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31 janvier 2006

Après le succès, le déficit

Sébastien Rodrigue

La Ville de Montréal devra débourser 4,7 millions de dollars pour éponger le déficit des Championnats du monde de natation créé en grande partie par de trop faibles recettes aux guichets, malgré les prouesses du plongeur Alexandre Despatie, des nageurs et de l'équipe féminine de water-polo du Canada.

Le directeur général de l'événement, René Guimond, conclut que son organisation a manqué de temps pour attirer davantage de foule à l'île Sainte-Hélène. « On a commencé avec quatre mois à faire et nous avons commencé la vente de billets à deux mois de l'événement », dit-il.

Le comité organisateur de l'événement a rendu publics hier ses états financiers environ six mois après la fin des compétitions. Le comité avait déjà annoncé un déficit d'environ 4 millions en août dernier, mais celui-ci a été révisé légèrement à la hausse.

Le budget de 38,8 millions a été presque respecté avec un dépassement d'un peu moins de 22 000 $. L'organisation a atteint son objectif de 9 millions en soutien d'entreprises, mais elle a raté sa cible pour les ventes de billets. Le comité prévoyait en vendre pour un peu plus de 11 millions, mais les ventes ont été d'environ 7 millions.

Le comité organisateur a donc vendu 155 000 billets alors que l'objectif de départ était de 234 000. Il en a aussi coûté plus cher que prévu pour louer les gradins, mais le comité a en revanche reçu un peu plus que prévu du gouvernement fédéral.

Au bout du compte, la Ville de Montréal devra éponger un déficit de 4,7 millions, selon les états financiers vérifiés. Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, espère maintenant abaisser le déficit de 715 000 $ en obtenant un crédit de taxe sur les produits et services (TPS).

La Ville avait déjà déboursé 7,1 millions pour construire les installations ainsi que 4,5 millions pour assurer la sécurité. Le comité exécutif de la Ville de Montréal a aussi approuvé l'achat d'environ 108 000 $ en équipements sportifs pour le centre Claude-Robillard.

Une étude commandée par le ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport chiffre les retombées économiques à 81 millions, dont 17 millions provenant des visiteurs. Le maire Tremblay estime quant à lui que cet événement a été la « consécration » de Montréal comme ville de sport.

Le maire de Montréal avait récupéré l'événement in extremis en février 2005 en promettant d'éponger un éventuel déficit. Les championnats de la FINA avaient été retirés à Montréal après de graves problèmes financiers apparus en décembre 2004. Le comité organisateur réclamait alors 12 millions des gouvernements ainsi qu'une garantie de prêt de 6 millions.

La Ville de Montréal avait ensuite repris les rênes de l'événement et formé un nouveau comité organisateur avec René Guimond comme directeur général. Dans la tumulte, le directeur général du comité organisateur, Yvon DesRochers, s'était suicidé.

Le chef de l'opposition officielle, Pierre Bourque, a d'ailleurs demandé la création d'un comité pour élucider la gestion des fonds publics administré par le premier comité organisateur dirigé par M. DesRochers. « (...) il n'y a pas suffisamment d'information sur la façon dont ont été dépensés les budgets d'investissement », a écrit M. Bourque dans un communiqué.

Le maire Tremblay, tout comme René Guimond, ont refusé de répondre aux questions sur l'administration des championnats avant qu'ils n'en prennent le contrôle en février 2005. Ils ont évoqué une injonction obtenue par la succession d'Yvon DesRochers leur interdisant de dévoiler son contrat.

Patrimoine Canada prépare pour sa part une vérification comptable sur l'utilisation des 19 millions versés en subvention pour la tenue de l'événement. Une porte-parole du Ministère, Dominique Collin, indique que le rapport sera prêt en mars prochain.


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Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
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