JOURNAL SALONGO
HEBDO
République Démocratique du Congo
Editeur - Directeur Responsable:
Bondo Nsama
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Dans six mois les élections législatives à Kinshasa
Les chances de quelques formations politiques

(Une analyse de BONDO NSAMA)

Présidentielle ou législative ?

Tous parlent de la présidentielle, alors que la dure bataille, le Waterloo de la majorité des actuels ''députés'' et ''sénateurs'' a pour nom ''Elections législatives''. Kabila, Bemba, Ruberwa, Tshisekedi, j'en passe et des meilleurs, ratent rarement l'occasion de parler de l'élection présidentielle. S'ils ne suscitent pas d'eux-mêmes la question, celle-ci se retrouve constamment au rendez-vous des interviews des journalistes au pays et principalement à l'étranger. Il n'y a pas que ces potentiels candidats en  vue qui font la Une des journaux et des J.T. des médias audiovisuels. Personne, jusqu'aux illustres inconnus, ne voudrait rater, semble-t-il, le train de la présidentielle. Les partis politiques, les états-majors respectifs de campagnes, alors qu'on est en période hors campagnes, s'excitent ici et là en présentant leur leader à des populations pourtant blasées. Celles-ci sont au contraire dans l'attente des promesses et des espérances de l'Accord global et inclusif…
Il faudrait que les partis politiques, pour faire bonne figure, changent de cap, de discours et de stratégie. Il faut engranger d'ores et déjà des moyens tant humains, financiers que matériels, en vue des législatives. Si tel n'est pas le cas, il faudrait désanchanter, telle la cigale de la fable qui ''ayant chanté tout l'été s'en trouva fort dépourvue, quand vint l'hiver''. Aux partis politiques donc de faire preuve d'habilité tactique, pour présenter dans les circonscriptions électorales des hommes nouveaux bien en vue, populaires, crédibles et responsables, capables de glaner des voix pour eux-mêmes et de permettre au parti de gagner le plus de sièges possibles à l'Assemblée nationale. Le pouvoir de décider des options fondamentales du pays et de gouverner appartient au Parlement. C'est du Parlement que, pour la 3ème République, sortiront le Premier ministre et les membres du gouvernement. Un parti qui dispose d'une majorité parlementaire est assuré de conduire sa politique et d'appliquer son projet de société. Mais, que vaudrait un Président qui règne sans gouverner ? Pour gouverner, il faut disposer d'une majorité parlementaire…

PALU
Gizenga, la force tranquille


Nous sommes loin aujourd'hui de la fameuse opération ''OTT'', (opération tremblement de terre) déclenchée par Gizenga, sur fond des manifestations et des marches qui avaient alors drainé des foules.
Les ''ngwashi'' avaient appris à jurer au seul nom et sur la seule tête de vieux Gizenga, pour renverser la vapeur de la ''dictature'' mobutienne. Mais, Gizenga a subi une suite de déboires. Non seulement, il fut querellé politiquement par la terrible mama Pakassa qui, sous la longue transition 90-96, a tenté de retrouver ses marques sur le dos du Palu, mais également sa résidence de Limete (10ème Rue) fut pillée de fond en comble. Il y eut même mort d'homme…
Aujourd'hui, la nombreuse garde qui veillait nuit et jour chez lui sur 12ème rue à Limete, s'est dégarnie. Les veilleurs de nuit se comptent sur les bouts des doigts… Mais, Gizenga ne symbolise pas moins le courant de nos rivières. C'est la force tranquille… Cet homme, qui continue à dater ses lettres de ''Léopoldville'', serait quasi imbattable à Kinshasa dans les communes et quartiers tels Kingansani, Kimbanseke, Masina, Ngaba, Makala, Livulu, avec la forte affluence des ressortissants du Kwilu.
Gizenga, la force tranquille gagnerait difficilement la présidentielle. Le Palu a intérêt à lancer d'ores et déjà ses troupes à Kinshasa pour assurer au ''vieux'' un héritage et des héritiers politiques qui lui survivront. A Kinshasa, il faut donc compter avec le Palu, lors des législatives, dans le partage des sièges à l'Assemblée nationale et au Sénat… Mais, la question que l'on se pose est celle de son âge. Ce dinosaure, qui a survécu aux diverses intempéries politiques qui ont emporté les animaux politiques des années 60, a-t-il encore la force de battre campagne pour ses hommes ? Beaucoup d'entre ses lieutenants sont, jusqu'à preuve du contraire, des illustres inconnus… Rien n'est impossible à ceux qui se réveillent tôt et qui savent ce qu'ils veulent. C'est sans doute le cas du Palu d'Antoine Gizenga.


UDPS
Seul le charisme de Tshisekedi


Mêlé à toutes les péripéties de l'histoire du pays, en dépit des souffrances physiques et morales, poursuivant avec une obstination invincible (qui lui   a valu admirateurs et adversaires) l'opposition politique la plus dure et la plus longue contre les régimes de Mobutu, des Kabila (père et fils), en dépit des trahisons et des maladresses, Tshisekedi semble mener la danse politique en RDC, dans presque tout Kinshasa, particulièrement dans les communes de Lemba, Limete, Kinshasa…
A 72 ans bien sonnés, le leader de l'UDPS n'a pas cessé de convoiter ni de briquer la présidence de la République. A cet effet,  il porte les espérances de ceux de sa ''coterie'' et de tous les déçus, marginaux et laissés pour compte. Il continue à exercer sur la foule de ses combattants une force indiscutable.
Bien que la popularité de Tshisekedi, mise souvent en évidence par les ''sondages'', semble aussi grande, son charisme par contre n'est plus ce qu'il était dans les années Mobutu. Il ne détient plus seul dans l'opinion la cote d'amour qui était la sienne dans les années qui ont suivi la révolution des ''13 parlementaires'' ou sous la longue transition issue du 24 avril 1990.
Finalement, Tshisekedi détient seul son auréole, tant bien que mal. Que vaut, en effet, l'UDPS sans Tshisekedi ? La preuve, tous ceux qui avaient trahi ou avaient rallié le camp du pouvoir de l'époque, quelles que furent les raisons du ''départ'' ont été vomis par l'opinion des combattants. Telle est l'image que Tshisekedi a créée dans l'opinion des combattants. Dès lors, demain ''Muula nkuasa'' peut accéder à la tête du pays, mais il court le risque d'être un homme seul. Il est le seul qui est écouté, applaudi, chanté, loué, cultifié par les combattants de l'UDPS. Il est le seul qui peut renverser une situation politique apparemment irrécupérable, en raison de son passé politique, de sa fidélité à l'opposition politique… Et, dans un pays où l'opposition politique  est assimilée généralement à l'adversité physique, à l'inimitié personnelle, il faut être Tshisekedi ou rien pour gagner la bataille électorale au Parlement. A moins que Tshisekedi lui-même face campagne, dans  toutes les circonscriptions électorales de Kinshasa, en faveur des candidats de l'UDPS, sinon l'UDPS ne pourra jamais gouverner seul; il lui faudra entrer dans une coalition.


PPRD
Il faut compter avec Mbemba sinon...




La ville de Kinshasa n'a pas cessé d'être le fief des Bakongo et des ressortissants de Bandundu, particulièrement les Kwilois et les Kwangolais. Dès lors, le PPRD doit compter notamment avec Mbemba Fundu et dans une moindre mesure avec Mme Lukiana. Peut-être faudra-t-il adjoindre un mukongo suffisamment populaire à ce duo bandundois Kwango-Kwilu. Les communes de Masina, Ngaba, Kimbanseke, le quartier camp Luka seront généralement acquis au vote PPRD.
Mbemba Fundu, transfuge de l'USORAL, est resté longtemps à la tête de la Ville de Kinshasa et aux côtés du président Kabila, comme directeur de Cabinet, pour ne pas briller des mille feux en faveur de son parti. Et ce n'est pas rien pour mener campagne dans une ville où  les chrétiens constituent une force redoutable, à tous égards.
Le PPRD a plusieurs cartes, encore faut-il qu'elles puissent être présentées à temps, pour ne pas être totalement brûlées, dans une ville qui déteste les ''mapeka'' ou ''bawuta'', à moins d'adopter le comportement et le discours kinois. Ensuite, il y a Kinois et Kinois. Il y en a qui se sont déjà brûlés du fait d'un passé peu reluisant, sous la 2ème République ou sous M'Zee. D'autres se sont compromis dans le pillage des biens publics ou des ressources naturelles du pays…
Bref, le PPRD a conquis le Nord de la Ville, avec la construction des édifices publics sur différents sites, particulièrement à Masina. Une commune acquise sans aucun doute à Théophile Mbemba et à ses lieutenants. Le PPRD, c'est sans doute la jeunesse, mais aussi les hommes et les femmes de tous les âges. Si les jeunes et les vieux considèrent ce parti comme le leurs, celui de leurs cadets ou de leurs enfants, avenir de demain, Théophile Mbemba (que l'on peut situer entre les deux générations) est celui qui représenterait le mieux les intérêts du PPRD dans la Ville de Kinshasa. Il faut donc compter avec le ministre de l'Intérieur, sinon le PPRD est promis à un bel déluge.


Démocratie Chrétienne
Diomi: conduire la jeunesse au Parlement



La Démocratie Chrétienne a le vent en poupe sur toute l'étendue du territoire national. Mais c'est à Kinshasa où son implantation a supplanté beaucoup d'autres formations politiques. Cette bonne santé, la Démocratie Chrétienne la doit au charisme et à la popularité de son leader. Eugène Diomi Ndongala Nzomambu n'est plus à présenter.  Grâce à ses nombreuses actions en faveur des démunis, des masses populaires et de son projet de société, le président national de la DC a conquis la sympathie de beaucoup des compatriotes qui ont adhéré massivement à son parti.
A six mois des élections législatives, la mission de Diomi est de conduire la jeunesse au Parlement de la 3ème République. La tâche paraît immense, mais  réalisable. En effet très populaire dans les communes à prédominance Bakongo et Bandundu, Eugène Diomi Ndongala est à même de mobiliser les électeurs de Ngiri-Ngiri, Bandalungwa, Ndjili, Selembao, Bumbu, Kisenso, Matete et Kimbanseke. Non seulement pour lui-même, mais aussi en faveur d'hommes politiques vierges et des jeunes désireux d'embrasser la carrière politique. En parrainant les uns et les autres, Diomi Ndongala peut leur garantir l'accès à l'organe législatif qui succèdera au parlement de Transition actuel.
Profondément croyant et chrétien pratiquant, Eugène Diomi Ndongala dont les faits et gestes cadrent parfaitement avec son discours s'est attiré la sympathie de beaucoup de disciples de Jésus-Christ. C'est pour toutes ces raisons que le leader de la Démocratie Chrétienne est constamment au hit parade des sondages d'opinion effectués par les organes spécialisés.


MPR Fait privé
Quelques dames perceront avec Nzuzi wa Mbombo

Mme Nzuzi wa Mbombo, présidente du MPR - fait privé, avait déjà exprimé sa ferme volonté de briguer la vice-présidence de la République, pour le compte de l'opposition, au début de la transition. Elle s'était lancée dans la course, mais avait jeté l'éponge après avoir compris que les dés étaient pipés. Sans doute, à la fin de la transition, elle va récidiver, mais cette fois pour le sommet de l'Etat…
Entre-temps, il faudrait que le MPR fasse encore parler de lui, non seulement par le port des tissus à l'effigie du président fondateur et aux couleurs du parti, mais au sein de l'hémicycle du Palais du peuple, dans le cadre des opérations électorales de juin 2005.
Quelques dames vont certainement percer aux côtés et sous la conduite de Mme Nzuzi wa Mbombo, elle-même kinoise jusqu'à la moelle des os. Non seulement elle a fait, en partie, des études à Kinshasa, mais également elle y a joué les premiers rôles, en qualité de gouverneur et présidente régionale du MPR/Kinshasa. Déjà, les communes de Kinshasa, Kasa-Vubu, Gombe sont pour les moins MPR. La majorité des militants du parti y habitent ou y exercent leurs principales activités. Le MPR n'est pas un parti des femmes, mais la forte personnalité de Mme Nzuzi wa Mbombo et l'encadrement qu'elle assure à la gent féminine permettra à celle-ci d'émerger, à coup sûr.


MSDD
Kisombe peut encore se battre dur


Kisombe Kiaku Mwisi, un nom et une légende vivante. ''Amasco'', pour les Kinois des années ''59 et “60'', est de ceux qui sont venus à la politique par défi, après avoir réussi totalement dans le monde des affaires. Son parti, le MSDD, créé à l'issue d'un court flirt avec l'AFDL, est de ceux qui logent dans la cour dite des Grands. Cet ancien gouverneur de la Ville de Kinshasa et ancien président régional du MPR, sous le maréchal Mobutu, fait courir les foules pour mille et une raison. Il a implanté le siège du MSDD, dans le quartier Simba zigida, comme de Kinshasa. Les communes de N'djili, Makala, Selembao, Bumbu où a élu domicile une majorité des Ne Kongo semblent acquises au MSDD, autant qu'à tous les partis à la tête desquels trônent des Ne Kongo. Du fait que la commune de Kinshasa abrite le siège de son parti, Kisombe lorgne sur la population de cette entité administrative. Bref, Kisombe Kiaku Mwisi peut encore se battre durement et l'emporter haut la main, dans les communes qu'il contrôle. Mais, comme l'UDPS, le parti de Kisombe souffre de la même maladie sans Kisombe, le MSDD est un parti mort. Aussi croit-on savoir que ceux qui seront alignés aux côtés de Kisombe pourront se re trouver à l'hémicycle du Parlement.

MLC

Confier la Fédération à Kibabu, gage de réussite

Le MLC, boudé à son arrivé à Kinshasa, prend tout de même du poil de la bête au fil des jours, des mois et des années… Le rendez-vous du week-end dernier, au stade des Martyrs, a démontré le défaut de la cuirasse. On peut être bon dirigeant dans un secteur donné, pour des raisons évidentes et ne pas briller devant les feux de la vie politique. C'est le cas du MLC/Kinshasa, au sein duquel, le leadership local fait défaut. Le MLC ne contrôle pas, à l'instar des autres partis politiques, des communes précises, en dehors de celle de Kinshasa où il aurait pu naturellement disposer davantage de militants. Le parti de Jean Pierre Bemba tente plutôt de prendre racines dans tout Kinshasa. Ce n'est pas une sinécure…
Il dispose d'un atout considérable: tous les cadres ou la grande majorité d'entr'eux sont des Kinois de souche. Ils y sont nés, y ont fait leurs études et leurs premiers pas dans la vie active. Kibabu Madiata Nzau fait partie du lot. Avec son charisme et son leadership kwangolais, il constitue une figure de proue avec laquelle le MLC peut compter dans son escarcelle lors des joutes électorales.


Le PNRD de Kutumisa
Des stratégies pour convaincre

Le PNRD fut l'un des principaux pourvoyeurs de l'ancienne Union sacrée de l'opposition radicale, en terme d'adhérents et des sympathisants d'origine kwangolaise. Kutumisa a pris sa liberté vis-à-vis du PPRD, il y a moins d'une année et compte mener haut la main le scrutin électoral dans les communes de Masina et Ngaba. Evidemment comme Kwilois, il sera confronté aux candidats musclés d'autres formations politiques, originaires du Kwilu. Mais, le PNRD ne s'avoue pas pour autant vaincu. Il est déterminé à mener tambour battant la prochaine campagne électorale, pour permettre au PNRD d'arracher quelques sièges au Parlement.
A M. Kutumisa Kyota, ancien ministre de l'Enseignement primaire secondaire, d'envisager les meilleures stratégies politiques, pour convaincre d'ores et déjà son électorat potentiel.


FONUS

Compter sur la jeunesse

Olenghankoy a fait bouger Kinshasa. Le nom de celui qu'on avait surnommé dans les années “1990”, ''l'enfant  terrible de l'opposition'', était alors lié à l'USORAL. Les FONUS doivent miser avant tout sur la jeunesse, s'ils entendent gagner des sièges à l'Assemblée nationale, lors du scrutin électoral de juin 2005. A Kinshasa, outre Onghankoy lui-même, il n'y a aucune autre personnalité émergente, dans la haute sphère du parti. Les FONUS doivent absolument chercher et trouver un leader local qui devra conduire, à Kinshasa, les futurs candidats députés à l'Assemblée nationale.






RCD

Invisible à Kinshasa

En dehors de son magnifique siège, avenue de la Justice, commune de la Gombe, le RCD/Goma n'existe à Kinshasa que sur papiers et dans les discours et propos dans les médias. Et pourtant, Me Azarias Ruberwa, président du RCD a annoncé sa candidature, à Bruxelles,  à la prochaine présidentielle. Quant aux candidats à la députation, ils se prépareraient à affronter les législatives. Où ? L'implantation du parti à l'Ouest, même dans la Ville de Kinshasa, pose problème. Le RCD ne contrôle aucune commune de la Capitale. Et pourtant, le parti nourrit de grandes ambitions politiques et une vision pour la RDC… Ce discours ne suffit pas. Encore faudra-t-il qu'il y ait des députés et des sénateurs, pour défendre les idées du RCD au Parlement. Invisible à Kinshasa, le RCD n'a pas beaucoup de chance aux législatives…


SALONGO HEBDO 23/12/2004
(Photos : google-digital)


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