Faudrait-il (encore!) dire qu'il n'est pas que la musulmane engagée
dans son islamité qui porte le foulard ou le voile en Europe et de
par le monde ?
De tout temps et dans toutes les cultures cette pièce de tissu a été
portée lors de certaines cérémonies (rituels d'intronisation,
mariages, deuils...)
Le Voile est également porté par les adeptes de certaines sectes,
innombrables par l'exorcistat, l'acolytat, etc ...
L'industrie du porno le fait porter à ses ouailles derrière
l'anonymat du X (le préservatif tout terrain fraise-vanille, parfum
de fiable infidélité, protégeant contre le sida, la procréation, la
démographie ). Le fil en aiguille mène jusqu'au voile Hermès,
l'incognito du tortionnaire dépouillant son « colis », le justicier,
le chevalier, le sigisbée, certains fameux journalistes espions, ex
espions reconvertis en experts du terrorisme , voyageurs-
anthropologues, chercheurs sous litham parmi les touaregs .. Les
pistes ne manquent pas à qui ne craint pas l'enraiement de sa raison
en s’engageant dans l'univers du rallye, des sables :immense burka
de pétrole et de gaz.
Le voile n'est pas l'apanage des femmes ! Toquées et coyotes du
sexisme bon marché qui font de cette "affaire" un manège de
méninges, leur dada de campagne, devraient modérer leurs ardeurs et
ménager leur "public".
Dans les grandes religions monothéistes, Dieu se manifeste,
toujours, au-delà d'un Voile (inaccessible à la vue en ce bas-monde
où le connais-toi, toi-même est la grosse affaire de chacun, Dieu
réserve Sa théophanie à l’au-delà..). La Tradition rapporte le
nombre de 70.000 voiles de lumière au-delà desquels Dieu consent à
Sa proximité.
Mais encore, le conopée: voile qui enveloppe le tabernacle. L'arche
sainte. L'interdiction (l'iconoclasme) de représenter les prophètes,
les saints tête nue, sans l'auréole, voile lumineux ...
L'homme aussi s'est couvert (corps et tête): Prophète(s) voilé(s),
Djellabah, burnous, soutane, chasuble, turban, keffieh (palestinien
tiens!). khymar (au Moyen-Orient), mitre, calotte, kippa, casque
colonial, képi, casquette, béret basque, perruque de magistrat, etc
... jusqu'au foulard de John Wayne, symbole du vaillant cow boy le
foulard satin du zazou , les plumes de Cheval Fou, etc...
Les anagrammes, les compositions onomastiques, les slogans, les
sigles, les codes, autant de voiles qu'aucun voile ne sauraient
cacher . L'obscénité (l’anomalie le choquant ) n’est pas dans le
foulard/voile/ wigwam ou le couvre-chef , elle est dans l’odieuse
intention de celui qui vous toise avec sa peur au ventre, ses
préjugés dans la tête, l'exiguïté de sa conscience et sa mesquine
condescendance dans le regard
Ces exemples devraient susciter le déssillement en montrant que le
voile, aujourd'hui objet d'anathème et source de soucis parce que
focalisé et diabolisé sur un groupe social ciblé que l'on veut
maintenir dans l'invisibilité du ghetto-banlieue, n'est pas du tout
perçu par celles qui le portent ,de leur plein gré, comme un
étouffoir de la féminité mais comme un privilège de déférence, un
signe d'exhaussement, un surcroît de soi . Paradoxalement, le voile
censé ensevelir (voile linceul) donne à voir et à exhumer plus qu'il
ne cache.
Du reste, comment s'effaroucher du foulard, devenu par un glissement
lexical voile (wigwam) quand on est soi-même momifié du dedans : un
pénitencier/cachot en escapade sentant le renfermé des préjugés
fossilisés ? Comment s'apitoyer sur le tiers-monde alors qu'on est
soi-même le tiers-monde du tiers-monde : car on est toujours le
tiers-monde de quelqu’un qui nous est supérieur (quand on reste dans
la saumure de soi ), supérieur par sa simplicité, sa planétarité, sa
chaleur humaine et son étincelant refus de la raillerie ?
On devrait s'évertuer à se détchadoriser de son exagération, de sa
shengenité de sa purée de pois de pontifes .Il est impardonnable de
muser dans ses chants du cygne, de manquer d'imagination, d'être
incapable d’approcher l'autre hors d'une logique de collision et
sans s'assurer que son coeur, à défaut d'aimer, de comprendre ou du
moins d'écouter, peut se réduire à la pauvre fonction d'airbag
comme si nous étions des bolides lancés les uns contre les autres
dans un égodrome de la démence.
Par ces temps de viols, de voiles, de vices, de folies, de fracas,
de feintes, d’impostures, d’abominables mensonges d’Etat, c'est une
véritable gageure de ne pas avoir du vent dans les voiles pour faire
voile dans la vie sans se voiler la face ou jeter le voile sur tout
ce qui flambe (l'absorption du peuple palestinien dans la machine
de torréfaction israélienne, Guantanamo, l'irakotomie, etc...)
Quel pari! Faire la voile avec le voile, sans prendre le voile, ni
mettre les voiles. Cheminer au milieu, tout au milieu entre
colchique et chiendent en ayant le sens du zénith de soi en espérant
avoir pu contribuer a dissiper le voile rouge ou noir du gotha au
cou raide et des pilotes de la bêtise obligatoire.