
Une exp�rience de collaboration
par Monique Hazel
Depuis le passage du d�troit de B�ring jusqu'� la cr�ation de villages et de sites c�r�moniels ainsi que des �changes commerciaux jusqu'� 1400 av. J-C., le site se partage entre p�cheurs du littoral et paysans des hauts plateaux pour constituer une premi�re phase de peuplement. Deux civilisations se partagent l'influence sur ce territoire soit la culture de Tiahuanaco de Bolivie et la soci�t� inca du P�rou.
On note une �volution architecturale et artistique qui permettent de diviser l'histoire en trois p�riodes dits "Horizons Ancien, Moyen et R�cent".
L'Horizon Ancien s'�tend de 1400 av.J-C. � 400 av. J.-C. et produit une architecture innovatrice dont les ruines de Chavin Huantar dans les Andes p�ruviennes offrent le plus bel exemple. � cette �poque, une vague d'indiens Aymaras venus du centre du P�rou auraient envahi l'Alto P�ru en Bolivie apr�s en avoir chass� les habitants originels. Cette civilisation chavin a connu un large rayonnement qui a dur� bien apr�s son d�clin de 400 av J.-C. � 500 apr�s J.-C.
L'Horizon Moyen dit Tiahuanaco du VIe si�cle au Xe si�cle est marqu� par l'expansion imp�rialiste Tiahanaco-Huari. Le centre c�r�moniel de Tiahuanaco sur les rives du lac Titicaca s'�panouit durant cette p�riode jusqu'� devenir la capitale religieuse et politique de l'Altiplano p�ruvien. Cette soci�t� fascine par sa ma�trise technique d�montr�e dans d'impresssionnantes c�ramiques, ornementations en or, piliers et blocs de pierre � signes calendaires. On pr�tend que ce peuple a introduit la culture du ma�s � des fins c�r�monielles. Au VIIe si�cle av J.-C. Tiahuanaco est une civilisation florissante � maints �gards aussi avanc�e que celle de l'�gypte ancienne.
� l'Horizon R�cent, les Incas sont les derniers conqu�rents natifs de l'Am�rique du Sud qui arrivent peu apr�s la chute de Tiahuanaco de 1476 � 1534. De leur cit� imp�riale de Cuzco au P�rou, les Incas parviennent � �tendre leur pouvoir vers l'est en Bolivie, vers le sud en Argentine et au Chili et au nord jusqu'en �quateur et en Colombie. En un demi si�cle, ils fondent un Etat unifi� r�gnant sur les Andes centrales. Ils sont renomm�s pour leurs cit�s de pierre, leur orf�vrerie, ils ont �labor� un syst�me administratif hierarchis� � m�me de superviser les activit�s politiques et agricoles en plus d'un r�seau routier complexe et un syst�me de communication d�fiant les difficult�s pos�es par le relief accident�. Le premier empereur Manco Capac et sa soeur et �pouse persuadent leur sujets qu'ils sont des descendants du dieu-Soleil. Tous les descendants ult�rieurs re�oivent le titre de Sapa Inca. Les Incas assimilent les tribus locales de Tiahuanaco imposant le qu�chua mais les Aymaras r�sistent et conservent leur langue et leurs coutumes.
� l'arriv�e des Espagnols en 1531, Atahualpa jouit encore du prestige d'empereur sans �tre h�ritier du dieu-Soleil. En deux ans l'�tat est vaincu, l'empire dissous, les terres et les richesses sont partag�es entre les chefs de l'arm�e espagnole.
Le Haut-P�rou, qui correspond au territoire de la Bolivie actuelle, fut conquis en 1538 par le conquistador espagnol Pizarro, et la r�gion rattach�e � la vice-royaut� du Rio de La Plata. Avec l�installation des colons espagnols, de nombreuses villes furent fond�es: Chuquisaca (aujourd�hui Sucre), Potosi, La Paz et Cochabamba. De nombreuses mines d�argent commenc�rent � �tre exploit�es telles celles de Potosi.
Les r�voltes se multipli�rent et c�est finalement apr�s la victoire de Sucre � Ayacucho que la r�gion obtint son ind�pendance 1e 6 ao�t 1825 et prit le nom de Bolivie le 1l ao�t de la m�me ann�e. Une constitution, r�dig�e par Sim�n Bolivar, qui avait pris la t�te de la r�volte, fut adopt�e en 1826.
Le premier pr�sident, le g�n�ral Antonlo Jos� de Sucr�, fut expuls� du pays apr�s avoir assur� ses fonctions pendant seulement deux ann�es. Le pays subit ensuite plusieurs d�cennies de luttes entre diverses factions de r�volutions et de dictatures militaires. � cela s�ajout�rent des conflits avec les pays frontaliers comme le Chili, le Paraguay et le Br�sil.
En effet, le d�sert d�Atacama �tait l�objet de conflits entre le Chili et la Bolivie. Il �tait revendiqu� par chacun en raison de ses riches gisements de nitrate. En 1879, le Chili s�empara du port bolivien d�Antofa�gasta, ce fut le point de d�part de la guerre du Pacifique (1879-1883). La Bolivie et son alli� le P�rou furent vaincus par le Chili. Le territoire bolivien fut alors d�pouill� de ses possessions sur la c�te et perdit tout acc�s � la mer. En 1903, � une p�riode o� explose le march� du caoutchouc, c'est le Br�sil qui d�pouille la Bolivie d'une grande partie de sa for�t d'h�v�as par la force de ses troupes et promet une nouvelle ligne de chemin de fer en guise de compensation, ce qui ne s'est jamais r�alis�. En 1935 la guerre du Chaco au sujet de la prospection de possibles nappes de p�trole se conclut par la cession d�une partie du Chaco au Paraguay plus de 200 000 km carr�s.
En avril 1952, un des fondateurs du Mouvement nationaliste r�volutionnaire (MNR), Victor Paz Estenssoro, devint pr�sident de la Bolivie. Sous sa direction, le gouvernement s�engagea dans une �re de r�formes �conomiques et sociales, dont les principales caract�ristiques �taient la nationalisation des compagnies mini�res et la redistribution des terres. Paz Estenssoro tenta �galement d�instaurer le suffrage universel (avec en particulier l�extension du droit de vote aux Am�rindiens) et de d�velopper le syst�me d�enseignement. Cependant, l��conomie bolivienne souffrit de la chute r�guli�re des cours mondiaux de l��tain ainsi que de l�inflation. Paz Estenssoro fut renvers� par un coup d��tat, en novembre 1964, � la suite d�une insurrection de mineurs. Son gouvernement fut remplac� par une junte militaire, men�e par le lieutenant g�n�ral Ren� Barrientos Ortuno.
Le nouveau gouvernement militaire instaura alors une politique �conomique conservatrice et r�prima les mouvements de gu�rilla antigouvernementaux, concentr�s dans les r�gions mini�res montagneuses. Ainsi, l�arm�e bolivienne mit les r�volutionnaires en d�route en octobre 1967, lors d�une bataille pr�s du village de Vallegrande, au cours de laquelle Che Guevara fut captur� et ex�cut� peu de temps apr�s avec le soutien des Etats-Unis qui avaient entra�n� des soldats boliviens.
En ao�t 1971, le colonel Hugo Banzer Su�rez prit le pouvoir tout en s�appuyant sur l�arm�e. En octobre 1982, Hernan Siles Zuazo fut install� � la pr�sidence par le pouvoir militaire. Il constitua un gouvernement d�union populaire, mais son action fut paralys�e par l�agitation sociale. En 1985, Victor Paz Estenssoro revint au pouvoir, mais dut faire face � une situation �conomique catastrophique. Il r�ussit cependant � redresser l��conomie et � r�duire l�inflation, en introduisant des mesures d�aust�rit� et en faisant appel � des investisseurs �trangers. En 1989, c�est Jaime Paz Zamora qui devint pr�sident de la Bolivie. L��lection pr�sidentielle de juin 1993 fut remport�e par un entrepreneur minier, Gonzalo Sanchez de Lozada mais le nouveau r�gime ouvert aux investissements �trangers vise surtout la privatisation des quelques compagnies prosp�res, ce qui engendre violence et conflits sociaux.
En 1995, Hugo Banzer Suarez est report� au pouvoir pour 5 ans avec mission am�ricaine d'�radiquer la coca moyennant des subventions importantes. Dans la r�gion de Chapar�, on est pass� de 80 000 hectares � 4 000 hectares en culture. L'aide am�ricaine n'�tant pas r�currente et les seules cultures de substitution, bananes et ananas, sans ouvrir des march�s pour l'aide au d�veloppement ne permet pas de nourrir la population. L'aide internationale arrivant au compte -goutte alors que la culture de la coca rapporte de 20 � 30 fois le rendement d'un hectare de fruits. Dans ce cas, il faut �tre bien vertueux pour r�sister � l'app�t.
En 2002, � l'occasion d'une nouvelle campagne �lectorale, il y eut marches, manifestations, gr�ves dans divers domaines y compris l'enseignement, un nouveau pr�sident a �t� port� au pouvoir Gonzalo Sanchez de Lozada pour les cinq prochaines ann�es. Asi asi, c'est comme cela, comme disent les Boliviens.
La Bolivie a une longue histoire de difficult�s, d'�checs de toutes esp�ces, esp�rons que l'avenir lui r�serve des jours plus sereins et la possibilit� de prendre son destin en main de l'int�rieur avec la g�n�ration montante plus scolaris�e.