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JOURNAL SALONGO
République Démocratique du Congo Editeur - Directeur Responsable: Bondo Nsama site http://www.salongo.best.cd [email protected] |
| Avec la distribution
des armes au Nord-Kivu La guerre civile aux portes de Goma Goma est indiscutablement assis sur une fournaise. Tous les indicateurs convergent quant à l'explosion dans un avenir proche, de la capitale de la Province du Nord Kivu et probablement des Cités environnantes. Les informations reçues il y a plusieurs semaines de sources locales, sont aujourd'hui reprises à chœur par des canaux onusiens. Plusieurs responsables de la Monuc dénoncent la distribution des armes aux civils dans la ville de Goma et dans les localités proches. Fidèles à leur logique traditionnelle, les agents de la Monuc s'abstiennent à désigner le bras qui arme les civils, quand bien même ils le connaissent parfaitement. En dépit du flou entretenu par la Monuc, il est loisible de devancer l'organisation onusienne dans la dénonciation du danger qui couve dans la région de Goma. Plusieurs sources contactées sur place concordent sur l'entrée massive de cargaisons d'armes légères à partir de la ville rwandaise de Gisenyi. Ces armes sont distribuées aux populations dites rwandophones installées dans la ville de Goma ; celles récemment établies sur des villages d'où ont été chassées les Congolais, reçoivent le même arsenal pour se défendre à tout instant. Gisenyi sert de base arrière à ce plan machiavélique. La population de cette ville rwandaise est aussi équipée d'armes afin de prêter main forte aux sujets établis sur le sol congolais et qui constituent la tête de pont du coup fourré. Tenus à l'œil par les autorités rwandaises (qui contrôlent l'administration, l'armée, la police, les renseignements, l'immigration, les douanes…) les Congolais ne peuvent s'approvisionner en armes pour tenter de se défendre. L'offensive engagée à Kanyabayonga, si elle progresse jusqu'aux portes de Goma, servira de détonateur à l'extermination des Citoyens congolais non armés. Il s'agit d'un projet de génocide bien planifié et qui se soldera par un carnage sans pareil. Même des édifices socio-économiques sont ciblés par le Rwandais ayant rêvé d'un séjour définitif sur le sol congolais. Les responsables de la Monuc devraient s'affranchir de l'élégance diplomatique pour dénoncer clairement l'existence de ce complot. Sinon, ils porteront le chapeau du carnage en gestation dont les excuses postérieures ne sauraient être agréées par la Nation congolaise. Déjà les autorités rwandaises promettent de combats acharnés aux militaires congolais au cas où ils approchaient de Goma. Le ministre rwandais de la Défense justifie la position de son pays par la présence soupçonnée des Interahamwe dans les rangs des forces armées congolaises. Fallacieux prétexte à tout moment exploité (même maladroitement) par le régime de Kigali. Peut-on agréer une telle allégation lorsqu'on sait que la frontière de Kamanyola, aujourd'hui sous contrôle des FARDC, est la plus sécurisante pour le Rwanda. Prions contre le tribalisme Le risque d'une implosion sociale est extrêmement ostentatoire que les Clergers Catholique et protestant sont sortis du mutisme pour inviter à la pondération. Le texte de paix, rédigé de façon œcuménique, a été lu dans toutes les églises de la capitale du Nord-Kivu. Les fidèles conscientisés se distribuent ce texte et en appellent à la prise de conscience des autres chrétiens. Selon des témoignages recueillis auprès des habitants, le degré du danger frôle l'hécatombe que les membres du clergé ont tenu de tirer la sonnette d'alarme. Apparemment, d'aucuns souscrivent à l'appel des prêtres ''à tous les croyants de veiller dans la prière afin de ne pas s'endormir dans l'esprit de division et du tribalisme, mais de progresser dans l'accueil et l'acceptation mutuelle''. Seulement l'exhortation germe dans le cœur des seuls Congolais et de Tutsi ayant partagé le territoire avec les autochtones depuis des lustres. Simple coups de vent, par contre, pour la nouvelle vague déployée au pays dans le but d'asseoir une colonie de peuplement. Salongo Les appels sans effets de la Monuc Les appels au calme et au cessez-le-feu dans le Nord-Kivu lancés par la Mission de l'Onu en République Démocratique du Congo (Monuc) n'ont aucunement attiré l'attention de différentes factions engagées dans les combats qui déchirent, depuis le dimanche dernier, Kanyabayonga, une localité située dans cette entité provinciale de la Rdc. Dans un communiqué publié à cet effet, la mission onusienne a également réaffirmé son soutien au gouvernement de transition dans ses efforts visant à étendre son autorité sur l'ensemble du territoire national congolais, et demandé à l'Etat de " clarifier la confusion actuelle sur le terrain dans le Nord-Kivu ". Elle a en outre insisté sur la nécessité pour le gouvernement de la République de " réaffirmer ses engagements " d'un déploiement des renforts militaires annoncés dans l'Est " dans des conditions qui rassurent les populations ". Ce, avant de préciser qu'elle est au courant de la distribution d'armes à des civils dans la province du Nord-Kivu. Les analystes auraient souhaité, pour leur part, que la Monuc dise clairement laquelle des factions engagées dans la guerre serait en train d'armer les civils. Car, pareille affirmation est tellement ambiguë qu'elle ne facilite pas une analyse pertinente pouvant permettre de faire des suggestions. Mais, quoiqu'il en soit, les populations autochtones de Kanyabayonga ont le droit de recourir à tous les moyens disponibles pour bouter hors des frontières de la Rdc les infiltrés rwandais déguisés en mutins des Fardc. Cela est d'autant raisonnable que ces compatriotes sont à la merci de ces génocidaires et hégémonistes que Kigali envoie avec des armes que ses protecteurs américains et britanniques lui donnent. La Monuc, qui a le mandat d'utiliser la force pour imposer la paix, est indifférente au sort de ces populations. Et pourtant, elle a eu à tirer avec ses hélicoptères sur les belligérants obstinés qui opéraient dans l'Ituri, où la Communauté internationale dont elle est l'émanation n'a pas intérêt à entretenir les combats. Il convient dès lors de conclure que les appels de la Monuc au calme et au cessez-le-feu dans le Nord-Kivu ne sont qu'un trompe-l'œil. Elle soutient totalement les infiltrés rwandais et est prête à combattre toute action organisée par les populations locales et même le gouvernement de la République dans le cadre de la légitime défense. Pour prouver son impartialité, la Monuc doit lancer aux infiltrés rwandais et à Paul Kagame un ultimatum endéans duquel ils doivent cesser toutes les opérations militaires au Congo Démocratique et se retirer sans condition du territoire congolais. En cas de désobéissance avérée, elle devra attaquer les positions rwandaises et les repousser jusqu'au Rwanda, avant de les traduire en justice. Salongo Le gouvernement prend pied en Ituri La 1re brigade intégrée de l'armée congolaise, formée au printemps par la Belgique, a commencé à relever la Mission des Nations Unies au Congo (MONUC) à Bunia, dans le nord-est de la République démocratique du Congo, et environs, contribuant ainsi à la normalisation progressive du district troublé de l'Ituri. Un de ses trois bataillons contrôle le nord de la ville, théâtre d'années de sanglants affrontements inter-ethniques, où il a repris des positions occupées par les Casques bleus de la MONUC. Un autre sécurise des bâtiments du centre-ville, alors que le troisième bataillon est déployé à 25 km au sud de Bunia, a indiqué dimanche un responsable militaire onusien au cours d'une brève visite sur place des ministres congolais et belge de la Défense, Jean-Pierre Ondekane et André Flahaut. La 1re brigade "intégrée" congolaise est le fleuron de la nouvelle armée congolaise - notamment grâce à l'équipement fourni par la Belgique. Elle rassemble, en trois bataillons et sous le commandement du colonel Marcel Ekuba Mundo, des militaires provenant des anciens belligérants de la guerre civile de 1998-2002: Forces armées congolaises (FAC), ex-rébellions (Rassemblement congolais pour la Démocratie, RCD, soutenu par le Rwanda et Mouvement de Libération du Congo, MLC, allié de l'Ouganda) et combattants Maï-Maï de divers bords, notamment. Ses 3.500 hommes ont reçu, entre janvier et juin derniers, une formation au maintien de la paix par des instructeurs essentiellement belges - mais aussi français, luxembourgeois et allemands - lors de l'opération "Avenir", menée à Kisangani, le chef-lieu de la Province Orientale (nord-est). Notamment grâce à l'aide apportée par un avion de transport C-130 "Hercules" belge, elle s'est entre-temps déployée plus à l'est, dans la région de Bunia, dans le district de l'Ituri, où des affrontements inter-ethniques ont fait quelque 50.000 morts depuis 1999. Les soldats de la 1re brigade assurent ainsi désormais une présence dans Bunia et contrôlent les accès à la ville, de façon équilibrée entre les milices rivales Hemas et Lendus. C'est la concrétisation du travail de toute une année, a souligné M. Flahaut dimanche soir devant quelques journalistes en rappelant que la demande adressée à la Belgique de former une brigade congolaise datait du mois de septembre 2003. Nous plaçons beaucoup d'espoirs en elle (cette 1ère brigade), a confirmé le commandant de la brigade Ituri de la MONUC, le général népalais Galje, en notant que les militaires congolais connaissaient le terrain et sa population - beaucoup mieux que ses 5.000 Casques bleus principalement bangladais, indiens, marocains, pakistanais et népalais. Après les élections et le retrait de la MONUC, elle pourra assurer la sécurité dans les cinq territoires de l'Ituri, a assuré le général Galje. Les premiers militaires congolais de la 1ère brigade avaient été chaleureusement accueillis à Bunia en août dernier par la population, qui voyait ainsi l'Etat congolais reprendre pied dans la région après des années d'anarchie. Le Soir 15/12/2004 |