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JOURNAL SALONGO
République Démocratique du Congo Editeur - Directeur Responsable: Bondo Nsama |
| Situation alarmante à l'Est de la RDC Kigali : 4 objectifs remplis pour annexer le Kivu au Rwanda D'aucuns saluent les tirs croisés oratoires décochés par l'ensemble de la communauté internationale contre le président Paul Kagamé à la suite de l'envoi de ses troupes sur le territoire congolais. Les prises de position de Bruxelles, de l'Union Africaine et surtout de Washington et Londres à ce sujet sont comprises comme une pression explicite sur le régime Kagamé. Dans certaines sphères, on se réjouit de ce soutien aux lamentations des autorités congolaises, habituées à verser les larmes devant la communauté internationale chaque fois que Kigali tonne. L'échafaudage mis en place C'est faire preuve de cécité que de se réjouir de la donne actuelle, même si le régime Kagamé venait de retirer tous ses soldats ce jour. Kigali a en effet réalisé 4 objectifs majeurs qui préparent inexorablement à l'annexion du Kivu au Rwanda. Après plusieurs épopées sur la province du Kivu, les données démographiques ont été complètement inversées. Kigali a réussi à élaguer des villages entiers par la décimation ou l'envoi à l'exode de la population autochtone. Consécutivement, les citées abandonnées par les Congolais reçoivent, pour installation définitive, des populations rwandaises, Tutsi et Hutu confondus. Au point que plusieurs villages congolais sont aujourd'hui entièrement occupés par des populations n'articulant aucune langue du pays. Tous les habitants sont d'expression rwandophone : ils parlent le Kinyarwanda Il en est ainsi des villages Rutshuru, Ngungu, Nyamitaba, Minombwe, Nina, Bitonge, Dungo …. La même politique est d'application dans la ville de Goma où le flux migratoire est intentionnellement désarticulé par les autorités locales aux fins de grossir le nombre des Rwandais dans cette ville frontalière. Il ne fait l'ombre du doute que les rênes du pouvoir congolais sont infiltrées. Les Rwandais ont réussi à pistonner leurs séides dans les différents services et institutions du pays afin de placer sous écoute le pouvoir de Kinshasa, voire de le combattre de l'intérieur. Ils ont reçu dans cette entreprise le soutien des Etats-Unis et de la Grande Bretagne, deux principaux animateurs du drame congolais. Ces deux puissances sont la matrice de toutes les guerres connues dans le pays et des accords compromettant la souveraineté du Congo, signés à Lusaka, en Afrique du Sud, à Abuya, à Washington, etc. L'heure de l'assaut final La base étant jetée, les comploteurs usent de la distraction, feignant se désolidariser du maître de Kigali. Désagréablement seront surpris les Congolais en mordant à la distraction savamment échafaudée. Le brain-trust dispose d'un dispose d’un canevas pour l'exécution de chaque palier. Désormais, il importe de laisser la supériorité numérique rwandaise se consommer à travers le recensement préélectoral. Suivra l'assaut final consacré sur un double scénario : la réclamation par les transplantés d'un Etat autonome ou d'une annexion au Rwanda, en raison de leur identité. Que pourra-t-on contre la super puissance qui régit le monde. Pour habiller le complot, l'Onu servira de paravent avec l'organisation d'un referendum d'autodétermination. Déjà majoritaires numériquement, les Rwandais feront triompher leur option. Ce sera la consécration de la lutte menée par les ancêtres des Tutsi dont Kigeri IV Rwabugiri, bien avant la colonisation. Bien que continuellement vaincus par les autochtones congolais, leur combat est auréolé de victoires arrachées grâce au concours de super puissances dont ils arrachent le soutien. C'est le cas de l'Allemagne en 1910. Indiscutablement inspiré par le cursus de ses ancêtres, Paul Kagamé rêve de figurer dans l'histoire en arrachant un pan de la réalisation de cet objectif ethnique. Ses assurances ont pour support le soutien inconditionnel de Washington et Londres. ------------------------  p; ------------------------- Déclaration de Bushenge-Occident suite à l'agression du Nord-Kivu par l'armée rwandaise Comme la Communauté Internationale a pu le suivre, les troupes du Rwanda viennent d'envahir la province du Nord-Kivu au Congo-Kinshasa. Le plus cynique c'est qu'il s'agit d'une agression programmée et annoncée officiellement à l'avance par le pays agresseur. Et ce, par la voix de son Président en pleine séance du Sénat du Rwanda. Ceci s'est, donc, fait au mépris des principes les plus sacrés du respect de la souveraineté des Etats, de l'intégrité territoriale et de l'intangibilité des frontières internationalement reconnues. Le prétexte est toujours le même : "Neutraliser des sujets rwandais repliés au Congo, communément appelés Interahamwe et soldats ex-FAR (Forces Armées Rwandaises)" Or la Communauté Internationale sait parfaitement que le Rwanda a géré l'Est de la République Démocratique du Congo, avec la complicité et la collaboration des opposants du RCD, depuis 1998, soit déjà durant 5 ans. Avec tous les moyens militaires et de renseignement mobilisés au Kivu, le Rwanda n'a pas réduit ni neutralisé les dites forces négatives. Au contraire, il en a augmenté le nombre en y envoyant les Interahamwe de la seconde vague " pour qu'ils puissent se racheter " en travaillant dans les mines exploitées honteusement par Kigali. Pour tromper la vigilance de l'opinion africaine et internationale, le Rwanda parle d'opérations chirurgicales visant uniquement les dits opposants rwandais. Cela est un pur mensonge. La véritable raison de cette nouvelle agression réside dans un ensemble d'objectifs que Kigali s'est juré d'atteindre coûte que coûte au Kivu et à l'Est du Congo en général : 1) Tenter, par tous les moyens, de s'accaparer du Kivu en le détachant du reste du Congo. 2) Créer au Kivu une situation lui permettant (à Kigali) de continuer à y déverserindéfiniment le trop-plein de sa population tout en les déclarant citoyens congolais dès les premières semaines de leur arrivée. 3) Exploiter et voler, avec plus d'impunité, les richesses minières et agro-pastorales du Kivu, comme Kigali le fait déjà depuis 1997. 4) Et pour y arriver plus aisément, entraver la marche à la démocratisation amorcée depuis décembre 2002 au Congo-Kinshasa, et spécialement avec la mise en route de la Transition et les préparatifs des élections. Les stratégies éhontées de Kigali pour réussir ce plan sont désormais bien connues : 1) L'éternel prétexte de la chasse aux Interahamwe et ex-FAR. 2) L'utilisation d'une catégorie de citoyens rwandophones installés au Congo, d'un côté, dans l'armée, comme le commandant de l'armée du Nord-Kivu, le général Obeid RWIBASIRA, ainsi que les officiers mutins Laurent NKUNDA (général) et Jules MUTEBUTSI (colonel), Et d'un autre côté, dans la sphère politico-administrative, comme le gouverneur SERUFULI du Nord-Kivu et certains acteurs opérant à partir de Kinshasa. 3) L'utilisation des civils comme boucliers humains, mais surtout l'arme de la violence faite aux femmes, par les viols systématiques et la transmission sélective du virus SIDA. Le but visé est la destruction de la société et l'élimination de ses forces vives. 4) La neutralisation des chefs coutumiers ou la suppression pure et simple de la fonction de l'Autorité coutumière qui est le meilleur appui de la population des zones rurales. 5) LA CAMPAGNE SYSTEMATIQUE selon laquelle une partie du territoire rwandais aurait été cédée au Congo lors de la fixation des frontières en 1910. Certains, à Kigali, vont jusqu'à prétendre que leur territoire atteignait les plaines proches du fleuve Congo. Pour le Bushenge-Occident MULISI Franck Président MUBAWA Jocelyn Coordinateur politique ------------------------------------------------------------------------------------------ Trois questions à Azarias Ruberwa A la suite du déferlement des troupes rwandaises dans la province du Nord-Kivu, Jeune Afrique/l'intelligent a recueilli la lecture du vice-président Azarias Ruberwa sur cette question. Comme les lecteurs l'auront remarqué, le président du Rdc reste imperturbable dans sa logique. Il jette la pierre sur le Congo qu'il accuse de ne pas faire assez contre les forces dites négatives, tout en prenant soin d'homologuer in extenso les raisons pour Kigali de pourchasser les extrémistes Hutu, même sur le sol congolais. Bien que actif dans la plus haute sphère du pouvoir, A. Ruberwa se limite à présumer l'existence de la volonté dans le chef des Congolais à résoudre l'équation Interhamwe, ex far, etc. En s'en prenant viscéralement aux Hutu, qu'il accuse de causer un énorme tort au Congo, le Vice-président ne se place-t-il pas sur le registre de la haine ethnique. Peut-t-on comparer les crimes commis au Congo par les Tutsi et les Hutu ? Découvrez plutôt l'échange ci-dessous. Jeune Afrique/l'intelligent : Comment réagissez-vous aux propos du président Paul Kagamé au sujet des extrémistes hutus présents en RDC ? Azarias Ruberwa : Cela m'inspire deux réflexions. La première, c'est que le Congo démocratique doit respecter les accords signés avec le Rwanda. La seconde, c'est qu'il faut absolument éviter une reprise de la guerre entre nos deux pays. La présence de groupes armés hutus sur le sol congolais remonte à 1994. Dix ans après le génocide, ces factions sont toujours actives. Depuis la mise en oeuvre de la transition, la décision de désarmer ces milices a été prise, mais elle n'a pas encore été suivie d'effets. C'est pourquoi le Rwanda considère ces groupes comme dangereux pour sa sécurité. Les opérations de démobilisation des ex-combattants étaient inscrites dans les accords de Lusaka en 1999, puis dans ceux de Pretoria en 2002. Un mécanisme de vérification a été accepté par tous les protagonistes, et la conférence des Grands Lacs qui s'est tenue le 20 novembre à Dar es-Salaam a permis d'aborder de nouveau ce sujet. Maintenant, il faut appliquer ces accords. Le désarmement doit être assuré conjointement par l'armée congolaise et la communauté internationale, représentée en RDC par la Monuc. J.A.I. : Est-ce par manque de moyens ou de volonté politique que rien n'a été fait ? A.R. : Je présume que la volonté existe. En tant que Congolais, je sais le mal que les Interahamwes font subir au pays. Il est essentiel d'accélérer les opérations de désarmement pour les achever impérativement avant les élections. Sinon, le vote ne pourra se tenir dans les provinces du Nord- et du Sud-Kivu. Quant à la communauté internationale, elle ne manque pas de moyens. La Mission des Nations unies en RD Congo (Monuc) dispose d'un budget de 800 millions de dollars, d'une quarantaine d'hélicoptères et de tous les engins militaires imaginables. Mais elle n'a pas le mandat d'imposer le désarmement par la force dans les deux Kivus, alors qu'elle peut le faire dans l'Ituri (près de la frontière avec l'Ouganda). Il est urgent que le Conseil de sécurité de l'ONU lui donne ce mandat et lui permette de devenir une force de maintien de la paix à part entière. La paix au Congo, et au-delà, en dépend. Car il serait dangereux de croire que le problème posé par ces bandes armées est strictement congolais. J.A.I. : Les propos de Paul Kagamé ont contribué à jeter de l'huile sur le feu. Cela veut-il dire que la conférence des Grands Lacs qui s'est tenue à Dar es-Salaam le mois dernier a échoué ? A.R. : Oui et non. La déclaration du président Kagamé prouve que la conférence n'a pas atteint ses objectifs. En tout cas, le problème posé par la présence des extrémistes hutus reste entier. Mais il faut laisser le temps au temps. Quant à la situation intérieure du Congo, de vives tensions interethniques persistent au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. Les échéances électorales se rapprochent, et il reste beaucoup à faire pour l'intégration de l'armée et la sécurisation du territoire national. Mais je pense que nous devrions pouvoir respecter les délais fixés pour la période de transition. JOURNAL SALONGO 13/12/2004 |