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JOURNAL
SALONGO
République Démocratique du Congo Editeur - Directeur Responsable: Bondo Nsama site http://www.salongo.best.cd [email protected] |
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A
LA UNE
La guerre rapporte gros au Rwanda Kigali devenu le centre mondial du commerce du coltan congolais Plusieurs raisons peuvent
justifier le déclenchement d'une guerre. Les plus plausibles ont
trait à la défense de l'intégrité du
territoire national et à la sécurité
intérieure et extérieure du pays. Lorsque les tutsis
congolais du Sud Kivu, alias Banyamulenge, instrumentalisés par
une puissance étrangère ont pris les armes en septembre
1996, la raison avancée a été ''la revendication
de leur nationalité congolaise". Au lieu de se conformer
à la loi relative à l'acquisition et à la perte de
la nationalité, les Congolais d'origine rwandaise avaient
privilégié le recours à la violence. Les
conséquences de cette décision sont globalement
négatives pour la RDC.
CPMMais tel n'a pas été le cas pour les parrains rwandais et ougandais dont la guerre en Rdc a été une source d'enrichissement illicite. Cela a été le cas lors de la première guerre dite de ''libération'' et de la deuxième à partir du 2 août 1998 jusqu'à la signature de l'Accord global et inclusif en décembre 2002. Motifs économiques et non sécuritaires L'appétit vient en mangeant dit la sagesse populaire. S'étant rendu compte de gros bénéfices générés par les deux premières guerres en Rdc, le Rwanda vient d'en déclencher une troisième. Comme lors de deux précédentes, les troupes rwandaises combattent sous couvert d'un conflit congolo-congolais. Il ne s'agit que d'un subterfuge qui ne trompe personne. La vérité est connue de tout le monde. Le Rwanda profite du moindre prétexte pour envoyer son armée dans l'Est du Congo. Depuis une semaine, les forces armées rwandaises combattent aux côtés de quelques soldats mutins de la 8è région militaire qui s'opposent, armes au poing, contre le déploiement de 10.000 éléments des Fardc dans l'Est du pays. Curieusement, tous les insurgés sont d'origine rwandaise. Une fois de plus les Congolais d'expression rwandophone, brandissent la menace - imaginaire - d'un complot contre leur communauté. Absurde. Car depuis la signature de l'Accord global et inclusif, la communauté des banyarwanda est surreprésentée dans toutes les institutions de la Transition. Contrairement aux centaines d'autres communautés regroupant toutes les ethnies et tribus congolaises recensées par le colonisateur belge. La vraie raison des affrontements actuels dans le Nord Kivu est d'ordre économique. Contrairement aux dénégations des autorités rwandaises, ce sont les éléments de l'armée patriotique rwandaise qui dirigent les opérations à Kanyabayonga. On n'est mieux servi que par soi-même. La guerre rapporte gros au Rwanda La présence des soldats rwandais sur le territoire congolais n'est plus un secret pour personne. Sauf pour la nébuleuse Communauté internationale dont les représentants en Rdc continuaient à nier l'évidence plusieurs jours après le début des hostilités. Pour des raisons qui lui sont propres, en effet, la Mission des Nations Unies au Congo " Monuc " refusait de voir les soldats rwandais dans le Nord Kivu. En symbiose parfaite avec Kigali dont ils semblent être les porte-parole, les observateurs de la Monuc ont parlé d'affrontements congolo-congolais. Menteurs et rusés invétérés, les Rwandais qui semblent mieux écoutés que les Congolais clament orbi et urbi que l'Apr n'est pas au Congo. Alors que quelques jours plus tôt, le Président Kagame annonçait pompeusement le retour de ses troupes dans l'Est de la Rdc pour y traquer les Interahamwe et les ex-Far auteurs présumés du génocide de 1994. En fait Kagame veut maintenir ses troupes en permanence sur le sol congolais pour s'assurer l'exploitation des ressources naturelles dont regorge cette partie de la Rdc. Notamment le Coltan dont Kigali est devenu le centre mondial de négoce. En clair, la guerre en Rdc rapporte gros au Rwanda. Mettre fin à la guerre, c'est voir tarir la source de recettes faramineuses générées par l'exportation des minerais volés au Congo. Sus au mercantilisme de l'Occident ! Loin d'interpeller les nations dites " civilisées " de l'Occident qui se proclament par ailleurs comme les promoteurs et les défenseurs des droits de l'homme, le pillage des ressources naturelles congolaises contribue à la prospérité des économies occidentales. C'est, en effet à Londres, Washington, Paris, Bruxelles etc. qu'atterrissent toutes les ressources minérales, forestières et autres pillées par les Rwandais et achetées et commercialisées par les multinationales et la maffia occidentale. Depuis septembre 1996 jusqu'à ce jour, l'économie occidentale tire profit des guerres récurrentes qui embrasent la Rdc. Aucun responsable politique occidental n'a jamais stigmatisé l'exploitation illégale des ressources naturelles congolaises. Il suffit de se souvenir du sort qui a été réservé au rapport du Panel des experts de l'Onu sur le pillage des richesses naturelles congolaises pour être édifié sur la duplicité des Occidentaux. Le cynisme de ces derniers est tel que les millions des Congolais morts depuis 1996 les laissent totalement indifférents. A l'exception de la dernière guerre mondiale, les guerres en Rdc ont provoqué la mort de plus de victimes que tous les autres conflits qui ont secoué le monde depuis 1945. Hélas l'esprit mercantiliste des dirigeants des pays industrialisés a pris le dessus sur la morale et l'humanisme. Autrement dit, les millions des dollars générés par le pillage des richesses naturelles de la Rdc l'emportent sur les souffrances indicibles, les massacres et les violations des droits de l'homme dont les populations congolaises sont victimes depuis septembre 1996. Au lieu d'éliminer la cause profonde des guerres dont la Rdc est victime la fameuse Communauté internationale fait semblant de s'attaquer aux causes superficielles, voire aux effets. Tout le monde sait que ce sont des guerres de rapine dont la Rdc est le théâtre. Mais puisque ces guerres profitent énormément aux parrains américains, anglais et autres du Rwanda, ces derniers ne peuvent pas les arrêter. Kigali : centre mondial de commerce du Coltan ! La République Démocratique du Congo est victime des richesses naturelles incommensurables dont regorgent son sol et son sous-sol. Ces richesses suscitent des convoitises que la Rdc n'est pas toujours en mesure de contrer efficacement. Au contraire, la désorganisation totale des structures sociales, économiques et sécuritaires est mise à profit par les rapaces de la haute finance internationale pour fondre littéralement sur le Congo et le dépecer comme une proie inoffensive. Kigali est actuellement accepté par l'Occident comme centre mondial de commerce du coltan congolais comme il l'a fait précédemment pour Brazzaville comme grand exportateur d'une matière précieuse - le diamant - que la République du Congo produit en quantité limitée. Il a fallu attendre l'entrée de la Rdc dans le processus dit de Kimberley pour que cette anarque apparaisse au grand jour. Le ministre des Minies suspendu Diomi Ndongala a dû batailler dur pour que la Rdc soit reconnue comme productrice des millions de carats de diamant naguère exportés par la République sœur du Congo-Brazzaville. Une des retombées positives du processus de Kimberley est l'accroissement géométrique du volume du diamant congolais exporté et partant, des recettes générées par ces exportations. Aide-toi, le ciel t'aidera. L'exportation frauduleuse du diamant congolais qui date de longtemps aurait continué si le ministre des Mines Diomi Ndongala Nzomambu n'avait déclenché une lutte sans merci contre la maffia interne et externe qui a toujours profité de cette substance précieuse. Nous pensons que la même démarche doit être adoptée en ce qui concerne le coltan et toutes les autres ressources congolaises (minérales forestières et autres) dont le Rwanda est devenu le grand exportateur. La Rdc : un vrai pactole pour le Rwanda Le Rwanda bénéficie des soutiens extérieurs évidents. Il s'agit notamment de ceux de Washington et Londres qui lui fournissent directement ou via Pretoria, les équipements et les instructeurs militaires dont il a besoin pour guerroyer en Rdc et y dérober les ressources naturelles qui lui font cruellement défaut. Les Etats n'ont que des intérêts. Les raisons d'ordre sentimental ne justifient pas totalement le soutien des Anglo-saxons. En retour, ces derniers tirent largement profit des fonds investis dans les campagnes militaires du Rwanda en Rdc. A sa manière, Kigali rend l'ascenseur à ses protecteurs américains et anglais en permettant à leurs multinationales de commercialiser divers produits du sol et du sous-sol exploités illégalement en Rdc. Il est fort probable que le volume des transactions des entrepreneurs - mercenaires anglo-saxons dépasse de loin les enveloppes consenties par Washington et Londres à Kigali. Mais mise à part ce que les protecteurs de Kagame tirent du trafic illicite des richesses naturelles congolaises, la Rdc est un vrai pactole pour le Rwanda. En effet, le Rwanda est l'un des pays les plus pauvres du monde. Il est constamment sous perfusion anglo-saxonne. Son sol et son sous-sol ne sont pas suffisamment pourvus en ressources naturelles capables de générer les ressources financières dont il a besoin pour son développement encore moins pour soutenir 8 ans de guerre au Congo. En tout cas, il ne fabrique ni armes, ni minutions. C'est dire que Kigali doit continuellement entretenir la tension en Rdc, notamment en alléguant les menaces à la sécurité du Rwanda entretenus par les Interahamwe et autres ex-Far réfugiés en terre congolaise au lendemain du génocide de 1994. Au lieu de se lamenter et de pleurnicher, les autorités congolaises doivent prendre la mesure exacte des agressions répétées dont la RDC est victime. Le Rwanda serait-il devenu l'Israël de la région des Grands Lacs ? Si oui, Kigali devrait, à l'instar d'Israël, envisager sérieusement la construction d'un mur de sécurité sur les quelques 200 Km de frontière avec la Rdc. Américains et Anglais financeraient, certainement un tel ouvrage qui préserverait la prunelle des yeux de l'ancienne Secrétaire d'Etat, Madeleine Allbright. JOURNAL SALONGO 20/12/2004 |