|
Messager du chaos |
||
|
Par un soir de lune ronde, Je fais sur mon perron Ronron Avec ma Belle gironde, Tenant, tel un gamin, Sa main. |
|
"Mais, il renaîtra un monde De ce tohu-bohu Chahut D’où surgira, d’outre-tombe, Un flot de farfelus Élus." |
|
Quand soudain une rafale De frisquet alizé, Gorgé D’une clameur triomphale, Nous tirent du lourdaud Dodo. |
- Dis-nous de quelle planète Débarques-tu faraud Héraut? Serais-tu un grand prophète Qui perçoit l’avenir Finir? |
Tous ses pénibles présages Émis avec brio Bien haut Font de monstrueux ravages En nos pauvres cerveaux Dévots; |
|
De cette mini tornade Bondit un étonnant, Tonnant, Baladin d’arlequinade Se disant, du Divin, Devin. |
Et ton vaisseau galactique, Où l’as-tu donc caché Nocher? Serais-tu un fanatique Gnostique épinglé Cinglé? |
Et de l’Éternel céleste, Nos deux malheureux cœurs, En chœur, Implorent qu’Il nous déleste De son messager fou Gorfou. |
|
Ce messager polychrome Sème au gré du vent L’Avent D’un vaste Chaos; syndrome Cumulant d’anormaux Fléaux. |
Mais notre voix inquisitive Se noie dans le néant Béant Car sa bouche éruptive Crachouille sans remords La mort : |
Alors, sitôt je m’éveille Suintant tel un dodu Pendu! Oh! Mais oh! Je m’émerveille -Ce n’est qu’un cauchemar Camard. |
|
Ses traits fort énigmatiques, Paraissent tourmentés, Hantés De visions cabalistiques Lui donnant l’air dûment Dément! |
"Votre ronde mappemonde Vit son achèvement Crûment. Oh! La pauvre moribonde Voit fondre ses confins Sans fin." |
Et au clair de lune ronde Bien seul sur mon perron Bien rond Je vois ma Belle gironde Qui tape son lourdaud Dodo! |
|
Il meut, tel un métronome, Son crâne chamarré Doré De dandinement synchrone Scandant ses pronostics Loustics |
"Surchauffant ses atmosphères Avec vos hauts saignoirs D’or noir, Ses pôles aux hémisphères Sentent leurs blancs névés Crevés." |
- Oh! Réveille-toi ma Belle Car depuis fort longtemps J’attends, De nous, une ribambelle De bien tendres mamours D’amour. |
|
Nos cœurs glacent d’épouvante Devant ce farfadet Grandet Qui, de façon éprouvante, Du Ciel, dit les secrets Décrets. |
"Et boursouflés par ces ondes, Ses divers océans Géants, En conséquence profonde, Hélas! l’engouffreront Tout rond." |
|
|
Alors nos âmes craintives, Au fil de son débit Vrombi, Lui crient de leurs voix plaintives Ces propos, en duo, Bien haut
|
"Ainsi périra la terre, Noyée de délirants Torrents. Oh! Cette fin si austère Vous est due maintenant Manants!" |
Poème d’André Deslongchamps Pseudonyme : Mélancolique 2006 |