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JOURNAL SALONGO
République Démocratique du Congo Editeur - Directeur Responsable: Bondo Nsama |
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Redéploiement des troupes à
l'Est
Kinshasa capitule devant Goma L'annonce du déploiement de 10.0000 hommes de troupes dans la province du Nord-Kivu avait ravivé l'espoir des Congolais de voir la paix se rétablir dans la partie Est du pays. Face à la trahison avérée de Obed et Serufuli, l'opportunité était propice pour mettre un terme à ce duo patricide. La raclée infligée à Mutebusi et Kundabatware au Sud-Kivu est fraîche dans la mémoire. Cette expérience (malheureuse pour eux) a aiguisé le réflexe de défense dans le chef des animateurs du Rcd. Les frontières du Sud-Kivu ayant été verrouillées, les caciques du mouvement pro-rwandais ne sauraient lâcher Goma, porte de contact permanent avec leur patron, Paul Kagame. Pour ne pas perdre les pédales alors que la donne politique reste encore nébuleuse, les autorités du Rcd ont réservé une fin de non recevoir à la décision du chef de l'Etat de renforcer les capacités de la 8è région militaire. Aucun soldat dépêché par Kinshasa ne foulera le sol de la province, ont-elles décidé, confirmant du coup le caractère autonome de cette entité administrative. Le commandant Obed et le gouverneur Serufuli attestent par là leur insubordination à l'autorité de transition. Ils ne répondent que devant le président de leur mouvement qui éprouve d'énormes difficultés à se muer en véritable parti politique. Devant le durcissement du ton, Kinshasa a capitulé. Le redéploiement des troupes à l'intérieur de la 8è région militaire se veut un euphémisme de l'échec enregistré. Le Nord-Kivu demeure donc sous la botte du Rwanda qui a ses séides à la tête de l'administration, de l'armée et de la police. Peut-on douter un seul instant de la complicité de ces autorités dans l'entrée massive des troupes rwandaises sur le sol congolais où elles ont massacré la population autochtone ? Ou peut-on croire un seul instant que les soldats rwandais se sont jamais retirés de la Rdc? Le commandant Obed nous convie à une profession de foi : " Mes troupes comptent des soldats qui ne parlent que le Kinyarwanda'', confesse-t-il. C'est pourtant aux mêmes soldats que l'on confie la mission de protéger la population (laquelle ?). Il est une évidence que les populations congolaises continueront d'être décimées, même à petit feu par la cohorte des militaires tutsis établis dans cette partie du pays. Que des soldats soient déplacés de Beni, Butembo et Lubero pour Masisi et Rutshuru est un simple déplacement de pions. De quelle protection sera couverte la population de la part des éléments qui n'ont pas tiré un seul coup de feu en l'air au moment où les troupes rwandaises traversaient la frontière. Il est à ranger dans le cadre de l'insulte les affirmations du commandant Obed de protéger la population locale. A prendre au sérieux, les soldats de Obed sécuriseront les sujets rwandais installés de force en Rdc, à la faveur des deux guerres connues. Ce cas de figure justifie à suffisance les craintes émises par d'aucuns quant au brassage des troupes en vue de la formation d'une nouvelle armée. Maillon sensible et déterminant de la souveraineté du pays, ce corps ne devrait souffrir d'infiltration au profit de l'ennemi (déjà identifié pour le cas de la Rdc). La vraie armée nationale devra émaner du gouvernement issu des élections et qui bénéficiera de l'appui de la Communauté internationale. Il est invraisemblable, dans les circonstances actuelles, de réussir la formation d'une armée nationale. Ce sera une mosaïque de bandes à la solde de certaines personnes. JLF L'amateurisme de Kinshasa se précise Un ministre belge avait provoqué le courroux des autorités congolaises qu'il avait qualifiées d'incompétentes. Si la Rdc n'était pas accrochée aux vieilles mamelles de l'Occident, il est quasiment sûr que les relations diplomatiques avec notre ancienne puissance colonisatrice n'existeraient plus qu'au passé. Cependant, les évènements se déroulant à l'Est du pays, viennent quelque peu de donner raison au chef de la diplomatie du royaume fédéral de Belgique. Tant, sur toute la ligne, les dirigeants de Kinshasa continuent à faire preuve d'amateurisme. Tenez. Les troupes rwandaises sont signalées au Nord-Kivu. Tout le pays est en émoi. Le Président de la République s'adresse à la Nation pour protester et appeler tout le peuple congolais à la vigilance. Il annonce l'envoi de 10.000 hommes pour renforcer les unités de la 8ème région militaire pour faire face à l'agression et protéger les frontières avec le Rwanda. Kinshasa vient ainsi de commettre deux erreurs fondamentales dont une stratégique. Le commandant de la 8ème région est soupçonné d'être en intelligence, avec l'ennemi. Lui, comme le gouverneur du Nord-Kivu, sont entièrement acquis à la cause rwandaise. Naturellement, ils ne peuvent accepter l'arrivée de 10.000 hommes de troupe en provenance de Kinshasa. Dans tous les cas, stratégiquement, il n'aurait pas fallu annoncer publiquement les actions à entreprendre. Kigali, sachant d'avance l'arrivée des renforts, n'a pas eu de peine à ordonner que cela soit empêché. Les avions, qui devraient transporter ces contingents, n'ont même pas quitté Kinshasa. L'aéroport de Goma a été mis sous contrôle des Rwandais empêchant l'atterrissage de tout aéronef en provenance de la capitale. Le gouverneur Serufuli et le général Obed, étant tous les deux de la communauté banyamulenge, font organiser une marche de protestation contre l'initiative de Kinshasa qui paie la rançon de sa naïveté. Ces deux dernières personnalités étaient appelées en consultation à Kinshasa pour des crimes de haute trahison. Les faits sont connus et vérifiables. Mais sans un quelconque blâme, ils sont rentrés libres à Goma, prétendument pour ne pas donner au Rcd l'opportunité de provoquer un nouveau blocage de la transition. La justice n'existerait donc que pour les pacifistes ministres faussement accusés de détournements, mais non pour ceux qui trahissent le pays, font entrer les troupes ennemies en Rdc ou entretiennent une rébellion ouverte, animée par des milices privées. Cette même manie d'annoncer préalablement les évènements a été utilisée par le conseil supérieur de la Défense. Celui-ci, dans son communiqué à l'issue de sa réunion, a indiqué qu'il allait bientôt commencer le désarmement forcé des rebelles rwandais. Une façon sans doute de dire à ces derniers de préparer leur défense. Certainement aussi qu'il a été prévu une logistique pour que nos militaires ne soient pas désagréablement surpris. Sans doute que les dirigeants congolais comptent faire appel à un appui matériel de la Monuc. Mais la prudence a toujours recommandé de ne pas trop se fier à ce corps dépendant de la Communauté internationale qui ne roule pas toujours pour la Rdc. Autre preuve d'amateurisme. Le général Katsuva, inspecteur général de la Police nationale congolaise, en visite à Kisangani, dit souhaiter une police apolitique. Il y a à se demander si cet officier a déjà pris connaissance des résolutions du Dialogue intercongolais pour souhaiter l'apolitisme de la police. C'est plutôt lui qui doit instruire ses agents et interpeller les acteurs politiques sur la place de notre police. Trop c'est trop. Les dirigeants congolais ont besoin d'être encadrés pour sortir de l'amateurisme et embrasser le professionnalisme politique. Rdc-Kigali L'hypocrisie de la Communauté internationale Une fois de plus, la Rdc est l'objet d'attaques par le Rwanda. La Communauté internationale, qui avait commencé par émettre des doutes au début, reconnaît aujourd'hui les faits. Washington, dont la partialité en faveur de Kigali n'est plus à démontrer, a fini par se prononcer pour le retrait de troupes étrangères de notre pays. Mais, les Etats-Unis d'Amérique ne veulent pas condamner explicitement le Rwanda et parlent plutôt des forces armées étrangères, comme s'il y en avait plusieurs autres que l'Apr. En réalité, il ne s'agit pas d'une simple distraction ni d'une confusion. Par cette déclaration trop généralisée le gouvernement Bush veut lancer un avertissement à celui de la Rdc. En effet, les Etats-Unis, qui savent que par leur volonté de maintenir notre pays sous embargo sur les armes, sont convaincus de trois choses. De un, Kigali ne retirera pas ses troupes de la Rdc. De deux, les Fardc sans appui logistique considérable, finiront par se lasser et lâcher. De trois, Kinshasa devra, en fin de compte, faire appel aux armées des pays amis, notamment l'Angola. Ce qui, d'après les visions de Washington, pourrait changer les donnes et modifier l'équilibre des forces. La demande de ce retrait interdit ipso facto la présence d'autres troupes en Rdc. D'autre part, la Communauté internationale pilotée par les Usa se contente tout simplement de condamner tardivement les agressions successives dont est victime la Rdc. Mais jamais elle s'est décidée d'y mettre fin d'une manière directe. Il a fallu beaucoup de temps pour mettre sur pied la Mission d'observation des Nations Unies au Congo (Monuc) avec comme objectif, comme elle se définit, d'observer ce qui se passe sur le terrain. Ce n'est que plus tard qu'elle sera théoriquement - le fameux chapitre VII - d'intervenir militairement. Tout le monde sait pourtant que jusqu'à ce jour, elle ne le fait pas puisque n'en ayant jamais reçu l'aval. S'il s'était agi de Koweït, les Etats-Unis auraient ameuté toute l'humanité pour attaquer l'Irak, en réalité pour protéger les puits de pétrole. Cela est demeuré vrai pour la deuxième guerre d'Irak, qui est en cours mais a déjà abouti à la mise à l'écart de Saddam Hussein. Mais la Rdc n'est pas un scandale pétrolier et n'est plus la protégée des Usa. Autrement, comme dans les années 60 et 70 où il n'y avait même pas une agression extérieure. Les troupes belges ou françaises auraient déjà bouté les ennemis de la Rdc hors de ses territoires. Or aujourd'hui, c'est Paul Kagame et les Tutsis qui sont le chouchou de Washington. Un peu comme Israël qui a toujours raison à ses yeux, le Rwanda jouit constamment de la compréhension du gouvernement américain. Les Congolais ne doivent donc pas se laisser berner par des déclarations mensongères pour les endormir et les inhiber. Car, pendant que les émissaires de Bush débarquent à Kinshasa des cargaisons d'armes en provenance des Etats-Unis atterrissent à Kigali. Face à cette hypocrisie, il faut agir et non attendre la solution qui ne viendra jamais d'ailleurs. BNM A l'affiche Larmes de croco En dépit de leur récente dénonciation de l'entrée des troupes rwandaises sur le sol congolais, les Etats-Unis portent l'entière responsabilité du drame qui frappe les Congolais. La conviction est largement partagée et irrévocable dans le chef du plus grand nombre. L'étincelle ayant embrasé le Congo est venue de Washington au moment où il a jugé Mobutu encombrant dans la réalisation de son plan d'émiettement du territoire national. La mise en branle de ce complot noté en faveur du Rwanda, s'est traduite par le massacre direct ou indirect des populations autochtones du territoire convoité. Après avoir tenu le pays à la gorge (embargo sur les armes), les Etats-Unis ont armé le Rwanda, chargé de l'exécution de ce plan macabre. Au mieux de ses intérêts, Kigali a débordé de zèle dans les exécutions sommaires des populations congolaises, aussitôt remplacées par des Rwandais dans des villages congolais. Pour les Congolais, la prise de position de Washington est ni plus ni moins les larmes du crocodile. Comment peut-il s'apitoyer sur les cadavres qu'il aurait pu éviter, s'interroge-t-on. Mais il y a plus. Les Etats-Unis sont à même de mettre un terme à la crise actuelle, mais ils accusent un déficit de volonté très criant. Ils se gardent d'user de moyens de coercition qu'ils ont sur Kigali ; au contraire, ils apportent l'appui total au régime de Kagame dans son aventure en Rdc. JOURNAL SALONGO 13/12/2004 |