| Jusqu’en
1997, mes incursions en territoire étranger se limitaient à
une visite à San Antonio del Táchira (un quartier de Cucuta,
ville du nord de la Colombie) et à une visite à l’ambassade
de France à Bogota. Ce fut donc en cette etrange année, ou
en plus de changer d’état civil, je connus le Vieux Continent.
Et voilà donc un montagnard comme moi voyant la splendeur et la froidure de la civilization européenne, regrettant les prix et les saveurs de l’ajiaco et de l’arepa de maïs, émerveillé par nos différences et nos similitudes, utilisant le peu appris de langue étrangère, cherchant des cadeaux adaptés au budget et prenant des photos de touriste à tours de bras. Mais de temps en temps je me suis souvenu de ma passion pour ces photos qui ne se collent pas dans l’album de famille, pour ces photos qui m’économisent des centaines de milliers de pesos en psychanalise, pour ses photos qui me supplantent, qui me reflètent, qui m’ouvrent des portes en-dedans ou qui, simplement et dans le pire des cas, m’amusent comme un fou. Ses photos étaient restées bien rangées sur les feuilles contacts, en attendant un moment de meilleure humeur. Peut-etre un printemps fleuri, plein de nouveaux objectifs et, bien sur, de moins d’angoisses économiques. Et j’ai décidé que 1999 serait le temps de mon printemps. Quant aux angoisses économiques? Elle s’envoleront bien un jour. Bienvenu(e)s
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