's  Interview!
Faudel, marchand de bonheur

Il chante "Les couleurs de ton �me"; et �a fait venir les arcs-en-ciel. Faudel est un
charmeur mais il ne trompe personne. Avec "Samra", son nouvel album, il ne veut plus
qu'on l'appelle "Le petit prince du ra�". Rencontre � Paris, par Jo�lle Lehrer, envoy�e
sp�ciale.

Pourquoi chantez-vous aux gens de Mantes-la-Jolie, dont vous �tes originaire, "Je n'ai pas chang�,
juste �volu�"?
Durant quatre ans, j'ai �t� comme une �ponge. Et cet album est le r�sultat de ce que j'ai v�cu depuis
le succ�s de mon premier album. Le ra� est, bien s�r, un th�me r�current. Bernard Lavilliers disait
que le premier album ne nous appartient pas. Et je crois qu'il en a fait vingt-quatre. Moi, je ne suis
qu'� mon deuxi�me. Je me suis impliqu� � 200%. On pourrait dire que j'ai grandi mais �a ne me
plairait pas. Je ne chante pas � Mantes-la-Jolie. On dit que "nul n'est proph�te en son pays" et c'est
un peu vrai. Les rivalit�s sont in�vitables. Vous, vous �tes journaliste et vous c�toyez plein d'artistes.
Certaines de vos copines sont s�rement un peu jalouses de vous. Je crois que l'on vit tous �a. Donc,
j'ai voulu en parler dans une chanson qui est un peu hip-hop, parce que c'est ma culture musicale. J'ai
�crit cette chanson avec Samir Bouchakara, l'auteur de "Tellement je t'aime".
- D�siriez-vous que cet album sonne plus jeune que le pr�c�dent?
Non, je parle de ra� made in France parce que je suis de la troisi�me g�n�ration.
- Mais on peut �tre de la troisi�me g�n�ration et ne rien savoir de la culture de ses grands-parents.
Je suis un peu d'accord avec vous et, en m�me temps, pas du tout. J'ai eu de la chance d'avoir une
famille d'artistes. Le ra� a �volu�. Mes confr�res se sont battus pour cette musique qui, il y a dix ans,
ne passait pas dans les m�dias. Aujourd'hui, on a notre quart d'heure de ra� dans les bo�tes de nuit.
J'ai d�couvert la musique �gyptienne et les violons du Caire avec "1,2,3 soleils". Je m'en suis servi
pour ce disque-ci. Moi, j'ai �t� berc� par le ra� traditionnel. C'est �a qui m'a donn� l'envie de
chanter.
- Vous avez d�marr� une carri�re d'acteur au cin�ma et en t�l�.
Dans J�sus, de Serge Moati, j'interpr�tais le r�le de Barouk, l'indic de J�sus. Le fait de rentrer dans
la peau d'un personnage est tr�s enrichissant. Et je sais que ce n'est pas donn� � tout le monde. Je
fais partie des privil�gi�s, aujourd'hui. Je ne pense pas que tous les jeunes de vingt-deux ans aient
autant de chance.

     "Pour nous, un concert, c'est la f�te!"

- Comment voulez-vous que les choses �voluent? Vers plus de cin�ma? Vers plus de m�tissages
musicaux?
Samra, le titre de ce disque, signifie "m�tissage". C'est difficile de parler de l'avenir. Il y a sept ans, je
n'aurais pas imagin� ce qui m'arrive aujourd'hui. Je me souviens de cette chanson de Pierre Bachelet:
"Quand j'aurai vingt ans en l'an 2001". Je pensais que les voitures voleraient! Donc, ce n'est pas tout
� fait ce que je croyais. Moi, je suis un marchand de bonheur. Ma priorit�, c'est la musique. Le
cin�ma vient apr�s. Je suis malheureux si je ne fais pas de concert.
- Alors, vous, vous charmez tout le monde en concert!
Non, non! (Il rit). Je suis chez moi sur sc�ne.
- Mais avec vos mimiques et vos yeux de velours, vous �tes un chanteur de charme. Vous vous en
rendez compte ou pas?
Je ne sais pas. Je suis spontan�. Si je chantais de mani�re tr�s s�rieuse, �a n'aurait aucun int�r�t.
Pour nous, un concert, c'est hafla, la f�te!
- Vous chantez beaucoup l'amour...
Parfois, les journalistes me demandent si j'ai connu beaucoup de d�ceptions sentimentales. Il se fait
que les chansons ne sont pas obligatoirement autobiographiques. Ce sont des histoires que l'on me
raconte. Je chante aussi l'amour pour ma maman. La premi�re fois que j'ai mis un costume chic, elle
a fondu en larmes. Elle est jeune, ma m�re. Elle a cinquante ans. Je lui ai offert une maison. Ma m�re,
c'est la patronne!
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