Transition à la loupe
CIAT : l’Américain Swing ne supporte pas l’échec

Le processus de transition serait-il "menacé d'éclatement " à quelque cinq mois de son arrêt constitutionnel, au point que le Ciat interpelle si rudement la classe politique et l'invite à prendre résolument "la défense des intérêts supérieurs de la Rdc " ? Possible. Chargé notamment d'arbitrer et de trancher " tout désaccord pouvant survenir entre les parties à l'Accord global et inclusif ", le Ciat s'arme de tous les moyens pour sauver le processus de transition du naufrage éventuel. Face au retard enregistré par le processus, par rapport au calendrier adopté en Afrique du Sud, aux diverses crises provoquées notamment par des prises de position, des déclarations des acteurs politiques et chefs des partis, le Ciat a décidé de prendre les taureaux par les cornes. Pas d'échec à la transition.
En prenant l'initiative d'organiser le séminaire inter-institutionnel, le Ciat n'entend donc pas du tout cautionner l'échec du schémas du processus de transition en Rdc. M. Swing, le représentant du secrétaire général de l'Onu et responsable de la Monuc, est on ne peut plus explicite et ne peut supporter un échec qui lui serait particulièrement imputé.

L'implication de la Communauté internationale

L'échec de la transition en Rdc serait considéré par les populations congolaises comme un aveu d'impuissance de la Communauté internationale mais aussi la conséquence de beaucoup de duplicité dans son attitude. En revendiquant la paternité de l'organisation du séminaire inter-institutionnel, c'est son poids moral que le Ciat - et particulier M. Swing - a mis dans la balance, pour dissiper les malentendus, convaincre les sceptiques, arrêter les rumeurs les plus folles sur les objectifs de ce forum. La présence du Ciat à ces assises est l'expression de l'implication et de la caution morale, politique et financière de la Communauté internationale. Il est évident que les Congolais doivent s'approprier la direction de ce forum, mais il n'est pas moins évident que le processus de transition demeure sous la puissante autorité de la Communauté internationale qui, comme l'affirme, le communiqué du Ciat du vendredi 28 janvier 2005, " n'a jamais été aussi proche de la Rdc". Ce faisant, le Ciat s'expose à des critiques acerbes, aux quolibets et aux récriminations qui viennent de décliner l'invitation de M. Swing à prendre part à ce forum. C'est le cas de l'Udps, du Palu et de quelques formations politiques et associations civiles qui n'existent que sur papier…
Ces formations, auxquelles s'est jointe l'Eglise catholique, constituent ce qu'on pourrait appeler "le front du refus ".

L'Udps, le Palu, la DC…

L'Udps est connu pour son radicalement dans ses prises de position vis-à-vis du pouvoir ou des détenteurs du pouvoir d'Etat. A ce sujet, le parti de Tshisekedi est resté égal à lui-même, depuis sa naissance jusqu'à ce jour. Signataire de l'Accord global et inclusif, il s'est singularisé par le refus de participer à la gestion des institutions de la transition, après la tentative infructueuse de Tshisekedi de briguer la Vice-présidence de la République en charge de la commission Socio-culturelle. Aujourd'hui, outre qu'il a dit " Non " à l'initiative du Ciat concernant les concertations du ministère des Affaires étrangères, l'Udps est chaud partisan de l'arrêt de la transition au 30 juin 2005, ignorant superbement que, constitutionnellement, "la période de transition peut être prolongée de 6 mois, renouvelable une seule fois pour une durée de 6 mois, si les circonstances l'exigent "…
De même, le Palu du patriarche Antoine Gizenga, également signataire de l'Accord global et inclusif et partie prenante dans la gestion de la transition, a refusé d'accorder sa caution à une initiative non constitutionnelle, quand bien-même elle émane du Ciat.
Pour ces deux formations politiques et les partis satellites, tels le G14 et autres, il n'est pas question de faire les figurants, d'accepter une participation figurative, mais de jouer des rôles majeurs, demain, en cas d'alternative au 30 juin 2005. En clair, ils refusent d'excuser ou de justifier les défaillances et l'absence de volonté politique des gestionnaires de la transition.
L'absence de l'Udps et du Palu, DC, Fonus voire de l'Eglise catholique n'a pas remis en cause l'organisation de ce forum, de même qu'elle n'empêchera pas aux participants de présenter des propositions concrètes, par l'échauffe d'informations entre institutions. Quitte à chacune des institutions de couler ces propositions en décisions politiques, en textes légaux ou en actes réglementaires naturellement opposables à tous les Congolais, dans la mesure où les textes en question seraient conformes à l'esprit et à la lettre de l'Accord global et inclusif et de la Constitution.

Swing ne supporte pas l'échec

En prenant l'initiative d'organiser le séminaire inter-institutionnel, le Ciat entend également apporter son soutien actif à la sécurisation des institutions de la transition issues du Dialogue intercongolais, comme convenu dans le cadre de l'Accord de Pretoria. A cet effet, il ne peut que combattre toute menace d'éclatement du processus. L'Américain Swing est formel. Il n'entend pas porter le chapeau de l'échec de la transition en Rdc. Le séminaire inter-institutionnel devra donc réaffirmer le respect des délais constitutionnels de la transition ainsi que la volonté par les institutions de la transition, sous la conduite de la Cei, d'organiser rapidement les élections.
Les participants sont informés que le séminaire ne consacre pas de nouvelles négociations, même si les institutions, les composantes et entités au DIC y sont invitées. Pour M. Swing et le Ciat, il n'y a pas d'alternative à la tenue des élections au programme de redressement socio-économique soutenu à bout des bras aussi bien par l'Union européenne que les institutions de Breton Woods.
M. Swing, qui a voulu donner à "son " séminaire un caractère " global et inclusif ", a malheureusement été éconduit par les sphinx de Limete dont le parti refuse de s'inscrire dans le schéma du Ciat. C'est dire que Swing, ainsi humilié, n'a pas dit son dernier mot. Et, pour qui connaît le représentant du secrétaire général de l'Onu, M. Swing, l'un des exécutants du plan de déstabilisation de Mobutu et de son régime, il arrivera à ses fins. Le Ciat n'a pas pris l'initiative d'organiser cette rencontre et ne peut se prévaloir publiquement d'en être l'initiateur, si c'est pour échouer.
BONDO NSAMA






Editorial

Logique de concertation

En dix-huit mois de transition, la Rdc a été confrontée à d'événements énormes, à des crises auxquelles soit les animateurs de la transition, soit la Communauté internationale ou le Ciat ont dû faire face. A quelque cinq mois de l'élection du futur Président de la République, marquant la fin de la transition, les explications médiatisées du président de la Cei, l'Abbé Malu-Malu, sur la tenue des élections entre mai et octobre 2005, ont mis le feu aux poudres. Si les propos du président de la Cei ont constitué une simple explication à la lenteur remarquée du processus de la transition qui tient difficilement et la route et les promesses, l'interprétation qui en a été faite a été pour le moins fausse, alambiquée. Je crois, pour ma part, qu'il y a eu faute non pas du président de la Cei, mais de ceux qui ont monté en épingle les propos de l'Abbé Malu-Malu, pour en faire une poudrière, l'occasion d'un appel à la révolte populaire… Passons.
Depuis le mercredi 2 février 2005, se tiennent au ministère des Affaires étrangères les travaux du séminaire inter-institutionnel organisé par le Parlement. Cette initiative du Ciat ne donne pas lieu à de nouvelles négociations politiques. Elle permet l'inventaire et l'évaluation des actions entreprises, au regard des objectifs principaux de la transition. L'échange d'informations permettra aux animateurs des institutions de la transition, à la Communauté internationale et au Ciat, d'être totalement éclairés sur les étapes postérieures du processus de la transition. On pourrait s'attendre à la mise à jour de la feuille de route et à l'élaboration du projet de calendrier électoral. Ceux qui, à l'occasion, pratiquent la politique de la chaise vide, malgré les invitations qui leur ont été lancées par l'institution organisatrice, devraient se garder de saborder l'entreprise et, à l'avenir, d'ignorer les décisions qui en seraient prises ou que prendraient, conformément à la Constitution, les institutions de la transition. Ils seront tenus à rendre gorge au gouvernement.
Il découle de l'analyse ci-dessus, qui ne peut pas ne pas être très proche de la vérité, une conséquence très grave, sur laquelle j'attire l'attention de ceux qui proposent malicieusement des plans de prolongation de la transition, fondée sur l'arrêt de la transition au 30 juin 2005. C'est-à-dire ceux qui rêvent d'une nième transition, avec de nouvelles institutions et de nouveaux animateurs, dont la mission serait d'organiser les élections. Ils perdent leur temps.
La voie qu'ils exploitent n'est pas passante. La Communauté internationale et le Ciat en particulier seraient sur ce point l'intransigeance même. Ils n'attendent pas autre chose du séminaire que le respect des délais constitutionnels et une nette accélération à la préparation des élections. Ils s'investissent également, pour éviter aux institutions de transition et à leurs animateurs la chute que leur promettent les prophètes de malheur, au 30 juin 2005. La communauté internationale est capable non seulement de les maintenir en selle, mais aussi de punir sévèrement pyromanes et trouble-fêtes.
Y a-t-il une solution sans sanction contre ceux qui brandissent le spectre apocalyptique en Rdc, au 30 juin 2005 ?
Je ne sais pas si les partisans du " Non " à la Commission inter-institutionnelle sont des hommes d'Etat, capables d'analyser à temps leurs erreurs politiques d'hier et d'aujourd'hui, d'en tirer les conséquences, de reculer, d'affronter les ricanements de leurs adversaires.
Au point où en sont les choses, pour se sortir de la situation où leurs prises de position, leurs actes et leurs adversaires les ont enfermés - la logique de l'apocalypse au 30 juin 2005 -, il leur faut, à mon avis, non pas le courage de braver le pouvoir, de provoquer ses coups, d'appeler l'apocalypse sur la Rdc, mais celui, peut-être plus grand, de reculer, de changer de terrain de combat, de constituer un dynamique courant de pression, pour la tenue des élections dans les meilleurs délais. La situation est trop grave pour ignorer qu'il n'y a pas d'alternative aux élections, au 30 juin ou après le 30 juin 2005. Ce qu'il faut aujourd'hui, c'est une logique de concertation.
Pierre NDOMBE



© SALONGO HEBDO 04/02/2005

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