PROCLAMATION DE L'INDEPENDANCE D' HAITI PAR LE GENERAL EN CHEF, Jean Jacques Dessalines au peuple Haitien. Quartier-general des Gonaives, le 1er Janvier 1804, an 1er de l'idependance d' Haiti.

Mis sur toile Internet par: Noe Dorestant, Ing.E.

(Photographed by Noe Dorestant 1/28/2001: Hero de l'independance Haitienne , General Jean Jacques Dessalines)Picture
photographed on 1/28/2001 and provided by Noe Dorestant, if you copy for reuse, give credit where credit is due.

General Jean Jacques Dessalines, 1804.

Citoyens,

Ce n'est pas assez d'avoir expulse de votre pays les barbares qui l'ont ensanglante depuis deux siecles; ce n'est pas assez d'avoir mis un frein aux factions toujours renaissantes qui se jouaient tour a tour du fantome de liberte que la france exposait a vos yeux; il faut, par un dernier acte d'autorite nationale assurer a jamais l'empire de la liberte dans le pays qui nous a vus naitre; il faut ravir au gouvernement inhumain, qui tient depuis longtemps nos esprits dans la torpeur la plus humiliante, tout espoir de nous reasservir; il faut enfin vivre independant ou mourir

Independance ou la mort... Que ces mots sacres nous rallient, et qu'ils soient le signal des combats et de notre reunion.

Citoyens, mes compatriotes, j'ai rassemble dans ce jour solennel ces militaires courageux, qui, a la veille de recueillir les derniers soupirs de la liberte, ont prodigue leur sang pour la sauver; ces generaux qui ont guides vos efforts contre la tyrannie, n'ont point encore assez fait pour votre bonheur... le nom francais lugubre encore nos contrees.

Tout y retrace le souvenir des cruautes de ce peuple barbare : nos lois, nos moeurs, nos villes, tout porte encore l'empreinte francaise; que dis-je? il existe des Francais dans notre ile, et vous vous croyez libres et independants de cette republique qui a combattu toutes les nations, il est vrai, mais qui n'a jamais vaincu celles qui ont voulu etre libres.

Eh quoi! victimes pendant quatorze ans de notre credulite et de notre indulgence; vaincus, non par des armees francaises, mais par la piteuse eloquence de leurs agents; quand nous lasserons-nous de respirer le meme air qu'eux? Sa cruaute comparee a notre patiente moderation, sa couleur a la notre; l'etendue des mers qui nous separent, notre climat vengeur, nous disent assez qu'ils ne sont pas nos freres, qu'ils ne le deviendront jamais et que, s'ils trouvent un asile parmi nous, ils seront encore les machinateurs de nos troubles et de nos divisions.

Citoyens indigenes, hommes, femmes, filles et enfants, portez les regards sur toutes les parties de cette ile; cherchez-y, vous, vos epouses, vous, vos maris, vous, vos freres, vous, vos soeurs; que dis-je? cherchez-y vos enfants, vos enfants a la mamelle! Que sont-ils devenus?... Je fremis de le dire... la proie de ces vautours. Au lieu de ces victimes interessantes, votre oeil consterne n'apercoit que leurs assasins; que les tigres encore degouttants de leur sang, et dont l'affreuse presence vous reproche votre insensibilite et votre lenteur a les venger. Qu'attendez-vous pour apaiser leurs names? Songez que vous avez voulu que vos restes reposassent aupres de ceux de vos peres, quand vous avez chasse la tyrannie; descendrez-vous dans la tombe sans les avoir venges? Non, leurs ossements repousseraient les votres.

Et vous, hommes precieux, generaux intrepides, qui insensibles a vos propres malheurs, avez reressuscite la liberte en lui prodigant tout votre sang; sachez que vous n'avez rien fait si vous ne donnez aux nations un exemple terrible, mais juste, de la vengeance que doit exercer un peuple fier d'avoir recouvre sa liberte, et jaloux de la maintenir; effrayons tous ceux qui oseraint tenter de nous ravir encore: Commencons par les Francais... Qu'ils fremissent en abordant nos cotes, sinon par le souvenir des cruautes qu'ils y ont exercees, au moins par la resolution terrible que nous allons prendre de devouer a la mort quiconque, ne francais, souillerait de son pied sacrilege le territoire de la liberte.

Nous avons ose etre libres, osons l'etre par nous-memes et pour nous-memes; imitons l'enfant qui grandit : son propre poids brise la lisiere qui lui devient initule et l'entrave dans sa marche. Quel peuple a combattu pour nous? Quel peuple voudrait recueillir les fruits de nos travaux? Et quelle deshonorable absurdite que de vaincre pour etre esclaves. Esclaves!... Laissons aux Francais cette epithete qualificative : ils ont vaincu pour cesser d'etre libres.

Marchons sur d'autres traces; imitons ces peuples qui, portant leur solitude jusque sur l'avenir, et apprehendant de laisser a la posterite l'exemple de la lachete, ont prefere etre extermines que rayes du nombre des peuples libres.

Gardons nous cependant que l'esprit de proselytisme ne detruise notre ouvrage; laissons en paix respirer nos voisins, qu'ils vivent paisiblement sous l'empire des lois qu'ils se sont faites, et n'allons pas, boutefeux revolutionairs, nous erigeant en legislateurs des Antilles, faire consister notre gloire a troubler le repos des iles qui nous avoisinent : elles n'ont point, comme celle que nous habitons, ete arosees du sang innocent de leurs habitants; elles n'ont point de vengeance a exercer contre l'autorite qui les protege.

Heureuse de n'avoir jamais connu les fleaux qui nous ont detruits, elles ne peuvent que faire des voeux pour votre prosterite. Paix a nos voisins! mais anatheme au nom francais! haine eternelle a la France! voila notre cri.

Indigenes d'Haiti, mon heureuse destinee me reservait a etre un jour la sentinelle qui dut veiller a la garde de l'idole a laquelle vous sacrifiez, j'ai veille, combattu, quelquefois seul, et, si j'ai ete assez heureux pour remettre en vos mains le depot sacre que vous m'avez confie, songez que c'est a vous maintenant a le conserver. En combattant pour votre liberte, j'ai travaille a mon propre bonheur. Avant de la consolider par des lois qui assurent votre libre individualite, vos chefs que j'assemble ici, et moi-meme, nous vous devons la derniere preuve de notre devouement.

Generaux, et vous chefs, reunis ici pres de moi pour le bonheur de notre pays, le jour est arrive, ce jour qui doit eterniser notre gloire, notre independance.

S'il pouvait exister parmi nous un coeur tiede, qu'il s'eloigne et tremble de prononcer le serment qui doit nous unir.

Jurons a l'univers entier, a la posterite, a nous-memes, de renoncer a jamais a la France, et de mourir plutot que de vivre sous sa domination.

De combatre jusqu'au dernier soupir pour l'independance de notre pays!

Et toi, peuple, trop longtemps infortune, temoin du serment que nous prononcons, souviens-toi que c'est sur ta constance et ton courage que j'ai compte quand je me suis lance dans la carriere de la liberte pour y combattre le despotisme et la tyrannie contre lesquelle depuis quatorze ans. Rapelle toi que j'ai tout sacrifie pour voler a ta defense, parents, enfants, fortune, et que maintenant je ne suis riche que de ta liberte; que mom nom est devenu en horreur a tous les peuples qui veulent l'esclavage, et que les despotes et les tyrans ne le prononcent qu'en maudissant le jour qui m'a vu naitre; et si jamais tu refusais ou recevait en murmurant les lois que le genie qui veille a tes destinees me dictera pour ton bonheur, tu meriterais le sort des peuples ingrats.

Mais loin de moi cette affreuse idee. Tu seras le soutien de la liberte que tu souris, l'appui du chef qui te commande.

Prete donc entre ses mains le serment de vivre libre et independant, et de preferer la mort a tout ce qui tendrait a te remettre sous le joug.

Jure enfin de poursuivre a jamais les traitres et les ennemis de ton independance.

Fait au quartier general des Gonaives, le 1er janvier 1804, l'an 1er de l'independance.

Mots prononce par Jean Jacques Dessalines a l'occasion de la proclamation de l'independance d' Haiti, le 1er janvier 1804, an 1er de l'independance Haitienne.

(Photographed by Noe Dorestant 1/28/2001: Hero de l'independence Haitienne, Empereur Jean Jacques Dessaline)Picture
photographed on 1/28/2001 and provided by Noe Dorestant, if you copy for reuse, give credit where credit is due.

Empereur Jean Jacques Dessalines, hero de l'independance Haitienne, 1804.

Mis sur toile Internet par: Noe Dorestant, ce 17 Octobre 1999, an 195 de l'Independance, comme contribution a la cause Haitienne et devoir civique pour rehausser et mieux faire conaitre au peuple de l'internet l'histoire glorieuse d'Haiti dans un passe peu lointain. Tout droit reserve 1999.

Pour tout commentaire, contactez par courrier electronique: Noe' Dorestant

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