Cours 11 - Conséquences des conquêtes
Lectures: manuel p. 13-27.
Effets de la conquête
- Certain nombre de tendances négatives
en Italie durant le second siècle.
- Incapacité de la République à régler
adéquatement ces problèmes à partir de 133.
Afflux d’argent
- Énorme afflux de métaux précieux de
provenances diverses (indemnités de guerre, butin, revenu des provinces)
- Variations très brutales du marché
financier.
- Argent des riches généraux investi
dans les édifices publics, mais surtout dans la terre et les esclaves.
- L’écart entre les riches et les
pauvres augmente considérablement.
- Les importantes familles sénatoriales
jouissent de fortunes de plusieurs dizaines de millions de sesterces.
- Corruption progressive du système
électoral.
Crise de la petite paysannerie
- À partir de la guerre d’Hannibal, des
livraisons de blé réquisitionné en provenance de l’extérieur provoquent un
effondrement des cours.
- Multiplication des esclaves.
- Petits propriétaires
indépendants (base de la force civile et militaire) touchés de toutes les
manières.
- Pertes démographiques (Hannibal).
- Absences prolongées à la guerre.
- Le cours du blé a baissé et
l’arboriculture (vignes, oliviers) amènent un endettement risqué.
- Les petits paysans perdent leurs
terres; exode vers Rome.
Les progrès de la noblesse
- Nobilitas :
traditionnellement, familles ayant donné à l’État au moins un magistrat curule
(resserrement au IIe s.: consulat).
- Les homines noui (« homme
nouveaux ») se raréfient.
- Nobilitas :
devient une sorte de caste à l’intérieur même de la classe sénatoriale.
- Classe possédante, à qui la conquête
a singulièrement profité.
- Rachat des terres des petits
paysans : immenses propriétés.
L’essor des chevaliers
- D’autres membres des hautes classes
sociales ont gagné des fortunes en profitant des opportunités des conquêtes :
les chevaliers (equites).
- Proviennent des 18 centuries
équestres.
- Se reconnaissent à l’angusticlave et
au port de l'anneau d'or.
- Traditionnellement, l’appartenance à
l’ordre équestre dépendait de trois conditions :
- 400 000 sesterces,
- Honorabilité,
- Avoir rempli une fonction équestre
(tribun militaire, préfet, commandants d’unités auxiliaires, etc).
- Le titre de chevalier finit par
s’appliquer à n’importe qui ayant des richesse mais qui ne siége pas au Sénat.
- Essentiellement des propriétaires
terriens, comme les sénateurs, mais engagés dans plusieurs formes d’affaires
financières favorisées par les conquêtes.
- Négoce maritime, prêts financiers,
publica.
- Grandes sociétés à actions.
La plèbe urbaine
- Au cours du IIe siècle, Rome devient
une des plus grandes villes du monde méditerranéen (désertion des campagnes
ruinées, multiplication des échanges, afflux de captifs).
- Plèbe citoyenne : citoyens
romains (plèbe citadine + paysans ruinés) et affranchis (citoyenneté de
seconde zone, mais sans restriction à la seconde génération).
- Sort misérable sur le plan économique
peu d’emplois (concurrence des esclaves).
- Subsistance de la plèbe urbaine
partiellement assurée par les largesses des riches.
- Système de la clientèle (une partie
de la plèbe urbaine est tombée sous la dépendance de la nobilitas).
- Foule oisive et dangereuse :
multiplication des festivités pour les divertir (du pain et des jeux).
Les Gracques et le mouvement des populares
(133-121)
- Épisode capital de l'évolution de
Rome, mais mal connu.
- Sources fragmentaires ou
postérieures.
- Récit de Tite-Live disparu; il reste
Cicéron, Salluste et Plutarque.
- Tentatives de réformes agraires de la
part de deux frères nobles, qui échouent face à l'aristocratie sénatoriale.
Le problème de l'ager publicus
- L'ager romanus peut
être vendu à des particuliers.
- L'ager publicus doit être
maintenu dans son intégrité pour nourrir le peuple romain :
- Lots pour vétérans
- Lots pour colons.
- Location.
- L'État demeure propriétaire des lots.
- Mais certains usurpent ces lots en se
considérant comme les vrais propriétaires.
- Des membres de la nobilitas se
sont attribués d'immenses étendues de terres publiques.
Les oppositions politiques
1) Les optimates défendent coûte
que coûte le statu quo (Scipio Nasica).
2) Les populares (dont Appius
Claudius Pulcher) ont des revendications :
- Redistribution des terres.
- Lois frumentaires (distributions à
bas prix ou gratuites de blé).
- Création d'établissements coloniaux.
- Mettre fin du monopole du Sénat dans
les tribunaux.
- Souveraineté du peuple.
3) Ceux entre les deux (dont Scipion
Émilien) : milieu timidement réformiste.
Les Gracques
(manuel p. 26-27)
- Jeunes hommes d'origines
aristocratiques et qui bénéficient d'alliances familiales illustres.
Tiberius Sempronius Gracchus
- Questeur en 137 (Espagne) : service
exceptionnel à Numance, mais ses propositions de paix démenties par le Sénat
Caius Sempronius Gracchus
- Tribun militaire en Espagne avec
Scipion Emilien en 134.
- Questeur en Sardaigne pour l'année
126, prorogé en 124.
- Les deux, chacun leur tour, se font
élire tribuns de la plèbe.
Les motivations de Tiberius Gracchus
- Selon ce qui nous reste de Tite-Live,
en traversant l'Étrurie il fut frappé par ces immenses domaines exploités par
des hordes d'esclaves et aussi par ces immenses terrains vides d'hommes.
- Préoccupé pour l'Etat romain : il
veut faire revivre la paysannerie romaine au sein de laquelle on recrutait les
légions.
- Le moyen : distribuer des terres aux
pauvres.
Les mesures de Tiberius Gracchus
- Élu tribun en 133.
- Proposition de loi : la rogatio
Sempronia.
- Trois points fondamentaux :
1- Limitation
au droit de possession individuel de l'ager publicus.
2-
Institution d’un collège de trois membres (triumvirat) chargés d'appliquer la
loi.
3-
Distribution des terres aux citoyens pauvres.
Opposition et vote de la loi
- Une opposition farouche se dresse
contre la rogatio sempronia.
- Aux comices tributes, un autre
tribun, M. Octavius, à la solde des optimates, oppose son veto.
- Tiberius le fait déposer et fait
voter la lex Sempronia (légalité mise en doute).
- Il se fait élire triumvir.
- Il cherche ensuite à se faire réélire
tribun pour achever son œuvre.
- Soulèvement provoqué par les
optimates : Tiberius est assassiné.
Les mesures de Caius Gracchus
- Dix ans plus tard, son frère prend la
relève pour achever le programme.
- Il se fait élire tribun pour l'année
123.
- Son action beaucoup plus large que
celle de Tiberius.
Les mesures agraires
- Il s'appuie sur la lex Sempronia
en la modifiant (donne une porte de sortie aux sénateur en leur permettant de
conserver leurs terres).
- Il décide également de fonder des
colonies pour des citoyens romains, deux en Italie et une à Carthage.
- Mais Scipion Emilien avait déclaré
l'emplacement de Carthage sacer et maudit.
Les mesures frumentaires (lex Sempronia frumentaria)
- En faveur des plus déshérités de
Rome.
- Chaque citoyen de Rome pauvre reçoit
tout les mois cinq modii (45 L) de blé par mois à prix réduit.
- Pour la mener à bien, Caius va se
faire élire tribun une seconde fois.
Les mesures juridiques
- Création de tribunaux où les
sénateurs sont à égalité avec les chevaliers.
- Fin du monopole judiciaire du Sénat.
- Rapprochement entre les tribuns de la
plèbe et les chevaliers.
- Caius favorise les chevaliers en leur
livrant l'exploitation de la nouvelle province d'Asie.
L'échec de Caius Sempronius Gracchus
- Il va trop loin quand il veut donner
la citoyenneté romaine aux latins et le droit latin à tous les italiens.
- Hostilité du Sénat, de ses amis et
des chevaliers.
- Il échoue à redevenir tribun une
troisième fois.
- En 121, un décret met fin à la
colonisation de Carthage.
- Caius tente de faire sécession avec
ses partisans au Mont Sacré.
- Le Sénat promulgue un senatus
consultum ultimum qui autorise l'élimination de Caius par n'importe quel
moyen.
- Mort de Caius et de 3000 de ses
partisans.
- Dangereux précédent de violence.
Conclusion
- But de la législation des Gracques :
réduire les pouvoirs de la Nobilitas.
- Tribunat de la plèbe = levier
politique et législatif puissant.
- L'aristocratie se défend par la
violence.
- On modifie la législation des
Gracques :
- Ce qui restait de l'ager publicus
fut déclaré ager privatus.
- À partir de 111 les terres sont
acquises sans redevances.
- Seuls demeurent publics les terrains
libres, qu’on réserve aux vétérans.