JOURNAL SALONGO
HEBDO
République Démocratique du Congo
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Bondo Nsama
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2005 : la Transition aux soins intensifs

KINSHASA VILLE MORTE 14/01/2005La transition en RDC aux soins intensifs ? Dans le couloir de la mort ? Une infection virale qui remonte notamment à la remise en cause par l'opposition radicale, particulièrement l'UDPS, PALU, FONUS et DC, des délais constitutionnels de la transition. Deux ''journées ville morte'' totalement réussies, en moins d'une semaine. Le bouquet, c'est le règlement des comptes entre le MLC et le PPRD… Les “dix griefs” du MLC contre le président Joseph Kabila, accusé notamment d'avoir violé la Constitution et de bloquer le processus de transition, ont ouvert la voie à une dangereuse passe d'armes.

Le MLC a lancé un ultimatum de retrait de ses représentants de toutes les institutions. Délai d'expiration, le 31 janvier à minuit. Dans sa riposte, le parti politique de la mouvance présidentielle, est tombé dans le panneau : le PPRD est descendu en dessous de la ceinture, en déballant le président du MLC, présenté à l'opinion comme le parrain d'une maffia qui ne dit pas son nom. ''Implications mercantilistes'' ; ''pratique de la contrefaçon de la monnaie nationale et étrangères à des fins inavoués'', etc. Tout est passé. Un chapelet d'injures, de propos diffamatoires et vexatoires qui n'honorent pas du tout le Secrétariat général du PPRD, désormais partisan de la loi du talion. Il a décidé de répondre ''coup sur coup'' ou injure pour injure. Dans la foulée, un troisième larron, le président des Fonus, s'est déculotté en tentant  de déshabiller publiquement le président de la République. Quelle boîte de Pandore ! Révélations sur les avoirs financiers et immobiliers du président Kabila; enrichissement illicite de la famille présidentielle, intrusion caractérisée dans la vie privée; soutien aux Interahamwe... Autant des dénonciations, apparemment puisées dans la poubelle des rumeurs publiques.
C'est avec raison que le président de l'UDPS, disqualifiait, quelques jours plus tôt, la classe de gestionnaires de la transition. A la suite d'une lecture croustillante et intéressée du délai constitutionnel de la transition, Etienne Tshisekedi sonnera l'hallali, au 30 juin  2005. La transition prendra fin à cette date. Le Palu apporte de l'eau au moulin de l'UDPS : Gizenga lance entre-temps le projet de création d'un front de refus de la prolongation de la transition. Et voilà, le processus de la transition menacée de toutes parts, atteinte de catalepsie, en salle d'urgence, aux soins intensifs.

Carton jaune contre le PPRD, le MLC

Pour quel objectif et dans quel intérêt, le MLC et le PPRD ont-ils ouvert ce genre d'hostilités? Pourquoi, après s'être livré bataille, pendant près de deux ans, estiment-ils devoir s'offrir en spectacle? Un triste spectacle qui provoque à la fois étonnement, hilarité générale, dégoût… au sein de la classe intellectuelle qui, elle, exige le débat d'idées. Le peuple, lui, attend le moment venu pour décider à quel saint vouer.
Un peu d'histoire. Les pères de l'indépendance, non universitaires, n'étaient jamais descendus si bas, dans leurs joutes politiques. Le journaliste JDM rapporte dans les ''Actualités Africaines'', au lendemain du 4 janvier 1959, que Patrice Emery Lumumba était à la Place YMCA, où Kasa-Vubu allait s'adresser aux militants de l'ABAKO, ''vendant les cartes du MNC''…  Un parfait exemple de tolérance politique et de cohabitation pacifique chez ces hommes qui déjà, à cette époque, faisaient nettement la différence entre ''inimitié personnelle'' et ''adversité politique''.
Sous la Deuxième République, jamais personne n'a été autant insulté ni traité de tous les noms d'oiseaux et d'animaux que le maréchal Mobutu Sese Seko. Et pourtant, ni lui-même, ni son entourage n'ont répondu à toutes les provocations insultantes dont Mobutu fut l'objet de la part de ses adversaires politiques… Certains membres du PPRD, hier mobutistes, ne nous démentiraient pas.
En ce lançant publiquement et tristement des quolibets, comme dans une scène de ménage orageuse, le PPRD et le MLC méritent un ''carton jaune''. Quant aux Fonus, aucun  arbitre impartial n'hésiterait à brandir à son endroit un ''carton rouge'', tant son leader a excellé, à travers ses ''révélations'', dans la bassesse la plus crasse, indigne d'un homme d'Etat. Mais qui sont les hommes d'Etat congolais ? La majorité de politiciens qui déambulent sur la scène politique disqualifient les institutions qu'ils représentent et confirment, malgré eux, les récents propos du ministre belge des Affaires étrangères, M. Karel De Guntch, selon lesquels il y a très peu d'hommes d'Etat en RDC et que l'Etat n'existe pas du tout. Comment ne pas donner raison à l'homme d'Etat belge, quand le comportement public indécent des uns et des autres révèle de graves forfaitures au plus haut sommet de l'Etat. Le président Wade, alors chef de l'opposition, s'était-il trompé sur la classe politique congolaise, en la qualifiant de médiocre ? La leçon sénégalaise n'a jamais été assimilée. Et que répondre à cet autre illustre personnalité politique française qui avait dit que ''la démocratie est un luxe pour les Africains”?

La RDC à l'image de sa classe politique

Un pays ne vaut que par ce que valent sa classe politique et son intelligentsia, c'est-à-dire les hommes et les femmes qui tiennent l'ensemble des rennes des structures politiques, sociales, économiques, culturelles, etc. La RDC n'échappe pas à cette règle d'or. Le peuple congolais mérite bien les personnalités politiques qui composent sa classe politique, parce qu'ils en sont issus. La bonne santé d'un pays est tributaire des valeurs morales, intellectuelles et spirituelles des hommes et des femmes qui le dirigent : rectitude, austérité, aptitude à s'entendre entre eux et à respecter leurs engagements, etc. A  l'inverse, la propension de la classe politique à la chamaillerie, sa faiblesse devant l'argent, l'orgueil ou l'arrogance de ceux qui la composent conduisent un pays à la situation que nous déplorons, dans notre pays.
Généralement, les hommes au pouvoir se couvrent mutuellement, en raison de leur solidarité permanente dans le mal. Les alliances semblent se rompre. C'est une apparence, fondamentalement. Aujourd'hui, lequel peut jeter, la conscience tranquille, la pierre à l'autre ? Ils se chamaillent tous sur tous les sujets, mais sont unis autour d'un seul objectif qui les accapare, à quelques six mois de la fin de la transition : rendre impossible tout changement (légal) du pouvoir ou décourager la contestation politique.
La violence verbale que l'on déplore est le fait de l'absence du débat démocratique au sein des formations politiques. Tout est décidé d'avance par la volonté d'un dictateur ou d'une oligarchie qui régente le parti. Qui crée la servilité des collaborateurs, sinon les chefs dictateurs ou les autocrates ? Ce sont eux qui la créent, par des comportements et des actes irréalistes, oubliant que de la servilité à la trahison, il n'y a qu'un pas. Le collaborateur remercié n'a alors qu'une chose dans sa tête : étaler secrets d'Etat et confidences sur la place publique Il y a des individus qui sont peu fréquentables, tant ils demeurent, même au pouvoir, ce qu'ils toujours été : des mineurs dans des corps de grandes personnes.

Refus de dialogue permanent

Les signataires de l'Accord global et inclusif avaient opté résolument pour une transition apaisée et non conflictuelle. Hélas, c'est au lendemain de l'Accord de Pretoria que les ex-belligérants ont donné la mesure de leur véritable seconde nature: ''chasser le naturel, il revient au galop''. Aujourd'hui, à quelques cinq mois de la fin de la transition, ils continuent à jouer au chien et au chat. Et pourtant, le dialogue comporte des vertus à même de sortir le pays de l'ornière politique. En effet, en écoutant attentivement l'adversaire, on finit par s'apercevoir que ce qu'il dit, pour désagréable et choquant qu'il soit, a de l'importance et doit être pris en compte. Ce qui est noué et ce qui paraissait sans issue trouve une solution. Le propos peut être critique tout en restant courtois. Or, de manière consciente ou inconsciente, tous ont l'habitude de hausser le ton jusqu'à l'injure, voire à la violation de la vie privée.
En recourant aux discours de diabolisation et d'exclusion à l'égard de leurs adversaires politiques, les belligérants confirment nos appréhensions : ils se nourrissent constamment d'arrière-pensées et rêvent d'agendas cachés, en adoptant un comportement larvaire au sein du pouvoir d'Etat. Car, toute l'agitation politicienne qu'on observe actuellement n'a qu'une finalité : cacher l'impuissance ou l'absence de volonté politique à faire bouger les choses. Entre-temps, à aucun moment, ils n'ont pensé, face au tumulte qu'ils provoquent constamment, aux conditions infernales dans lesquelles se trouvent plongés la majorité des Congolais, à l'opinion internationale qui ne peut être que choquée, à la stupeur qui saisit des millions de Congolais, lorsqu'ils entendent des accusations sans preuves ou des propos aussi orduriers sortir de la bouche de ceux qui sont censés gérer le destin de la RDC.

Il faut préparer l'élite à la démocratie

La démocratie est un système politique qui répugne la médiocrité. Elle est horriblement difficile, parce qu'elle exige beaucoup de vertus de ceux qui prétendent la pratiquer. Ce  n'est pas d'abord le peuple qu'il faut conscientiser à la pratique de la démocratie. C'est quand les élites dirigeantes obéissent aux règles, que la démocratie a des chances de s'établir dans un pays. En RDC, les Congolais doivent se battre pour sauver la démocratie, par le rejet et la disqualification des responsables qui trichent avec ses règles. Démocratie et intégrité sont sœurs. Elles ont pour négatif dictature et médiocrité.
Faut-il désespérer du processus de la démocratie dans notre pays, face aux discours, comportements et actes des dirigeants congolais, à travers le PPRD, le MLC, les Fonus, l'UDPS, le PALU, etc. ? Il y aura réellement démocratie ou alors tricherie dans notre pays, selon que les hommes et les femmes qui composent la classe politique appliqueront scrupuleusement les règles et en joueront.
La presse est l'un des piliers de la démocratie. Elle permet aux hommes politiques d'exprimer leurs opinions. S'il est accepté par tous que sans la presse libre, il n'y a pas de démocratie, il est également avéré que les médias, si l'on n'y prend garde, peuvent mettre en péril la nation et la démocratie. D'où toute l'importance et la nécessité de la régulation de l'information, en cette période. Un rôle que la HAM ne joue pas comme il se doit, surtout quand elle laisse au Ministère de la Presse et Information d'usurper les prérogatives de l'instance de régulation ou de la Justice, en suspendant des organes d'information.

La transition aux soins intensifs

La violence naît généralement de la querelle des chefs. Que va-t-il advenir, le 31 janvier 2005 ? Le MLC Jean Pierre Bemba pourra-t-il faire marche arrière ? Le président Joseph Kabila va-t-il lâcher du lest, en procédant à toutes les nominations constitutionnelles, qu'impose la présente transition et qu'exige le MLC? Quelle solution pour les cas des ex-ministres Nimy et Endundo et, par conséquent, les autres ministres suspendus?
Puisqu'ils ont tous fait appel à l'étranger, le Sud Africain, Thabo Mbeki, comme témoin de leurs ''bêtises'' et ''parrain'' de l'Accord de Pretoria, c'est le signe que le contrôle de la situation actuelle échappe totalement aux membres de l'espace présidentiel.
Hélas, par leur ''médiocrité'', les ex-belligérants sont en train de conduire nettement à l'impasse une transition déjà sous perfusion aux soins intensifs... sous la garde du Dr Mbeki et du Dr Swing.
Bondo Nsama





UDPS
Tshisekedi : «Mobutu, Kabila père, Kabila fils n'existent plus»


Au cours d'une déclaration qu'il a faite vendredi dernier en sa résidence de Limete, le président de l'Union pour la démocratie et le progrès social (Udps), M Etienne Tshisekedi wa Mulumba a effectué un virage à 180°. En effet le leader de la fille aînée de l'opposition congolaise a rompu le silence qu'il garde depuis son retour au pays le 24 septembre 2003 en provenance d'Afrique du Sud. Le sphinx de Limete réagissait face aux tueries qui ont endeuillé la capitale le lundi 10 janvier 2005 lorsque les forces de l'ordre tentaient d'empêcher la marche de protestation des Kinois farouchement opposés à la prolongation de la transition.
Vendredi 14 janvier dernier, Etienne Tshisekedi a troqué son costume d'opposant politique classique à celui du combattant farouche et déterminé. Ce jour là, l'homme est sorti de sa réserve pour dire tout haut ce qui lui tenait à cœur. A savoir que l'ordre politique issu de l'accord global et inclusif doit être remplacé par un nouvel ordre politique, " Mobutu, Kabila père et Kabila fils n'existent plus " pour lui. Autrement dit le leader de l'Udps ne reconnaît plus l'autorité de Joseph Kabila comme il avait naguère contesté celle de ses deux prédécesseurs.

Un message plein de signification


Depuis qu'il s'est déclaré opposant, Etienne Tshisekedi se singularise par un langage franc dépouillé de fioritures. Dédaignant la langue de bois, l'homme de Limete a toujours utilisé un vocabulaire clair, direct, voire agressif.
C'est ainsi qu'il avait dit à son " frère " Mzee Laurent Désiré Kabila de demander aux Rwandais qui l'avaient aidé à classer Mobutu de lui présenter leur facture pour le service rendu. La franchise de Tshisekedi lui avait valu la haine des Rwandais. La suite est connue : Tshisekedi fut relégué dans son village natal de Kabeya Kamwanga pour le soustraire des griffes des Rwandais qui avaient juré d'avoir sa tête.
Mais curieusement, le même Tshisekedi oubliant totalement l'épisode précédente conclut une alliance avec les mêmes rwandais via le Rdc mouvement politico-militaire, pro-rwandais…
En déclarant que, à l'instar de défunts présidents Mobutu et Laurent Désiré Kabila, le général-major Joseph Kabila n'existe plus, Tshitshi a livré un message plein de signification. Qu'est-ce que cela veut dire ? C'est qu'il n'existe pas en Rdc un leadership politique fort digne de ce nom. M. l'Abbé Malu-Malu, président de la commission électorale indépendante (Cei) serait l'homme par qui le scandale est arrivé parce qu'il a dit que les élections ne pouvaient pas être organisées avant le 30 juin 2005, mais avant la saison des pluies en octobre.

Le peuple congolais ne veut pas de prolongation

En sortant de son mutisme, Tshisekedi dit à qui veut l'entendre que le 30 juin 2005 a minuit, la formule actuelle de gouvernement " 1+4 " doit s'arrêter, conformément à l'Accord global et inclusif et à la Constitution de la transition. Tshisekedi est persuadé que c'est aussi la volonté du peuple souverain. Ce dernier a eu à le démontrer lundi 10 et vendredi 14 janvier 2005. D'abord en marchant pour protester contre la prolongation de la transition ensuite en décrétant une journée " ville morte ".
Les délégués au dialogue intercongolais ont dit avoir signé l'Accord global et inclusif au nom du peuple congolais bien que celui-ci ne lés ait pas mandatés expressément. Or ce peuple ne veut pas entendre parler de prolongation de la transition. Etienne Tshisekedi se demande au nom de quel peuple les signataires de l'Accord global et inclusif prétendent-ils prolonger la transition. C'est pourquoi l'Udps fait sienne la position du peuple d'exiger les élections avant le 30 juin 2005 et le début de la 3ème République le 1re juillet à partir de 0 heure une minute. Et si les élections n'ont pas eu lieu avant cette date et l'Etat et la politique n'aimant pas le vide que prévoit l'Udps ? La réponse du " lider maximo" est tranchante : l'Udps a déjà une formule, une alternative crédible qu'elle compte proposer au moment indiqué. Pour le moment il n'est pas question de brûler les cartes. Mais la pression doit être maintenue sur les dirigeants actuels à cause de la lenteur avec laquelle ils avancent.
A ceux qui prétendent que le peuple Congolais est immature, le leader de l'Udps considère, au contraire qu'il est majeur et à même de se prendre en charge. Notamment en s'opposant à tous ceux qui veulent réinstaller une nouvelle dictature après celles de Mobutu, de Kabila père et Kabila fils. C'est dans ce contexte que le sphinx de Limete a déclaré que pour lui, Mobutu, Kabila-père et Kabila fils n'existent plus.



PALU
Revoici Gizenga, le patriarche…


Avec lui, la transition entre dans la turbulence .à moins que...

Dans une déclaration qu'il a faite mercredi dernier en sa résidence de Limete, M. Antoine  Gizenga, secrétaire général et leader du Parti Lumumbiste Unifié (Palu) a invité les formations et organisations politiques et sociales, structures et représentatives qui le veulent à se joindre à lui pour former une dynamique pour le refus de la prolongation de la Transition. Gizenga qui se présente comme le doyen d'âge des hommes politiques congolais inscrit sa démarche dans la droite ligne de sa déclaration politique du 06 janvier 2005 faisant le contre-pied des propos tenus par le président de la Commission électorale indépendante, M. Malu Malu.
La structure informelle préconisée par le leader du Palu se veut un large front uni de lutte pacifique, populaire et réelle. Un cadre de conception des stratégies et des propositions constructives et d'actions positives concrètes destinées à faire accélérer le processus électoral et non une instance de vaines protestations. Rien, selon le patriarche Gizenga ne justifie le report des élections au-delà du 30 juin 2005. Touts les élections prévues par l'Accord global et inclusif doivent avoir lieu avant cette date.

La transition entre dans la turbulence

Le leader du Palu est catégorique : la prolongation de la transition ne se justifie pas. Elle est non fondée compte tenu du manque de volonté politique de ceux qui dirigent la transition et qui se sont distingués par l'absence d'un chronogramme clair et précis. Incontestablement, la transition entre dans la turbulence avec la mise sur pied de la dynamique de refus.
En effet, l'homme de l'opération tremblement de terre (OTT) n'est pas pacifiste. Loin delà. La lutte pacifique dont il parle n'est qu'un leurre car, elle le veut également populaire. En outre, Gizenga ne peut pas se porter garant de tous les partis politiques, organisations confessionnelles, syndicats, opérateurs économiques, associations socio-politiques, bref, tout le peuple congolais, quant à leurs idéologies politiques. Le moins que l'on puisse dire à ce sujet est que tout le monde n'est pas pacifiste. Beaucoup de leaders politiques se sont toujours distingués par un discours violent, voire belliqueux.
Voilà pourquoi il faut craindre que le front verse dans la contestation et les manifestations violentes auxquelles la rue nous a habitués. Dieu merci, les clivages politiques, idéologiques qui distinguent les organisations politiques congolaises opèrent le tri entre ceux qui adhéreront au discours du doyen Gizenga et les autres.

Appel pathétique

Parallèlement aux organisations socio-politiques et professionnelles, Gizenga veut impliques également toutes les institutions de la Transition et la Communauté internationale. Il veut les persuader à œuvrer pour l'organisation des élections avant le 30 juin 2005. L'appel pathétique du patriarche de Limete sera-t-il entendu ? Au-delà du discours populiste destiné à obtenir l'adhésion de tout le peuple congolais, Gizenga devrait demander aux Institutions nationales notamment au gouvernement de mettre à la disposition de la CEI les moyens financiers nécessaires à l'organisation des élections. L'adoption des textes législatifs devrait figurer parmi les préalables que Gizenga devrait exiger au Parlement de remplir pour que les scrutins aient lieu dans les délais.
En ce qui concerne la Communauté internationale, son apport qui est très appréciable devrait se poursuivre sans relâche. Notamment en réalisant les promesses qu'elle avait faites à Sun City de prendre une part significative dans le financement des opérations pré-électorales et électorales. Or jusqu'au jour d'aujourd'hui, même l'Union Européenne qui a promis 80 millions d'euros ne les a pas encore libérés. Que dire alors des autres partenaires multilatéraux qui ne se sont pas prononcés ?
Certes, le peuple congolais a droit aux élections, mais il est essentiel que ces dernières adviennent dans la paix et dans l'unité et non dans la violence, la mésentente et l'extrémisme. Ces propos traduisent-ils la préoccupation profonde du leader du Palu ? Rien n'est moins sûr lorsque l'on sait que ses militants se sont distingués dans le passé par un extrémisme et une violence inouïes. Il est dès lors difficile de croire qu'aucun militant de ce parti n'a été appréhendé au cours des manifestations violentes de lundi dernier. Surtout lorsque l'on sait que les échauffourées ont eu lieu dans les communes où Palu recrute l'essentiel de ses membres.
A moins que l'âge ait raison de l'homme, sinon il est difficile d'assimiler le refus à la non-violence. L'avenir nous édifiera. Qui vivra verra.
C.P.M.



SALONGO HEBDO 21/01/2005

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