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JOURNAL SALONGO
HEBDO République Démocratique du Congo Editeur - Directeur Responsable: Bondo Nsama site http://www.salongo.best.cd [email protected] |
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La
Transition à la loupe
Risque
de nouvelles exigences des ex-belligérants
Dans
son édition, n°236 du 21 au 27 janvier 2005,
" Salongo " proposait une solution pour
éviter le chaos, au cas où les élections
n'étaient pas organisées avant le 30 juin 2005. Nous
proposions " la convocation d'un conclave " réunissant des
délégués des institutions de la transition, de
l'opposition politique non engagée dans les institutions, le
Ciat et la Monuc… pour une nouvelle feuille de route.
" Salongo " est heureux de constater qu'un " comité mixte d'appui technique d'évaluation des textes légaux " a été mis en place, depuis le 24 janvier 2004, en vue de l'élaboration rapide de la future Constitution et la réflexion sur le processus électoral. De même, la commission mixte Institutions congolaises - Monuc - Communauté internationale a été instituée. Elle réfléchira sur les lois essentielles, conformément à la résolution 1565 du Conseil de sécurité des Nations Unies du 1er octobre 2004. Il s'agit, en clair, de la constitution d'un groupe de pression, en vue de faire avancer le vote des lois essentielles. Ces assises pourraient conclure, après évaluation de la transition, sur proposition de la Cei, à un éventuel report des élections prévues en juin 2005. On fait du "sur place" A peine sortie des " soins intensifs ", la transition risque de subir une nouvelle crise, dont l'une des conséquences majeure serait le ralentissement du rythme du processus électoral. Prévue pour 24 mois, conformément au point IV de l'Accord global et inclusif, la période de transition a pris effet à compter du 30 juin 2003, date de l'investiture du gouvernement de transition. La fin de la période de transition sera sanctionnée par l'élection du nouveau Président de la République qui interviendra après les élections législatives. L'opinion s'interroge autant qu'elle s'inquiète au sujet du respect par la classe politique, précisément par les gestionnaires des institutions, de la durée de la transition. L'Accord global et inclusif, de même que la Constitution de la transition fixent la période relative à l'organisation des élections " dans les 24 mois " qui suivent le début de la période de transition. Soit, au plus tard, le 30 juin 2005, les élections locales, législative et présidentielles devront être organisées. La transition, conformément à ses objectifs principaux, semble marcher sur place, en raison notamment du déficit de volonté politique des hommes au pouvoir et de peu d'attention et d'engagement de la Communauté internationale vis-à-vis de la Rdc. On ne peut pas parler de la réunification ni de la pacification du pays, tant que le district de l'Ituri échappe à l'administration du gouvernement de transition. De même, tant que la contrée de Kanyabayonga et ses environs sont séparés du reste de la République par " une zone tampon ", une création de M. Swing en vue de protéger soldats rwandais et fameux " mutins" de la même 8ème région militaire. La pacification et la restauration de l'intégrité territoriale restent des mots creux. Autant des préalables qui hypothèquent de rétablissement de l'autorité de l'Etat sur l'ensemble du pays et la reconstruction nationale. Quant à la réconciliation nationale, elle est constamment soumise à l'épreuve des chamailleries et des agendas cachés des composantes et entités du Dialogue intercongolais. Les débats autour de la formation d'une armée nationale, restructurée et intégrée échoppent sur les positions diamétralement opposées des uns et des autres. Réunification de toutes les milices ? Démobilisation, désarmement, recrutement et formation des éléments devant faire partie des unités des Fardc ? Bref, jusqu'à ce jour, aucun objectif de la transition n'a été totalement atteint. Peut-on organiser les élections sans tenir compte des objectifs principaux de la transition ? La période de la transition peut subir quelques modifications. Les composantes et entités ont prévu les conditions de prolongation de la période de transition. Laquelle «peut être prolongée de 6 mois, renouvelable une seule fois pour une durée de 6 mois, si les circonstances l'exigent, sur proposition de la Commission électorale indépendante (Cei) et par une décision conjointe et dûment motivée de l'Assemblée nationale et du Sénat». Toutefois, la prolongation ne peut être envisagée qu' " en raison de problèmes spécifiquement liés à l'organisation des élections "… D'où l'implication de la Cei, qui doit en faire la proposition, non pas à la presse, de surcroît internationale, mais au Parlement congolais, pour décision. En d'autres termes, il revient à l'Assemblée nationale et au Sénat, si la Cei en fait la proposition, d'examiner, " si les circonstances exigent ", une prolongation. Le pessimisme de la Cei est contagieux... Le président de la Cei s'est déjà confié à la presse, en faveur de la prolongation de quelques mois de la période de transition. La raison essentielle évoquée est l'impératif de boucler les opérations de vote, avant le retour des pluies. Et si, la Cei rate l'organisation du scrutin avant octobre 2005, il faudrait certainement attendre la fin de la saison des pluies, pour envisager la tenue du scrutin. Nous serons déjà en juin 2006. Il y a pourtant des impératifs plus contraignants qui plaident pour la prolongation de la transition, en dehors des impératifs climatiques. L'aide promise par les partenaires occidentaux à la Cei tarde à être versée entièrement. Pour l'Occident, la Rdc n'est pas une priorité, par rapport à d'autres enjeux, à travers le monde. D'où des promesses sans lendemain, voire l'indifférence et le laxisme dont on accuse souvent la Monuc. On comprend également que le Ciat " chargé ", selon l'Annexe IV de l'Accord de Pretoria " d'arbitrer et de trancher tout désaccord pouvant survenir entre parties au présent Accord " ne tranche jamais. Il préfère laisser pourrir la situation, tout en menaçant de fermer le robinet d'aide à l'investissement, au cas où les élections ne sont pas organisées dans les délais. Lesquels ? Quant au gouvernement, il faudra attendre l'adoption de son budget par l'Assemblée nationale, pour honorer son engagement financier vis-à-vis de la Cei. Pourra-t-il verser la totalité de la cagnotte qu'exigent les prévisions budgétaires de la Cei ? C'est la question. Au plan des ressources humaines, la Cei doit former 40 mille recenseurs, pour 9 mille centres de recensement, pour les mois de mai et juin 2005 ou plus exactement bien avant le 30 juin 2005. D'où viendront ces formateurs censés apprendre aux 40 mille recenseurs la maîtrise d'un kit informatique comprenant un ordinateur portable ? Au déficit financier et à la carence en ressources humaines et en matériel informatique et autres, il faut déplorer le retard accumulé dans l'arsenal juridique et les dispositifs institutionnels. A cinq mois de la fin de la transition, le Parlement tarde à voter les textes essentiels que sont le projet de Constitution de la 3ème République, la loi électorale et la loi d'amnistie. Dans quelle mesure, la Cei peut-elle élaborer le calendrier électoral, sans la Constitution de la 3ème République ?... La " feuille de route " établie consensuellement en juin 2004 est largement passée, anachronique. Le partage des responsabilités entre composantes et entités au sein de la diplomatique, des entreprises publiques et des services de sécurité se révèle un autre point d'achoppement. Il en est de même du brassage des soldats des Fac, Rcd, Mlc, Rcd/N, Rcd-Ml, Maï-Maï… tout comme de la force de police intégrée. Le Mlc, qui s'oppose d'ores et déjà aux modalités proposées par le Ciat concernant la répartition des entreprises publiques, risque d'être rejoint par le Rcd, écarté de la gestion des entreprises publiques et d'économie mixte. Il faut s'attendre à un nouveau blocage, en vue de retarder le processus électoral. Nous présumons, en conclusion, que si les élections sont maintenues au 30 juin 2005, il faudrait s'attendre à des nouvelles exigences des composantes et entités, particulièrement du Mlc et du Rcd, et à l'opposition de l'ex-gouvernement. La classe politique congolaise doit faire montre de plus de patriotisme, de maturité politique et de volonté politique, en vue de l'organisation d'élections libres, transparentes à tous les niveaux, dans les délais prescrits. BONDO NSAMA Editorial
Médias et dérapage La scène politique a menacé de crouler sous le poids des discours orageux, des propos injurieux et diffamatoires très médiatisés des quelques acteurs politiques. Malgré le Code de bonne conduite signé en 2004 entre la Haute autorité des Médias et les partis politiques, les ténors du Mlc, du Pprd et des Fonus ont usé de manière abusive des médias publics et privés, jusqu'à les pousser à la faute. Au plan de la déontologie professionnelle, les médias audiovisuels ont véhiculé en toute conscience le discours d'incitation à la haine et au trouble de l'ordre public, d'offense au Chef de l'Etat, d'atteinte à l'honneur et à la dignité de l'individu, de violation de la vie privée, etc… Sur le plan moral, les discours très médiatisés, à la faveur de la puissance politique ou financière, ont pollué l'espace médiatique congolais offrant particulièrement à la jeunesse et à une population culturellement immature un spectacle à la fois odieux, triste et indigne de la part des " chevaliers " de la plume ou du micro et de prétendus hommes d'Etat. La médiatisation à outrance des propos politiciens, bons pour le bac ou la poubelle, par les médias audiovisuels ou la presse écrite pourrait à la longue - et si l'on y prend garde - faire dérailler le processus de transition. Les discours enflammés et les prises de position tendancieuses et opportunistes, de même que les rumeurs de bas étage participent aux dérapages des médias, au nom des sacro-saintes libertés de presse et d'opinion. Quant à l'interruption cavalière du signal de Cctv, de Radio Liberté Kinshasa et de Cktv, elle relève purement et simplement, dans un Etat de démocratie pluraliste, du gangstérisme politique… La Haute Autorité des Médias devrait, à l'avenir, envisager des sanctions disciplinaires, conformément à sa Loi organique et à son Règlement intérieur contre les auteurs de tels actes et contre les médias qui relayent les discours politiciens, en crachant sur la morale et le respect des textes réglementaires en vigueur. Un mot sur les folles rumeurs ou radiotrottoir. Quand les canaux structurels d'information ne font pas correctement leur travail, ils provoquent un déficit de confiance auprès de l'opinion. La rumeur ou la radiotrottoir, phénomène propre aux grandes agglomérations urbaines, échappe à tout contrôle, parce que non canalisé. En se répandant de bouche à oreille, elle finit par trahir la première version… La méfiance vis-à-vis des canaux légaux d'information naît notamment de l'arbitraire, de la mainmise de l'Etat omniprésent ou des groupes d'intérêts divers, nationaux ou étrangers sur les médias publics ou privés. Dès lors que la radiotrottoir prend l'ascenseur et que l'information doit se contenter de l'escalier, les médias souffrent d'un grave préjudice : l'inaccessibilité des journalistes aux sources officielles d'information. Des rumeurs persistantes posent également la problématique de l'efficacité ou de l'expertise des services des renseignements… Propriétés de l'Etat, des groupes de pression ou d'intérêts privés, les médias peuvent servir des causes contraires à leurs fonctions essentielles, au point de cracher sur la déontologie et l'éthique. Il faut d'ores et déjà que la presse recouvre ses titres de noblesse, leur liberté et leur indépendance. La Ham devrait l'y aider, en faisant correctement et efficacement son travail. Pierre NDOMBE © SALONGO HEBDO 28/01/2005 |