Naissance du drapeau canadien

La recherche d’un nouveau drapeau canadien a commencé en 1925, quand un comité du Conseil privé a entrepris de trouver des idées pour un drapeau national. Malheureusement, les travaux du comité n’ont pas abouti. 

Plus tard, en 1946, une commission d’enquête parlementaire a reçu un mandat semblable. Elle a invité des propositions et reçu plus de 2 600 dessins. Pourtant, aucune résolution n’a été soumise au Parlement. 

Au début de 1964, le Premier ministre Lester B. Pearson faisait part à la Chambre des communes du désir du gouvernement d’adopter un drapeau national distinctif. La célébration du centenaire de la Confédération du Canada approchait vite. C’est ainsi qu’un comité mixte du Sénat et de la Chambre des communes a de nouveau invité des propositions. 

En octobre 1964, après avoir écarté diverses esquisses, le comité n’en retint que trois : Un Red Ensign portant la fleur de lis et l’Union Jack, un dessin figurant trois feuilles d’érable entre deux bordures de bleu ciel, et un drapeau rouge orné d"une feuille d’érable rouge stylisé sur un carré blanc. (M. Pearson lui-même préférait le trifolié.) 

Deux experts en science héraldique ont joué un rôle prépondérant dans la sélection de notre drapeau : Alan Beddoes, capitaine de marine à la retraite et héraldiste conseil de la Marine canadienne, et le colonel Fortescue Duguid, héraldiste et historien. Tous deux cependant étaient partisans d’un trifolié. 


Deux autres personnes ont certainement influencé la création d’un nouveau drapeau national pour le Canada. M. Matheson, député fédéral d’Ontario, était l’un des plus fervents partisans du nouveau drapeau et il en fut le principal conseiller. Dr George Stanley, doyen de la faculté des Lettres au Collège militaire royal de Kingston et plus tard lieutenant-gouverneur du Nouveau-Brunswick, a fait observer aux membres du comité le fait que le drapeau du commandant du Collège, un symbole - une main gantée - sur un carré rouge et blanc, soit impressionnant. 

Le modèle proposé par Dr Stanley repose sur la prise en compte de l’histoire canadienne. Les couleurs rouges, blanc et rouge avaient été employées pour la première fois sur la Médaille du service général créée par la reine Victoria. Par la suite, en 1921, le rouge et le blanc ont été proclamés couleurs nationales du Canada par le roi Georges V. Trois ans plutôt, le major-général sir Eugène Fiset (qui reçut le titre honorable par la suite) avait recommandé comme emblème pour le Canada une feuille d"érable rouge sur un carré blanc (symbole porté par tous les athlètes olympiques du Canada depuis 1904. 

À la fin, le comité décida de recommander l’unifolié, et ce dernier fut adopté par la Chambre des communes le 15 décembre 1964 et par le Sénat le 17 décembre 1964. La proclamation fut signée par Sa Majesté la reine Elizabeth II, reine du Canada, et est entrée en vigueur le 15 février 1965. 


Par la suite, M. Jacques St-Cyr a conçu le dessin final de la feuille d’érable stylisée, M. George Best a défini les proportions du drapeau, et la fiche technique de la teinte de rouge du drapeau a été élaboré par Dr Gunther Wyszechi. 

Le drapeau national du Canada est donc né grâce à ces éminents Canadiens : le très honorable Lester B. Pearson, qui voulait un drapeau distinct pour notre pays afin de promouvoir l’unité nationale; John Matheson, qui a conçu le cadre conceptuel d’un drapeau approprié et réuni les composantes nécessaires à sa création; Et Dr  George Stanley, père du concept novateur qui inspira notre drapeau, soit celui d"une feuille d"érable central sur un carré blanc bordé de deux lisières rouges.

C’est le 15 février 1965, sur la colline du Parlement à Ottawa, que s’est déroulée la cérémonie d’inauguration du drapeau canadien, en présence du gouverneur général Georges Vanier, du Premier ministre Lester B. Pearson et des membres du Cabinet, ainsi que de milliers de citoyens.

On descendit d’abord le Red-Ensign, portant l’Union Jack et l’écu des armoiries royales du Canada. Puis, sur le coup de midi, on hissa l’unifolié. La foule entonna ensuite l’hymne national O Canada suivi de l’hymne royal Dieu protège la Reine.


Les paroles que prononçait en ce jour mémorable Maurice Bourget, président du Sénat, donnent un sens encore plus symbolique à notre drapeau : « Le drapeau est le symbole de l’unité de la nation, car il représente sans l’ombre d’un doute tous les citoyens du Canada, sans distinction de race, de langue, de croyance ou d"opinion.

Le drapeau du Québec

Un peu d'histoire sur les composantes du drapeau du Québec adopté officiellement en 1948.

Ce n'est qu'en apparence que le fleurdelisé est jeune. Certains de ses éléments remontent au début de l'ère chrétienne et d'autres jusqu'aux égyptiens. De plus, les Québécois ont toujours eu des emblèmes distinctifs pour se démarquer d'abord de la Vieille France et ensuite des autres contrées appartenant à l'Empire britannique. C'est à l'instar du Québec et 20 ans plus tard, que les autres provinces canadiennes et l'État fédéral lui-même ont senti le besoin - pour Expo 67 - de se doter d'emblèmes propres.

La croix au cœur de notre drapeau est bien cela, et non deux épées croisées. Cette croix symbolise notre attachement à la tradition chrétienne et à son principe de charité ou d'entraide et d'égalité entre les hommes. Cette utilisation de la croix sur des oriflammes ou des fanions - les vrais drapeaux ont été inventés au Moyen-Âge avec l'apparition d'États nationaux - date d'environ 2 000 ans puisqu'elle remonte à l'oriflamme conçue par Saint-Denis au premier siècle après Jésus-Christ.

Plus près de nous, les Croisés et, plus tard, Jeanne D’Arc pendant la guerre de Cent Ans, l'ont utilisé. C'est à Charles VII qu'on doit l'idée de la placer sur un fond bleu (avec des fleurs de lys) pour cimenter l'unité de la France, jusqu'alors disloquée en plusieurs duchés-royaumes, contre l'envahisseur anglais.

C'est un peu à cause des Anglais que cette croix jusque-là rouge, devint blanche, car les Anglais ont toujours prétendu que le trône de France devait être occupé par leur roi et pour le démontrer, ils adoptèrent sur leurs emblèmes la croix rouge qui devint la figure centrale de leur futur Union-Jack, leur drapeau actuel. En réaction, Charles VII et Jeanne D’Arc adoptèrent la croix blanche - couleur traditionnelle de la croix anglaise jusque là - pour montrer que le contraire était vrai, c'est-à-dire que la monarchie anglaise était vassale de celle de France.

La couleur bleu-azur est associée à l'autorité du roi L'Ile de France à partir de l'an 1000 sur les territoires annexés à ce royaume. C'est le même Charles VII qui adoptera définitivement cette couleur sur ses emblèmes.

Quand Champlain fonde Québec en 1608, le drapeau qu'il utilise est celui de la marine marchande française. Il est identique au nôtre, sans fleurs de lys.

La fleur de lys apparaît pour la première fois en France vers 840 sur le sceptre royal de Charles le Chauve et tous les rois subséquents l'utilisent pour symboliser leur rang souverain par rapport aux autres rois français. Selon certains historiens, elle serait la résurrection simplifiée de la croix ansée, symbole du pouvoir des pharaons égyptiens. Cependant cette fleur est toujours de couleur jaune d'or. Quand Jacques Cartier débarque à Gaspé en 1534, ce qu'il fiche dans le sol pour marquer la prise de possession d cette terre inconnue au nom de son roi, c'est l'étendard royal lui-même: un écusson blu-azur portant trois lys d'or et cet écusson est lui-même sur fond blanc.

La couleur blanche du lys est une idée québécoise. C'est en 1902 que l'abbé Filiatrault, prêtre de Saint-Jude, un petit village dans la banlieue de Saint-Hyacinthe, la proposa sur son projet de drapeau où les 4 lys étaient placés dans les coins et orientés vers le centre, alors qu'aujourd'hui ils sont dressés verticalement. Pour lui, la blancheur, comme dans beaucoup de cultures, symbolisait la franchise, la pureté, la paix comme la colombe, la grandeur d'âme et la souveraineté de l'esprit. La couleur n'a donc rien à voir avec le lys botanique actuel qui n'est pas une plante originaire du Québec.

Notre drapeau est donc très ancien par ses composantes et illustre à merveille la devise du Québec: JE ME SOUVIENS
Source archive Québec

QUÉBEC Le Fleurdelisé actuel fut adopté le 21 janvier 1948. La croix blanche sur fond azur rappelle une ancienne bannière de l'armée française et les quatre fleurs de lys symbolisent la France. A cette époque, c'est Maurice Duplessis qui était au pouvoir comme Premier ministre de la Province de Québec.

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