM


Suspension de la commission mixte de  lutte contre la drogue et le crime organisé

La commission mixte de répression des drogues et des crimes organisés vient d'être suspendue. L'information a été livrée à Salongo par le président du comité interministériel de lutte contre la drogue et le crime organisé, M. Pierre-Didier Mpini Moke Monsemvula Keska. Cette mesure disciplinaire a été rendue nécessaire à la suite des manquements graves relevés dans le chef des membres de ladite commission.
Il a été, en effet, constaté que ces derniers temps, que ces éléments commettaient beaucoup d'abus dans l'exercice de leurs fonctions, notamment sur les lieux de desserte et des opérations. Jamais n'ont été établis les procès-verbaux de saisie. Bien plus, les appareils de communication par exemple, sont confisqués au même titre et en même temps que les produits faisant l'objet de l'infraction. Certains autres biens de valeur, principalement les montres et les bijoux, sont tout aussi extorqués.
Rappelés plusieurs fois à l'ordre au cours des causeries morales se tenant chaque mardi et vendredi : les intéressés n'ont pas voulu se corriger. C'est ainsi que le président du comité, comme responsable et serviteur de Dieu, vient de suspendre deux officiers, un homme et une femme, qui avaient excellé en tracasseries de toutes sortes.
S'agissant des autres commandants, il leur sera donné une formation accélérée sur la procédure judiciaire, la déontologie policière et la rédaction des procès-verbaux. Car, tous ces abus sont dus à l'ignorance des règles d'usage en matière de lutte contre la drogue et le crime organisé. Ces cours pourraient s'étendre aux autres policiers de bonne volonté désireux d'apprendre.
Ces mesures arrivent à un bon moment. Car elles pourraient permettre d'éviter aux paisibles citoyens d'être l'objet de nombreuses tracasseries pendant les fêtes de fin d'année. La population souhaite cependant que les agents véreux soient traduits en justice pour subir la rigueur de la loi. Néanmoins, il faut féliciter le président Mpini Moke pour avoir cassé le mythe de l'impunité et de parapluie dont pensaient bénéficier les éléments suspendus.
BNM
JOURNAL SALONGO 20/12/2004

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