Le Commentaire d'Ibn Rajab sur les Quarante Hadith d'Imam Nawawi  

Traduction et droit d'auteur : Mohammed Fadel

Hadith #1

  " Les actions ne valent pas que par leurs intentions"

'Oumar b. Al-Khattab a relat� que le Proph�te (S) a dit : les Actes sont [un r�sultat] seulement des intentions [de l'acteur] et un individu est [r�compens�] seulement selon ce dont il a l'intention. Donc, qui a �migr� pour Allah et Son messager, alors son �migration �tait pour Allah et Son messager. Qui a �migr� pour le gain de ce monde, ou une femme [qu'il d�sire] �pouser, alors son �migration est pour ce qui [l'a d�plac�] pour �migrer. "Relat� par Boukhari et Mouslmin.

Ce hadith a seulement un chemin � 'Oumar : Yahya b. Sa'id Al-Ansari sur l'autorit� de Mouhammad b. Ibrahim Al-Taymi, sur l'autorit� de 'Alqama b. Abi Waqqas Al-Laythi, qui l'a relat� de 'Oumar b. Al-Khattab. Un grand nombre de personnes ont relat� ce hadith sur l'autorit� de Yahya b. Sa'id, y compris Imam Malik, Al-Thawri, Al-Awza'i, Ibn b Al-Moubarak, Al-Layth. Sa'd, Hammad b. Zayd, Shou'ba, Ibn 'Ouyeyna et d'autres.

C'�tait le premier hadith que Boukhari enregistr� dans son livre, o� il sert d'introduction (khoutba), d�signant que tous les actes qui sont exempts de l'intention appropri�e sont vains (batil). 'Abd b Al-Rahman. Mahdi est rapport� pour avoir dit que "Si j'�taient pour composer un livre conprenant divers chapitres, je placerais le hadith de 'Oumar quant aux actes et leurs intentions dans chaque chapitre." C'est un des hadiths fermes qui sert d'axe en Islam. Al-Shafi'i a dit qu'il comprend un tiers de toute la connaissance religieuse. Ahmad b. Hanbal a dit que les principaux axes de l'Islam, en termes de hadith, sont au nombre de trois : le hadith de 'Oumar que "des actes sont jug� seulement par leur intention," le hadith de 'A`icha, "Quiconque introduit dans nos affaires celui qui n'y appartient pas, c'est rejet�," et le hadith de al-Nu'man b. Bashir, "Le licite est clair et l'illicite est clair." Ishaq b. Rahawyahi a aussi inclus ce hadith comme un des axes de l'Islam. Abou Dawoud, le collectionneur du Sounan, est report� avoir dit celui des 4,800 hadiths de son livre, il est suffisant pour une personne d'en conna�tre quatre, le hadith de 'Oumar quant aux intentions et aux actes, le hadith "Une Partie de la vertu de quelqu'un en Islam est d'ignorer ce qui ne le concerne pas," le hadith "le croyant n'est pas un croyant � moins qu'il ne d�sire pour son fr�re qu'il d�sire pour lui," et le hadith "le licite est clair et l'illicite est clair."

La premi�re question quant � ce hadith est s'il se r�ferre � toutes les actions, ou seulement aux actions dont la validit� exige une intention (niyya) ? Ainsi, s'il se r�f�re seulement au premier, il ne s'appliquerait pas aux secteurs usuels de vie humaine, par exemple, manger, boire, les v�tements, etc, aussi bien qu'aux questions transactionnelles, par exemple, l'accomplissement des imp�ts fiduciaires et le retour des propri�t�s d�tourn�es. L'autre avis est que le hadith se r�f�re � toutes les actions. Ibn Rajab attribue la premi�re position aux savants ult�rieurs tandis que la deuxi�me position il l'attribue aux savants pr�c�dents.

La premi�re phrase du hadith, "innama al-a'mal bi-l-niyyat ," est une d�claration que les actions volontaires d'une personne sont une seulement cons�quence du but de cette personne d'ex�cuter l'acte ou de l'amener � existence ("la taqa' illa 'an qasd min al-'amil houwa sabab 'amaliha wa woujoudiha."). La deuxi�me phrase , "wa innama li-koulli imri `ma nawa," est une d�claration du jugement de la religion de l'acte en question ("ikbar 'an al-houkm al-shar'i"). Ainsi, si l'intention de motiver un acte est bonne, donc l'ex�cution de l'acte est bonne et la personne re�oit sa r�compense. Quant � l'intention corrompue, l'action qu'elle motive est corrompue et la personne re�oit alors une punition . Si l'intention motivant l'acte est permise, donc l'action est permise et l'acteur ne re�oit ni r�compense, ni punition. Donc, les actes en eux-m�me, leur bont�, leur malveillance ou leur neutralit�, de la perspective de la religion, sont jug�s selon l'intention de l'acteur qui a caus� leur existence.

Niyya est employ� dans deux sens par les savants d'Islam. Le premier doit distinguer certains actes d'adoration de d'autres, par exemple, salat al-zouhr de salat al-'asr ou distinguer les actes d'adoration ( 'ibadat) de questions mondaines ('adate). C'est l'utilisation primaire du terme dans les livres du fouqaha`. La deuxi�me utilisation doit distinguer une action qui est ex�cut�e pour Allah, soubhanahou wa ta'ala, d'un acte fait pour Allah et d'autres, ou juste pour d'autres que Allah. Cette seconde la signification est celle qui est design�e par les gnostiques ('arifoun) dans leurs discussions de sinc�rit� (ikhlas) et des questions reli�es. C'est la m�me signification qui est design�e par les Anc�tres Pieux (Al-salaf Al-salih) quand ils emploient le terme niyya. Ainsi, dans le Coran, le discours du Proph�te (S) et le discours du Salaf, le terme niyya est synonyme, ou d'habitude ainsi, du terme "d�sir" (irada) et des termes reli�s, par exemple, ibtigha`. Les textes du shar' t�moignant de cette utilisation sont trop nombreux pour �tre cit� dans cet texte, mais inclure des versets tels que "Parmi vous sont ceux qui d�sirent (yourid) le monde profane et parmi vous sont ceux qui d�sirent (yourid) le prochain," et "Vous d�sirez (touridoun) le b�n�fice du monde profane mais Allah d�sire [pour vous] le prochain," et "Quiconque d�sire (yourid) la moisson du monde profane, etc" et "Quiconque d�sire (yourid) l'imm�diat [la satisfaction du monde profane], Nous lui attribuons ce que Nous souhaitons � qui Nous d�sirons," et "n'expulsont pas ceux qui appellent t�t le matin et la nuit leur Seigneur, qui sont des chercheurs (youridoun) de Son visage et ne laissez pas vos yeux errer pour un avide d�sir (tourid) de frivolit� de ce monde profane."

De m�me, l'Imam Ahmad et Al-Nasa ` ont report� que le Proph�te (S) a dit que "Quiconque participe � une campagne militaire pour la cause d'Allah, mais cherchant seulement le butin [ainsi], il gagnera [seulement] ce dont il a eu l'intention (nawa)," et sur l'autorit� d'Imam Ahmad, "La Plupart des martyrs de ma communaut� mourront dans leurs lits (ashab Al-fouroush) et beaucoup en tant qu'homme tu� dans la bataille dont l'intention est seulement connue d'Allah," et le hadith de Sa'd b. Abi Waqqas dans Boukhari, o� le Proph�te (S) dit "En effet, vous ne d�penserez jamais de votre propri�t� une somme par lequelle vous �tes d�sireux (tabtaghi) de faire plaisir � Allah sans que vous soyez r�compens�s pour cela, m�me un morceau de nourriture que vous placez dans la bouche de votre femme." De la m�me fa�on il est report� que 'Oumar a dit "Celui qui n'a aucune intention (niyya) n'a aucun acte [m�ritoire] (" la 'amala li-man la niyyata lahou ").

Malgr� l'importance d'avoir la bonne niyya et sa centralit� en Islam, elle est parmi les choses les plus difficiles � r�aliser. Ainsi, Soufyan Al-Thawri est raport� avoir dit, "Rien ne m'est plus difficile � traiter que mon intention (niyya) car en effet cela me tourne dessus !." Youssouf b. Asbat a dit, "Purifier leur intention de la corruption est plus difficile pour les gens que le long effort (ijtihad)."

Un acte qui n'est pas fait sinc�rement pour Allah peut �tre divis� en des parties :

La Premi�re qui est seulement pour l'exposition (riya `) tel que sa motivation unique est �tre vue par les autres pour r�aliser un but dans le monde profane, comme �tait le cas des Hypocrites dans leur performance de la pri�re, o� Allah les a d�crits comme "Quand ils rejoignent la pri�re, ils vont paresseusement [avec le but] de s'afficher [eux-m�mes] aux gens."

En d'autres temps, une action pourrait �tre partiellement pour Allah et partiellement se montrer devant les gens. Si le d�sir de se montrer a surgi � l'origine de l'action, donc l'action est vaine. L'imam Ahmad a report� que le Proph�te (S) a dit, "Quand Allah r�unit la premi�re partie [de Sa cr�ation] et la derni�re partie [de Sa cr�ation] pour ce Jour pour lequel il y a aucun doute un crieur dira, ' Quiconque M'a associ� un autre dans ses actions laissez le chercher sa r�compense avec autre que Allah, car Allah est le plus Ind�pendant de n'importe quelle association (fa-inna allaha aghna Al-sharaka` 'an al-shirk)." Al-Nassa`i a rapport� qu'un homme a demand� au Proph�te (S), "Quel est votre avis de celui qui se bat [dans la voie d'Allah] avec la recherche de la gloire [dans le monde profane] et la r�compense [de Allah] ?" Le Proph�te (S) a r�pondu, "Il ne re�oit rien [par voie de la r�compense de Allah '." Le Proph�te (S) a r�p�t� cela trois fois et a ensuite dit, "Allah n'accepte aucun acte autre que ceux qui sont ex�cut�s seulement pour lui et par lesquels Son visage est cherch�." Cet avis, � savoir, que si un acte est corrompu par un d�sir de se montrer (riya`) alors que l'acte est rejet�, est attribu� � beaucoup de Salaf, y compris, 'Oubada b. al-Samit, Abou al-Darda`, al-Hasan al-Basri, Sa'id b. al-Moussayyib et d'autres.

Si l'intention de quelqu'un est corrompue avec autre chose que le d�sir de se montrer, par exemple, gagner un profit durant un jihad dans le chemin d'Allah, une telle intention r�duit sa r�compense du jihad, mais ne le nie pas enti�rement. Mouslim a rapport� dans son Sahih que le Proph�te (S) a dit que "Les Soldats dans le chemin d'Allah atteignent les deux-tiers de leur r�compense imm�diatement quand ils obtiennent le butin [de l'ennemi], tandis qu'ils re�oivent leur r�compense en entier quand ils n'obtiennent rien de l'ennemi."

Quant � une action dont l'origine est pour Allah, et devient alors par la suite corrompu par un d�sir de se montrer, alors les Salaf ont diff�r� quant � si un tel acte est vain. Leurs diff�rences en cette question ont �t� annonc�es par Ahmad et Al-Tabari. Al-Hasan al-Basri a rapport� avoir tenu � ce qu'un tel d�sir, en soi, n'infirme pas l'intention appropri�e qui �tait l'origine de l'acte.

Pour conclure, l'�nonciation de Sahl b. 'Abd Allah est la plus belle � cet �gard : Rien n'est plus difficile pour une personne que la sinc�rit� parce que la personne ne gagne aucune part de ce [acte]. Ibn 'Ouyeyna a dit que Moutarrif b. 'Abdallah r�p�taient la pri�re suivante, "O Allah! Je cherche Votre pardon pour ce dont j'ai cherch� votre repentir, mais auquel je suis par la suite retourn�; je cherche Votre pardon pour ce que je Vous ai rendu, alors que je n'�tais pas capable de le maintenir fid�lement; et, je cherche Votre pardon pour ce pour quoi j'ai pr�tendu d�sir� votre Visage mais mon coeur est devenu corrompu avec ce que j'ai fait."

Wa akhir da'wana an al-hamdou li-llahi rabbi al-'alamin, wa-l-salat wa-l-salam 'ala ashraf al-moursalin wa 'ala alihi wa sahbihi wa azwajihi.

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